Plaies d'Egypte
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La Sixième Plaie : Les Ulcères

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter l’annexe ANN105 : L’inérrance de la Bible

Vous pouvez consulter le chapitre : Le prophète Daniel

Vous pouvez consulter l’annexe ANN067 : L’explication des 70 semaines de Daniel

Introduction

Résumé du paragraphe :

La sixième plaie marque un tournant : Dieu ne frappe plus la nature mais le corps des Égyptiens, inaugurant un cycle sans avertissement. Cette plaie révèle à la fois l’effondrement des pouvoirs égyptiens et la montée en puissance du jugement divin, qui transforme les outils de l’oppression en instruments de justice.

Les ulcères dévoilent la fragilité d’un empire prétendument invincible et manifestent la fidélité de Dieu envers son peuple. Cette plaie prépare la délivrance en montrant que Dieu libère en renversant les forces hostiles à la vie.

 

Texte intégral :

La sixième plaie marque un tournant décisif dans le récit de l’Exode. Après avoir frappé la terre, les eaux, les animaux et l’environnement, le jugement de Dieu atteint désormais le corps même des Égyptiens. Nous entrons dans le troisième cycle des plaies, celui où Dieu n’adresse plus d’avertissement à Pharaon : le temps de la pédagogie patiente laisse place à une action directe et irréversible.

Cette plaie, brève mais d’une intensité symbolique remarquable, révèle un double mouvement :

  • D’un côté, l’effondrement progressif des pouvoirs égyptiens, incapables de répondre ou même de se tenir debout ;
  • De l’autre, la montée en puissance de l’intervention divine, qui transforme les instruments de l’oppression en instruments de justice.

Les ulcères ne sont pas seulement une souffrance physique : ils dévoilent la fragilité d’un empire qui se croyait invincible, et mettent en lumière la fidélité de Dieu envers un peuple écrasé depuis des générations. Cette plaie prépare ainsi la compréhension de la délivrance à venir : Dieu ne se contente pas de libérer, il démasque et renverse les forces qui s’opposent à la vie.

 

Les 10 plaies d’Egypte

 

Ordre Plaie Référence biblique exacte
1 Eaux changées en sang Exode 7.14–24
2 Invasion de grenouilles Exode 7.25-29 et Exode 8.1–11
3 Poussière changée en moustiques (ou poux) Exode 8.12-15
4 Nuées de mouches venimeuses (ou taons) Exode 8.16–28
5 Mort du bétail Exode 9.1–7

6

Ulcères et furoncles

Exode 9.8–12

7 Grêle destructrice mêlée de feu Exode 9.13–35
8 Invasion de sauterelles Exode 10.1–20
9 Ténèbres épaisses pendant trois jours Exode 10.21–29
10 Mort des premiers-nés Exode 11.1–10 et Exode 12.29–36

I. Textes bibliques

Exode 9.8–11 (S21) : « L'Eternel dit à Moïse et à Aaron: «Remplissez vos mains de cendre de fourneau et que Moïse la jette vers le ciel sous les yeux du pharaon. Elle deviendra une poussière qui couvrira toute l'Egypte et dans toute l'Egypte elle produira, sur les hommes et sur les animaux, des ulcères formés par une éruption de pustules.» Ils prirent de la cendre de fourneau et se présentèrent devant le pharaon. Moïse la jeta vers le ciel et elle produisit sur les hommes et sur les animaux des ulcères formés par une éruption de pustules. Les magiciens furent incapables de se présenter devant Moïse à cause des ulcères. En effet, ils étaient couverts d'ulcères comme tous les Egyptiens. »

 

Exode 9.12 (S21) : « L'Eternel endurcit le cœur du pharaon et celui-ci n'écouta pas Moïse et Aaron. Cela se passa comme l'Eternel l'avait dit à Moïse. »

II. Contexte et déclenchement

Résumé du paragraphe :

La sixième plaie ouvre un nouveau cycle où Dieu n’avertit plus Pharaon : il agit directement. Après les fléaux touchant l’environnement et les biens, celui‑ci atteint désormais le corps des Égyptiens et des magiciens, marquant une escalade décisive dans le conflit.

Le geste de Moïse, jeter la cendre des fours où les Hébreux étaient opprimés, devient un acte de jugement symbolique : ce qui servait à écraser Israël devient l’instrument du châtiment divin, révélant le renversement voulu par Dieu et la justice qu’il opère.

 

Texte intégral :

La sixième plaie s’inscrit dans le troisième cycle des fléaux, regroupant les septième, huitième et neuvième plaie. Ce cycle se distingue par le fait que Dieu intervient sans avertissement préalable auprès de Pharaon. Contrairement aux fléaux précédents, il n’y a plus de message ou de menace annoncée pour préparer le souverain égyptien. Cette plaie survient immédiatement après celle des mouches et la peste qui a frappé le bétail, marquant ainsi une escalade dans l’intensité du conflit entre Dieu et Pharaon.

Désormais, la sixième plaie ne se contente plus d’affecter l’environnement ou les possessions des Égyptiens, mais elle vise directement le corps même des Égyptiens ainsi que celui des magiciens. Ce changement montre que l’affrontement entre Dieu et le souverain d’Égypte atteint un niveau plus personnel et douloureux, touchant l’intégrité physique de ceux qui s’opposent à la délivrance des Hébreux.

Dieu ne prévient plus Pharaon : il agit directement, sans intermédiaire ni dialogue. Le geste de Moïse, qui consiste à jeter la suie en l’air, prend une dimension prophétique et symbolique. Cette action revêt la forme d’un jugement : la suie, provenant des fours à briques, le lieu même où les Hébreux ont été opprimés et contraints au travail forcé, devient alors source de malédiction pour les Égyptiens. En transformant l’instrument de souffrance du peuple hébreu en vecteur de châtiment, l’acte de Moïse affirme le renversement de la situation et la justice opérée par Dieu.

III. Description du signe

Résumé du paragraphe :

La sixième plaie provoque des ulcères douloureux qui apparaissent lorsque la suie jetée par Moïse se transforme en poussière brûlante couvrant l’Égypte. Seuls les Égyptiens sont touchés, y compris les magiciens, tandis que les Hébreux sont épargnés.

Les effets sont immédiats : douleur, incapacité à travailler et humiliation publique, surtout pour les magiciens incapables de se tenir devant Moïse. La durée n’est pas précisée, mais l’impact est instantané et profondément déstabilisant pour l’Égypte.

 

Texte intégral :

La sixième plaie se manifeste par l’apparition d’ulcères douloureux et enflammés qui frappent les hommes comme les animaux. Elle commence lorsque Moïse jette de la suie en l’air : celle‑ci se transforme en une poussière brûlante qui se répand sur tout le territoire égyptien. Seuls les Egyptiens sont touchés : le fléau atteint l’ensemble du peuple, y compris les magiciens, tandis que les Hébreux restent totalement épargnés, comme dans les plaies précédentes où Dieu distingue son peuple.

Les effets sont immédiats et spectaculaires. Les victimes se retrouvent incapables de poursuivre leurs activités, affaiblies par la douleur. La plaie provoque aussi une humiliation publique, en particulier pour les autorités religieuses : les magiciens, eux-mêmes frappés, sont incapables de se tenir debout devant Moïse. La durée du fléau n’est pas précisée, mais son impact est instantané, visible et profondément déstabilisant pour la société égyptienne.

Le geste de Moïse et la propagation immédiate du fléau

IV. Portée théologique

Résumé du paragraphe :

Dans la sixième plaie, Dieu intervient sans détour, frappant l’Égypte directement et sans avertissement. Il renverse les puissances en réduisant les magiciens au silence, incapables de se tenir devant Moïse. Par la suie des fours, Dieu retourne l’oppression contre les oppresseurs, transformant l’instrument de souffrance des Hébreux en jugement pour l’Égypte.

Enfin, en touchant la chair même des Egyptiens, Dieu montre qu’il voit et prend au sérieux la souffrance humaine, révélant la dimension profondément juste et personnelle de son intervention.

 

Texte intégral :

  1. Dieu juge sans détour

Dans le récit de la sixième plaie, il n’y a plus de négociation entre Dieu et le peuple égyptien : l’action divine se manifeste de façon directe et implacable. Dieu frappe lui-même, sans dialogue préalable, soulignant ainsi la gravité de la situation et la fermeté de son jugement.

  1. Dieu renverse les puissances

Les magiciens égyptiens, qui jusqu’alors parvenaient à imiter certains prodiges, sont désormais réduits au silence. Incapables de se défendre ou de se tenir devant Moïse, ils se trouvent démunis face à la puissance divine, ce qui marque la supériorité absolue de Dieu sur toutes les autorités humaines ou magiques de l’Égypte.

  1. Dieu agit avec justice

Par l’utilisation de la suie des fours, la plaie rappelle les souffrances endurées par les Hébreux lors de leur esclavage. Dieu retourne l’oppression contre les oppresseurs : ce qui servait à affliger le peuple hébreu devient l’instrument du châtiment pour les Égyptiens, illustrant ainsi la justice divine à l’œuvre.

  1. Dieu voit la chair

Cette plaie atteint le corps même des victimes, là où la douleur est la plus intime et la plus difficile à supporter. En s’attaquant à la chair, Dieu montre qu’il voit la souffrance physique et qu’il la prend au sérieux, soulignant ainsi sa connaissance et sa considération de la réalité humaine.

V. Symbolisme et résonances bibliques

Résumé du paragraphe :

La sixième plaie est chargée d’une forte portée spirituelle. La suie des fours, lieu d’oppression des Hébreux, devient instrument de jugement, montrant que Dieu retourne l’injustice contre l’oppresseur. La poussière brûlante symbolise un mal diffus et inarrêtable, tandis que les ulcères révèlent la fragilité de la chair et l’effondrement de l’orgueil égyptien.

Même les magiciens sont frappés, signe de la chute des faux pouvoirs. Sans avertissement préalable, Dieu passe à l’action directe, marquant la limite de sa patience. Cette plaie annonce ainsi les grands jugements prophétiques, où Dieu renverse les puissances injustes et prépare la délivrance de son peuple.

 

Texte intégral :

Dans la sixième plaie, chaque élément du récit porte une charge symbolique forte qui éclaire la portée spirituelle de l’événement.

La suie du fourneau devient d’abord un signe puissant : elle provient du lieu même où les Hébreux étaient réduits en esclavage, façonnant des briques sous la contrainte. Ce lieu d’oppression se transforme en instrument de jugement, montrant que Dieu retourne contre l’oppresseur ce qu’il a utilisé pour écraser son peuple.

La poussière brûlante qui se répand dans l’air évoque une souffrance diffuse, invisible mais omniprésente. Elle symbolise un mal qui se propage sans qu’on puisse l’arrêter, rappelant que le jugement divin peut toucher toutes les sphères de la vie lorsqu’une nation persiste dans l’injustice.

Les ulcères qui apparaissent sur les hommes et les animaux manifestent la fragilité du corps humain et la chute de l’orgueil égyptien. Le peuple qui se croyait invincible découvre sa vulnérabilité la plus intime : la chair elle-même devient le lieu du jugement.

Le fait que les magiciens soient frappés eux aussi marque la fin des illusions religieuses. Ceux qui prétendaient maîtriser le sacré, imiter les signes divins ou rivaliser avec Moïse sont réduits au silence. Leur incapacité à se tenir devant lui révèle la chute des faux pouvoirs et la supériorité absolue de l’action divine.

Enfin, l’absence d’avertissement distingue cette plaie des précédentes. Dieu ne discute plus, ne négocie plus : il passe du dialogue à l’action directe. C’est le signe que la patience divine touche à sa limite et que le jugement devient inévitable.

Ainsi, cette sixième plaie anticipe les grands jugements prophétiques de l’Ancien Testament, où Dieu frappe les nations dans leur chair pour dénoncer l’injustice, renverser les puissances oppressives et préparer la délivrance de son peuple.

VI. Réaction de Pharaon et suite du récit

Résumé du paragraphe :

Pharaon ne cède pas, malgré l’évidence. Son cœur est endurci, cette fois, le texte dit que c’est l’Éternel qui l’endurcit, soulignant que le temps de la patience est révolu.

Pharaon perd ses soutiens : les magiciens ne peuvent plus se tenir devant Moïse. Mais il refuse toujours de reconnaître l’autorité divine.

 

Texte intégral :

Face à la sixième plaie, Pharaon demeure inflexible : il ne cède pas, malgré l’évidence du jugement qui s’abat sur son peuple. Son cœur est endurci, et cette fois le texte précise qu’il s’agit d’un endurcissement provoqué par l’Éternel lui-même, ce qui souligne que le temps de la patience divine est désormais révolu.

Dans ce contexte, Pharaon perd progressivement ses soutiens : les magiciens, incapables de se tenir devant Moïse, ne peuvent plus intervenir ni rivaliser avec la puissance manifestée. Pourtant, Pharaon refuse toujours de reconnaître l’autorité divine, persistant dans son obstination et son déni face à l’action de Dieu.

VII. Echos apocalyptiques et prophétiques

Résumé du paragraphe :

La sixième plaie, avec ses ulcères douloureux, trouve un parallèle direct dans l’Apocalypse, où un jugement similaire frappe les hommes. Elle devient ainsi un archétype prophétique, annonçant les jugements eschatologiques où Dieu démasque les puissances injustes et prépare la délivrance finale.

Le discours du mont des Oliviers reprend ces mêmes thèmes, souffrances, chute des puissances, signes célestes, montrant que cette plaie préfigure le jugement universel et la venue du Royaume.

 

Texte intégral :

La sixième plaie, des ulcères douloureux frappant les hommes, trouve un écho direct dans l’Apocalypse :

Apocalypse 16.2 (S21) : « Le premier ange partit et versa sa coupe sur la terre, et un ulcère mauvais et douloureux frappa les hommes qui portaient la marque de la bête et qui adoraient son image. »

 

Ce parallèle souligne que les jugements de l’Exode ne sont pas seulement des événements historiques, mais aussi des archétypes prophétiques. Ils annoncent des jugements eschatologiques à venir, où Dieu interviendra à nouveau pour démasquer les puissances injustes, purifier la terre, et préparer la délivrance finale.

Le discours du mont des Oliviers (Matthieu 24, Marc 13, Luc 21) renforce cette lecture : Jésus y décrit des temps de souffrances physiques, de chute des puissances, de signes célestes, et d’endurcissement des cœurs, autant de motifs déjà présents dans les plaies d’Egypte.

La sixième plaie devient ainsi une figure du jugement universel, où Dieu frappe les systèmes oppresseurs dans leur chair, pour révéler leur faillibilité et préparer la venue du Royaume.

Conclusion : le sens profond de la quatrième plaie

Résumé du paragraphe :

La sixième plaie révèle que Dieu ne frappe pas seulement les structures extérieures, mais aussi le cœur et le corps des puissants. Elle montre que l’injustice finit par se retourner contre elle-même, et que Dieu n’oublie jamais la souffrance des opprimés.

C’est une plaie de renversement : les oppresseurs sont atteints dans leur chair, les magiciens sont humiliés, Pharaon est isolé. Dieu prépare la délivrance en démasquant les illusions et en brisant les résistances.

 

Texte intégral :

La sixième plaie se distingue par sa portée directe et son impact au cœur des puissants. Dieu ne se contente pas de frapper les structures extérieures du pouvoir, il atteint également le cœur et le corps de ceux qui gouvernent, révélant ainsi la vulnérabilité des oppresseurs. Cette intervention divine souligne que l’injustice, loin d’être impunie, finit toujours par se retourner contre ceux qui la perpétuent.

L’action de Dieu dans cette plaie manifeste qu’il n’oublie jamais la souffrance des opprimés. Il opère un renversement : les oppresseurs sont touchés dans leur propre chair, les magiciens qui soutenaient Pharaon sont humiliés, et Pharaon lui-même se retrouve isolé.

Ce bouleversement prépare la délivrance, car Dieu démasque les illusions du pouvoir et brise les résistances qui s’opposent à la justice. Ainsi, la sixième plaie apparaît comme une étape décisive vers la libération, où la puissance divine expose la réalité des forces adverses et ouvre la voie à la restauration des opprimés.