Parabole
Parabole 010
Le serviteur impitoyable

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Introduction

Résumé du paragraphe :

La parabole du serviteur impitoyable montre que le pardon reçu de Dieu doit devenir pardon offert aux autres. JĂ©sus y rĂ©vĂšle l’écart entre la misĂ©ricorde divine, qui remet une dette immense, et la duretĂ© humaine, incapable d’effacer une faute minime.

Ce rĂ©cit enseigne que le pardon n’est pas facultatif, mais essentiel pour ceux qui vivent de la grĂące, et qu’il manifeste la vĂ©ritĂ© du cƓur dans la dynamique du Royaume.

 

Texte intégral :

La parabole du serviteur impitoyable ( Matthieu 18.23-35 ) se situe au cƓur de l’enseignement de JĂ©sus sur le pardon, dans un passage oĂč il rĂ©pond Ă  la question de Pierre sur les limites de la misĂ©ricorde. En racontant l’histoire d’un roi qui remet une dette immense Ă  son serviteur, puis condamne ce mĂȘme serviteur incapable de pardonner une dette dĂ©risoire, le Messie JĂ©sus dĂ©voile la logique profonde du Royaume : la grĂące reçue doit devenir grĂące donnĂ©e.

Cette parabole, Ă  la fois simple et redoutablement incisive, met en lumiĂšre l’écart entre la gĂ©nĂ©rositĂ© divine et la duretĂ© humaine, et rĂ©vĂšle que le pardon n’est pas une option morale, mais une exigence vitale pour ceux qui vivent de la misĂ©ricorde de Dieu.

Etudier ce rĂ©cit, c’est entrer dans la dynamique du Royaume, oĂč la justice se conjugue avec la compassion, et oĂč la vĂ©ritĂ© du cƓur se mesure Ă  la capacitĂ© de pardonner comme on a Ă©tĂ© pardonnĂ©.

I. Textes bibliques

Matthieu 18.23-35 (Louis Segond S21)

»C'est pourquoi, le royaume des cieux ressemble à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.

Quand il se mit à l'Ɠuvre, on lui en amena un qui devait 10'000 sacs d'argent.

Comme il n'avait pas de quoi payer, son maĂźtre ordonna de le vendre, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait, afin d'ĂȘtre remboursĂ© de cette dette.

Le serviteur se jeta par terre et se prosterna devant lui en disant: ‘[Seigneur,] prends patience envers moi et je te paierai tout.’

Rempli de compassion, le maĂźtre de ce serviteur le laissa partir et lui remit la dette.

Une fois sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait 100 piĂšces d'argent. Il l'attrapa Ă  la gorge et se mit Ă  l'Ă©trangler en disant: ‘Paie ce que tu me dois.’

Son compagnon tomba [à ses pieds] en le suppliant: ‘Prends patience envers moi et je te paierai.’

Mais l'autre ne voulut pas et alla le faire jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait payé ce qu'il devait.

A la vue de ce qui était arrivé, ses compagnons furent profondément attristés, et ils allÚrent raconter à leur maßtre tout ce qui s'était passé.

Alors le maĂźtre fit appeler ce serviteur et lui dit: ‘MĂ©chant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette parce que tu m'en avais suppliĂ©.

Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitiĂ© de ton compagnon comme j'ai eu pitiĂ© de toi?’

Et son maßtre, irrité, le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait payé tout ce qu'il devait.

C'est ainsi que mon PĂšre cĂ©leste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas Ă  son frĂšre de tout son cƓur.»

II. Résumé de la parabole

Résumé du paragraphe :

Le pardon reçu doit devenir pardon donnĂ© : qui refuse la misĂ©ricorde Ă  son frĂšre perd lui‑mĂȘme celle du Roi.

 

Texte intégral :

Ce texte figure dans la partie de la chronologie consacrée à la vie du Messie Jésus, à la péricope PER203.

Un roi remet une dette immense Ă  son serviteur, qui implore sa misĂ©ricorde. Mais ce mĂȘme serviteur refuse de pardonner une petite dette Ă  un compagnon et le fait jeter en prison. Apprenant cela, le roi le punit sĂ©vĂšrement. Le Messie JĂ©sus conclut : ainsi en sera-t-il pour ceux qui ne pardonnent pas Ă  leur frĂšre du fond du cƓur.

III. Le contexte du discours

Résumé du paragraphe :

Le Messie JĂ©sus rĂ©pond Ă  la question de Pierre sur la limite du pardon par une parabole montrant que, dans le Royaume, le pardon reçu doit devenir pardon offert : le serviteur graciĂ© d’une dette immense refuse de remettre une dette minime et perd la misĂ©ricorde qu’il avait reçue.

Dans le cadre de Matthieu 18, cette scĂšne conclut l’enseignement sur la vie communautaire, oĂč humilitĂ©, vigilance fraternelle et correction convergent vers un principe central : le pardon illimitĂ© comme reflet de la misĂ©ricorde divine.

 

Texte intégral :

La parabole du serviteur impitoyable ( Matthieu 18.23-35 ) est proclamée en réponse directe à une question de Pierre :

« Seigneur, combien de fois pardonnerai-je Ă  mon frĂšre, lorsqu’il pĂ©chera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? » ( Matthieu 18.21 )

Le Messie Jésus lui répond :

Matthieu 18.22 (Louis Segond S21) :
Jésus lui dit: «Je ne te dis pas jusqu'à 7 fois, mais jusqu'à 70 fois 7 fois.

Ce dialogue introduit la parabole, qui illustre la logique du pardon dans le Royaume des cieux. JĂ©sus y montre que le pardon reçu doit engendrer le pardon donnĂ© : le serviteur graciĂ© d’une dette immense refuse de pardonner une dette minime Ă  son compagnon, et se voit finalement condamnĂ©.

 

Contexte élargi : Matthieu 18

Ce chapitre traite de la vie communautaire et de la responsabilité fraternelle :

Matthieu 18.1-6 : Humilité et accueil des petits

Matthieu 18.7-14 : Attention aux scandales et recherche de la brebis perdue

Matthieu 18.15-20 : Discipline fraternelle et correction

Matthieu 18.21-35 : Le pardon illimité

 

La parabole vient donc clĂŽturer un enseignement sur la vie dans la communautĂ© des disciples, oĂč le pardon est central, non nĂ©gociable, et doit reflĂ©ter la misĂ©ricorde divine.

IV. ThĂšme

Résumé du paragraphe :

La parabole montre que le pardon reçu engage au pardon donné : celui qui refuse de pardonner, malgré la miséricorde immense reçue, se place sous un jugement sévÚre. Dans le Royaume, le pardon est une exigence pour ceux qui ont été pardonnés.

 

Texte intégral :

Le thĂšme central de la parabole du serviteur impitoyable ( Matthieu 18.23-35 ) est le pardon reçu et le pardon accordĂ©. JĂ©sus y enseigne que la misĂ©ricorde divine appelle une misĂ©ricorde humaine Ă©quivalente : celui qui a Ă©tĂ© graciĂ© d’une dette immense doit Ă  son tour pardonner Ă  son prochain.

Le refus de pardonner rĂ©vĂšle une incomprĂ©hension du salut et expose Ă  un jugement sĂ©vĂšre. Cette parabole illustre la logique du Royaume : le pardon n’est pas facultatif, il est exigĂ© de ceux qui ont Ă©tĂ© pardonnĂ©s.

V. Description de la Parabole

Résumé du paragraphe :

La parabole met en scÚne un roi qui remet une dette immense à son serviteur, image de la miséricorde divine face à la dette du péché. Mais ce serviteur, aussitÎt libéré, refuse de pardonner une dette minime à son compagnon et le fait emprisonner. Averti, le roi le juge sévÚrement.

Le Messie JĂ©sus conclut que le pardon reçu doit devenir pardon offert : dans le Royaume, refuser de pardonner rĂ©vĂšle un cƓur fermĂ© et expose au jugement.

 

Texte intégral

Voici une description détaillée, verset par verset, de la parabole du serviteur impitoyable selon Matthieu 18.23-35 . Elle illustre la logique du pardon dans le Royaume des cieux, en réponse à la question de Pierre sur les limites du pardon.

 

Le Messie Jésus introduit la parabole :

Matthieu 18.23 (Louis Segond S21) :
»C'est pourquoi, le royaume des cieux ressemble à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.

Le cadre est celui d’un roi qui exerce son autoritĂ© en demandant des comptes : une image du jugement divin et de la responsabilitĂ© personnelle.

 

Matthieu 18.24 (Louis Segond S21) :
Quand il se mit à l'Ɠuvre, on lui en amena un qui devait 10'000 sacs d'argent.

Un serviteur lui est prĂ©sentĂ©, qui lui doit une somme astronomique : dix mille talents. Cette dette est volontairement exagĂ©rĂ©e pour souligner l’impossibilitĂ© de la rembourser, elle symbolise la dette du pĂ©chĂ© devant Dieu.

 

Matthieu 18.25 (Louis Segond S21) :
Comme il n'avait pas de quoi payer, son maĂźtre ordonna de le vendre, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait, afin d'ĂȘtre remboursĂ© de cette dette.

Le serviteur ne pouvant payer, le roi ordonne qu’il soit vendu, avec sa famille et ses biens, pour remboursement. Cela reflĂšte la justice stricte, mais aussi la gravitĂ© de la dette morale et spirituelle.

 

Le serviteur se jette Ă  genoux et supplie :

Matthieu 18.26 (Louis Segond S21) :
Le serviteur se jeta par terre et se prosterna devant lui en disant: ‘[Seigneur,] prends patience envers moi et je te paierai tout.’

Il promet l’impossible, mais son attitude exprime la dĂ©tresse et l’humilitĂ©.

 

Matthieu 18.27 (Louis Segond S21) :
Rempli de compassion, le maĂźtre de ce serviteur le laissa partir et lui remit la dette.

TouchĂ© de compassion, le roi lui remet toute sa dette. C’est l’image parfaite de la misĂ©ricorde divine : non seulement un dĂ©lai, mais une annulation totale.

 

Matthieu 18.28 (Louis Segond S21) :
Une fois sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait 100 piĂšces d'argent. Il l'attrapa Ă  la gorge et se mit Ă  l'Ă©trangler en disant: ‘Paie ce que tu me dois.’

Ce mĂȘme serviteur sort et rencontre un compagnon qui lui doit cent deniers, une somme dĂ©risoire comparĂ©e Ă  sa propre dette. Il le saisit violemment et exige le remboursement immĂ©diat.

 

Le compagnon tombe Ă  ses pieds et rĂ©pĂšte presque mot pour mot la mĂȘme supplication :

Matthieu 18.29 (Louis Segond S21) :
Son compagnon tomba [à ses pieds] en le suppliant: ‘Prends patience envers moi et je te paierai.’

Le parallĂšle est frappant : mĂȘme posture, mĂȘme demande, mais rĂ©ponse diffĂ©rente.

 

Matthieu 18.30 (Louis Segond S21) :
Mais l'autre ne voulut pas et alla le faire jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait payé ce qu'il devait.

Le serviteur refuse et fait jeter son compagnon en prison jusqu’au paiement de la dette. Son attitude est dure, hypocrite, et en totale contradiction avec la grñce qu’il a reçue.

 

Matthieu 18.31 (Louis Segond S21) :
A la vue de ce qui était arrivé, ses compagnons furent profondément attristés, et ils allÚrent raconter à leur maßtre tout ce qui s'était passé.

Les autres serviteurs, témoins de la scÚne, sont profondément attristés et rapportent les faits au roi.

 

Le roi convoque le serviteur impitoyable et lui rappelle la grñce qu’il a reçue :

Matthieu 18.32 (Louis Segond S21) :
Alors le maĂźtre fit appeler ce serviteur et lui dit: ‘MĂ©chant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette parce que tu m'en avais suppliĂ©.

 

Le roi lui reproche de ne pas avoir eu pitiĂ© de son compagnon comme lui-mĂȘme en a eu pour lui :

Matthieu 18.33 (Louis Segond S21) :
Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitiĂ© de ton compagnon comme j'ai eu pitiĂ© de toi?’

Ce verset exprime le cƓur du message, le pardon reçu doit engendrer le pardon donnĂ©.

 

Matthieu 18.34 (Louis Segond S21) :
Et son maßtre, irrité, le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait payé tout ce qu'il devait.

Le roi, en colĂšre, livre le serviteur aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait tout payĂ©. Cela symbolise le jugement divin pour ceux qui refusent de pardonner malgrĂ© avoir Ă©tĂ© pardonnĂ©s.

 

Le Messie Jésus conclut :

Matthieu 18.35 (Louis Segond S21) :
C'est ainsi que mon PĂšre cĂ©leste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas Ă  son frĂšre de tout son cƓur.»

Le pardon n’est pas une formalitĂ© extĂ©rieure, mais une exigence intĂ©rieure, sincĂšre et profonde.

VI. Signification de la parabole

Résumé du paragraphe :

Jésus enseigne, par la parabole du serviteur impitoyable, que le pardon reçu doit devenir pardon offert. Un roi remet une dette immense à son serviteur, image de la miséricorde divine, mais celui-ci refuse de pardonner une dette minime à son compagnon. Informé, le roi le juge sévÚrement.

La parabole affirme que le pardon divin et le pardon humain sont indissociables : celui qui a été gracié est tenu de pardonner à son tour, sous peine de se fermer à la logique du Royaume.

 

Texte intégral

La parabole du serviteur impitoyable, racontée dans Matthieu 18.23-35 , illustre la logique du pardon dans le Royaume des cieux. Elle est proclamée en réponse à la question de Pierre sur les limites du pardon, et elle enseigne que le pardon reçu doit engendrer le pardon donné.

Un roi remet une dette immense Ă  son serviteur, qui l’avait suppliĂ© avec insistance. Ce geste symbolise la misĂ©ricorde divine envers l’humanitĂ© pĂ©cheresse. Pourtant, ce mĂȘme serviteur refuse de pardonner une dette minime Ă  l’un de ses compagnons, et le fait jeter en prison. Ce contraste met en lumiĂšre l’injustice de celui qui accepte la grĂące mais refuse de la transmettre.

Le roi, informĂ© de cette attitude, rappelle au serviteur la dette qu’il avait lui-mĂȘme Ă©tĂ© graciĂ©, et le condamne sĂ©vĂšrement. JĂ©sus conclut en affirmant que Dieu traitera de mĂȘme ceux qui ne pardonnent pas Ă  leur frĂšre du fond du cƓur.

La signification centrale de cette parabole est que le pardon divin ne peut ĂȘtre dissociĂ© du pardon humain. Celui qui a Ă©tĂ© pardonnĂ© est appelĂ© Ă  pardonner Ă  son tour. Refuser ce mouvement de grĂące, c’est se fermer Ă  la logique du Royaume et s’exposer Ă  un jugement juste. Le pardon n’est pas une option morale, mais une exigence spirituelle fondĂ©e sur la misĂ©ricorde reçue.

VII. Analyse comparative des récits de Matthieu

Matthieu est le seul Ă©vangĂ©liste Ă  rapporter cette parabole, qu’il place dans un ensemble d’enseignements sur la vie dans le Royaume des cieux. Par ce rĂ©cit, il souligne l’importance dĂ©cisive du pardon comme expression du salut offert par le Messie JĂ©sus.

La parabole montre que la misĂ©ricorde reçue de Dieu engage le disciple Ă  exercer la mĂȘme misĂ©ricorde envers son frĂšre : refuser de pardonner revient Ă  se fermer Ă  la logique mĂȘme du Royaume.

VIII. Reprise de ce thĂšme

Résumé du paragraphe :

Le thĂšme du pardon reçu et du pardon accordĂ©, illustrĂ© par la parabole du serviteur impitoyable, traverse toute l’Écriture. Dans le Notre PĂšre (Matthieu 6), JĂ©sus lie directement le pardon de Dieu Ă  notre pardon envers autrui. Luc 6.37 rappelle la mĂȘme rĂ©ciprocitĂ©. L’épisode de la femme pĂ©cheresse (Luc 7) montre que le pardon reçu transforme le cƓur et suscite l’amour.

Paul, dans EphĂ©siens 4.32 et Colossiens 3.13 , fonde le pardon mutuel sur l’exemple du Christ. Ainsi, la parabole n’est qu’une expression parmi d’autres d’un principe biblique constant : ceux qui ont Ă©tĂ© pardonnĂ©s sont appelĂ©s Ă  pardonner.

 

Texte intégral

Le thÚme du pardon reçu et du pardon accordé, central dans Matthieu 18.23-35 , est repris à plusieurs endroits dans la Bible, notamment dans les enseignements de Jésus et les épßtres.

Voici les principales reprises et échos bibliques de ce thÚme :

 

Le Notre PĂšre

Matthieu 6.12 (Louis Segond S21) :
pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés;

Matthieu 6.14-15 (Louis Segond S21) :
»Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre PÚre céleste vous pardonnera aussi;mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre PÚre ne vous pardonnera pas non plus vos fautes.

Ce passage établit un lien direct entre le pardon divin et notre capacité à pardonner aux autres, tout comme dans la parabole du serviteur impitoyable.

 

Le pardon

Luc 6.37 (Louis Segond S21) :
»Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés; pardonnez et vous serez pardonnés.

Un principe simple et universel, qui reflÚte la réciprocité du pardon enseignée dans Matthieu 18.

 

La femme pécheresse

Luc 7.36-50 (Louis Segond S21) :
Un pharisien invita JĂ©sus Ă  manger avec lui. JĂ©sus entra dans la maison du pharisien et se mit Ă  table.Une femme pĂ©cheresse qui se trouvait dans la ville apprit qu'il Ă©tait Ă  table dans la maison du pharisien. Elle apporta un vase plein de parfumet se tint derriĂšre, aux pieds de JĂ©sus. Elle pleurait, et bientĂŽt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les embrassa et versa le parfum sur eux.Quand le pharisien qui avait invitĂ© JĂ©sus vit cela, il se dit en lui-mĂȘme: «Si cet homme Ă©tait prophĂšte, il saurait qui est celle qui le touche et de quel genre de femme il s'agit, il saurait que c'est une pĂ©cheresse.»JĂ©sus prit la parole et lui dit: «Simon, j'ai quelque chose Ă  te dire.» «MaĂźtre, parle», rĂ©pondit-il.«Un crĂ©ancier avait deux dĂ©biteurs: l'un d'eux lui devait 500 piĂšces d'argent, et l'autre 50.Comme ils n'avaient pas de quoi le rembourser, il leur remit Ă  tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera le plus?»Simon rĂ©pondit: «Celui, je pense, auquel il a remis la plus grosse somme.» JĂ©sus lui dit: «Tu as bien jugĂ©.»Puis il se tourna vers la femme et dit Ă  Simon: «Tu vois cette femme? Je suis entrĂ© dans ta maison et tu ne m'as pas donnĂ© d'eau pour me laver les pieds; mais elle, elle les a mouillĂ©s de ses larmes et les a essuyĂ©s avec ses cheveux.Tu ne m'as pas donnĂ© de baiser; mais elle, depuis que je suis entrĂ©, elle n'a pas cessĂ© de m'embrasser les pieds.Tu n'as pas versĂ© d'huile sur ma tĂȘte; mais elle, elle a versĂ© du parfum sur mes pieds.C'est pourquoi je te le dis, ses nombreux pĂ©chĂ©s ont Ă©tĂ© pardonnĂ©s, puisqu'elle a beaucoup aimĂ©. Mais celui Ă  qui l'on pardonne peu aime peu.»Et il dit Ă  la femme: «Tes pĂ©chĂ©s sont pardonnĂ©s.»Les invitĂ©s se mirent Ă  dire en eux-mĂȘmes: «Qui est cet homme qui pardonne mĂȘme les pĂ©chĂ©s?»Mais JĂ©sus dit Ă  la femme: «Ta foi t'a sauvĂ©e. Pars dans la paix!»

Jésus explique que celui à qui il est beaucoup pardonné aime beaucoup. Ce récit illustre la transformation intérieure que produit le pardon reçu, et la gratitude qui en découle.

 

Paul et le pardon

Ephésiens 4.32 (Louis Segond S21) :
Soyez bons et pleins de compassion les uns envers les autres; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu nous a pardonné en Christ.

Paul reprend ici la logique du Royaume : le pardon reçu devient modÚle et moteur du pardon donné.

 

Colossiens 3.13 (Louis Segond S21) :
Supportez-vous les uns les autres et, si l'un de vous a une raison de se plaindre d'un autre, pardonnez-vous réciproquement. Tout comme Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.

L’appel au pardon mutuel est fondĂ© sur l’exemple du Christ, comme dans la parabole.

Ces passages confirment que le pardon n’est pas un acte isolĂ©, mais une dynamique spirituelle essentielle dans la vie chrĂ©tienne. La parabole du serviteur impitoyable en est l’illustration narrative la plus frappante, mais son enseignement est transversal dans toute l’Écriture.

IX. Commentaire

Résumé du paragraphe :

La parabole met en lumiĂšre l’exigence radicale du pardon dans la vie du disciple. Celui qui a reçu la grĂące de Dieu est tenu de la transmettre : refuser de pardonner, mĂȘme une offense rĂ©elle et douloureuse, revient Ă  se fermer Ă  la logique du Royaume et Ă  remettre en cause l’authenticitĂ© de sa propre conversion.

Si la vengeance est naturelle Ă  l’homme, le pardon devient, par la grĂące du Messie JĂ©sus, la nouvelle rĂšgle de vie et le signe visible du disciple. Ne pas pardonner expose Ă  un jugement sĂ©vĂšre, non par arbitraire, mais parce qu’un cƓur qui refuse la misĂ©ricorde montre qu’il n’a pas vraiment accueilli celle de Dieu.

 

Texte intégral

La parabole nous confronte Ă  une attitude que chacun comprend aisĂ©ment : il semble naturel de blĂąmer l’homme qui refuse d’effacer la petite dette de son compagnon. Pourtant, lorsque la conclusion aborde la question du pardon, la problĂ©matique prend une importance capitale. Pour le disciple, le pardon n’est pas une option mais bien une obligation. Le principe est sans Ă©quivoque : celui Ă  qui Dieu a pardonnĂ© ses pĂ©chĂ©s doit, Ă  son tour, pardonner Ă  ceux qui l’ont personnellement offensĂ©.

Ce principe va plus loin encore, car le disciple qui dĂ©ciderait consciemment de ne pas pardonner Ă  son prochain verrait son propre salut remis en question. Le message est donc d’une grande clartĂ©, laissant Ă  chacun la libertĂ© de choisir d’accorder ou de refuser le pardon, en toute connaissance de cause.

Le pardon, cependant, n’est pas une rĂ©action naturelle chez l’homme, dont l’inclination va plutĂŽt vers la loi du Talion : « Ɠil pour Ɠil, dent pour dent ». La vengeance devient alors la rĂšgle, accompagnĂ©e de l’obligation de ne pas lĂ©ser autrui pour Ă©viter d’ĂȘtre soi-mĂȘme victime d’une vengeance lĂ©gitime sous l’ancienne loi.

Mais tout change avec la grĂące de Dieu et le salut offert par le sacrifice du Messie JĂ©sus. Le pardon devient la nouvelle rĂšgle de vie, ainsi que le signe visible de la conversion. Être disciple, c’est pardonner. Il n’est donc pas possible de se prĂ©tendre disciple sans pardonner les offenses subies de la part d’autrui.

Le pardon demeure un acte difficile, car la blessure infligĂ©e est rĂ©elle. MalgrĂ© tout, il demeure indispensable. Dans cette dĂ©marche, il ne faut jamais nĂ©gliger l’aide que Dieu peut apporter. Lorsqu’une personne refuse de pardonner Ă  autrui, la responsabilitĂ© n’incombe plus Ă  celui qui demande pardon.

Ce passage nous permet d’approcher les principes divins qui s’appliquent aux vĂ©ritables disciples, tout en prenant la mesure de la difficultĂ© Ă  les mettre en Ɠuvre dans la vie quotidienne. Toutefois, la difficultĂ© ne signifie pas pour autant impossibilitĂ©. Il reste que le refus de pardonner entraĂźne des consĂ©quences graves.

Pardonner signifie effacer complĂštement toute trace de rancune ou toute vellĂ©itĂ© de vengeance. Ce geste ne concerne pas uniquement des offenses insignifiantes, mais s’étend aussi, et surtout, aux blessures profondes, parfois qualifiĂ©es d’impardonnables par la sociĂ©tĂ©. Il s’agit donc de blessures graves, voire extrĂȘmement graves, dont le monde dirait qu’elles ne peuvent pas ĂȘtre pardonnĂ©es.

Pourtant, le disciple du Messie JĂ©sus n’est plus guidĂ© par les principes humains, fondĂ©s sur la rĂ©ciprocitĂ© ou la justice terrestre. Il adopte dĂ©sormais les valeurs du royaume des cieux, qui invitent Ă  un pardon sans rĂ©serve, mĂȘme face aux plus grandes offenses. Ce changement de perspective indique que le pardon ne relĂšve plus d’un simple choix, mais devient une exigence essentielle du cheminement spirituel du disciple.

Le refus de pardonner expose Ă  un jugement divin sĂ©vĂšre, et peut entraĂźner la perte du salut, non pas parce que le salut est retirĂ© arbitrairement, mais parce que le cƓur qui refuse de pardonner montre qu’il n’a pas rĂ©ellement accueilli la grĂące.

Conclusion

Résumé du paragraphe :

La parabole souligne la difficultĂ© du pardon : il est facile d’accueillir la grĂące de Dieu pour soi, mais bien plus difficile de pardonner ceux qui nous ont blessĂ©s. JĂ©sus montre que le pardon n’est pas facultatif, mais une exigence du Royaume, fondĂ©e sur l’immense grĂące que Dieu nous a accordĂ©e.

Le pardon vĂ©ritable engage tout le disciple : il suppose d’abandonner la logique humaine de la rĂ©tribution pour adopter celle du Royaume, oĂč le pardon manifeste une transformation intĂ©rieure.

Refuser de pardonner rĂ©vĂšle un cƓur fermĂ© Ă  la grĂące et expose Ă  un jugement sĂ©vĂšre, non par arbitraire, mais parce qu’un tel refus montre que la misĂ©ricorde divine n’a pas Ă©tĂ© rĂ©ellement accueillie.

 

Texte intégral

La parabole met en Ă©vidence la difficultĂ© rĂ©elle du pardon. Recevoir le pardon de Dieu pour nos propres fautes semble naturel, mais pardonner ceux qui nous ont blessĂ©s demeure autrement plus ardu. Ce contraste rĂ©vĂšle toute la force de l’enseignement du Messie JĂ©sus : le pardon n’est pas une option secondaire, mais une exigence fondamentale du Royaume.

Au cƓur du message se trouve un appel Ă  comparer l’immense dette que Dieu nous a remise, celle qui nous ouvre l’accĂšs au Royaume, avec les offenses, parfois douloureuses, que nous sommes invitĂ©s Ă  pardonner Ă  notre prochain. La grĂące reçue devient ainsi le fondement et le moteur de notre propre dĂ©marche de pardon.

Le pardon authentique apparaĂźt alors comme un engagement profond, non comme un geste ponctuel. Il demande de renoncer Ă  la logique humaine de la rĂ©tribution pour adopter celle du Royaume des cieux, oĂč le pardon devient le signe visible d’une transformation intĂ©rieure. MĂȘme si ce chemin est exigeant, il manifeste la fidĂ©litĂ© du disciple aux enseignements du Messie JĂ©sus et son dĂ©sir de vivre sous le signe de la misĂ©ricorde divine.

Refuser de pardonner n’est jamais anodin. Un tel refus rĂ©vĂšle un cƓur qui n’a pas vraiment accueilli la grĂące de Dieu et qui demeure attachĂ© Ă  une justice strictement humaine. Il montre que la personne n’a pas encore pleinement embrassĂ© la dynamique du Royaume, oĂč le pardon est central.

Ce refus expose Ă  un jugement sĂ©vĂšre, non par arbitraire, mais parce qu’il tĂ©moigne d’une incapacitĂ© Ă  vivre la transformation intĂ©rieure attendue chez un disciple. Ne pas pardonner, c’est finalement montrer que l’on n’a pas compris l’immensitĂ© de la grĂące reçue et que l’on reste Ă©tranger Ă  la misĂ©ricorde divine qui devrait façonner toute la vie du croyant.