Révélation
DAN003
Chapitre 2, tenir ferme quand tout vacille

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter l’annexe ANN105 : L’inĂ©rrance de la Bible

Vous pouvez consulter le chapitre : Le prophĂšte Daniel

Vous pouvez consulter l’annexe ANN067 : L’explication des 70 semaines de Daniel

Introduction

Résumé du chapitre :

Le chapitre 2 prĂ©sente une crise Ă  Babylone : le roi exige l’impossible en voulant qu’on lui rĂ©vĂšle son rĂȘve sous peine de mort. Daniel, calme et confiant, cherche Dieu avec ses compagnons et reçoit la rĂ©vĂ©lation.

Il explique ensuite le rĂȘve en soulignant que la vraie sagesse vient de Dieu. L’épisode suit une montĂ©e dramatique, trouble du roi, menace, priĂšre, rĂ©vĂ©lation, et se conclut par l’élĂ©vation de Daniel et de ses amis.

 

Texte intégral :

Le chapitre 2 du livre de Daniel dĂ©crit une situation de crise Ă  la cour babylonienne. Le roi, profondĂ©ment troublĂ© par un rĂȘve, exige de ses sages qu’ils lui rĂ©vĂšlent le contenu de son rĂȘve sans qu’il ne le leur raconte, sous peine de mort. Cette exigence met en lumiĂšre la gravitĂ© de la situation : personne ne peut rĂ©pondre Ă  la demande du roi, et la menace de mort plane sur tous les sages de Babylone.

Face Ă  cette impasse, Daniel fait preuve de calme et de discernement. Il demande du temps au roi, puis se rassemble avec ses compagnons pour chercher ensemble une solution. Ce moment de recueillement et de solidaritĂ© prĂ©cĂšde la rĂ©vĂ©lation : Daniel reçoit la comprĂ©hension du rĂȘve.

Avec gratitude, Daniel partage ensuite l’énigme et son sens, en insistant sur un point fondamental : la vĂ©ritable sagesse ne vient pas des pouvoirs humains, mais de Dieu. Cette affirmation distingue Daniel des autres sages et met en avant sa foi et son humilitĂ©.

Le chapitre illustre ainsi une progression trĂšs nette : il commence par le trouble du roi, se poursuit par une exigence impossible et une menace sĂ©rieuse, puis par la demande de dĂ©lai de Daniel, la rĂ©vĂ©lation du rĂȘve, l’expression de gratitude de Daniel, l’explication du rĂȘve devant le roi, et enfin l’élĂ©vation de Daniel et de ses amis au sein de la cour royale.

I. Texte biblique

Daniel 2.1–49 (S21) : « La deuxiĂšme annĂ©e de son rĂšgne, Nebucadnetsar eut des rĂȘves. Il en eut l'esprit troublĂ© et ne parvint plus Ă  dormir. Le roi fit appeler les magiciens, les astrologues, les sorciers et les prĂȘtres chaldĂ©ens pour qu'ils lui racontent ses rĂȘves. Ils vinrent et se prĂ©sentĂšrent devant le roi. Le roi leur dit: «J'ai fait un rĂȘve. Mon esprit est troublĂ© parce que je voudrais connaĂźtre ce rĂȘve.» Les prĂȘtres chaldĂ©ens rĂ©pondirent au roi en aramĂ©en: «Roi, puisses-tu vivre toujours! Raconte le rĂȘve Ă  tes serviteurs et nous en rĂ©vĂ©lerons l'explication.» Le roi reprit la parole et dit aux prĂȘtres chaldĂ©ens: «Voici ce que j'ai dĂ©cidĂ©: si vous ne me faites pas connaĂźtre le rĂȘve et son explication, vous serez mis en piĂšces et vos maisons seront transformĂ©es en un tas de dĂ©combres. En revanche, si vous me rĂ©vĂ©lez le rĂȘve et son explication, vous recevrez de ma part des cadeaux, des rĂ©compenses et de grands honneurs. C'est pourquoi, rĂ©vĂ©lez-moi le rĂȘve et son explication!» Ils rĂ©pondirent, pour la deuxiĂšme fois: «Que le roi raconte le rĂȘve Ă  ses serviteurs et nous en rĂ©vĂ©lerons l'explication!» Le roi reprit la parole et dit: «Je m'aperçois, en vĂ©ritĂ©, que vous cherchez Ă  gagner du temps parce que vous voyez que ma dĂ©cision est prise. Si donc vous ne me faites pas connaĂźtre le rĂȘve, le mĂȘme dĂ©cret s'appliquera Ă  vous tous. Vous vous ĂȘtes concertĂ©s pour me dĂ©biter des mensonges et des faussetĂ©s en attendant que les circonstances changent. C'est pourquoi, dites-moi quel Ă©tait le rĂȘve et je saurai que vous ĂȘtes vraiment capables de m'en rĂ©vĂ©ler l'explication.» Les prĂȘtres chaldĂ©ens rĂ©pondirent au roi: «Il n'y a personne sur la terre qui puisse faire ce que demande le roi. C'est pourquoi jamais aucun roi, aussi grand et puissant qu'il ait Ă©tĂ©, n'a exigĂ© une pareille chose d'un magicien, d'un astrologue ou d'un prĂȘtre chaldĂ©en. Ce que le roi demande est difficile. Il n'y a personne qui puisse faire une telle rĂ©vĂ©lation au roi, mis Ă  part les dieux. Or, ils n'habitent pas parmi les hommes.» Cela mit le roi en colĂšre. Il fut si irritĂ© qu'il ordonna de faire mourir tous les sages de Babylone. Le dĂ©cret ordonnant la mise Ă  mort des sages fut proclamĂ© et l'on recherchait aussi Daniel et ses compagnons pour les exĂ©cuter. Daniel s'adressa alors avec bon sens et tact Ă  Arjoc, le responsable des gardes du roi qui Ă©tait sorti pour mettre Ă  mort les sages de Babylone. Prenant la parole, il dit Ă  Arjoc, l'officier du roi: «Pourquoi le dĂ©cret du roi est-il si sĂ©vĂšre?» Arjoc exposa la situation Ă  Daniel. Celui-ci alla alors trouver le roi et lui demanda de lui accorder un dĂ©lai pour lui rĂ©vĂ©ler l'explication. Daniel rentra ensuite chez lui et exposa la situation Ă  ses compagnons Hanania, MishaĂ«l et Azaria. Il les invita Ă  implorer la compassion du Dieu du ciel afin qu'on ne les fasse pas mourir, lui et ses compagnons, avec le reste des sages de Babylone. C'est alors que le secret fut rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Daniel dans une vision pendant la nuit. Il bĂ©nit le Dieu du ciel en disant: «Que le nom de Dieu soit bĂ©ni d'Ă©ternitĂ© en Ă©ternitĂ©! C'est Ă  lui qu'appartiennent la sagesse et la force. C'est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse et Ă©tablit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance Ă  ceux qui ont de l'intelligence. C'est lui qui dĂ©voile ce qui est profondĂ©ment enfoui et cachĂ©, qui connaĂźt ce qui est dans les tĂ©nĂšbres, et la lumiĂšre rĂ©side auprĂšs de lui. Dieu de mes ancĂȘtres, je te dis toute ma reconnaissance et ma louange parce que tu m'as donnĂ© la sagesse et la force et parce que tu m'as fait connaĂźtre ce que nous t'avons demandĂ©, parce que tu nous as fait connaĂźtre ce qui concerne le roi.» AprĂšs cela, Daniel alla trouver Arjoc, celui que le roi avait chargĂ© de faire mourir les sages de Babylone. Il alla lui dire: «Ne fais pas mourir les sages de Babylone! Conduis-moi devant le roi et je lui rĂ©vĂ©lerai l'explication.» Arjoc conduisit aussitĂŽt Daniel devant le roi et lui dit: «J'ai trouvĂ© parmi les exilĂ©s de Juda un homme qui fera connaĂźtre l'explication au roi.» Prenant la parole, le roi dit Ă  Daniel, qu'on appelait Beltshatsar: «Es-tu capable de me faire connaĂźtre le rĂȘve que j'ai eu et son explication?» Daniel fit cette rĂ©ponse devant le roi: «Ce que le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins ne sont pas capables de lui rĂ©vĂ©ler. Cependant, il y a dans le ciel un Dieu qui dĂ©voile les secrets et qui a fait connaĂźtre au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans l'avenir. Voici ton rĂȘve et les visions que tu as eues sur ton lit. Sur ton lit, roi, tu as eu des pensĂ©es concernant ce qui arrivera par la suite, et celui qui dĂ©voile les secrets t'a fait connaĂźtre ce qui arrivera. Si ce secret m'a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©, ce n'est pas parce qu'il y aurait en moi une sagesse supĂ©rieure Ă  celle de tous les ĂȘtres vivants, mais c'est afin que l'explication te soit donnĂ©e, roi, et que tu connaisses ce qui trouble ton cƓur. »Roi, tu regardais et tu as vu une grande statue. Cette statue Ă©tait immense et d'une splendeur extraordinaire. Elle Ă©tait debout devant toi et son aspect Ă©tait terrifiant. La tĂȘte de cette statue Ă©tait en or pur, sa poitrine et ses bras en argent, son ventre et ses cuisses en bronze, ses jambes en fer, ses pieds en partie en fer et en partie en argile. Pendant que tu regardais, une pierre s'est dĂ©tachĂ©e sans aucune intervention extĂ©rieure. Elle a frappĂ© les pieds en fer et en argile de la statue et les a pulvĂ©risĂ©s. Le fer, l'argile, le bronze, l'argent et l'or ont alors Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ©s ensemble, et ils sont devenus pareils Ă  la bale qui s'Ă©chappe d'une aire de battage en Ă©tĂ©: le vent les a emportĂ©s et on n'a plus trouvĂ© aucune trace d'eux. Quant Ă  la pierre qui avait frappĂ© la statue, elle est devenue une grande montagne et a rempli toute la terre. »VoilĂ  quel Ă©tait le rĂȘve. Nous en dirons l'explication devant le roi. Roi, tu es le roi des rois parce que le Dieu du ciel t'a donnĂ© la royautĂ©, la puissance, la force et la gloire. Il a placĂ© sous ta domination, oĂč qu'ils habitent, les hommes, les bĂȘtes sauvages et les oiseaux, et il t'a donnĂ© le pouvoir sur eux tous. La tĂȘte en or, c'est toi. AprĂšs toi surgira un autre royaume, infĂ©rieur au tien, puis un troisiĂšme royaume, qui sera en bronze et qui dominera sur toute la terre. Il y aura un quatriĂšme royaume, solide comme du fer. En effet, le fer pulvĂ©rise et Ă©crase tout. Tout comme le fer brise tout, il pulvĂ©risera et Ă©crasera les autres. Tu as vu les pieds et les orteils en partie en argile de potier et en partie en fer. De mĂȘme, ce royaume sera divisĂ©, mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mĂ©langĂ© Ă  l'argile. Les doigts des pieds Ă©taient en partie en fer et en partie en argile. De mĂȘme, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile. Tu as vu le fer mĂ©langĂ© Ă  l'argile parce qu'ils feront des alliances tout humaines. Cependant, ils ne seront pas vraiment unis l'un Ă  l'autre, de mĂȘme qu'on ne peut allier le fer Ă  l'argile. »A l'Ă©poque de ces rois, le Dieu du ciel fera surgir un royaume qui ne sera jamais dĂ©truit et qui ne passera pas sous la domination d'un autre peuple; il pulvĂ©risera tous ces royaumes-lĂ  et y mettra fin, tandis que lui-mĂȘme subsistera Ă©ternellement. C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se dĂ©tacher de la montagne sans aucune intervention extĂ©rieure et qui a pulvĂ©risĂ© le fer, le bronze, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaĂźtre au roi ce qui doit arriver par la suite. Le rĂȘve est vrai et son explication est digne de confiance.» Alors le roi Nebucadnetsar tomba le visage contre terre et se prosterna devant Daniel. Il ordonna qu'on offre des sacrifices et des parfums en son honneur. Le roi adressa la parole Ă  Daniel et dit: «C'est certain, c'est votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il dĂ©voile les secrets, puisque tu as pu dĂ©voiler celui-ci.» Ensuite le roi accorda une position Ă©levĂ©e Ă  Daniel et lui fit de nombreux et grands cadeaux. Il lui donna le commandement de toute la province de Babylone et le dĂ©signa chef suprĂȘme de tous les sages de Babylone. Daniel demanda au roi de confier l'administration de la province de Babylone Ă  Shadrak, MĂ©shak et Abed-Nego. Lui-mĂȘme resta Ă  la cour du roi. »

II. Plan du livre de Daniel

Plan détaillé du livre de Daniel

  1. Daniel et ses compagnons Ă  Babylone

  • Daniel 1.1 – Introduction : captivitĂ© et fidĂ©litĂ©
  • Daniel 1.8 – Refus des mets impurs, bĂ©nĂ©diction divine

 

  1. PremiĂšre grande vision royale : la statue

  • Daniel 2.1 – Le songe de Nabuchodonosor

  • Daniel 2.31-45 – InterprĂ©tation : les royaumes successifs et le royaume Ă©ternel

 

  1. Epreuves et dĂ©livrances : Dieu agit dans l’histoire

  • Daniel 3.1 – La fournaise ardente : fidĂ©litĂ© des trois amis
  • Verset(s) introuvable(s) : 1
    – L’humiliation de NĂ©bucadnetzar : Dieu abaisse les orgueilleux
  • Daniel 5.1 – Le festin de Belschatzar : le jugement divin
  • Verset(s) introuvable(s) : 1
    – Daniel dans la fosse aux lions : foi et protection divine

 

  1. Visions prophétiques et révélations célestes

  • Daniel 7.1 – Vision des quatre bĂȘtes : domination humaine et rĂšgne du Fils de l’homme
  • Daniel 8.1 – Le bĂ©lier et le bouc : conflits entre empires
  • Daniel 9.1 – PriĂšre de Daniel et prophĂ©tie des soixante-dix semaines
  • Daniel 10.1 – Vision de l’homme cĂ©leste : combat spirituel
  • Verset(s) introuvable(s) : 1
    – Conflits entre rois du Nord et du Sud : histoire et prophĂ©tie
  • Daniel 12.1 – RĂ©surrection et fin des temps : espĂ©rance ultime

III. Date et Ăąge de Daniel

Résumé du chapitre :

Le rĂ©cit permet d’estimer que l’épisode du songe du colosse se dĂ©roule vers -602/-601, alors que Daniel, captif depuis l’ñge de 14 ans, en a environ 18.

Lui et ses compagnons servent à la cour de Nébucadnetzar, proches du pouvoir sans en faire partie, occupant de simples fonctions de serviteurs.

 

Texte intégral :

La chronologie des Ă©vĂ©nements rapportĂ©s par Daniel peut ĂȘtre reconstituĂ©e Ă  partir des informations fournies dans le texte. GrĂące Ă  ces Ă©lĂ©ments, il est possible de dĂ©terminer non seulement la pĂ©riode Ă  laquelle se dĂ©roule l’histoire, mais aussi l’ñge de Daniel au moment des faits, en s’appuyant sur le fait qu’il a Ă©tĂ© emmenĂ© en captivitĂ© alors qu’il avait 14 ans.

Bien que ce dĂ©tail ne soit pas mentionnĂ© de façon explicite dans le texte, il a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© en tenant compte des Ă©vĂ©nements citĂ©s par Daniel. Cette dĂ©marche permet d’établir une estimation cohĂ©rente de la situation.

L’épisode du songe du colosse aux pieds d’argile, rapportĂ© dans Daniel 2.1-49, se situe ainsi aux alentours de -602 ou -601 avant JĂ©sus-Christ. À cette Ă©poque, Daniel aurait donc environ 18 ans.

Daniel et ses compagnons sont alors présents à la cour du roi Nébucadnetzar. Ils font partie des serviteurs de ce puissant souverain et évoluent quotidiennement au contact des principales autorités politiques et religieuses du royaume.

Cependant, bien qu’ils vivent au cƓur du pouvoir, Daniel et ses amis n’appartiennent pas à la sphùre dirigeante ; ils restent de simples serviteurs.

IV. Analyse exégétique de Daniel 2.1-49

Résumé du chapitre :

Cette analyse montre la dynamique du chapitre : un roi troublĂ© confronte l’impuissance de la sagesse humaine, ouvrant la voie Ă  une rĂ©vĂ©lation divine. Daniel, calme et humble, cherche Dieu avec ses compagnons et reçoit l’explication du rĂȘve.

Le rĂ©cit oppose la fragilitĂ© des empires humains Ă  la soliditĂ© d’un rĂšgne divin appelĂ© Ă  les remplacer. La fidĂ©litĂ©, la sagesse vĂ©ritable et la justice conduisent finalement Ă  l’élĂ©vation de Daniel et de ses amis, transformant une crise mortelle en occasion d’influence juste.

 

Texte intégral :

Analyse exĂ©gĂ©tique de Daniel 2.1–49

 

Daniel 2.1 (S21) : « La deuxiĂšme annĂ©e de son rĂšgne, Nebucadnetsar eut des rĂȘves. Il en eut l'esprit troublĂ© et ne parvint plus Ă  dormir. »

Crise intĂ©rieure : Le pouvoir ne protĂšge pas du trouble. Un roi fort est vulnĂ©rable face Ă  une inquiĂ©tude qu’il ne comprend pas.

Point de dĂ©part : L’insomnie est le symptĂŽme d’une question plus grande : que signifie ce qu’il a entrevu ?

 

Daniel 2.2 (S21) : « Le roi fit appeler les magiciens, les astrologues, les sorciers et les prĂȘtres chaldĂ©ens pour qu'ils lui racontent ses rĂȘves. Ils vinrent et se prĂ©sentĂšrent devant le roi. »

Ressources du systùme : On mobilise l’expertise officielle.

Enjeu : La cour reprĂ©sente la meilleure “science” disponible du royaume ; elle va pourtant se rĂ©vĂ©ler insuffisante.

 

Daniel 2.3 (S21) : « Le roi leur dit: «J'ai fait un rĂȘve. Mon esprit est troublĂ© parce que je voudrais connaĂźtre ce rĂȘve.» »

Besoin de clarté : Le roi veut comprendre, pas seulement entendre une interprétation vague.

Tension : Il demande un accĂšs au sens, pas des paroles rassurantes.

 

Daniel 2.4 (S21) : « Les prĂȘtres chaldĂ©ens rĂ©pondirent au roi en aramĂ©en: «Roi, puisses-tu vivre toujours! Raconte le rĂȘve Ă  tes serviteurs et nous en rĂ©vĂ©lerons l'explication.» »

Procédure habituelle : Ils demandent le contenu pour le commenter.

Limite : Sans donnĂ©es, leur “sagesse” ne peut opĂ©rer.

 

Daniel 2.5 (S21) : « Le roi reprit la parole et dit aux prĂȘtres chaldĂ©ens: «Voici ce que j'ai dĂ©cidĂ©: si vous ne me faites pas connaĂźtre le rĂȘve et son explication, vous serez mis en piĂšces et vos maisons seront transformĂ©es en un tas de dĂ©combres. »

Exigence radicale : Le roi impose un test de vérité absolu.

Violence du pouvoir : La sanction illustre une gouvernance par la peur.

 

Daniel 2.6 (S21) : « En revanche, si vous me rĂ©vĂ©lez le rĂȘve et son explication, vous recevrez de ma part des cadeaux, des rĂ©compenses et de grands honneurs. C'est pourquoi, rĂ©vĂ©lez-moi le rĂȘve et son explication!» »

Carotte et bĂąton : Honneurs ou destruction ; aucune zone grise.

Recherche de certitude : Le double critĂšre (rĂȘve + explication) garantit l’authenticitĂ©.

 

Daniel 2.7 (S21) : « Ils rĂ©pondirent, pour la deuxiĂšme fois: «Que le roi raconte le rĂȘve Ă  ses serviteurs et nous en rĂ©vĂ©lerons l'explication!» »

Impuissance polie : Ils rĂ©pĂštent leur mĂ©thode, incapables de s’adapter Ă  l’exigence hors-norme.

 

Daniel 2.8 (S21) : « Le roi reprit la parole et dit: «Je m'aperçois, en vérité, que vous cherchez à gagner du temps parce que vous voyez que ma décision est prise. »

Défiance : Le roi soupçonne la manipulation.

ClÎture : Le cadre est fixé ; pas de compromis.

 

Daniel 2.9 (S21) : « Si donc vous ne me faites pas connaĂźtre le rĂȘve, le mĂȘme dĂ©cret s'appliquera Ă  vous tous. Vous vous ĂȘtes concertĂ©s pour me dĂ©biter des mensonges et des faussetĂ©s en attendant que les circonstances changent. C'est pourquoi, dites-moi quel Ă©tait le rĂȘve et je saurai que vous ĂȘtes vraiment capables de m'en rĂ©vĂ©ler l'explication.» »

Test de contrĂŽle : ConnaĂźtre le rĂȘve prouve la compĂ©tence rĂ©elle.

Vérité vérifiable : On exige un signe infalsifiable.

 

Daniel 2.10 (S21) : « Les prĂȘtres chaldĂ©ens rĂ©pondirent au roi: «Il n'y a personne sur la terre qui puisse faire ce que demande le roi. C'est pourquoi jamais aucun roi, aussi grand et puissant qu'il ait Ă©tĂ©, n'a exigĂ© une pareille chose d'un magicien, d'un astrologue ou d'un prĂȘtre chaldĂ©en. »

Aveu d’impossibilitĂ© : La cour reconnaĂźt une limite humaine.

Clé narrative : Le chapitre crée un espace pour une autre forme de sagesse.

 

Daniel 2.11 (S21) : « Ce que le roi demande est difficile. Il n'y a personne qui puisse faire une telle révélation au roi, mis à part les dieux. Or, ils n'habitent pas parmi les hommes.» »

Distance du sacré : Leur conception place la vraie connaissance hors de portée.

PrĂ©paration : Le rĂ©cit introduit la possibilitĂ© d’une rĂ©vĂ©lation qui franchit cette distance.

 

Daniel 2.12 (S21) : « Cela mit le roi en colÚre. Il fut si irrité qu'il ordonna de faire mourir tous les sages de Babylone. »

Escalade : L’échec entraĂźne une purge gĂ©nĂ©rale.

Urgence : Le danger devient collectif, incluant Daniel et ses amis.

 

Daniel 2.13 (S21) : « Le décret ordonnant la mise à mort des sages fut proclamé et l'on recherchait aussi Daniel et ses compagnons pour les exécuter. »

Injustice systémique : Les innocents sont pris dans le filet.

Suspense : Les hĂ©ros sont menacĂ©s sans ĂȘtre responsables.

 

Daniel 2.14 (S21) : « Daniel s'adressa alors avec bon sens et tact à Arjoc, le responsable des gardes du roi qui était sorti pour mettre à mort les sages de Babylone. »

Compétence relationnelle : Calme, respect, stratégie.

ModĂšle : Savoir parler au bon interlocuteur au bon moment.

 

Daniel 2.15 (S21) : « Prenant la parole, il dit à Arjoc, l'officier du roi: «Pourquoi le décret du roi est-il si sévÚre?» Arjoc exposa la situation à Daniel. »

Question Ă©clairante : Comprendre avant d’agir.

AccĂšs Ă  l’information : La clartĂ© ouvre une voie.

 

Daniel 2.16 (S21) : « Celui-ci alla alors trouver le roi et lui demanda de lui accorder un délai pour lui révéler l'explication. »

Demande de temps : Un pas de foi et de méthode.

Courage : Daniel se porte garant d’une solution.

 

Daniel 2.17 (S21) : « Daniel rentra ensuite chez lui et exposa la situation à ses compagnons Hanania, Mishaël et Azaria. »

Travail en équipe : Partager le fardeau, chercher ensemble.

 

Daniel 2.18 (S21) : « Il les invita à implorer la compassion du Dieu du ciel afin qu'on ne les fasse pas mourir, lui et ses compagnons, avec le reste des sages de Babylone. »

Réflexe profond : Se tourner vers la source de sens.

Solidarité : Ils unissent leurs efforts.

 

Daniel 2.19 (S21) : « C'est alors que le secret fut révélé à Daniel dans une vision pendant la nuit. Il bénit le Dieu du ciel »

Moment clé : La solution arrive quand les moyens humains sont épuisés.

Transition : Du trouble à la compréhension.

 

Daniel 2.20–23 (S21) : « en disant: «Que le nom de Dieu soit bĂ©ni d'Ă©ternitĂ© en Ă©ternitĂ©! C'est Ă  lui qu'appartiennent la sagesse et la force. C'est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse et Ă©tablit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance Ă  ceux qui ont de l'intelligence. C'est lui qui dĂ©voile ce qui est profondĂ©ment enfoui et cachĂ©, qui connaĂźt ce qui est dans les tĂ©nĂšbres, et la lumiĂšre rĂ©side auprĂšs de lui. Dieu de mes ancĂȘtres, je te dis toute ma reconnaissance et ma louange parce que tu m'as donnĂ© la sagesse et la force et parce que tu m'as fait connaĂźtre ce que nous t'avons demandĂ©, parce que tu nous as fait connaĂźtre ce qui concerne le roi.» »

Reconnaissance : Avant d’agir, Daniel remercie et situe la source.

Vision du monde : Le sens de l’histoire dĂ©passe les rois ; la sagesse vĂ©ritable Ă©claire l’obscuritĂ©.

 

Daniel 2.24–25 (S21) : « AprĂšs cela, Daniel alla trouver Arjoc, celui que le roi avait chargĂ© de faire mourir les sages de Babylone. Il alla lui dire: «Ne fais pas mourir les sages de Babylone! Conduis-moi devant le roi et je lui rĂ©vĂ©lerai l'explication.» Arjoc conduisit aussitĂŽt Daniel devant le roi et lui dit: «J'ai trouvĂ© parmi les exilĂ©s de Juda un homme qui fera connaĂźtre l'explication au roi.» »

GĂ©nĂ©rositĂ© : Daniel sauve mĂȘme ses concurrents.

Crédibilité : Arjoc reconnaßt en Daniel une chance réelle.

 

Daniel 2.26–27 (S21) : « Prenant la parole, le roi dit Ă  Daniel, qu'on appelait Beltshatsar: «Es-tu capable de me faire connaĂźtre le rĂȘve que j'ai eu et son explication?» Daniel fit cette rĂ©ponse devant le roi: «Ce que le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins ne sont pas capables de lui rĂ©vĂ©ler. »

HonnĂȘtetĂ© : Daniel pose les limites humaines.

PrĂ©ambule : Il prĂ©pare l’écoute du roi.

 

Daniel 2.28–30 (S21) : « Cependant, il y a dans le ciel un Dieu qui dĂ©voile les secrets et qui a fait connaĂźtre au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans l'avenir. Voici ton rĂȘve et les visions que tu as eues sur ton lit. Sur ton lit, roi, tu as eu des pensĂ©es concernant ce qui arrivera par la suite, et celui qui dĂ©voile les secrets t'a fait connaĂźtre ce qui arrivera. Si ce secret m'a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©, ce n'est pas parce qu'il y aurait en moi une sagesse supĂ©rieure Ă  celle de tous les ĂȘtres vivants, mais c'est afin que l'explication te soit donnĂ©e, roi, et que tu connaisses ce qui trouble ton cƓur. »

HumilitĂ© : Daniel refuse de s’approprier le mĂ©rite.

Finalité : La révélation vise à donner clarté au roi.

 

Daniel 2.31–33 (S21) : « »Roi, tu regardais et tu as vu une grande statue. Cette statue Ă©tait immense et d'une splendeur extraordinaire. Elle Ă©tait debout devant toi et son aspect Ă©tait terrifiant. La tĂȘte de cette statue Ă©tait en or pur, sa poitrine et ses bras en argent, son ventre et ses cuisses en bronze, ses jambes en fer, ses pieds en partie en fer et en partie en argile. »

Image puissante : Une hiérarchie de matériaux, du noble au fragile.

Idée simple : Les royaumes ont des forces et des faiblesses.

 

Daniel 2.34–35 (S21) : « Pendant que tu regardais, une pierre s'est dĂ©tachĂ©e sans aucune intervention extĂ©rieure. Elle a frappĂ© les pieds en fer et en argile de la statue et les a pulvĂ©risĂ©s. Le fer, l'argile, le bronze, l'argent et l'or ont alors Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ©s ensemble, et ils sont devenus pareils Ă  la bale qui s'Ă©chappe d'une aire de battage en Ă©tĂ©: le vent les a emportĂ©s et on n'a plus trouvĂ© aucune trace d'eux. Quant Ă  la pierre qui avait frappĂ© la statue, elle est devenue une grande montagne et a rempli toute la terre. »

Renversement : Une pierre non taillée remplace les empires.

Message : Le durable n’est pas ce qui paraüt le plus imposant.

 

Daniel 2.36–38 (S21) : « »VoilĂ  quel Ă©tait le rĂȘve. Nous en dirons l'explication devant le roi. Roi, tu es le roi des rois parce que le Dieu du ciel t'a donnĂ© la royautĂ©, la puissance, la force et la gloire. Il a placĂ© sous ta domination, oĂč qu'ils habitent, les hommes, les bĂȘtes sauvages et les oiseaux, et il t'a donnĂ© le pouvoir sur eux tous. La tĂȘte en or, c'est toi. »

Clarté : Le premier empire, Babylone, est au sommet.

Réalisme : Le pouvoir actuel est reconnu sans flatterie.

 

Daniel 2.39 (S21) : « AprÚs toi surgira un autre royaume, inférieur au tien, puis un troisiÚme royaume, qui sera en bronze et qui dominera sur toute la terre. »

Succession : Les empires se suivent et déclinent.

Perspective historique : Rien n’est Ă©ternel cĂŽtĂ© humain.

 

Daniel 2.40 (S21) : « Il y aura un quatriÚme royaume, solide comme du fer. En effet, le fer pulvérise et écrase tout. Tout comme le fer brise tout, il pulvérisera et écrasera les autres. »

Force brute : La violence systémique comme mode de domination.

Fragilité implicite : Ce qui écrase finit par se fissurer.

 

Daniel 2.41–43 (S21) : « Tu as vu les pieds et les orteils en partie en argile de potier et en partie en fer. De mĂȘme, ce royaume sera divisĂ©, mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mĂ©langĂ© Ă  l'argile. Les doigts des pieds Ă©taient en partie en fer et en partie en argile. De mĂȘme, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile. Tu as vu le fer mĂ©langĂ© Ă  l'argile parce qu'ils feront des alliances tout humaines. Cependant, ils ne seront pas vraiment unis l'un Ă  l'autre, de mĂȘme qu'on ne peut allier le fer Ă  l'argile. »

IncohĂ©rence interne : MĂ©lange d’élĂ©ments incompatibles.

Leçon : Une puissance divisée se casse.

 

Daniel 2.44–45 (S21) : « »A l'Ă©poque de ces rois, le Dieu du ciel fera surgir un royaume qui ne sera jamais dĂ©truit et qui ne passera pas sous la domination d'un autre peuple; il pulvĂ©risera tous ces royaumes-lĂ  et y mettra fin, tandis que lui-mĂȘme subsistera Ă©ternellement. C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se dĂ©tacher de la montagne sans aucune intervention extĂ©rieure et qui a pulvĂ©risĂ© le fer, le bronze, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaĂźtre au roi ce qui doit arriver par la suite. Le rĂȘve est vrai et son explication est digne de confiance.» »

Contre-histoire : Un rĂšgne non humain remplace le cycle des empires.

Sens : Le durable vient d’une autre source que la force.

 

Daniel 2.46 (S21) : « Alors le roi Nebucadnetsar tomba le visage contre terre et se prosterna devant Daniel. Il ordonna qu'on offre des sacrifices et des parfums en son honneur. »

Renversement d’autoritĂ© : Le roi reconnaĂźt publiquement la valeur de Daniel.

Impact : La vĂ©ritĂ© convainc mĂȘme le pouvoir.

 

Daniel 2.47 (S21) : « Le roi adressa la parole à Daniel et dit: «C'est certain, c'est votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il dévoile les secrets, puisque tu as pu dévoiler celui-ci.» »

Reconnaissance claire : Le roi relie la solution à la source réelle.

Message public : Le sens de l’histoire n’est pas monopolisĂ© par les rois.

 

Daniel 2.48 (S21) : « Ensuite le roi accorda une position Ă©levĂ©e Ă  Daniel et lui fit de nombreux et grands cadeaux. Il lui donna le commandement de toute la province de Babylone et le dĂ©signa chef suprĂȘme de tous les sages de Babylone. »

Elévation : La compétence au service du bien commun reçoit une responsabilité.

Conséquence : Le leadership repose sur la sagesse vérifiée.

 

Daniel 2.49 (S21) : « Daniel demanda au roi de confier l'administration de la province de Babylone Ă  Shadrak, MĂ©shak et Abed-Nego. Lui-mĂȘme resta Ă  la cour du roi. »

Fidélité au groupe : Daniel élÚve ses compagnons.

DurabilitĂ© : On transforme la crise en structure d’influence juste.

 

Fils narratifs majeurs– Daniel 2

  • Daniel garde son calme en pleine crise et agit avec discernement.
  • La sagesse humaine atteint ses limites et ouvre la voie Ă  la rĂ©vĂ©lation divine.
  • La solution naĂźt de la priĂšre partagĂ©e avec ses compagnons.
  • Daniel reste humble et attribue la sagesse Ă  Dieu.
  • La statue rĂ©vĂšle la fragilitĂ© des puissances humaines.
  • La pierre annonce un royaume durable d’origine divine.
  • Daniel est Ă©levĂ© parce qu’il sert avec intĂ©gritĂ© et fidĂ©litĂ©.

IV. SynthĂšse du chapitre 1 de Daniel

Résumé du chapitre :

Daniel et trois jeunes JudĂ©ens, dĂ©portĂ©s Ă  Babylone, sont intĂ©grĂ©s Ă  un programme d’assimilation royale. MalgrĂ© les privilĂšges offerts, ils choisissent de rester fidĂšles Ă  leurs convictions en refusant la nourriture du roi et en proposant un test de dix jours.

Leur discipline se rĂ©vĂšle bĂ©nĂ©fique : ils apparaissent plus sains et plus sages que les autres, gagnent la faveur du roi et accĂšdent Ă  des postes d’influence. Daniel poursuivra ainsi un long service, marquĂ© par une fidĂ©litĂ© constante.

 

Texte intégral :

Le premier chapitre du livre de Daniel raconte l’arrivĂ©e de jeunes JudĂ©ens Ă  Babylone aprĂšs la dĂ©portation. Daniel et ses compagnons sont choisis pour ĂȘtre formĂ©s Ă  la culture et au service du roi. MalgrĂ© les privilĂšges offerts (nourriture, formation, nouveaux noms), ils dĂ©cident de rester fidĂšles Ă  leur identitĂ© en refusant de se “souiller” avec les plats royaux. Par une nĂ©gociation respectueuse et un essai de dix jours, ils dĂ©montrent que leur choix n’est pas une faiblesse mais une force : leur apparence est meilleure et leur sagesse surpassera celle des autres.

 

Points essentiels

Contexte : Exil à Babylone, assimilation culturelle imposée.

Choix intérieur : Daniel prend une décision ferme de rester fidÚle à ses convictions.

MĂ©thode : Respect, tact et proposition d’un essai limitĂ©.

Résultat : Leur discipline les rend plus forts et plus sages.

Reconnaissance : Le roi lui-mĂȘme constate leur supĂ©rioritĂ© et les place en position d’influence.

DurĂ©e : Daniel sert jusqu’au rĂšgne de Cyrus, preuve d’une fidĂ©litĂ© durable.

 

V. Commentaire

Résumé du chapitre :

Daniel Ă©crit pour tĂ©moigner de la protection de Dieu et montrer que la fidĂ©litĂ©, mĂȘme en exil, attire Sa faveur. Il transmet aussi des rĂ©vĂ©lations destinĂ©es aux gĂ©nĂ©rations futures, reçues de l’ange Gabriel. Son livre se distingue par l’absence de message direct Ă  ses contemporains, ce qui interroge sur sa relation avec la diaspora juive. Bien qu’au service des rois Ă©trangers, Daniel demeure loyal Ă  Dieu et sert avec intĂ©gritĂ©.

Son rĂ©cit souligne que la fidĂ©litĂ© se construit dans les choix quotidiens, qu’on peut vivre dans une culture Ă©trangĂšre sans perdre son identitĂ©, et que la constance dans les petites choses prĂ©pare aux grandes Ă©preuves. Sa vie entiĂšre, jusqu’à un Ăąge avancĂ©, illustre une persĂ©vĂ©rance inĂ©branlable dans la foi.

 

Texte intégral :

Il est essentiel de saisir les motivations qui ont conduit Daniel Ă  rĂ©diger le rĂ©cit de ses expĂ©riences et de celles de ses compagnons. PremiĂšrement, Daniel a voulu partager son tĂ©moignage personnel ainsi que celui de ses amis afin de mettre en lumiĂšre la bontĂ© et la protection de Dieu. Le rĂ©cit souligne que, dĂšs lors qu’un individu place sa confiance en Dieu, il bĂ©nĂ©ficie de Sa bienveillance et de Sa garde. À travers leurs histoires, Daniel et ses compagnons illustrent comment la fidĂ©litĂ© Ă  Dieu, mĂȘme dans l’adversitĂ© et l’exil, attire la faveur et la protection divines.

DeuxiĂšmement, Daniel a eu Ă  cƓur de transmettre une rĂ©vĂ©lation d’une grande importance, destinĂ©e en particulier aux hommes de la fin des temps. Cette rĂ©vĂ©lation lui a Ă©tĂ© confiĂ©e par l’ange Gabriel et occupe une place centrale dans son message. Par la suite, d’autres rĂ©vĂ©lations lui seront accordĂ©es, toutes marquĂ©es par leur rĂ©alisme et leur pertinence. Ainsi, Daniel ne se limite pas Ă  relater des faits passĂ©s, mais cherche aussi Ă  prĂ©parer et avertir les gĂ©nĂ©rations futures, en mettant Ă  leur disposition les messages spirituels et prophĂ©tiques qu’il a reçus.

Contrairement Ă  la majoritĂ© des autres prophĂštes bibliques, dont le message s’adressait directement Ă  leurs contemporains, le livre de Daniel se distingue par son orientation. Daniel n’adresse pas de paroles prophĂ©tiques explicites au peuple juif ou aux autoritĂ©s de son Ă©poque. Cette particularitĂ© soulĂšve des interrogations concernant la relation de Daniel avec les autres Juifs vivant la dĂ©portation Ă  Babylone. En effet, le livre ne prĂ©cise pas si Daniel frĂ©quentait la diaspora juive ou s’il Ă©tait essentiellement confinĂ© dans l’environnement du palais royal ou Ă  proximitĂ© immĂ©diate. Son rĂ©cit reste centrĂ© sur sa mission et ne contient que quelques allusions Ă  sa vie personnelle, principalement Ă  travers les tĂ©moignages de ses interventions.

Cette situation amĂšne Ă  s’interroger sur la perception qu’avaient les autres Juifs dĂ©portĂ©s Ă  l’égard de Daniel. Certains auraient pu le considĂ©rer comme un collaborateur de la puissance Ă©trangĂšre, puisqu’il occupait une place au service du roi de Babylone. NĂ©anmoins, il apparaĂźt que Daniel n’a jamais considĂ©rĂ© les gouvernants babyloniens comme des ennemis. Sa posture peut d’ailleurs ĂȘtre rapprochĂ©e de celle de la servante de Naaman, qui, plutĂŽt que de voir la maladie de son maĂźtre comme un chĂątiment divin, s’est investie pour favoriser sa guĂ©rison (

Verset(s) introuvable(s) : 1
). De la mĂȘme maniĂšre, Daniel a servi ses nouveaux maĂźtres avec sincĂ©ritĂ© et dĂ©vouement, choisissant de remplir sa mission avec zĂšle, sans animositĂ© envers ses supĂ©rieurs Ă©trangers.

Daniel 1.1-21 met en Ă©vidence que l’intĂ©gritĂ© trouve son origine dans des choix simples et quotidiens. Le texte montre comment la fidĂ©litĂ© aux convictions personnelles s’exprime jusque dans les dĂ©tails, comme le choix de la nourriture, et que cette constance peut devenir une vĂ©ritable source de force et de reconnaissance.

Le rĂ©cit souligne Ă©galement qu’il est possible de vivre au sein d’une culture Ă©trangĂšre, d’apprendre ses savoirs et mĂȘme d’y exceller, tout en prĂ©servant son identitĂ© propre. Ce maintien de l’intĂ©gritĂ© repose sur une rĂ©solution intĂ©rieure profonde, vĂ©cue avec respect et persĂ©vĂ©rance. Une telle attitude ne se limite pas Ă  l’individu, mais finit par transformer l’environnement qui l’entoure.

Enfin, il ressort que tenir ferme dans les petites choses prĂ©pare Ă  la fidĂ©litĂ© lors des grandes Ă©preuves. La persĂ©vĂ©rance dans des choix mineurs forge le caractĂšre et prĂ©pare Ă  affronter des situations plus complexes avec la mĂȘme intĂ©gritĂ©.

Daniel s’est distinguĂ© par son attachement indĂ©fectible aux pratiques de sa religion, le judaĂŻsme, tout au long de sa vie en exil. Avant tout, il Ă©tait au service de son Dieu. Bien qu’il n’ait jamais regagnĂ© la terre d’IsraĂ«l, il a ƓuvrĂ© fidĂšlement dans les diffĂ©rentes instances du pouvoir, traversant les rĂšgnes successifs jusqu’à celui du roi perse Cyrus, comme le souligne le texte de Daniel 1.21. A cette Ă©poque, en 536 avant J.C., Daniel avait atteint l’ñge de 83 ans.

Deux ans aprĂšs cet Ă©vĂ©nement, Daniel reçoit une ultime vision qui vient clore le rĂ©cit de son livre. Ainsi, son existence tout entiĂšre se caractĂ©rise par une fidĂ©litĂ© constante Ă  Dieu, vĂ©cue au sein d’un environnement paĂŻen. MalgrĂ© l’éloignement de sa patrie et l’assimilation culturelle, Daniel est demeurĂ© un serviteur loyal, illustrant par sa vie l’intĂ©gritĂ© et la persĂ©vĂ©rance dans la foi.

Conclusion

Résumé du chapitre :

Daniel et ses compagnons triomphent avant tout par leur fidélité à Dieu, puisant leur sagesse non dans leurs capacités naturelles, mais dans une relation vivante avec Lui. Leur foi les garde séparés des influences du monde et devient la source de leur intelligence spirituelle.

En rĂ©compense de cette consĂ©cration, Dieu accorde Ă  Daniel une sagesse exceptionnelle. Le rĂ©cit ouvre ensuite sur une dimension prophĂ©tique dont la portĂ©e dĂ©passe largement son Ă©poque et continue d’interpeller notre monde actuel.

 

Texte intégral :

La vĂ©ritable victoire remportĂ©e par Daniel et ses compagnons rĂ©side dans leur choix de rester fidĂšles Ă  leur Dieu, malgrĂ© les pressions de l’exil et de l’assimilation. Leur engagement n’était pas simplement une question de conformitĂ© extĂ©rieure, mais le fruit d’une communion rĂ©elle et pratique avec Dieu : « Dans Sa lumiĂšre, il voit la lumiĂšre » (Psaumes 36.10). C’est dans cette relation vivante qu’ils ont puisĂ© leurs capacitĂ©s intellectuelles et leur discernement. Leur sagesse ne provenait pas uniquement de leurs Ă©tudes ou de leur intelligence naturelle, mais avant tout de leur intimitĂ© avec Dieu.

La foi apparaĂźt ici comme le moyen unique d’acquĂ©rir l’intelligence spirituelle et d’en expĂ©rimenter la force, par l’action de l’Esprit. En effet, c’est la foi qui place l’homme dans une dĂ©pendance constante envers le Seigneur, le sĂ©parant ainsi de l’influence d’un monde Ă©tranger Ă  Dieu. Daniel illustre parfaitement cette attitude : il a choisi de se tenir Ă  part de ce qui, pour un Juif, reprĂ©sentait une offense envers Dieu. En retour, Dieu l’a comblĂ© d’une sagesse et d’une intelligence exceptionnelles, rĂ©compensant ainsi sa fidĂ©litĂ© et sa consĂ©cration.

AprĂšs avoir mis en lumiĂšre l’intĂ©gritĂ© et la fidĂ©litĂ© de Daniel dans un contexte d’exil et d’assimilation, le rĂ©cit adopte une perspective nouvelle et essentielle : il s’apprĂȘte Ă  nous dĂ©voiler des Ă©vĂ©nements d’une portĂ©e remarquable, capables de rĂ©sonner jusqu’à notre Ă©poque. Cette dimension prophĂ©tique du livre de Daniel ne s’adresse pas uniquement Ă  ses contemporains, mais possĂšde une dimension universelle qui touche directement nos vies aujourd’hui.