Plaies d'Egypte
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La première plaie : l’eau du Nil changée en sang

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter l’annexe ANN105 : L’inérrance de la Bible

Vous pouvez consulter le chapitre : Le prophète Daniel

Vous pouvez consulter l’annexe ANN067 : L’explication des 70 semaines de Daniel

Introduction

Résumé du paragraphe :

La première plaie marque le passage de la parole aux actes : Dieu inaugure la pédagogie des signes en frappant le Nil, cœur vital et divinisé de l’Égypte. En transformant le fleuve en sang, il renverse ce que le pays a de plus sacré et révèle sa souveraineté, l’impuissance des idoles, le jugement de l’oppression et l’appel à la repentance.

Ce signe ouvre une dynamique de renversement qui déconstruit l’édifice religieux et politique de l’Égypte et prépare l’analyse des jugements à venir.

 

Texte intégral :

La première plaie marque une rupture décisive dans le récit de l’Exode. Après la confrontation initiale entre Moïse et Pharaon, après les avertissements et le premier signe du bâton-serpent, Dieu passe de la parole à l’action. Le temps de la pédagogie verbale est terminé ; commence maintenant la pédagogie des signes.

Et ce premier signe n’est pas choisi au hasard. Dieu frappe le Nil, le cœur battant de l’Egypte, la source de sa prospérité, de sa stabilité et de son identité religieuse. Le fleuve n’est pas seulement un élément naturel : il est un dieu, un symbole, un pilier de la civilisation. En le transformant en sang, Dieu touche ce que l’Egypte a de plus sacré, de plus vital, de plus intouchable.

Cette plaie inaugure une dynamique qui va structurer toute la série des jugements :

  • Dieu révèle sa souveraineté sur la création,
  • Il expose l’impuissance des idoles,
  • Il juge l’oppression,
  • Et il appelle encore à la repentance.

Le Nil, censé porter la vie, devient un fleuve de mort. Le pays qui se croyait invincible découvre que son fondement peut être renversé en un instant. Pharaon, qui prétendait maintenir la Maât, voit l’ordre cosmique lui échapper.

Étudier cette première plaie, c’est comprendre comment Dieu commence à déconstruire l’édifice religieux, politique et spirituel de l’Egypte. C’est entrer dans une théologie du renversement, où le Créateur se manifeste comme le seul vrai Dieu, et où chaque signe devient un acte de révélation.

Cette introduction ouvre donc la voie à une analyse détaillée du texte : comment le signe est déclenché, ce qu’il signifie, quelles idoles il renverse, et comment Pharaon réagit face à cette première démonstration de la puissance divine.

 

 

Les 10 plaies d’Egypte

 

Ordre Plaie Référence biblique exacte

1

Eaux changées en sang

Exode 7.14–24

2 Invasion de grenouilles Exode 7.25-29 et Exode 8.1–11
3 Poussière changée en moustiques (ou poux) Exode 8.12-15
4 Nuées de mouches venimeuses (ou taons) Exode 8.16–28
5 Mort du bétail Exode 9.1–7
6 Ulcères et furoncles Exode 9.8–12
7 Grêle destructrice mêlée de feu Exode 9.13–35
8 Invasion de sauterelles Exode 10.1–20
9 Ténèbres épaisses pendant trois jours Exode 10.21–29
10 Mort des premiers-nés Exode 11.1–10 et Exode 12.29–36

 

Représentation de la déesse Maât

I. Textes bibliques

Exode 7.14–18 (S21) : « L'Eternel dit à Moïse: «Le pharaon a le cœur insensible, il refuse de laisser partir le peuple. Va trouver le pharaon dès le matin; il sortira pour aller près de l'eau et tu te présenteras devant lui au bord du fleuve. Tu prendras à la main le bâton qui a été changé en serpent et tu diras au pharaon: ‘L'Eternel, le Dieu des Hébreux, m'a envoyé vers toi pour te dire: Laisse partir mon peuple afin qu'il me serve dans le désert, et jusqu'à présent tu n'as pas écouté. Voici ce que dit l'Eternel: Cette fois, tu reconnaîtras que je suis l'Eternel. Je vais frapper l'eau du Nil avec le bâton qui est dans ma main et elle sera changée en sang. Les poissons qui sont dans le fleuve mourront, le fleuve deviendra infect et les Egyptiens renonceront à en boire l'eau.’» »

 

Exode 7.19–22 (S21) : « L'Eternel dit à Moïse: «Ordonne à Aaron: ‘Prends ton bâton et tends ta main sur l'eau des Egyptiens, sur leurs rivières, leurs ruisseaux, leurs étangs et tous leurs réservoirs d'eau.’ Elle deviendra du sang. Ainsi il y aura du sang dans toute l'Egypte, même dans les récipients en bois et en pierre.» Moïse et Aaron se conformèrent à ce que l'Eternel avait ordonné. Aaron leva le bâton et frappa l'eau du Nil sous les yeux du pharaon et de ses serviteurs, et toute l'eau du fleuve fut changée en sang. Les poissons qui étaient dans le fleuve moururent, le fleuve devint infect, les Egyptiens ne purent plus en boire l'eau et il y eut du sang dans toute l'Egypte. Cependant, les magiciens d'Egypte en firent autant par leurs sortilèges. Le cœur du pharaon s'endurcit et il n'écouta pas Moïse et Aaron. Cela se passa comme l'Eternel l'avait dit. »

 

Exode 7.23–24 (S21) : « Le pharaon se détourna d'eux et rentra chez lui; il ne prit même pas ces événements à cœur. Tous les Egyptiens creusèrent aux environs du fleuve pour trouver de l'eau à boire, car ils ne pouvaient pas boire de l'eau du Nil. »

II. Contexte et déclenchement

Résumé du paragraphe :

Après le refus de Pharaon et l’endurcissement de son cœur, Dieu envoie Moïse au bord du Nil, lieu symbolique du pouvoir religieux et politique du roi.

En frappant le fleuve avec le bâton du premier signe, devant Pharaon et sa cour, Dieu commence publiquement à dévoiler sa souveraineté au cœur même de la puissance égyptienne.

 

Texte intégral :

Après la confrontation initiale, Pharaon a refusé d’écouter la parole de Dieu. Le texte souligne : « Le cœur de Pharaon est endurci ». C’est dans ce contexte que Dieu envoie Moïse au bord du Nil, à l’endroit même où Pharaon se rend pour affirmer son pouvoir religieux et politique.

Ce choix n’est pas anodin :

  • Le Nil est le cœur de l’Égypte,
  • Pharaon en est le gardien sacré,
  • Les dieux du fleuve sont censés garantir la prospérité du pays.

Dieu ordonne à Moïse : « Tu prendras le bâton qui a été changé en serpent », rappel du premier signe, déjà humiliant pour les magiciens. Aaron doit frapper les eaux du fleuve devant Pharaon et ses serviteurs.

La scène est publique, solennelle, impossible à ignorer. Dieu commence son œuvre de dévoilement au centre même de la puissance égyptienne.

III. Description du signe

Résumé du paragraphe :

Aaron frappe le Nil, et toute l’eau d’Égypte devient du sang : fleuve, canaux, réservoirs et même l’eau stockée. La vie aquatique meurt, l’eau empeste et devient inutilisable, obligeant les Égyptiens à creuser pour boire.

Ce n’est pas une simple teinte rouge, mais un renversement total de l’ordre naturel. Les magiciens imitent le signe sans pouvoir inverser la plaie, révélant leur impuissance face au jugement divin.

 

Texte intégral :

Aaron étend sa main et frappe les eaux du Nil : toute l’eau devient du sang.

Le texte insiste sur l’ampleur du phénomène :

  • Le fleuve lui-même est touché.
  • Les canaux, les étangs, les réservoirs — tout ce qui contient de l’eau — se transforme.
  • Même l’eau conservée dans les jarres de pierre ou de bois est atteinte.
  • Les poissons meurent, l’eau empeste, le fleuve devient inutilisable.
  • Les Égyptiens doivent creuser autour du Nil pour trouver de l’eau potable.

Ce n’est pas une simple coloration rougeâtre : c’est une inversion totale de l’ordre naturel. Le fleuve de vie devient un fleuve de mort.

Les magiciens imitent le signe, mais leur imitation ne résout rien : ils ne peuvent ni purifier l’eau, ni annuler le jugement. Ils ne font qu’aggraver symboliquement la situation.

Le dieu égyptien Hâpy, dieu de la crue et de la fertilité

IV. Portée théologique

Résumé du paragraphe :

Avant les plaies, Dieu authentifie Moïse par un signe : le bâton d’Aaron devient un serpent. Les magiciens l’imitent, mais leur serpent est avalé, montrant que les forces égyptiennes peuvent reproduire, mais non contrer l’action divine.

Ce premier prodige annonce la dynamique des plaies : Dieu va dévoiler l’impuissance des idoles et la supériorité de sa puissance.

 

Texte intégral :

Avant d’envoyer les plaies, Dieu donne un signe destiné à authentifier Moïse : le bâton d’Aaron devient un serpent. Les magiciens égyptiens imitent le prodige, mais leur serpent est avalé par celui d’Aaron. Ce détail symbolique est essentiel :

  • Les forces égyptiennes peuvent imiter,
  • Mais elles ne peuvent ni dominer ni empêcher l’œuvre de Dieu.

Ce premier signe annonce déjà la dynamique des plaies : Dieu va progressivement dévoiler l’impuissance des idoles et la supériorité de sa puissance.

Représentation du dieu égyptien Khnum, gardien des sources du Nil

V. Symbolisme et résonances bibliques

Résumé du paragraphe :

La première plaie transforme le Nil en sang, symbole à la fois de vie et de jugement. Ce renversement du fleuve marque une anti‑création, un retour au chaos, et annonce un jugement divin sur l’Égypte.

Ce signe fait écho à l’Apocalypse, où les eaux deviennent sang, et préfigure la Pâque : le sang du fleuve annonce celui de l’agneau, ouvrant la voie à la délivrance d’Israël.

 

Texte intégral :

 

  1. Le sang : symbole de vie et de jugement

Dans la Bible, le sang est ambivalent :

  • Il peut sauver (Pâque),
  • Ou juger (Apocalypse).

Ici, il annonce que la délivrance d’Israël passera par un jugement sanglant sur l’Egypte.

 

  1. Le Nil renversé : inversion du monde égyptien

Le fleuve, source de vie, devient source de mort. C’est une anti‑création, un retour au chaos.

 

  1. Echo dans l’Apocalypse

Dans Apocalypse 8 et 16, les eaux deviennent du sang. Le parallèle est clair : Dieu juge les puissances qui refusent de reconnaître son autorité.

 

  1. Préfiguration de la Pâque

Le sang du fleuve annonce le sang de l’agneau. Le jugement sur l’Egypte prépare la délivrance d’Israël.

Le dieu égyptien Osiris, dont le Nil est considéré comme le sang

VI. Réaction de Pharaon et suite du récit

Résumé du paragraphe :

Malgré la gravité du signe, Pharaon reste inflexible : son cœur s’endurcit, il refuse d’écouter et retourne dans son palais, insensible à la détresse de son peuple. Son orgueil et son aveuglement spirituel l’empêchent de reconnaître l’action de Dieu.

Ce refus prépare la deuxième plaie, car le jugement s’intensifie à mesure que son cœur se ferme davantage.

 

Texte intégral :

Malgré l’ampleur du signe, Pharaon ne cède pas. Le texte dit : « Le cœur de Pharaon s’endurcit, et il n’écouta point Moïse et Aaron. »

Il retourne dans son palais, indifférent à la souffrance de son peuple. Cette réaction révèle :

Son orgueil,

Son aveuglement spirituel,

Son incapacité à reconnaître la main de Dieu.

Le refus de Pharaon ouvre la voie à la deuxième plaie. Le jugement va monter en intensité, car le cœur du roi se ferme davantage.

Conclusion : le sens profond de la première plaie

Résumé du paragraphe :

La première plaie n’est pas un prodige isolé : elle révèle Dieu comme maître du monde, transforme le fleuve de vie en fleuve de mort, juge l’Égypte et avertit avant des jugements plus sévères.

Le Nil changé en sang expose l’impuissance des dieux égyptiens et prépare la libération d’Israël, mais Pharaon reste inflexible.

Comme la révélation n’a pas encore atteint son but, Dieu poursuit son œuvre : après avoir frappé la source de vie, il perturbe désormais tout le pays avec la seconde plaie, celle des grenouilles.

 

Texte intégral :

La première plaie n’est pas un simple prodige spectaculaire. Elle est :

Un acte théologique : Dieu se révèle comme le seul maître du monde ;

Un acte symbolique : le fleuve de vie devient fleuve de mort ;

Un acte judiciaire : l’Égypte récolte ce qu’elle a semé ;

Un acte pédagogique : Dieu avertit avant de frapper plus fort.

Le Nil transformé en sang inaugure une dynamique qui va culminer dans la libération d’Israël et la chute de Pharaon. Le Dieu qui frappe est aussi celui qui sauve.

Le Nil transformé en sang a révélé la souveraineté de Dieu sur les forces naturelles et a exposé l’impuissance des dieux égyptiens. Pourtant, Pharaon n’a pas fléchi. Son refus montre que le jugement doit progresser, car la révélation divine n’a pas encore atteint son but.

Ainsi, Dieu poursuit son œuvre : après avoir frappé la source de vie, il va maintenant perturber le quotidien de toute l’Égypte par un signe envahissant et humiliant. La seconde plaie commence : les grenouilles montent du fleuve et envahissent le pays.