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Textes bibliques
Résumé de la parabole
Un homme riche vit dans le luxe tandis que Lazare, pauvre et malade, gît devant sa porte. À leur mort, Lazare est accueilli auprès d’Abraham, mais le riche est tourmenté dans l’Hadès.
Le riche supplie qu’on avertisse ses frères, mais Abraham répond qu’ils ont déjà Moïse et les prophètes, et que même un ressuscité ne les convaincra pas s’ils ne les écoutent pas.
Le contexte du discours
La parabole du riche et de Lazare (
Juste avant, le Messie Jésus s’adresse à ses disciples avec la parabole de l’intendant infidèle (
Cette parabole agit donc comme un appel urgent à la conversion, montrant que la richesse sans compassion conduit à la séparation d’avec Dieu, et que les Écritures suffisent pour guider vers le salut, sans attendre des signes extraordinaires.
Thème
Le thème central de la parabole de Lazare et du riche est le renversement eschatologique des fortunes : ceux qui ont vécu dans l’indifférence et l’abondance sans compassion seront séparés de Dieu, tandis que les pauvres et les souffrants fidèles seront consolés.
Elle souligne aussi l’urgence de la conversion dans cette vie, l’efficacité suffisante des Écritures pour guider vers le salut, et la responsabilité morale envers les plus démunis. C’est une mise en garde contre l’aveuglement spirituel causé par la richesse et l’absence de miséricorde.
Description de la Parabole
Voici une description détaillée, verset par verset, de la parabole du riche et de Lazare selon
Luc 16.19 : Jésus introduit un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin — des tissus luxueux et coûteux — qui mène une vie de fête quotidienne. Ce portrait évoque l’aisance, l’insouciance et une existence centrée sur le plaisir.
Luc 16.20 : En contraste, un pauvre nommé Lazare est couché devant la porte du riche. Il est couvert d’ulcères, ce qui indique une souffrance physique extrême. Le fait qu’il soit nommé est significatif : dans les paraboles, les personnages ne sont généralement pas nommés. Lazare signifie « Dieu aide », soulignant sa dépendance totale à la miséricorde divine.
Luc 16.21 : Lazare désire se nourrir des miettes tombant de la table du riche — une image poignante de sa détresse. Les chiens viennent lécher ses plaies, ce qui peut être vu comme une humiliation supplémentaire ou, paradoxalement, comme les seuls êtres à lui témoigner une forme de compassion.
Luc 16.22 : Les deux hommes meurent. Lazare est porté par les anges dans le sein d’Abraham, lieu de repos et de proximité avec Dieu. Le riche est simplement enterré, sans mention d’honneur céleste. Ce verset marque un renversement radical : celui qui était méprisé est maintenant consolé.
Luc 16.23 : Le riche, dans l’Hadès, souffre et lève les yeux. Il voit de loin Abraham et Lazare à ses côtés. Cette vision introduit la dimension eschatologique : après la mort, les rôles sont inversés et les conséquences des choix terrestres deviennent visibles.
Luc 16.24 : Le riche appelle Abraham, le nomme « père », et demande que Lazare vienne lui rafraîchir la langue avec une goutte d’eau. Il reconnaît la souffrance mais continue à voir Lazare comme un serviteur. Il ne demande pas à sortir de l’Hadès, mais à être soulagé.
Luc 16.25 : Abraham répond avec douceur mais fermeté : le riche a reçu ses biens durant sa vie, Lazare ses maux. Maintenant, Lazare est consolé et le riche tourmenté. Ce verset souligne la justice divine et le renversement des fortunes.
Luc 16.26 : Abraham ajoute qu’un grand abîme sépare les deux lieux, infranchissable. Cela signifie que le jugement est définitif, et qu’il n’y a plus de passage possible entre la consolation et le tourment.
Luc 16.27-28 : Le riche, réalisant l’irréversibilité de sa sort, demande qu’on envoie Lazare avertir ses cinq frères pour qu’ils ne viennent pas dans ce lieu de souffrance. Il montre une forme de sollicitude, mais toujours en pensant que des signes extraordinaires sont nécessaires.
Luc 16.29 : Abraham répond que les frères ont Moïse et les prophètes — c’est-à-dire les Écritures. Elles suffisent pour comprendre la volonté de Dieu et se convertir.
Luc 16.30 : Le riche insiste : si quelqu’un revient d’entre les morts, ils se convertiront. Il pense que le miracle serait plus convaincant que la parole.
Luc 16.31 : Abraham conclut : s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, même un ressuscité ne les convaincra pas. Ce verset anticipe le rejet de Jésus lui-même, ressuscité, par ceux qui refusent la parole.
Cette parabole est à la fois un avertissement et une révélation : elle appelle à la conversion dans le présent, à la compassion envers les pauvres, et à la foi dans les Ecritures comme voie vers le salut.
Signification de la parabole
La parabole du riche et de Lazare (
Nous retrouvons comme une continuité avec la parabole précédente (PER246, PAR035) sur l’économe infidèle. L’emploi des richesses qui sont considérées comme injuste apparait dans ce texte au centre de cet enseignement.
Reprise de ce thème
Le thème central de la parabole du riche et de Lazare, le renversement des fortunes dans l’au-delà, la responsabilité envers les pauvres, et l’appel à écouter la Parole de Dieu, est repris à plusieurs endroits dans la Bible. Voici quelques exemples clés :
Thèmes similaires dans l’Ecriture
Proverbes 14.31 : « Celui qui opprime le pauvre outrage son créateur, mais celui qui a pitié de l’indigent l’honore. » — un principe fondamental de justice divine.
Ces passages convergent vers une même vérité : la richesse sans compassion est spirituellement dangereuse, et Dieu élève les humbles.
Existe-t-il un rapport entre la parabole de l’économe infidèle et celle de Lazare et du riche ?
Il existe un lien profond entre
Voici comment ces deux paraboles se répondent :
Lien thématique et structurel
En résumé
Ces deux paraboles sont liées par :
Le thème de l’argent et de la justice.
L’appel à la conversion dans cette vie.
La critique de l’indifférence envers les pauvres.
La mise en valeur de l’Ecriture comme guide suffisant.
Commentaire
Le personnage central de cette parabole est l’homme riche, dont l’attitude face à la souffrance qui l’entoure est révélatrice. Il est question, avant tout, de la manière dont il utilise les biens qu’il possède. Insensible à la détresse de Lazare et des autres personnes environnantes, il incarne l’indifférence et l’égoïsme. Son avarice et sa cupidité font de lui le symbole de celui qui conserve ses richesses uniquement pour son propre bénéfice.
Si la parabole évoque l’argent, elle ouvre aussi la réflexion sur la richesse sous toutes ses formes. Les biens peuvent inclure les capacités et talents que l’homme possède, comme le montre le passage d’Actes des apôtres 3.6. De même, la richesse spirituelle doit être partagée, conformément à l’enseignement d’Ezéchiel 33.6-9. Ce thème sera approfondi dans les paraboles des Talents (Matthieu 25.14-30) et des Mines (Luc 19.11-27), où il est aussi question de la responsabilité de chacun quant à l’usage de ses dons.
Un aspect précieux de cette parabole réside dans le fait que le Messie Jésus y dévoile le royaume des cieux. Deux positions y apparaissent clairement : celle de Lazare, accueilli dans le Royaume de Dieu, et celle du riche, relégué dans l’Hadès. Tous sont pleinement conscients de leur état, et le riche réalise son erreur, mais trop tard pour y remédier. La parabole souligne ainsi l’existence d’une échéance irrévocable : une fois franchie, il n’est plus possible de changer sa situation.
La parabole insiste également sur la suffisance de l’Ecriture pour convaincre et orienter les choix de vie. C’est un message adressé à ceux qui imaginent que Dieu serait trop bon pour laisser l’homme s’éloigner vers la perdition éternelle : il appartient à chacun de se laisser guider par la Parole.
Ce récit prend ainsi un caractère solennel, exposant sans détour le sort des hommes après leur mort, déterminé par leurs choix sur cette terre. Il montre que la destinée éternelle dépend de la façon dont chacun répond à l’appel divin et utilise ce qu’il possède.
Luc développe, au fil des chapitres, une argumentation progressive : le chapitre 13 appelle à la repentance et dénonce l’hypocrisie ; le chapitre 14 renverse les valeurs sociales et invite au renoncement ; le chapitre 15 révèle la miséricorde divine ; enfin, le chapitre 16 met en lumière la responsabilité dans l’usage des biens et avertit du jugement à venir.
La parabole de Lazare et du mauvais riche conclut cette progression, constituant le point crucial du message : avec l’Ecriture, l’homme dispose de tous les éléments nécessaires pour comprendre la réalité du royaume de Dieu.
Conclusion
Cette parabole présente un intérêt particulier tant sur le plan littéraire qu’eschatologique. Le récit aborde la question de l’existence d’une conscience après la mort ainsi que les deux issues possibles pour la destinée humaine. À la différence d’autres paraboles, celle-ci adopte une approche proche du descriptif plutôt que purement métaphorique.
Le texte proposé par le Messie Jésus revêt un caractère particulièrement réaliste et se distingue par son ton d’avertissement solennel. L’importance du sujet traité tient notamment au caractère irréversible de la situation évoquée.
Dans l’ensemble des Ecritures, il n’est fait mention d’une situation véritablement irrévocable que dans le cas du péché contre le Saint-Esprit, tel que rapporté dans
Cependant, dans la parabole étudiée, la situation des personnages est présentée comme immuable et définitive. Aucun changement n’est possible une fois la décision divine rendue, ce qui distingue cette scène de la dynamique habituelle du pardon et de la conversion. C’est précisément pour souligner cette gravité et cet enjeu irréversible que l’évangéliste Luc met en avant l’importance du royaume des cieux dans son récit.
L’évangéliste Luc conclut ici la première série de paraboles sur le royaume des cieux par cet avertissement marquant, qui occupe une position centrale dans sa démonstration. Cette parabole ne constitue pas la fin du discours sur le Royaume mais représente l’aboutissement d’une séquence consacrée aux avertissements et aux renversements de situations. Elle agit comme une conclusion solennelle à un cycle d’enseignements portant sur le Royaume : elle rappelle l’exigence de conversion, met en garde contre les illusions entretenues par les apparences et insiste sur la portée universelle du jugement divin (Ecclésiaste 11.9).
