Plaies d'Egypte
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La confrontation initiale entre Moïse et Pharaon

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter l’annexe ANN105 : L’inérrance de la Bible

Vous pouvez consulter le chapitre : Le prophète Daniel

Vous pouvez consulter l’annexe ANN067 : L’explication des 70 semaines de Daniel

Introduction

Résumé du paragraphe :

Avant les plaies, la première rencontre entre Moïse et Pharaon révèle un affrontement de souverainetés : Moïse parle au nom du Dieu vivant, tandis que Pharaon défend son statut divin et l’ordre religieux qu’il incarne.

Son refus, théologique, politique et spirituel, prépare l’envoi des plaies, qui deviennent la réponse de Dieu à un endurcissement volontaire. Cette scène montre que le salut commence par une parole offerte, et que le jugement découle du refus de reconnaître la souveraineté de Dieu.

 

Texte intégral :

Avant que ne commence la série des dix plaies, le récit biblique nous présente une scène fondatrice : la première rencontre entre Moïse et Pharaon. Ce face-à-face n’est pas un simple dialogue diplomatique, ni une négociation entre deux chefs. Il s’agit d’une confrontation de souverainetés, d’un choc entre deux visions du monde, entre deux prétentions à l’autorité ultime.

Moïse, envoyé par Dieu, se présente comme le porte-parole de l’Éternel. Il ne parle pas en son nom, mais au nom du Dieu d’Israël, celui qui a vu la misère de son peuple et qui descend pour le délivrer. Pharaon, quant à lui, n’est pas seulement un roi : il est perçu comme un dieu vivant, garant de l’ordre cosmique (Maât), incarnation de la puissance égyptienne et de ses divinités.

Lorsque Moïse proclame : « Ainsi parle l’Éternel : laisse aller mon peuple », Pharaon entend une attaque directe contre son statut divin. Sa réponse — « Je ne connais pas l’Éternel » — n’est pas une simple ignorance, mais un refus théologique, politique et spirituel. Reconnaître Yahvé reviendrait à renier son rôle sacré, à admettre une autorité supérieure à la sienne, à remettre en cause l’ordre religieux et social qu’il incarne.

Cette confrontation initiale est donc bien plus qu’une introduction : elle prépare et justifie l’envoi des plaies. Elle révèle :

La nature du conflit : non pas entre deux hommes, mais entre le Dieu vivant et les puissances idolâtres ;

La pédagogie divine : Dieu commence par parler, avertir, donner des signes, avant de frapper ;

La logique du jugement : les plaies ne sont pas arbitraires, elles répondent à un refus obstiné et à un endurcissement volontaire.

Etudier cette scène, c’est entrer dans le cœur du récit biblique. C’est comprendre que l’histoire du salut commence par une parole, un appel à la reconnaissance, et que le jugement n’est que la conséquence du refus de cette parole. C’est aussi contempler un Dieu qui se révèle progressivement, qui respecte la liberté humaine, mais qui agit avec puissance pour libérer son peuple et faire connaître son Nom.

 

Les 10 plaies d’Egypte

 

Ordre Plaie Référence biblique exacte
1 Eaux changées en sang Exode 7.14–24
2 Invasion de grenouilles Exode 7.25-29 et Exode 8.1–11
3 Poussière changée en moustiques (ou poux) Exode 8.12-15
4 Nuées de mouches venimeuses (ou taons) Exode 8.16–28
5 Mort du bétail Exode 9.1–7
6 Ulcères et furoncles Exode 9.8–12
7 Grêle destructrice mêlée de feu Exode 9.13–35
8 Invasion de sauterelles Exode 10.1–20
9 Ténèbres épaisses pendant trois jours Exode 10.21–29
10 Mort des premiers-nés Exode 11.1–10 et Exode 12.29–36

I. Textes bibliques

Exode 4.29–31 (S21) : « Moïse et Aaron poursuivirent leur chemin et rassemblèrent tous les anciens des Israélites. Aaron rapporta toutes les paroles que l'Eternel avait dites à Moïse et accomplit les signes sous les yeux du peuple. Le peuple crut. Ils apprirent que l'Eternel s'occupait des Israélites, qu'il avait vu leur souffrance, et ils se prosternèrent et adorèrent. »

 

Exode 5.1–5 (S21) : « Moïse et Aaron allèrent ensuite annoncer au pharaon: «Voici ce que dit l'Eternel, le Dieu d'Israël: Laisse partir mon peuple pour qu'il célèbre une fête en mon honneur dans le désert.» Le pharaon répondit: «Qui est l'Eternel, pour que j'obéisse à ses ordres en laissant partir Israël? Je ne connais pas l'Eternel et je ne laisserai pas partir Israël.» Ils dirent: «Le Dieu des Hébreux s'est présenté à nous. Permets-nous de faire trois journées de marche dans le désert pour offrir des sacrifices à l'Eternel, notre Dieu, afin qu'il ne nous frappe pas de la peste ou de l'épée.» Le roi d'Egypte leur dit: «Moïse et Aaron, pourquoi détournez-vous le peuple de son travail? Retournez à vos corvées!» Le pharaon ajouta: «Ce peuple est maintenant nombreux dans le pays, et vous lui feriez interrompre ses corvées!» »

 

Exode 6.1 (S21) : « L'Eternel dit à Moïse: «Tu vas voir maintenant ce que je ferai au pharaon. Une main puissante le forcera à les laisser partir, une main puissante le forcera à les chasser de son pays.» »

 

Exode 7.1–13 (S21) : « L'Eternel dit à Moïse: «Regarde, je te fais Dieu pour le pharaon, et ton frère Aaron sera ton prophète. Toi, tu diras tout ce que je t'ordonnerai et ton frère Aaron parlera au pharaon pour qu'il laisse les Israélites partir de son pays. De mon côté, j'endurcirai le cœur du pharaon et je multiplierai mes signes et mes miracles en Egypte. Le pharaon ne vous écoutera pas. Je porterai la main contre l'Egypte et c'est par de grands actes de jugement que je ferai sortir d'Egypte mes armées, mon peuple, les Israélites. Les Egyptiens reconnaîtront que je suis l'Eternel lorsque je déploierai ma puissance contre l'Egypte et ferai sortir les Israélites du milieu d'eux.» Moïse et Aaron se conformèrent à ce que l'Eternel leur avait ordonné, c'est ce qu'ils firent. Moïse était âgé de 80 ans et Aaron de 83 ans lorsqu'ils parlèrent au pharaon. L'Eternel dit à Moïse et à Aaron: «Si le pharaon vous dit: ‘Faites un miracle!’ tu ordonneras à Aaron: ‘Prends ton bâton et jette-le devant le pharaon.’ Le bâton se changera alors en serpent.» Moïse et Aaron allèrent trouver le pharaon et se conformèrent à ce que l'Eternel avait ordonné: Aaron jeta son bâton devant le pharaon et devant ses serviteurs, et il se changea en serpent. Cependant, le pharaon appela des sages et des sorciers, et les magiciens d'Egypte, eux aussi, en firent autant par leurs sortilèges. Ils jetèrent tous leurs bâtons et ceux-ci se changèrent en serpents. Mais le bâton d'Aaron engloutit les leurs. Le cœur du pharaon s'endurcit et il n'écouta pas Moïse et Aaron. Cela se passa comme l'Eternel l'avait dit. »

II. Une rencontre asymétrique : un berger face à un dieu vivant

Résumé du paragraphe :

Moïse arrive devant Pharaon sans pouvoir humain, tandis que le roi d’Égypte incarne l’autorité sacrée et la puissance impériale.

Cette asymétrie montre que l’affrontement n’est pas entre deux hommes : Dieu agit à travers Moïse, et la fragilité du souverain divinisé apparaît face au Dieu vivant.

 

Texte intégral :

Lorsque Moïse se présente devant Pharaon, tout semble opposer les deux hommes. Moïse revient du désert, sans armée, sans prestige, sans autorité politique. Il n’est qu’un berger, porteur d’un message qui le dépasse.

Pharaon, au contraire, règne sur la plus grande puissance du Proche‑Orient. Dans la pensée égyptienne, il est l’incarnation d’Horus, le fils de Rê, garant de la Maât, l’ordre cosmique. Son autorité est sacrée, incontestable.

Cette asymétrie n’est pas un détail narratif : elle révèle que la confrontation n’est pas humaine. Moïse n’est pas le rival de Pharaon. Dieu affronte Pharaon à travers Moïse. Le faible devient le porte‑voix du Tout‑Puissant, et le puissant se révèle fragile face au Dieu vivant.

III. « Ainsi parle l’Éternel » : la parole divine contre la parole royale

Résumé du paragraphe :

La première rencontre n’est pas un affrontement de miracles, mais de paroles : Moïse affirme que le peuple appartient à Dieu, tandis que Pharaon rejette l’autorité de l’Éternel.

Ce refus révèle un conflit de visions du monde et pose immédiatement la question centrale : qui détient la véritable souveraineté sur Israël ? Les plaies ne feront qu’exposer et approfondir ce débat.

 

Texte intégral :

La première confrontation n’est pas un choc de miracles, mais un choc de paroles. Moïse transmet une déclaration impérative : « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : laisse aller mon peuple. »

Cette parole affirme une vérité fondamentale : Israël n’appartient pas à Pharaon, mais à Dieu.

La réponse de Pharaon est tout aussi théologique : « Je ne connais pas l’Éternel. » Ce refus n’est pas seulement politique. Il exprime une vision du monde où Pharaon est le centre, le garant de l’ordre, et où Yahvé n’a aucune place.

Dès cette première rencontre, l’enjeu est posé : Qui est Dieu ? Qui a autorité sur Israël ? Les plaies ne feront que développer ce débat initial.

IV. Le premier signe : le bâton-serpent et la limite des magiciens

Résumé du paragraphe :

Avant les plaies, Dieu authentifie Moïse par un signe : le bâton d’Aaron devient un serpent. Les magiciens l’imitent, mais leur serpent est avalé, montrant que les forces égyptiennes peuvent reproduire, mais non contrer l’action divine.

Ce premier prodige annonce la dynamique des plaies : Dieu va dévoiler l’impuissance des idoles et la supériorité de sa puissance.

 

Texte intégral :

Avant d’envoyer les plaies, Dieu donne un signe destiné à authentifier Moïse : le bâton d’Aaron devient un serpent. Les magiciens égyptiens imitent le prodige, mais leur serpent est avalé par celui d’Aaron. Ce détail symbolique est essentiel :

  • Les forces égyptiennes peuvent imiter,
  • Mais elles ne peuvent ni dominer ni empêcher l’œuvre de Dieu.

Ce premier signe annonce déjà la dynamique des plaies : Dieu va progressivement dévoiler l’impuissance des idoles et la supériorité de sa puissance.

V. Les motivations du refus de Pharaon : orgueil, religion, politique

Résumé du paragraphe :

Le refus de Pharaon ne relève pas d’un simple entêtement : il est politique, religieux et spirituel. Libérer Israël affaiblirait l’Égypte, renierait son statut divin et l’obligerait à reconnaître une autorité supérieure.

Son opposition est donc totale, et les plaies viendront ébranler progressivement les fondements mêmes de son pouvoir.

 

Texte intégral :

Le refus de Pharaon n’est pas un simple entêtement personnel. Il s’enracine dans trois dimensions profondes :

 

  1. Une motivation politique

Israël représente une main‑d’œuvre massive et gratuite. Le laisser partir serait un affaiblissement économique et stratégique.

 

  1. Une motivation religieuse

Reconnaître Yahvé reviendrait à renier la Maât, l’ordre cosmique dont Pharaon est le garant. Céder à Moïse serait admettre que son statut divin est une illusion.

 

  1. Une motivation spirituelle

Pharaon refuse d’admettre une autorité supérieure à la sienne. Reconnaître Yahvé, c’est reconnaître sa propre finitude.

Ainsi, son refus est total : politique, religieux, spirituel. Il ne peut pas céder sans renier tout ce qu’il est. C’est pourquoi les plaies seront nécessaires : elles vont briser, une à une, les fondations de son pouvoir.

VI. Le durcissement du cœur : liberté humaine et jugement divin

Résumé du paragraphe :

Le récit décrit un double mouvement : Pharaon s’endurcit d’abord lui‑même par orgueil et refus de Dieu, puis Dieu confirme cet endurcissement comme jugement.

Ce processus révèle la rébellion humaine, la justice divine qui laisse l’homme assumer son choix, et la pédagogie de Dieu qui transforme ce refus en lieu de révélation. Le durcissement devient ainsi le cadre où se manifeste la souveraineté de l’Éternel.

 

Texte intégral :

Le récit montre un double mouvement. D’abord, Pharaon endurcit lui‑même son cœur : par orgueil, par intérêt, par refus de reconnaître Dieu. Puis, à mesure qu’il persiste, Dieu confirme cet endurcissement comme un acte de jugement.

Ce processus révèle :

  • La profondeur de la rébellion humaine,
  • La justice de Dieu qui laisse l’homme aller jusqu’au bout de son choix,
  • La pédagogie divine qui transforme ce refus en scène de révélation.

Le durcissement n’est donc pas un simple état psychologique : il devient le cadre dans lequel Dieu va manifester sa souveraineté.

VII. Une scène inaugurale qui prépare toute la suite

Résumé du paragraphe :

La confrontation initiale éclaire toute la série des plaies : elles ne sont pas arbitraires, mais la réponse de Dieu au refus obstiné de Pharaon, révélant progressivement sa souveraineté.

Une fois la parole rejetée, les signes peuvent commencer. La première plaie frappe le Nil, cœur religieux et vital de l’Égypte, inaugurant le renversement des fondements du pouvoir de Pharaon.

 

Texte intégral :

Cette confrontation initiale est la clé de lecture des dix plaies. Elle montre que :

  • Les plaies ne sont pas arbitraires,
  • Elles répondent à un refus obstiné,
  • Elles dévoilent la souveraineté de Dieu,
  • Elles s’inscrivent dans une pédagogie progressive.

Dieu a parlé. Pharaon a refusé. Le temps des signes peut commencer.

La première plaie va frapper le cœur même de la civilisation égyptienne : le Nil, source de vie et divinité vénérée. C’est par ce signe inaugural que Dieu commence à renverser les fondements du pouvoir de Pharaon.

Conclusion

Résumé du paragraphe :

La première confrontation révèle l’enjeu central : Dieu parle, Pharaon refuse, et le conflit spirituel éclate au grand jour. Le rejet de Pharaon est un refus délibéré de la souveraineté divine, ouvrant la voie aux plaies qui deviennent la conséquence logique de son endurcissement.

La première plaie en est la première manifestation : en frappant le Nil, Dieu répond au refus initial et affirme concrètement sa souveraineté.

 

Texte intégral :

Cette première confrontation met immédiatement en lumière l’enjeu réel : Dieu parle, Pharaon s’y oppose, et le conflit spirituel latent devient manifeste. Moïse n’est que l’envoyé, mais à travers lui se dresse la souveraineté de l’Eternel face à l’orgueil d’un roi qui se croit divin. Le refus de Pharaon n’est pas une simple résistance politique : c’est un rejet délibéré de la parole de Dieu.

A partir de là, le récit change de tonalité. La parole a été proclamée, mais refusée ; les plaies ne seront donc pas des châtiments arbitraires, mais la conséquence logique d’un endurcissement volontaire. Une certitude s’impose : puisque Pharaon refuse de reconnaître l’Éternel, Dieu se fera connaître par ses actes. La pédagogie divine s’ouvre.

Ce face‑à‑face prépare directement la première plaie. En refusant l’autorité de Dieu, Pharaon provoque l’intervention du Seigneur. L’atteinte du Nil devient alors la première réponse divine à ce refus, transformant la confrontation verbale en manifestation concrète de souveraineté.