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Introduction
Résumé du paragraphe :
La quatrième plaie marque un tournant : Dieu distingue Israël de l’Égypte, révélant sa puissance et sa protection. Les mouches venimeuses envahissent le pays, agents de désordre et de souillure.
Pharaon commence à négocier, mais Moïse refuse tout compromis : la libération ne se marchande pas.
Texte intégral :
La pédagogie divine progresse. Après trois plaies successives — le Nil en sang, les grenouilles envahissantes, et les moustiques issus de la poussière — Pharaon reste inflexible. Il a vu la puissance de Dieu, entendu ses magiciens reconnaître leur impuissance, mais son cœur demeure fermé.
La quatrième plaie marque une nouvelle étape dans le récit : pour la première fois, Dieu annonce qu’il fera une distinction entre son peuple et l’Égypte. Israël, jusqu’ici silencieux et invisible dans le récit, va être épargné. Le jugement devient sélectif, révélant non seulement la puissance de Dieu, mais aussi sa capacité à protéger les siens.
Le fléau annoncé est une nuée de mouches venimeuses, envahissant les maisons, les rues, les palais. Le texte insiste sur leur densité, leur nuisance, et leur caractère destructeur. Ce ne sont pas de simples insectes : ce sont des agents de désordre, de souillure, et de désintégration.
Cette plaie introduit une tension nouvelle : Dieu ne frappe plus indistinctement, il commence à séparer, à préserver, à préfigurer la délivrance.
Pharaon, de son côté, commence à négocier. Il propose un compromis : que le peuple sacrifie dans le pays. Mais Moïse refuse : l’appel divin est clair, et la libération ne se négocie pas.
Entrons maintenant dans l’étude de cette quatrième plaie, où Dieu révèle sa justice, sa fidélité, et son autorité sur les frontières du jugement.
Les 10 plaies d’Egypte
| Ordre | Plaie | Référence biblique exacte |
| 1 | Eaux changées en sang | Exode 7.14–24 |
| 2 | Invasion de grenouilles | Exode 7.25-29 et Exode 8.1–11 |
| 3 | Poussière changée en moustiques (ou poux) | Exode 8.12-15 |
4 |
Nuées de mouches venimeuses (ou taons) |
Exode 8.16–28 |
| 5 | Mort du bétail | Exode 9.1–7 |
| 6 | Ulcères et furoncles | Exode 9.8–12 |
| 7 | Grêle destructrice mêlée de feu | Exode 9.13–35 |
| 8 | Invasion de sauterelles | Exode 10.1–20 |
| 9 | Ténèbres épaisses pendant trois jours | Exode 10.21–29 |
| 10 | Mort des premiers-nés | Exode 11.1–10 et Exode 12.29–36 |
I. Textes bibliques
Exode 8.16–20 (S21) : « L'Eternel dit à Moïse: «Lève-toi de bon matin et présente-toi devant le pharaon; il sortira pour aller près de l'eau. Tu lui annonceras: ‘Voici ce que dit l'Eternel: Laisse partir mon peuple afin qu'il me serve. Si tu ne laisses pas partir mon peuple, j'enverrai les mouches venimeuses contre toi, contre tes serviteurs, ton peuple et tes maisons. Les maisons des Egyptiens seront remplies de mouches et le sol en sera couvert. Cependant, ce jour-là, je traiterai de manière différente la région de Gosen où habite mon peuple: il n'y aura pas de mouches là-bas afin que tu saches que moi, l'Eternel, je suis présent dans cette région. Je placerai une séparation entre mon peuple et le tien. Ce signe sera pour demain.’» C'est ce que fit l'Eternel. Une grande quantité de mouches venimeuses vint dans la maison du pharaon et de ses serviteurs, et toute l'Egypte fut dévastée par les mouches. »
Exode 8.21–27 (S21) : « Le pharaon appela Moïse et Aaron et dit: «Allez-y, offrez des sacrifices à votre Dieu dans le pays.» Moïse répondit: «Il n'est pas convenable d'agir ainsi. En effet, nous offririons à l'Eternel, notre Dieu, des sacrifices qui font horreur aux Egyptiens. Et si nous offrons sous les yeux des Egyptiens des sacrifices qui leur font horreur, ne nous lanceront-ils pas des pierres? Nous ferons trois journées de marche dans le désert et alors nous offrirons des sacrifices à l'Eternel, notre Dieu, conformément à ce qu'il nous dira.» Le pharaon dit: «Je vous laisserai partir pour offrir des sacrifices à l'Eternel, votre Dieu, dans le désert. Seulement, vous ne vous éloignerez pas en y allant. Priez pour moi!» Moïse répondit: «Dès que je serai sorti de chez toi, je prierai l'Eternel. Demain, les mouches s'éloigneront du pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Mais que le pharaon ne nous trompe plus en refusant de laisser le peuple partir pour offrir des sacrifices à l'Eternel!» Moïse sortit de chez le pharaon et pria l'Eternel. L'Eternel fit ce que demandait Moïse et les mouches s'éloignèrent du pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Il n'en resta pas une. »
Exode 8.28 (S21) : « Cependant, cette fois encore, le pharaon rendit son cœur insensible et ne laissa pas partir le peuple. »
II. Contexte et déclenchement
Résumé du paragraphe :
Malgré trois plaies et l’aveu des magiciens, Pharaon reste inflexible. Dieu ordonne un nouvel avertissement et annonce un tournant : la quatrième plaie introduira une distinction entre Israël et l’Égypte.
Le jugement devient sélectif, révélant la justice et la fidélité divines.
Texte intégral :
Après trois plaies successives, Pharaon demeure inflexible. Il a vu :
- Le Nil frappé,
- Les grenouilles envahir le pays,
- La poussière devenir moustiques,
- Les magiciens reconnaître leur impuissance.
Mais son cœur reste fermé. C’est dans ce contexte que Dieu ordonne à Moïse de se présenter de nouveau devant Pharaon, au moment où il sort pour aller au fleuve, et de lui transmettre un avertissement solennel : « Laisse aller mon peuple, afin qu’il me serve. »
La quatrième plaie marque un tournant majeur : Dieu annonce qu’il fera une distinction entre son peuple et l’Egypte. Jusqu’ici, les plaies touchaient tout le pays sans exception. Désormais, Israël sera épargné.
Cette séparation introduit une nouvelle dimension : le jugement devient sélectif, révélant la justice et la fidélité de Dieu.
III. Description du signe
Résumé du paragraphe :
Une nuée de mouches venimeuses envahit tout l’Égypte, maisons, palais, sol, jusqu’à ravager le pays. Plus que de simples insectes, elles symbolisent le désordre et la corruption.
Mais Goshen est totalement épargné, faisant de cette plaie un signe clair de la protection divine.
Texte intégral :
Dieu envoie une nuée de mouches venimeuses (ou mouches piquantes). Le texte insiste sur leur densité et leur caractère destructeur :
- Elles envahissent les maisons,
- Elles remplissent les palais,
- Elles couvrent le sol,
- Elles ravagent le pays.
Ce ne sont pas de simples insectes : ce sont des agents de désordre, de souillure, de corruption. Le terme hébreu peut désigner des mouches agressives, mordantes, parfois associées à la décomposition.
Le contraste est frappant : Goshen, où réside Israël, est totalement épargné. Le fléau devient un signe visible de la protection divine.
IV. Portée théologique
Résumé du paragraphe :
La quatrième plaie met en lumière la pédagogie divine : Dieu distingue Israël de l’Égypte, montrant qu’il juge tout en protégeant. Les mouches souillent le pays et renversent l’ordre religieux égyptien, révélant l’impuissance de Pharaon. Enfin, Dieu manifeste sa souveraineté en frappant un territoire tout en en épargnant un autre, agissant avec précision et fidélité.
Texte intégral :
La quatrième plaie révèle plusieurs aspects essentiels de la pédagogie divine.
-
Dieu établit une distinction entre son peuple et l’Égypte
C’est la première fois que cette séparation apparaît explicitement. Elle montre que :
- Dieu juge, mais il protège aussi,
- Il frappe, mais il met à part,
- Il manifeste sa justice en même temps que sa fidélité.
Cette distinction préfigure la Pâque, où Dieu séparera de nouveau son peuple par le sang de l’agneau.
-
Dieu attaque l’ordre social et religieux égyptien
Les mouches sont un symbole de souillure. Elles rendent les sacrifices impossibles, les temples impurs, les maisons invivables. Elles perturbent la vie quotidienne, mais aussi le culte.
Dieu montre que l’Égypte ne peut maintenir la Maât, l’ordre sacré, face à sa puissance.
-
Dieu expose la faiblesse de Pharaon
Le roi, garant de l’ordre cosmique (la Maât), est incapable de protéger son peuple. Il commence à négocier, signe que son autorité vacille.
-
Dieu montre sa souveraineté sur les frontières du jugement
Il peut frapper un territoire et en épargner un autre. Il peut distinguer, séparer, protéger. Cette maîtrise absolue révèle un Dieu qui n’agit pas au hasard, mais avec précision.
La déesse Maât, l’ordre du monde selon les Egyptiens

V. Symbolisme et résonances bibliques
Résumé du paragraphe :
Les mouches symbolisent la corruption et le désordre qui envahissent tout. Avec cette plaie, Dieu distingue pour la première fois Israël de l’Égypte, révélant sa protection au milieu du jugement.
Elle ouvre aussi un nouveau triptyque de plaies (4, 5, 6) qui s’intensifient en touchant successivement la société, les animaux puis les corps.
Texte intégral :
-
Les mouches : symbole de corruption et de désordre
Dans la Bible, les mouches sont associées :
- A la décomposition,
- A la souillure,
- A la nuisance,
- A la destruction progressive.
Elles représentent un chaos rampant, un désordre qui s’insinue partout.
-
La distinction entre Israël et l’Égypte
Ce thème deviendra central dans l’Exode :
- Lors de la Pâque,
- Lors de la traversée de la mer,
- Lors de la marche dans le désert.
Dieu se révèle comme le Dieu qui met à part, qui protège les siens au milieu du jugement.
-
Une plaie qui prépare les suivantes
La quatrième plaie ouvre une nouvelle série :
- Les plaies 4, 5 et 6 forment un triptyque,
- Elles touchent la société, les animaux, puis les corps,
- Elles montrent une intensification progressive.
VI. Réaction de Pharaon et suite du récit
Résumé du paragraphe :
Pharaon tente de négocier, mais Moïse refuse tout compromis. Après l’intercession de Moïse, le fléau cesse, et Pharaon s’endurcit de nouveau. Sa réaction révèle une repentance superficielle et son refus de reconnaître la souveraineté de Dieu.
La cinquième plaie s’annonce, visant désormais le bétail, pilier économique de l’Égypte.
Texte intégral :
Pharaon commence à négocier. Il propose que le peuple sacrifie dans le pays. Moïse refuse : les sacrifices d’Israël seraient une abomination pour les Égyptiens.
Pharaon cède alors partiellement : il autorise le peuple à aller sacrifier dans le désert, mais demande à Moïse de prier pour lui.
Moïse intercède, et le fléau cesse. Mais dès que le soulagement revient, Pharaon endurcit encore son cœur.
Cette réaction révèle :
- Une repentance superficielle,
- Une volonté de garder le contrôle,
- Une incapacité à reconnaître la souveraineté de Dieu.
La cinquième plaie approche, et le jugement va toucher le bétail, fondement économique de l’Egypte.
Conclusion : le sens profond de la quatrième plaie
Résumé du paragraphe :
La quatrième plaie marque un tournant : Dieu manifeste sa puissance en frappant l’Égypte tout en protégeant Israël. Les mouches révèlent la faiblesse de Pharaon et l’effondrement de l’ordre égyptien. Malgré une négociation superficielle, Pharaon s’endurcit encore.
Le jugement s’intensifie : après le fleuve, les maisons, les corps et la société, Dieu va désormais toucher l’économie en frappant le bétail, tandis qu’Israël restera épargné.
Texte intégral :
La quatrième plaie est un moment charnière. Elle révèle :
- La puissance de Dieu,
- Sa capacité à protéger les siens,
- La faiblesse de Pharaon,
- L’effondrement progressif de l’ordre égyptien,
- La montée en intensité du jugement.
Elle prépare la suite du récit, où la distinction entre Israël et l’Égypte deviendra de plus en plus nette, jusqu’à la délivrance finale.
La quatrième plaie a marqué un tournant décisif : pour la première fois, Dieu a fait une distinction visible entre Israël et l’Égypte. Les mouches venimeuses ont envahi les maisons égyptiennes, mais Goshen est restée intacte. Pharaon a commencé à négocier, mais sans réelle repentance. Dès que le fléau a cessé, il a endurci son cœur à nouveau.
Dieu poursuit donc son œuvre de jugement. Après avoir frappé :
- Le fleuve (source de vie),
- Les maisons (intimité),
- Les corps (moustiques),
- L’environnement social (mouches),
Il va maintenant frapper l’économie même de l’Égypte : le bétail, pilier de la richesse, de l’agriculture, du transport, et du culte.
La cinquième plaie touchera les troupeaux dans les champs, mais une fois encore, le bétail d’Israël sera épargné. Dieu révèle qu’il est non seulement juge, mais aussi gardien de son peuple.
Entrons dans l’étude de cette cinquième plaie, où la puissance divine atteint le cœur économique de l’empire, et où l’endurcissement de Pharaon devient de plus en plus irrationnel.
