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Textes bibliques
Résumé de la parabole
Le texte, de
Dans cette parabole, le Messie Jésus compare le disciple à un serviteur qui, après avoir travaillé aux champs, continue à servir son maître sans attendre de remerciement. Il conclut que, même après avoir accompli tout ce que Dieu demande, le disciple doit dire : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire. » Cela ne signifie pas que le service est sans valeur, mais qu’il ne donne aucun droit à la reconnaissance divine. Tout vient de Dieu, et le disciple ne peut que répondre avec fidélité et humilité.
Le contexte du discours
La parabole de
Contexte immédiat dans Luc 17
Les versets précédents (
La gravité du scandale : le Messie Jésus avertit que faire tomber un « petit » dans le péché est une faute grave.
Le pardon répété : même si un frère pèche sept fois dans une journée, il faut lui pardonner s’il se repent.
La foi : les disciples demandent au Messie Jésus d’augmenter leur foi, et Il leur répond que même une foi minuscule peut déplacer un arbre.
C’est dans ce cadre que le Messie Jésus proclame la parabole du serviteur inutile. Elle vient juste après une demande des disciples : « Augmente notre foi » (Luc 17.5). Le Messie Jésus répond d’abord par une image sur la puissance de la foi, puis enchaîne avec cette parabole pour préserver l’humilité du disciple, même s’il agit avec foi et obéissance.
Objectif de la parabole dans ce contexte
Le Messie Jésus veut éviter que ses disciples, en accomplissant fidèlement leur mission (pardonner, enseigner, servir), ne tombent dans une logique de mérite ou de revendication. Il leur rappelle que tout ce qu’ils font est déjà une réponse à un don, et que Dieu ne leur doit rien.
Cette parabole agit comme un correctif spirituel : elle recentre la vie du disciple sur le service humble, gratuit, et fidèle, sans attente de reconnaissance.
En lien avec la mission apostolique
Les apôtres sont appelés à une mission exigeante : annoncer le Royaume, guérir, pardonner, enseigner. Le Messie Jésus les prépare à cette mission en leur inculquant une posture intérieure : servir sans se glorifier, comme des serviteurs qui ont simplement accompli leur devoir.
Ce passage est donc un enseignement fondamental sur la spiritualité du service, proclamé à un moment où les disciples pourraient être tentés de se comparer, de se mesurer, ou d’attendre des récompenses pour leur fidélité.
Thème
Le thème central de la parabole du serviteur inutile en
Cette parabole renverse la logique humaine du mérite. Le serviteur, après avoir travaillé toute la journée, continue à servir son maître sans attendre de remerciement. Le Messie Jésus conclut que, même après avoir fait tout ce qui est demandé, le disciple doit dire : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire. »
Cela ne signifie pas que le service est sans valeur, mais que le disciple ne peut prétendre à une reconnaissance divine fondée sur ses œuvres. Tout ce qu’il fait est déjà une réponse à la grâce reçue. Le salut ne se mérite pas, il se reçoit.
Ce thème de l’humilité dans le service est fondamental dans l’Évangile de Luc, qui valorise les petits, les humbles, et ceux qui se tiennent en retrait.
Description de la Parabole
Le texte, de
Luc 17.7 : « Lequel de vous, ayant un serviteur qui laboure ou garde les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs : ‘Viens vite te mettre à table’ ? »
Le Messie Jésus commence par une question rhétorique. Il décrit une scène familière à ses auditeurs : un maître et son serviteur. Le serviteur a travaillé toute la journée, mais le maître ne l’invite pas à se reposer ou à manger immédiatement. Cela choque nos sensibilités modernes, mais dans le contexte antique, c’est une image réaliste : le serviteur n’a pas fini son rôle tant que le maître n’est pas servi.
Le Messie Jésus utilise cette image pour déconstruire l’idée que le service envers Dieu donne droit à des privilèges immédiats. Le disciple ne doit pas attendre que Dieu le « serve » en retour.
Luc 17.8 : « Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, ceins-toi pour me servir, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après cela, tu mangeras et boiras toi-même’ ? »
Ce verset renforce l’idée que le serviteur continue à servir même après une longue journée. Il ne mange qu’après le maître. Le Messie Jésus souligne ici la logique du service total, sans interruption ni revendication.
Spirituellement, cela signifie que le disciple est appelé à une fidélité constante, sans se reposer sur ses acquis. Le service envers Dieu n’est pas une transaction, mais une vocation.
Luc 17.9 : « Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné ? »
Encore une question rhétorique. La réponse implicite est : non. Le maître ne remercie pas son serviteur pour avoir accompli son devoir. Cela peut sembler dur, mais le Messie Jésus veut mettre en lumière la gratuité du service chrétien.
Le disciple ne doit pas servir pour être reconnu, mais parce que le service est en soi une réponse à l’appel de Dieu. Il ne s’agit pas de gagner des points, mais de vivre dans la fidélité.
Luc 17.10 : « Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire.’ »
Voici la conclusion. Le mot « inutiles » (achreioi en grec) ne signifie pas « sans valeur », mais plutôt « sans mérite particulier ». Le Messie Jésus invite ses disciples à une posture d’humilité radicale : même après avoir tout accompli, ils ne doivent pas se glorifier.
Cela renverse toute logique religieuse fondée sur le mérite. Le disciple reconnaît que tout ce qu’il fait est déjà un don reçu, et que le salut ne se gagne pas, il se reçoit.
Ce passage est un antidote à l’orgueil spirituel. Il rappelle que le service chrétien est une réponse à la grâce, non une revendication de récompense.
Signification de la parabole
Le texte de la parabole de
La signification spirituelle est claire : le disciple, même s’il accomplit fidèlement tout ce que Dieu lui demande, prier, pardonner, enseigner, aimer, ne doit pas se considérer comme méritant une récompense. Il doit reconnaître que tout ce qu’il fait est déjà une réponse à la grâce reçue, et que le salut ne se gagne pas, il se reçoit.
Le Messie Jésus invite ainsi à une spiritualité de l’humilité : servir Dieu par amour, non pour obtenir quelque chose. Le disciple est un serviteur qui agit par fidélité, non par calcul. Cette parabole agit comme un correctif contre toute tentation d’orgueil spirituel ou de logique de mérite. Elle recentre la vie chrétienne sur la gratuité, la fidélité, et la reconnaissance silencieuse.
En somme,
Reprise de ce thème
Le thème de
Échos dans les paroles du Messie Jésus
Échos dans les épîtres
1 Corinthiens 4.7 (S21) : En effet, qui est celui qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies pas reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi faire le fier comme si tu ne l’avais pas reçu ?
Synthèse
Commentaire
Cette parabole présente une complexité particulière lorsqu’elle est analysée à travers le prisme des valeurs contemporaines. Il est donc essentiel de la situer dans le contexte historique du premier siècle, époque à laquelle l’esclavage était une institution légalement reconnue. L’objectif n’est pas de justifier cette pratique, qui, d’ailleurs, n’a pas été explicitement remise en cause par le Messie Jésus, mais de permettre une compréhension précise du message véhiculé par la parabole.
À cette époque, l’esclave avait pour devoir d’exécuter ses fonctions sans attendre de gratification ou de reconnaissance de la part de son maître. Même après une journée éprouvante, il devait d’abord servir son maître avant de pouvoir subvenir à ses propres besoins. Si, aujourd’hui, l’esclavage suscite une vive réprobation morale, il représentait alors une réalité sociale différente, marquée par l’indigence.
Il convient également de souligner qu’au sein de cette société, le statut d’esclave pouvait parfois s’avérer plus avantageux que celui de paysan, notamment grâce à la relative sécurité matérielle offerte par le foyer du maître. Les paysans, quant à eux, étaient exposés à une précarité financière accrue, aggravée par les mutations économiques de l’époque, comme l’essor du commerce sous la Pax Romana. Ainsi, de nombreuses personnes, bien que juridiquement libres, restaient soumises à des contraintes économiques et sociales sévères, subissant pauvreté et pénurie.
Dans ce cadre, l’enseignement du Messie Jésus vise avant tout à éclairer la nature du lien entre le disciple et son Maître, c’est-à-dire Dieu. La parabole met en avant la valeur intrinsèque de chaque individu aux yeux de Dieu ; la qualification de « serviteur inutile » ne signifie donc pas une absence de considération pour le disciple, mais souligne que l’accomplissement des devoirs ne confère aucun droit particulier devant Dieu.
Tout don, toute capacité mise en œuvre par le disciple découle exclusivement de la grâce divine (cf. Philippiens 2.13, 1 Corinthiens 4.7). Ainsi, le disciple est invité à interroger la motivation profonde qui l’anime : au-delà de ses actes, seule l’intention qui guide sa démarche revêt une importance majeure.
Cet enseignement remet en cause les normes sociales établies et propose une nouvelle compréhension de la liberté. Selon le Messie Jésus, le disciple acquiert une réelle liberté non en s’affranchissant de tout lien, mais en acceptant volontairement de se mettre au service du Maître.
Comme l’illustrent les textes bibliques cités (Jean 8.36, Jean 8.32, Romains 6.18, Galates 5.1), la véritable libération ne réside pas dans une indépendance absolue, mais dans un engagement conscient envers une justice supérieure. En définitive, selon cette perspective théologique, l’humanité demeure toujours asservie, soit aux déterminismes du monde, soit au Messie Jésus, source de vie.
Il importe de préciser le caractère exceptionnel de cette parabole qui ne saurait être interprétée uniquement comme un enseignement métaphorique. Elle peut, selon notre analyse, plutôt être considérée comme un avertissement formel adressé aux disciples. En effet à la différence d’autres paraboles qui utilisent des situations du quotidien à des fins illustratives, celle-ci s’appuie principalement sur la réalité sociale de l’esclavage, sans recourir à une représentation allégorique particulière.
Conclusion
Luc poursuit son analyse sur la vie de disciple en approfondissant la question du statut du disciple après avoir évoqué l’accès au royaume des cieux. Il ne propose pas sa propre interprétation, mais rassemble diverses prédications du Messie Jésus afin de souligner l’importance, pour tout homme, de s’engager derrière le Messie Jésus. Par ailleurs, il met en garde sur la nature de cet engagement, révélant une réalité inattendue à ses lecteurs. En tant que disciple, Luc a lui-même découvert et appliqué ces préceptes dans sa vie.
Conscient de leur portée, Luc avertit ses lecteurs pour qu’ils prennent leur décision en toute connaissance de cause et qu’ils évaluent les contraintes liées à la vie de disciple du Messie Jésus. Il insiste sur le fait que ces contraintes sont nécessaires pour permettre à l’homme de s’engager et d’emprunter le chemin menant au royaume des cieux.
Pour illustrer que les principes liés à la condition de disciple ne constituent pas un obstacle insurmontable ou décourageant (Jean 6.60), Luc choisit d’intégrer la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (Luc 16.19-31). Ce récit met en lumière l’importance primordiale du salut, en invitant chacun à considérer le véritable enjeu de l’engagement : l’accès au royaume des cieux.
Les difficultés rencontrées sur le chemin du disciple, aussi réelles soient-elles, s’effacent devant la grandeur de la promesse offerte. L’exigence du chemin n’est donc pas à percevoir comme un fardeau écrasant, mais comme une étape nécessaire et proportionnée à l’objectif final, qui est l’entrée dans le royaume de Dieu.
