
Introduction
Voici la vingt-septième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 53 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).
Les Evangiles disent que deux voleurs ont été crucifiés avec Jésus ( Luc 23.32 ). Les deux voleurs se sont-ils moqués de Jésus ?
1) : Oui ( Marc 15.32 ).
2) : Non. L’un d’eux s’est moqué de Jésus, l’autre a défendu Jésus ( Luc 23.43 ).
Notre réponse :
Regardons les textes en question.
Les Évangiles rapportent que deux malfaiteurs furent crucifiés avec Jésus, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche ( Luc 23.32 ). Marc indique que « ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient » ( Marc 15.32 ), ce qui laisse entendre que les deux brigands se joignirent d’abord aux moqueries adressées au Messie. Luc, cependant, rapporte un détail supplémentaire : l’un des criminels finit par reprendre son compagnon et reconnaître publiquement l’innocence de Jésus ( Luc 23.40-43 ).
Ces deux affirmations ne sont pas contradictoires, mais complémentaires. Les textes montrent une évolution dans l’attitude d’un des condamnés. Rien n’empêche de comprendre que les deux brigands, dans un premier temps, participèrent aux injures, puis que l’un d’eux, saisi d’un changement intérieur, cessa ses moqueries et prit la défense de Jésus. Luc, fidèle à sa méthode d’enquête minutieuse ( Luc 1.1-4 ), est le seul à rapporter cette conversion de dernière heure.
Cette transformation est cohérente avec le contexte : confronté à la mort imminente, le brigand reconnaît sa propre culpabilité, perçoit l’innocence du Messie et discerne en lui le Roi promis. Sa demande – « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne » ( Luc 23.42 ) – manifeste une foi authentique, d’autant plus remarquable qu’il voit un Jésus humilié, mourant sur une croix. Aux yeux des Évangiles, ce discernement spirituel constitue déjà une œuvre de grâce, que Jésus confirme en déclarant : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » ( Luc 23.43 ).
Ainsi, les témoignages ne divergent pas :
- Marc rapporte la situation initiale, où les deux brigands se joignent à la foule hostile.
- Luc dévoile l’évolution intérieure de l’un d’eux, qui passe de la moquerie à la repentance.
Les récits s’harmonisent donc naturellement. Ils expriment non une contradiction factuelle, mais deux moments distincts d’un même événement, dont Luc nous transmet l’aspect spirituel essentiel : la conversion in extremis d’un homme qui reconnaît en Jésus le Sauveur, même au cœur de son humiliation.