Conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre
Psaumes 61.3 (NEG)
3 Du bout de la terre je crie à toi, le cœur abattu ; Conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre !
Il est difficile de situer précisément le contexte historique de ce verset, mais une chose est sûre : lorsque David écrivit ce psaume, il traversait une période de profond abattement. C’est dans cet état d’âme qu’il s’adresse à Dieu avec cette prière poignante : « Conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre ! »
Mais que peut bien représenter ce « rocher » ?
Ce rocher peut symboliser toutes les choses que nous aspirons à atteindre sans y parvenir par nos propres forces : des objectifs trop hauts, des attentes ou des besoins légitimes insatisfaits, ou encore des épreuves que nous ne parvenons pas à surmonter. Il représente cet endroit de sécurité, de paix ou de victoire qui semble hors de portée. Par cette prière, David nous rappelle une vérité fondamentale : seul Dieu peut nous conduire là où nous ne pouvons aller seuls.
Nos capacités sont limitées, mais Dieu, lui, ne connaît aucune limite. Il est le Dieu tout-puissant. Jésus le rappelle dans Luc 18.27 « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » Et le Psaumes 147.5 affirme : « Notre Seigneur est grand, puissant par sa force ; son intelligence n’a point de limite. »
Face à l’impossible, notre attitude devrait être celle de David : reconnaître nos limites, et nous tourner vers Dieu pour qu’il nous élève, qu’il nous conduise vers ce que nous ne pouvons atteindre par nos propres efforts. Il le fera, car il est un Dieu de bonté et de grâce.
En approfondissant le sens de ce psaume, on comprend que le « rocher » que David cherche à atteindre est en réalité Dieu lui-même ! Il le confirme dans le psaume suivant :
Psaumes 62.2-3 « Oui, c’est en Dieu que mon âme se confie ; de lui vient mon salut. Oui, c’est lui qui est mon rocher et mon salut, ma haute retraite : je ne chancellerai guère. »
Psaumes 62.7-8 « Oui, c’est lui qui est mon rocher et mon salut, ma haute retraite : je ne chancellerai pas. Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire ; le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu. »
Pour David, Dieu est ce rocher solide, inébranlable, dans lequel il trouve secours, réconfort, protection, paix, et tout ce dont il a besoin. Mais il sait aussi que, par ses propres forces, il ne peut atteindre la glorieuse présence de Dieu. C’est une vérité universelle : par nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous élever jusqu’à Dieu.
C’est pourquoi Dieu a choisi de venir à nous. Il l’a fait à travers son Fils, Jésus-Christ, qui est désigné comme le « rocher spirituel ». L’apôtre Paul écrit : 1 Corinthiens 10.4 « Ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. » Jésus est non seulement ce rocher qui donne l’eau vive, mais aussi la pierre angulaire sur laquelle tout l’édifice de notre foi est construit :
Éphésiens 2.20 « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. »
Ainsi, pour être conduits sur ce rocher inaccessible, il nous faut rester fondés en Jésus-Christ. En lui, nous avons tout pleinement :
Colossiens 2.10 « Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. »
Alors, comme David, élevons nos voix vers Dieu. Demandons-lui, avec humilité, de nous conduire là où nos forces ne suffisent pas. Qu’il nous élève au-dessus des tempêtes, qu’il nous établisse sur le rocher solide, qui est Christ. Et nous verrons sa fidélité nous soutenir et nous guider. Que la paix et la grâce de Dieu soient votre partage.
Pasteur Joël PRUDENT
