Révélation
APO009
Le premier sceau, le premier cavalier

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter l’annexe ANN105 : L’inĂ©rrance de la Bible

Vous pouvez consulter le chapitre : Le prophĂšte Daniel

Vous pouvez consulter l’annexe ANN067 : L’explication des 70 semaines de Daniel

Introduction

Résumé du paragraphe

Cette Ă©tude de l’Apocalypse avance chapitre par chapitre et s’intĂ©resse ici au premier sceau. Jean voit un livre scellĂ© dans la main de Dieu, et l’ouverture du premier sceau fait apparaĂźtre un cavalier sur un cheval blanc.

Deux interprĂ©tations s’opposent : certains y voient le Messie JĂ©sus victorieux, tandis que d’autres y reconnaissent un imposteur, une imitation trompeuse du Christ, voire l’Antichrist.

Le dĂ©bat reste ouvert parmi les spĂ©cialistes. L’étude souligne aussi l’importance du parallĂšle entre le discours de JĂ©sus sur le mont des Oliviers et la succession des flĂ©aux dĂ©crits dans l’Apocalypse, un point qui sera approfondi par la suite.

 

Texte intégral

Dans le cadre de cette Ă©tude approfondie du livre de l’Apocalypse, nous procĂ©dons Ă  une analyse chapitre par chapitre, incluant des Ă©clairages spĂ©cifiques sur certains thĂšmes afin de faciliter la comprĂ©hension de l’interprĂ©tation. Nous abordons ici le premier sceau et les consĂ©quences de son ouverture.

Cette rĂ©vĂ©lation s’inscrit dans la continuitĂ© de la manifestation de JĂ©sus-Christ (Apocalypse 1.1). L’apĂŽtre Jean, aprĂšs avoir dĂ©crit la vision cĂ©leste et le trĂŽne de Dieu, focalise son attention sur un Ă©lĂ©ment particulier : un livre tenu dans la main droite de celui qui siĂšge sur le trĂŽne. Ce livre est scellĂ© par sept sceaux dont le premier va ĂȘtre ouvert sous nos yeux.

L’ouverture de ce premier sceau provoque l’apparition d’un Ă©vĂ©nement majeur : un cavalier sur un cheval blanc fait son entrĂ©e.

Deux thĂ©ories opposĂ©es s’affrontent quant Ă  l’identitĂ© et Ă  l’action de ce cavalier sur le cheval blanc :

 

  • La premiĂšre thĂ©orie identifie ce cavalier comme Ă©tant le Messie JĂ©sus lui-mĂȘme. Plusieurs arguments viennent Ă©tayer cette hypothĂšse, qui sera analysĂ©e plus en dĂ©tail afin de montrer en quoi ce cavalier pourrait effectivement reprĂ©senter le Messie JĂ©sus victorieux.

 

  • La seconde interprĂ©tation suggĂšre qu’il s’agit d’un imposteur, un imitateur du Messie JĂ©sus, voire de l’Antichrist. Selon cette hypothĂšse, le cavalier incarne la sĂ©duction satanique. Une analyse des recherches menĂ©es sur ce sujet permettra d’expliquer cette position et d’exposer les raisons qui conduisent Ă  la privilĂ©gier sur la premiĂšre.

 

Il convient de souligner que ce dĂ©bat reste ouvert et qu’il divise encore aujourd’hui les plus grands exĂ©gĂštes qui se penchent sur cette question.

Un point mĂ©rite une attention particuliĂšre : le parallĂšle existant entre le discours du Messie JĂ©sus sur le mont des Oliviers et le dĂ©roulement des flĂ©aux prĂ©sentĂ©s dans l’Apocalypse. Ce rapprochement sera examinĂ© en dĂ©tail dans la suite de l’étude.

 

Nous avons atteint la quatriĂšme section du livre, intitulĂ©e « Les choses Ă  venir », et nous abordons actuellement le deuxiĂšme sujet : l’ouverture des sept sceaux.

Le plan du livre

I. Introduction : Apocalypse 1.1-3.

II. Les choses passées : « ce que tu as vu » Apocalypse 1.4-20.

III. Les choses présentes : « ce qui est », le message du Seigneur aux sept Eglises Apocalypse 2.1 à Apocalypse 3.22.

IV. Les choses Ă  venir

A             Le trÎne de Christ ; le livre scellé, Apocalypse 4.1 à Apocalypse 5.14.

B             Ouverture des 7 sceaux, Apocalypse 6.1-17 à Apocalypse 8.1.

C             ParenthÚse : Les Juifs et les païens sauvés pendant la tribulation, Apocalypse 7.1-17.

D             Jugement annoncé par les sept trompettes, Apocalypse 8.2 à Apocalypse 9.21 et Apocalypse 11.15-19.

E              ParenthÚse : prélude à la septiÚme trompette, Apocalypse 10.1 à Apocalypse 11.14.

F              Personnages dominants, Apocalypse 12.1-18.

G             AvĂšnement et rĂšgne de la BĂȘte et du faux prophĂšte, Apocalypse 13.1-18.

H             ParenthÚse : visions prophétiques, Apocalypse 14.1-20.

I               Jugements annoncés par les sept coupes de la colÚre de Dieu, Apocalypse 15.1 à Apocalypse 16.21.

J               Condamnation de la grande Babylone, Apocalypse 17.1 à Apocalypse 19.6.

K              PrĂ©paratifs pour la bataille d’HarmaguĂ©don et pour le rĂšgne de mille ans, Apocalypse 19.7 Ă  Apocalypse 20.6.

L              Jugement dernier ; description de la cité sainte, Apocalypse 20.7 à Apocalypse 22.5.

V. Conclusion : dernier message de la Bible, Apocalypse 22.6-21.

I. Le texte

Apocalypse 6.1–2 (S21) : « Je vis alors l'Agneau ouvrir un des sept sceaux et j'entendis l'un des quatre ĂȘtres vivants dire d'une voix de tonnerre: «Viens.» Je regardai et je vis apparaĂźtre un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc; une couronne lui fut donnĂ©e et il partit en vainqueur et pour remporter la victoire. »

Jean voit l’Agneau ouvrir le premier sceau. L’un des quatre ĂȘtres vivants appelle d’une voix puissante : « Viens ». Alors apparaĂźt un cheval blanc, montĂ© par un cavalier muni d’un arc. Une couronne lui est donnĂ©e, et il part en conquĂ©rant, dĂ©terminĂ© Ă  remporter la victoire.

En rĂ©sumĂ© : l’ouverture du premier sceau rĂ©vĂšle un cavalier sur un cheval blanc, envoyĂ© pour vaincre et conquĂ©rir.

Il apparaĂźt clairement que l’ensemble des sceaux qui ferment le livre n’est pas accessible simultanĂ©ment. En effet, l’ouverture du premier sceau conditionne l’accĂšs au sceau suivant. Il existe donc une progression ordonnĂ©e et rigoureuse dans la rĂ©vĂ©lation de ces Ă©vĂ©nements.

Cette chronologie implique que chaque Ă©tape, marquĂ©e par l’ouverture d’un sceau, doit produire ses effets et voir ses consĂ©quences s’accomplir avant que la phase suivante puisse Ă  son tour commencer.

Ainsi, l’ouverture successive des sceaux dessine une sĂ©quence prĂ©cise, oĂč chaque action ouvre la voie Ă  la suivante, soulignant l’importance du dĂ©roulement graduel du plan rĂ©vĂ©lĂ©.

II. Les éléments symboliques

Résumé du paragraphe

L’ouverture du premier sceau dans l’Apocalypse prĂ©sente une scĂšne hautement symbolique oĂč chaque Ă©lĂ©ment porte un sens prĂ©cis. Le premier ĂȘtre vivant introduit l’action, soulignant la solennitĂ© du moment.

Le cavalier, figure centrale, est chargĂ© d’une mission dĂ©terminĂ©e. Son cheval blanc Ă©voque la victoire ou la conquĂȘte, tandis que son arc symbolise une puissance offensive. La couronne qu’il reçoit atteste d’une autoritĂ© confĂ©rĂ©e.

Enfin, sa conquĂȘte, partir « en vainqueur et pour vaincre », rĂ©sume l’aboutissement de ces symboles. L’ensemble invite le lecteur Ă  dĂ©passer la simple narration pour saisir la portĂ©e spirituelle et symbolique du message.

 

Texte intégral

Chaque dĂ©tail du rĂ©cit liĂ© Ă  l’ouverture du premier sceau, dans l’Apocalypse possĂšde une portĂ©e symbolique, bien au-delĂ  d’une simple narration d’évĂ©nements. Ces Ă©lĂ©ments sont porteurs de sens et adressent un message Ă  celui qui lit le texte. Nous allons examiner prĂ©cisĂ©ment chacun des six aspects Ă©voquĂ©s :

 

  • L’ĂȘtre vivant : Il s’agit du premier des quatre ĂȘtres vivants, celui qui intervient au moment de l’ouverture du sceau. Sa voix puissante introduit l’action du cavalier, soulignant l’importance de son rĂŽle dans la rĂ©vĂ©lation des Ă©vĂ©nements.

 

  • Le cavalier : Figure centrale de la scĂšne, il est dĂ©signĂ© pour accomplir une mission spĂ©cifique. Sa posture et ses attributs symbolisent son rĂŽle actif dans la sĂ©quence des jugements.

 

  • Le cheval blanc : L’apparition de ce cheval blanc ajoute une dimension particuliĂšre Ă  l’action du cavalier. La couleur blanche Ă©voque souvent la puretĂ©, la victoire ou la conquĂȘte, ce qui confĂšre Ă  la scĂšne un caractĂšre distinctif.

 

  • L’arc : Arme du cavalier, l’arc suggĂšre la capacitĂ© Ă  atteindre des cibles Ă  distance. Il symbolise la puissance offensive ou l’autoritĂ© confĂ©rĂ©e au cavalier dans l’accomplissement de sa mission.

 

  • La couronne : Remise au cavalier, la couronne est le signe d’une autoritĂ© reconnue et d’un pouvoir reçu. Elle atteste la lĂ©gitimitĂ© de sa mission et annonce sa victoire Ă  venir.

 

  • La conquĂȘte : Le texte insiste sur l’objectif du cavalier, qui part « en vainqueur et pour remporter la victoire ».

 

  • Cette conquĂȘte est la consĂ©quence directe de l’ensemble des Ă©lĂ©ments prĂ©cĂ©dents, et marque l’accomplissement de l’action initiĂ©e par l’ouverture du sceau.

Chacun de ces Ă©lĂ©ments s’articule avec prĂ©cision pour transmettre un enseignement symbolique fort, invitant le lecteur Ă  dĂ©passer la lecture littĂ©rale et Ă  saisir la portĂ©e du message transmis.

III. L’ĂȘtre vivant ?

Résumé du paragraphe

Dans l’Apocalypse, les quatre ĂȘtres vivants dĂ©crits en Apocalypse 4.6-8, le Lion, le Taureau, l’Homme et l’Aigle, possĂšdent chacun une identitĂ© symbolique propre reprĂ©sentant la force, le service, l’intelligence et la vision. Ils forment un ensemble ordonnĂ© qui reflĂšte la totalitĂ© de la crĂ©ation placĂ©e au service de Dieu.

En Apocalypse 6, chacun de ces ĂȘtres vivants introduit l’un des quatre cavaliers : le lion appelle le cavalier blanc (conquĂȘte), le taureau le cavalier rouge (guerre), l’homme le cavalier noir (famine), et l’aigle le cavalier verdĂątre (mort).

Selon cette lecture, un lien symbolique unit chaque ĂȘtre vivant au cavalier qu’il appelle, renforçant l’idĂ©e d’une correspondance intentionnelle entre la vision du chapitre 4 et les jugements du chapitre 6.

 

Texte intégral

Dans l’Apocalypse, les quatre ĂȘtres vivants sont prĂ©sentĂ©s dans un ordre, et chacun possĂšde une identitĂ© symbolique distincte. Jean les dĂ©crit en Apocalypse 4.6-8, et c’est Ă  partir de ce passage que l’on peut leur « donner un nom » ou une appellation :

 

Le premier ĂȘtre vivant Apocalypse 4.7 : il ressemble Ă  un lion. → Symbole de force, de royautĂ© et de majestĂ©. Il Ă©voque la puissance souveraine de Dieu et la vigueur de la crĂ©ation.

 

Le deuxiĂšme ĂȘtre vivant Apocalypse 4.7 : il ressemble Ă  un jeune taureau (ou veau). → Symbole de service, de sacrifice et de fĂ©conditĂ©. Il rappelle l’animal de l’offrande et la dimension sacrificielle de la vie.

 

Le troisiĂšme ĂȘtre vivant Apocalypse 4.7 : il a comme un visage d’homme. → Symbole de l’intelligence, de la raison et de la dignitĂ© humaine. Il reprĂ©sente l’humanitĂ© dans sa vocation Ă  reflĂ©ter l’image de Dieu.

 

Le quatriĂšme ĂȘtre vivantApocalypse 4.7 : il ressemble Ă  un aigle en plein vol. → Symbole de hauteur, de rapiditĂ© et de vision pĂ©nĂ©trante. Il incarne la transcendance et la capacitĂ© de voir d’en haut, proche du ciel.

 

Ces quatre ĂȘtres vivants sont donc classĂ©s dans un ordre prĂ©cis, chacun introduisant l’un des quatre cavaliers en Apocalypse 6. Ils forment une sorte de « quatuor cosmique », reprĂ©sentant la totalitĂ© des dimensions de la crĂ©ation (la force, le service, l’intelligence et la vision), placĂ©e au service de Dieu et associĂ©e Ă  ses jugements (voir APO005 : l’Etude du chapitre 4).

On peut donc les nommer ainsi : le Lion, le Taureau, l’Homme, l’Aigle.

Si chacun de ces ĂȘtres vivants sont bien rĂ©pertoriĂ©s ils ne sont pas directement nommĂ©s avec les quatre premiers sceaux. Nous pensons que l’ordre que Jean leur a donnĂ© correspond avec l’ordre des cavaliers. Ce lien expliquerait aussi les raisons de la description prĂ©cise de Jean en Apocalypse 4.6-8.

En conséquence nous obtenons :

Lorsque l’Agneau ouvre les sceaux, chaque cavalier est appelĂ© par l’un des quatre ĂȘtres vivants qui se tiennent autour du trĂŽne.

 

Premier ĂȘtre vivant (MajestĂ© conquĂȘte et autoritĂ©), celui qui ressemble Ă  un lion, dit « Viens ». Alors paraĂźt le premier cavalier, montĂ© sur un cheval blanc, muni d’un arc et recevant une couronne. Il part en vainqueur pour vaincre.

 

DeuxiĂšme ĂȘtre vivant (force violence et guerre), celui qui ressemble Ă  un jeune taureau, dit « Viens ». Surgit alors le deuxiĂšme cavalier, sur un cheval rouge feu. Il reçoit une grande Ă©pĂ©e et le pouvoir d’îter la paix de la terre, afin que les hommes s’entretuent.

 

TroisiĂšme ĂȘtre vivant (HumanitĂ© Ă©conomie et famine), celui qui a comme un visage d’homme, dit « Viens ». ApparaĂźt le troisiĂšme cavalier, sur un cheval noir. Il tient une balance dans sa main, et une voix annonce une mesure de blĂ© pour un denier, signe de famine et de rationnement.

 

QuatriĂšme ĂȘtre vivant (RapiditĂ© jugement et mort), celui qui ressemble Ă  un aigle en plein vol, dit « Viens ». Alors surgit le quatriĂšme cavalier, sur un cheval verdĂątre. Son nom est la Mort, et le sĂ©jour des morts le suit. Ils reçoivent pouvoir sur le quart de la terre pour tuer par l’épĂ©e, la famine, la peste et les bĂȘtes sauvages.

 

En rĂ©sumĂ© : chaque cavalier est introduit par un ĂȘtre vivant diffĂ©rent, dans l’ordre lion, taureau, homme, aigle. Les cavaliers symbolisent successivement la conquĂȘte, la guerre, la famine et la mort, inaugurant les jugements qui se dĂ©ploient sur la terre. Nous croyons qu’une symbolique rĂ©unit les couples, ĂȘtre vivant et cavalier. Un lien, selon nous lie l’ĂȘtre vivant et le cavalier.

 

IV. Le cavalier

Résumé du paragraphe

Le premier cavalier de l’Apocalypse fait l’objet de deux interprĂ©tations majeures.

La premiĂšre y voit le Messie JĂ©sus : le cheval blanc symboliserait la victoire divine, la couronne sa royautĂ©, et l’arc un instrument spirituel. Cette lecture s’appuie sur Apocalypse 19.1-21, oĂč le Christ apparaĂźt lui-mĂȘme sur un cheval blanc.

La seconde interprĂ©tation identifie ce cavalier comme un imposteur, l’AntĂ©christ. JĂ©sus ouvre les sceaux et ne peut donc ĂȘtre le cavalier qui en sort. De plus, l’arc n’est jamais associĂ© au Christ, et ce cavalier inaugure une sĂ©rie de catastrophes, ce qui correspond davantage Ă  une sĂ©duction trompeuse qu’à l’Ɠuvre rĂ©demptrice du Messie. Le cheval blanc et la couronne seraient alors des symboles dĂ©tournĂ©s pour imiter le Christ.

AprĂšs analyse, cette seconde hypothĂšse apparaĂźt la plus cohĂ©rente : le cavalier reprĂ©senterait l’AntĂ©christ agissant durant la grande tribulation, dans la premiĂšre moitiĂ© de la soixante-dixiĂšme semaine de Daniel, pĂ©riode oĂč le Christ n’intervient pas directement.

 

Texte intégral

Le premier cavalier de l’Apocalypse : deux interprĂ©tations

 

  1. Le cavalier comme image du Messie Jésus

Certains exĂ©gĂštes identifient le cavalier sur le cheval blanc (Apocalypse 6.1-2) au Christ lui-mĂȘme.

En Apocalypse 5.5, JĂ©sus est appelĂ© « le lion de la tribu de Juda », vainqueur et seul digne d’ouvrir le livre et ses sceaux.

Le cavalier est dĂ©crit comme victorieux, couronnĂ© et partant pour vaincre : une image de la diffusion de l’Évangile et de la conquĂȘte spirituelle.

Le cheval blanc symbolise pureté et victoire divine.

La couronne rappelle la royauté messianique.

L’arc peut ĂȘtre compris comme un instrument spirituel, la Parole qui touche les cƓurs.

Cette lecture est renforcĂ©e par Apocalypse 19.11-16, oĂč JĂ©sus apparaĂźt lui-mĂȘme sur un cheval blanc, « fidĂšle et vĂ©ritable », « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». Ainsi, le premier cavalier serait le Christ inaugurant l’histoire du salut, distinct des trois autres cavaliers qui apportent calamitĂ©s.

 

  1. Le cavalier comme imposteur : l’AntĂ©christ

D’autres traditions voient dans ce cavalier un imitateur du Christ, probablement l’AntĂ©christ.

JĂ©sus est celui qui ouvre les sceaux : il ne peut donc ĂȘtre simultanĂ©ment le cavalier qui en sort.

Le contexte est celui du jugement et de la grande tribulation, pĂ©riode oĂč JĂ©sus n’intervient pas directement.

Le Christ a dĂ©jĂ  remportĂ© la victoire Ă  la croix ; il n’a pas besoin de « partir pour vaincre » ni de recevoir une couronne supplĂ©mentaire.

L’arc n’est jamais associĂ© Ă  JĂ©sus dans le Nouveau Testament, qui est liĂ© Ă  l’épĂ©e de la Parole (Apocalypse 1.16, Apocalypse 19.15).

Le cavalier inaugure une sĂ©rie de catastrophes (guerre, famine, mort), ce qui correspond davantage Ă  une fausse paix ou une sĂ©duction trompeuse qu’à l’Ɠuvre rĂ©demptrice du Christ.

Dans cette perspective, le cheval blanc et la couronne seraient des attributs trompeurs, une contrefaçon destinée à séduire et égarer.

 

Conclusion

Deux lectures s’opposent :

Le Messie JĂ©sus : vainqueur, inaugurant l’histoire du salut par la diffusion de l’Évangile.

L’AntĂ©christ : imposteur, imitant les attributs du Christ pour tromper et entraĂźner les jugements.

L’interprĂ©tation de la vision du cavalier repose principalement sur l’analyse de plusieurs Ă©lĂ©ments symboliques : le cheval blanc, la couronne et l’arc. Il est essentiel de distinguer l’Agneau, c’est-Ă -dire JĂ©sus-Christ, qui ouvre les sceaux, du cavalier qui apparaĂźt ensuite. Cette distinction structure l’ensemble de la rĂ©flexion sur le sens Ă  donner Ă  cette vision.

AprĂšs avoir examinĂ© les diverses hypothĂšses possibles, il apparaĂźt que seule la seconde, Ă  savoir l’identification du cavalier Ă  l’AntĂ©christ, s’avĂšre cohĂ©rente avec le contexte Ă©tudiĂ©. En effet, ces Ă©vĂ©nements prennent place selon nous dans la seconde moitiĂ© de la soixante-dixiĂšme semaine de Daniel, pĂ©riode caractĂ©risĂ©e par la domination de l’AntĂ©christ. Durant ce temps, appelĂ© la grande tribulation et marquĂ© par la colĂšre de Dieu, le Messie JĂ©sus n’intervient pas directement.

V. Le cheval blanc

Résumé du paragraphe

AprĂšs avoir Ă©tabli que le premier cavalier n’est pas le Christ mais l’AntĂ©christ, l’analyse montre que le cheval blanc est un symbole de tromperie. Sa couleur, habituellement associĂ©e Ă  la puretĂ© et Ă  la victoire, devient ici une façade destinĂ©e Ă  inspirer confiance et Ă  masquer la vĂ©ritable nature de l’usurpateur.

Le cheval, symbole biblique de puissance militaire, associĂ© au blanc, crĂ©e l’illusion d’une conquĂȘte juste et spirituelle. Ce cheval blanc reprĂ©sente donc une sĂ©duction initiale, une fausse paix qui ouvre la sĂ©rie des jugements.

Il enseigne que le mal commence souvent par imiter le bien : avant la guerre, la famine et la mort, vient l’illusion. Ainsi, ce premier cavalier incarne une contrefaçon antichristique, avançant sous les apparences du Christ sans en possĂ©der la vĂ©ritĂ©.

 

Texte intégral

AprĂšs avoir exposĂ© prĂ©cĂ©demment les raisons qui conduisent Ă  identifier le premier cavalier non pas au Messie JĂ©sus, mais plutĂŽt Ă  un imitateur, un usurpateur, Ă  savoir l’AntĂ©christ, il convient de poursuivre l’analyse dans cette direction. Notre interprĂ©tation actuelle est donc fondĂ©e sur cette conclusion et met en lumiĂšre la nature particuliĂšrement trompeuse de la symbolique associĂ©e au cavalier. L’ensemble des Ă©lĂ©ments Ă©voquĂ©s montre Ă  quel point l’apparence peut induire en erreur et masquer la vĂ©ritable identitĂ© de cet acteur, qui se prĂ©sente comme lĂ©gitime tout en n’étant qu’un imposteur.

 

  1. La couleur blanche

Le cheval blanc d’Apocalypse 6 : une symbolique de tromperie

Le cheval blanc apparaĂźt en premier dans la sĂ©rie des quatre chevaux d’Apocalypse 6. Sa couleur, sa place dans la sĂ©quence et son rĂŽle symbolique en font un Ă©lĂ©ment clĂ© pour comprendre la dynamique des jugements. Voici une lecture centrĂ©e exclusivement sur l’animal et ce qu’il reprĂ©sente.

Le blanc : une couleur ambivalente

Dans la Bible, le blanc évoque souvent la pureté, la victoire et la sainteté. Mais dans Apocalypse 6, cette couleur fonctionne différemment : elle sert de façade.

Le blanc devient ici :

  • un masque de lĂ©gitimitĂ©,
  • une apparence de justice,
  • un signal visuel qui inspire confiance,
  • un symbole dĂ©tournĂ© pour tromper.

Autrement dit : le cheval blanc n’est pas porteur de puretĂ©, mais d’une illusion de puretĂ©. Il imite les codes visuels du Christ (Apocalypse 19), mais sans en porter la rĂ©alitĂ©.

 

  1. Le cheval : symbole de puissance militaire

Dans la culture biblique, le cheval est l’animal de la guerre, de la conquĂȘte et de la domination. Il n’est jamais associĂ© Ă  la paix ou Ă  la rĂ©demption. Les rois d’IsraĂ«l ne devaient pas accumuler les chevaux (DeutĂ©ronome 17.16), prĂ©cisĂ©ment pour ne pas fonder leur sĂ©curitĂ© sur la puissance militaire.

Ainsi, le cheval blanc combine deux éléments :

  • la force militaire (le cheval),
  • l’apparence de saintetĂ© (le blanc).

Ce mĂ©lange crĂ©e une image puissante : une conquĂȘte qui se prĂ©sente comme juste, une domination qui se pare de lumiĂšre, une force guerriĂšre qui se dĂ©guise en victoire spirituelle.

Il convient de souligner que, dans le contexte israĂ©lite, les souverains utilisaient des chevaux pour les dĂ©placements liĂ©s Ă  la guerre, tandis qu’en temps de paix, ils montaient gĂ©nĂ©ralement des Ăąnes, comme l’illustrent Matthieu 21.5-7, Marc 11.7, Luc 19.35 et Jean 12.14-15.

 

  1. Le cheval blanc comme symbole de séduction

Pris isolément, le cheval blanc représente :

  • une victoire sĂ©duisante,
  • une apparence de paix,
  • une autoritĂ© qui semble lĂ©gitime,
  • une puretĂ© qui n’est qu’en surface.

Il ne symbolise pas la paix véritable, mais une paix factice, une victoire qui attire, rassure et trompe.

Le cheval blanc est donc l’image d’un commencement trompeur : il ouvre la sĂ©rie des jugements non par la violence directe, mais par la sĂ©duction visuelle.

 

  1. Le rÎle pédagogique du symbole

Le cheval blanc enseigne une vérité spirituelle majeure :

  • le mal commence souvent par imiter le bien,
  • la tromperie se prĂ©sente sous des couleurs rassurantes,
  • la sĂ©duction prĂ©cĂšde la destruction.

Il est le premier cheval parce que la tromperie est le premier jugement : avant la guerre, la famine et la mort, vient l’illusion.

 

Conclusion

Le cheval blanc d’Apocalypse 6 n’est pas un symbole de la victoire du Christ, mais une imitation visuelle, une contrefaçon qui emprunte les codes de la puretĂ© pour mieux tromper. Il reprĂ©sente une conquĂȘte sĂ©duisante, une fausse paix, une apparence de lumiĂšre qui ouvre la voie aux jugements suivants.

En se focalisant sur l’animal lui-mĂȘme, on voit clairement que sa blancheur n’est pas un signe de saintetĂ©, mais un outil de sĂ©duction spirituelle, un symbole antichristique qui avance sous les couleurs du Christ sans en porter la vĂ©ritĂ©.

VI. L’arc

Résumé du paragraphe

L’arc du premier cavalier intrigue, car dans l’Ancien Testament il symbolise souvent la dĂ©livrance ou l’action puissante de Dieu. On pourrait donc y voir un signe messianique. Mais replacĂ© dans le contexte de l’Apocalypse, cet arc prend un sens opposĂ© : les flĂšches du cavalier ne libĂšrent pas, elles dĂ©tournent l’humanitĂ© de Dieu.

L’arme devient un instrument de sĂ©duction et de rupture spirituelle. Ce cavalier n’incarne donc pas le Christ, mais un imposteur qui, comme les autres cavaliers, contribue aux jugements qui s’abattent sur la terre.

 

Texte intégral

La mention de l’arc dans Apocalypse 6.1-2 intrigue, car Jean ne prĂ©cise pas la prĂ©sence de flĂšches, mĂȘme si l’arme est Ă©videmment destinĂ©e Ă  en tirer. Dans l’Ancien Testament, l’arc et la flĂšche portent souvent une forte charge symbolique. Lorsque le prophĂšte ÉlisĂ©e demande au roi Joas de tirer une flĂšche (2 Rois 13.17), il s’agit d’un geste prophĂ©tique annonçant la dĂ©livrance d’IsraĂ«l face aux Syriens.

D’autres textes renforcent cette symbolique :

  • En EsaĂŻe 49.2, la flĂšche reprĂ©sente le prophĂšte lui-mĂȘme, instrument affĂ»tĂ© dans la main de Dieu.
  • En Zacharie 9.14, la flĂšche Ă©voque l’intervention rapide et puissante de l’Éternel.

Dans ces passages, la flĂšche exprime soit la dĂ©livrance divine, soit l’action efficace de la Parole de Dieu.

À premiĂšre vue, on pourrait donc penser que le cavalier muni d’un arc symbolise le Messie JĂ©sus, lançant des flĂšches de dĂ©livrance pour libĂ©rer son peuple. Cette interprĂ©tation s’appuie sur la dimension prophĂ©tique et spirituelle associĂ©e Ă  l’arc dans l’Écriture.

Cependant, l’analyse du contexte apocalyptique conduit Ă  une conclusion diffĂ©rente. Les flĂšches de ce cavalier ne visent pas Ă  sauver, mais Ă  dĂ©tourner l’humanitĂ© de Dieu. L’arme devient alors un instrument de sĂ©duction et de rupture spirituelle, non de dĂ©livrance.

Ainsi, loin d’incarner l’action rĂ©demptrice du Christ, ce cavalier agit comme les autres cavaliers : il participe au dĂ©ploiement des jugements sur la terre. Son arc n’est pas un signe de salut, mais un outil de tromperie, rĂ©vĂ©lant sa vĂ©ritable identitĂ© d’imposteur.

VII. La couronne

Résumé du paragraphe

La couronne du cavalier blanc d’Apocalypse 6.2, appelĂ©e stephanos, n’est pas une couronne royale mais celle d’un simple vainqueur. Elle lui est « donnĂ©e », signe d’un pouvoir reçu et temporaire, non d’une autoritĂ© lĂ©gitime comme celle du Christ.

Cette couronne crĂ©e l’illusion d’une victoire juste, mais n’est qu’un instrument de sĂ©duction. Elle imite la vĂ©ritable royautĂ© du Christ, sans en avoir la nature. En inaugurant les jugements qui suivent, guerre, famine et mort, elle rĂ©vĂšle que ce triomphe apparent est en rĂ©alitĂ© le dĂ©but du chaos.

La couronne symbolise donc un faux pouvoir, une fausse légitimité et un faux messie.

 

Texte intégral

 

Voici une explication claire, centrĂ©e sur la symbolique de la couronne dans Apocalypse 6.2, et sur ce que cela implique si l’on comprend ce cavalier comme une figure antichristique.

 

  1. Le mot utilisé : stephanos, la couronne du vainqueur

Dans Apocalypse 6.2, le texte dit :

« Une couronne (stephanos) lui fut donnée. »

Le terme stephanos désigne :

  • la couronne du vainqueur dans les jeux,
  • la rĂ©compense honorifique,
  • un signe de succĂšs ou de triomphe.

Ce n’est pas la couronne royale (diadēma) que porte le Christ en Apocalypse 19.12.

👉 L’Antichrist reçoit une couronne de vainqueur, pas une couronne de roi. C’est un dĂ©tail essentiel.

  1. Une couronne “donnĂ©e” : un pouvoir reçu, pas innĂ©

Le texte précise :

« une couronne lui fut donnée ».

Cela signifie :

  • il ne la possĂšde pas par nature,
  • il ne la conquiert pas par lui-mĂȘme,
  • il la reçoit d’une autoritĂ© extĂ©rieure.

Dans la Bible, lorsque le Christ reçoit une couronne, c’est par droit, par nature, par essence. Ici, le cavalier reçoit une couronne comme un mandat temporaire, un pouvoir permis.

👉 L’Antichrist n’est pas souverain : il est autorisĂ©.

 

  1. Une couronne : l’apparence de la lĂ©gitimitĂ©

Le cheval est blanc, la couronne est celle d’un vainqueur : tout dans l’image donne une impression de victoire, de puretĂ©, de lĂ©gitimitĂ©.

Mais cette couronne :

  • n’est pas royale,
  • n’est pas Ă©ternelle,
  • n’est pas divine,
  • n’est pas liĂ©e Ă  la justice,
  • n’est qu’un symbole de succĂšs apparent.

Elle sert à tromper, à donner l’illusion d’un rùgne juste.

👉 La couronne est un instrument de sĂ©duction visuelle.

 

  1. La couronne comme signe d’imitation

L’Antichrist ne crĂ©e rien : il imite.

Dans Apocalypse 19.11-13, le Christ apparaĂźt sur un cheval blanc, portant de nombreuses couronnes (diadēmata). Le cavalier d’Apocalypse 6 apparaĂźt aussi sur un cheval blanc, mais avec une seule couronne, et une couronne infĂ©rieure.

C’est une contrefaçon :

  • mĂȘme couleur,
  • mĂȘme posture,
  • mĂȘme symbolique de victoire,
  • mais pas la mĂȘme nature.

👉 La couronne du cavalier blanc est une imitation de la vraie royautĂ© du Christ.

 

  1. Une couronne qui ouvre la voie au chaos

Le cavalier blanc est le premier des quatre. Sa couronne inaugure :

  • la guerre (cheval rouge),
  • la famine (cheval noir),
  • la mort (cheval livide).

Cela montre que sa “victoire” n’est pas salvatrice, mais destructrice.

👉 Sa couronne n’est pas un signe de paix, mais le dĂ©but du jugement.

 

SynthĂšse

La couronne du cavalier blanc d’Apocalypse 6.2, comprise dans une lecture antichristique, signifie :

  • un pouvoir reçu, non innĂ© ;
  • une victoire apparente, non rĂ©elle ;
  • une imitation du Christ, non sa manifestation ;
  • une sĂ©duction visuelle, non une justice authentique ;
  • un mandat temporaire, non un rĂšgne Ă©ternel ;
  • le dĂ©but de la tromperie, non l’accomplissement du salut.

Elle est le symbole d’un faux triomphe, d’une fausse lĂ©gitimitĂ©, d’un faux messie.

VIII. La conquĂȘte

Résumé du paragraphe

Le cavalier blanc « part en vainqueur », mais sa victoire n’est qu’une imitation trompeuse de celle du Christ. Dans l’Apocalypse, toute vĂ©ritable victoire appartient dĂ©jĂ  Ă  JĂ©sus, dont la croix constitue le triomphe dĂ©finitif, et dont les victoires ultĂ©rieures, diffusion de l’Évangile, jugement des puissances rebelles, destruction finale de la mort, ne peuvent ĂȘtre attribuĂ©es Ă  aucun autre.

Le cavalier d’Apocalypse 6.1-2 ne s’inscrit dans aucune de ces Ɠuvres : il inaugure au contraire une sĂ©rie de jugements menant au chaos. Sa conquĂȘte n’est pas rĂ©demptrice, mais mensongĂšre. Il reprĂ©sente l’AntĂ©christ, qui imite les symboles du Christ pour tromper, sans en possĂ©der la rĂ©alitĂ©.

 

Texte intégral

Le cavalier blanc « part en vainqueur » : cette expression dĂ©crit une assurance de victoire, une domination qui semble totale et incontestĂ©e. Mais si ce cavalier n’est pas le Christ, et tout dans le texte montre qu’il ne l’est pas, alors sa « victoire » n’est pas celle de la croix. Il s’agit d’une victoire trompeuse, une conquĂȘte mensongĂšre qui imite la vraie victoire du Messie.

 

  1. Le cadre de l’Apocalypse : tout commence avec JĂ©sus glorifiĂ©

Apocalypse 1.1 (S21) : « Révélation de Jésus-Christ. Dieu la lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientÎt et l'a fait connaßtre en envoyant son ange à son serviteur Jean. »

:

Ce verset place toute l’Apocalypse sous l’autoritĂ© du Christ ressuscitĂ©. La croix est dĂ©jĂ  l’évĂ©nement fondateur : la victoire sur le pĂ©chĂ© et la mort est acquise. Rien ni personne ne peut ajouter Ă  cette victoire.

Ainsi, lorsque le cavalier blanc d’Apocalypse 6 apparaĂźt, il ne peut pas reprĂ©senter une nouvelle victoire du Christ, car celle-ci est dĂ©jĂ  accomplie et unique. Sa « victoire » est donc une contrefaçon, une imitation destinĂ©e Ă  sĂ©duire.

 

  1. L’Apocalypse rĂ©vĂšle plusieurs victoires
 mais toutes appartiennent au Christ

L’Apocalypse dĂ©crit diffĂ©rentes manifestations de la victoire du Christ dans l’histoire :

  • Victoire de l’Évangile qui se rĂ©pand dans le monde
  • Victoire sur les puissances hostiles (Apocalypse 17.14 : « L’Agneau les vaincra
 »)
  • Victoire finale au retour du Christ (Apocalypse 19.16 : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs »)

Aucune de ces victoires n’est confiĂ©e Ă  un autre que JĂ©sus. Elles sont les prolongements de la croix, jamais des victoires concurrentes.

C’est pourquoi le cavalier blanc d’Apocalypse 6 ne peut pas ĂȘtre le Christ : il inaugure une sĂ©rie de jugements qui mĂšnent Ă  la guerre, Ă  la famine et Ă  la mort. Il ne prolonge pas la croix : il prĂ©pare le chaos.

 

  1. La derniĂšre victoire du Christ : la destruction de la mort

La Bible décrit clairement la victoire finale du Messie :

  • Apocalypse 20.14 : la mort et le sĂ©jour des morts sont jetĂ©s dans l’étang de feu
  • Apocalypse 21.4 : « la mort ne sera plus »
  • 1 Corinthiens 15.26 : « le dernier ennemi dĂ©truit, c’est la mort »

La derniÚre victoire de Jésus est donc eschatologique : la disparition définitive de la mort et de tout mal.

Cette victoire n’a rien Ă  voir avec la conquĂȘte trompeuse du cavalier blanc.

 

  1. Sens théologique

  • La croix : victoire inaugurale, dĂ©finitive, contre le pĂ©chĂ© et Satan.
  • Les victoires intermĂ©diaires : avancĂ©e de l’Évangile, jugements sur les puissances rebelles.
  • La victoire finale : destruction de la mort et instauration du rĂšgne Ă©ternel.

Le cavalier blanc ne s’inscrit dans aucune de ces catĂ©gories. Il n’est pas un agent de la rĂ©demption, mais le premier acte du jugement, une tromperie initiale qui ouvre la voie aux cavaliers suivants.

 

  1. SynthÚse pédagogique

  • PremiĂšre victoire : la croix — dĂ©jĂ  accomplie, unique, parfaite.
  • Victoire finale : la fin de la mort et du mal — Ă  venir.
  • Entre les deux : le Christ agit, juge, sauve, conduit l’histoire.

Le cavalier blanc n’appartient pas Ă  cette dynamique. Il reprĂ©sente l’AntĂ©christ, celui qui imite JĂ©sus pour mieux tromper, celui qui s’empare des symboles du Christ (cheval blanc, couronne, victoire) sans en possĂ©der la rĂ©alitĂ©.

Quelles sont dĂšs lors les conquĂȘtes et les victoires de ce cavalier blanc que nous avons identifiĂ© Ă  l’AntĂ©christ ?

 

IX. Le discours du mont des Oliviers

Résumé du paragraphe

Les Ă©vĂ©nements de Apocalypse 6.1-17 suivent de prĂšs la prophĂ©tie de JĂ©sus en Matthieu 24.5-35 Jean semble reprendre la mĂȘme sĂ©quence annoncĂ©e sur le mont des Oliviers, mais en la dĂ©veloppant.

Ainsi, la séduction correspond au premier sceau, la guerre au second, la famine au troisiÚme, la mortalité au quatriÚme, les persécutions au cinquiÚme et les catastrophes cosmiques au sixiÚme.

Ce parallĂšle montre que Jean connaissait l’enseignement de JĂ©sus et en donne une version plus dĂ©taillĂ©e. Dans cette lecture, le premier sceau reprĂ©sente le « commencement des douleurs » (premiers 3,5 ans de la 70ᔉ semaine de Daniel), tandis que les six suivants correspondent Ă  la pĂ©riode de l’« abomination de la dĂ©solation » (derniers 3,5 ans).

 

Texte intégral

Les Ă©vĂ©nements de Apocalypse 6.1-17 s’apparentent Ă©troitement Ă  la prophĂ©tie du Seigneur JĂ©sus en (Matthieu 24.5-35. Sur le mont des Oliviers, le Fils de Dieu a prĂ©dit des Ă©vĂ©nements qui deviendront pour Jean l’objet d’une nouvelle rĂ©vĂ©lation plus dĂ©taillĂ©e ; le parallĂšle peut s’établir comme suit :

 

1_ La sĂ©duction : Matthieu 24.5 correspondrait au premier sceau et au cavalier sur un cheval blanc d’Apocalypse 6.1-2.

 

2_ La guerre : Matthieu 24.6-7 correspondrait au second sceau et au cavalier sur un cheval rouge feu d’Apocalypse 6.3-4.

 

3_ La famine : Matthieu 24.7 correspondrait au troisiùme sceau et au cavalier sur un cheval noir d’Apocalypse 6.5-6.

 

4_La mortalité : Matthieu 24.6-7 correspondrait au quatriĂšme sceau et au cavalier sur un cheval verdĂątre d’Apocalypse 6.7-8.

 

5_ Les martyres : Matthieu 24.9-10 et Matthieu 24.16-22 correspondrait au cinquiùme sceau et aux martyres qui crient d’Apocalypse 6.9-11.

 

6_ Les catastrophes cosmiques et Ă©pouvante : Matthieu 24.29-35 correspondrait au sixiĂšme sceau et aux catastrophe cosmiques d’Apocalypse 6.12-17.

 

Ce parallĂšle nous interpelle particuliĂšrement. Jean connaissait ce texte lorsqu’il a Ă©crit son rĂ©cit. Il semble apporter des confirmations mais aussi des prĂ©cisions sur cette succession d’évĂ©nements.

Au cours de notre étude, nous ferons souvent référence à ce parallÚle.

Ouverture du premier sceau = « commencement des douleurs », correspondant aux trois ans et demi de la premiÚre moitié de la soixante-dixiÚme semaine prophétique de Daniel ;

Ouverture des six derniers sceaux = « abomination de la désolation », correspondant aux trois ans et demi de la deuxiÚme moitié de la soixante-dixiÚme semaine de Daniel.

 

X. Lien avec le livre de Daniel

Résumé du paragraphe

Le premier sceau d’Apocalypse 6, avec son cavalier sur un cheval blanc, peut ĂȘtre compris comme l’AntĂ©christ au dĂ©but de la 70ᔉ semaine de Daniel. Daniel dĂ©crit un chef trompeur qui obtient le pouvoir par la ruse, les alliances et une paix apparente, tandis qu’Apocalypse montre une conquĂȘte sĂ©duisante sans guerre ouverte.

Dans les deux livres, cette figure connaĂźt un succĂšs initial mais limitĂ©, qui prĂ©pare ensuite la rupture, le chaos et le jugement. Ainsi, le premier sceau correspondrait Ă  la phase de paix trompeuse annoncĂ©e par Daniel, avant que les sceaux suivants n’expriment les consĂ©quences de cette sĂ©duction initiale.

 

Texte intégral

Il est intéressant de vouloir vérifier et affiner des liens avec les informations de Daniel avec Daniel.

 

  1. Les textes en présence

Premier sceau – Apocalypse 6.1-2

  • Un cheval blanc.
  • Un cavalier avec un arc.
  • Une couronne lui est donnĂ©e.
  • Il part en vainqueur et pour vaincre.

Prophéties de Daniel (Antéchrist/chef futur)

  • Daniel 9.27 : un « chef » fait une alliance ferme pour une semaine, puis la rompt Ă  la moitiĂ©.
  • Daniel 7.1-28 : un « petit corne » qui s’élĂšve, reçoit autoritĂ©, persĂ©cute les saints pour un temps limitĂ©.
  • Daniel 8.23-25 : un roi rusĂ©, fort, qui rĂ©ussit « par sa ruse », « dĂ©truit beaucoup de gens qui vivaient en paix ».
  • Daniel 11.21-24 : un roi mĂ©prisable qui obtient la royautĂ© « par des intrigues », rĂ©ussit en temps de paix.

Nous posons l’hypothĂšse suivante : le cavalier blanc = l’AntĂ©christ au dĂ©but de la 70ᔉ semaine. Regardons les liens possibles.

 

  1. Lien de contexte : dĂ©but de la 70ᔉ semaine

Dans Daniel 9.27, la 70ᔉ semaine commence par :

  • Une alliance confirmĂ©e,
  • Une pĂ©riode oĂč tout semble tenir,
  • Un cadre politique qui paraĂźt stabilisĂ©.

Dans Apocalypse 6.1-17, le premier sceau n’apporte pas immĂ©diatement la guerre, mais une conquĂȘte initiale qui a l’apparence d’un succĂšs maĂźtrisĂ©.

Dans l’hypothĂšse AntĂ©christ :

  • Daniel montre le dĂ©but par une alliance.
  • Apocalypse montre le dĂ©but par une conquĂȘte sĂ©duisante.

Ce sont deux angles diffĂ©rents sur la mĂȘme phase : une montĂ©e en puissance apparemment positive.

 

  1. Lien sur le mode d’action : conquĂȘte sans guerre ouverte

Daniel insiste sur :

  • La ruse,
  • Les intrigues,
  • Les accords en temps de paix,
  • Une rĂ©ussite qui ne repose pas d’abord sur la force brute (Daniel 8.25, Daniel 11.21-24).

Apocalypse 6.2 montre :

  • Un cavalier avec un arc, mais sans mention de flĂšches ;
  • Aucune scĂšne de bataille ;
  • Une victoire qui semble obtenue sans carnage immĂ©diat.

Dans une lecture antéchristique :

  • Daniel dĂ©crit un chef qui gagne par la diplomatie et la manipulation.
  • Apocalypse image cela par un cavalier blanc qui avance en vainqueur, sans qu’on voie encore le sang.

Nous pouvons donc parler de conquĂȘte politique et idĂ©ologique, plus que militaire au dĂ©part.

 

  1. Lien sur la nature de la “victoire” : apparente, non dĂ©finitive

Chez Daniel, cette figure :

  • RĂ©ussit pour un temps,
  • ProspĂšre,
  • Renverse des puissants,
  • Mais finit jugĂ©e et dĂ©truite.

Chez Jean, le cavalier du premier sceau :

  • Reçoit une couronne (pouvoir accordĂ©, limitĂ©),
  • Part en vainqueur,
  • Mais son action ouvre la voie aux cavaliers suivants (guerre, famine, mort).

Dans ta lecture :

  • Daniel : l’AntĂ©christ connaĂźt une phase de succĂšs spectaculaire, mais provisoire.
  • Apocalypse : le cavalier blanc inaugure une sĂ©rie qui le dĂ©passe et conduit au jugement.

C’est la mĂȘme logique : une victoire rĂ©elle sur le plan historique, mais fausse et condamnĂ©e sur le plan eschatologique.

 

  1. Lien théologique : paix trompeuse et jugement

  • Daniel 9.27, Daniel 8.25, Daniel 11.21-24, dessinent un scĂ©nario : paix apparente → alliance → contrĂŽle → rupture → dĂ©tresse.
  • Apocalypse 6.1-17 dessine une dynamique similaire : cavalier blanc (sĂ©duction, fausse paix) → cheval rouge (guerre) → cheval noir (famine) → cheval livide (mort).

Dans notre hypothĂšse :

  • Le premier sceau correspond Ă  la phase paix/alliances/sĂ©duction dĂ©crite par Daniel.
  • Les sceaux suivants reflĂštent la rupture et les consĂ©quences de cette paix mensongĂšre.

Nous ne pouvons pas dĂ©montrer textuellement que Jean “commente” Daniel 9.27, mais nous pouvons dire :

  • Les deux livres dĂ©crivent une mĂȘme figure,
  • Une mĂȘme pĂ©riode inaugurale de tromperie,
  • Une mĂȘme logique : paix trompeuse → chaos → jugement.
  1. Formulation pédagogique possible

Sous l’hypothĂšse AntĂ©christ :

  • Daniel 9.27 montre le dĂ©but de la 70ᔉ semaine comme une pĂ©riode de paix et d’alliance, dominĂ©e par un chef trompeur.
  • Format attendu : Livre Chapitre.Verset ou Livre Chapitre.Verset1-Verset2 (ex. « Ge 4.1-10 »).
    précisent que ce chef réussit par la ruse, en temps de paix.
  • Apocalypse 6.1-2 reprĂ©sente cette mĂȘme rĂ©alitĂ© sous l’image d’un cheval blanc : une conquĂȘte sĂ©duisante, une victoire apparente, une autoritĂ© couronnĂ©e qui prĂ©pare le drame.

MĂȘme si le lien n’est pas explicitement mentionnĂ© dans le texte, il reste cohĂ©rent lorsque l’AntĂ©christ est considĂ©rĂ© comme le personnage principal : on peut interprĂ©ter le premier sceau comme l’ouverture apocalyptique de la 70ᔉ semaine de Daniel, oĂč l’AntĂ©christ sĂ©duit dĂšs le commencement.

Conclusion

Résumé du paragraphe

Le premier cavalier d’Apocalypse 6.1-2 ne reprĂ©sente pas le Christ, mais l’AntĂ©christ, qui imite les symboles du Messie pour tromper. MontĂ© sur un cheval blanc et couronnĂ© d’un pouvoir temporaire, il avance avec l’apparence de la victoire et de l’autoritĂ©, mais n’est qu’une contrefaçon sĂ©duisante.

Cette fausse paix ouvre la voie aux trois cavaliers suivants, qui dĂ©versent les jugements divins. Ainsi, la sĂ©duction initiale du premier cavalier prĂ©pare l’entrĂ©e progressive du chaos.

 

Texte intégral

Nous venons d’analyser le passage d’Apocalypse 6.1-2, et selon l’hypothĂšse que nous retenons, ce premier cavalier n’évoque pas le Messie JĂ©sus, mais l’AntĂ©christ, celui qui se prĂ©sente comme un sauveur tout en usurpant les symboles du Christ. Il apparaĂźt montĂ© sur un cheval blanc, couleur qui Ă©voque normalement la puretĂ© et la victoire, mais qu’il utilise ici comme un masque, une imitation destinĂ©e Ă  tromper. MĂȘme si le texte ne mentionne pas sa tunique, nous pouvons imaginer qu’elle est blanche elle aussi, renforçant cette illusion de lĂ©gitimitĂ©.

Il part « en vainqueur et pour vaincre », affichant une assurance totale, comme s’il possĂ©dait une autoritĂ© incontestable. Sa couronne, qui lui est donnĂ©e, symbolise un pouvoir accordĂ© pour un temps, non une royautĂ© vĂ©ritable. Ce n’est pas le Christ glorifiĂ© qui revient pour achever son Ɠuvre : c’est un homme fort, un dirigeant sĂ©ducteur, un faux roi qui avance sous les apparences du triomphe.

L’honneur dont il semble entourĂ© dans cette vision n’a rien Ă  voir avec l’adoration cĂ©leste rĂ©servĂ©e au vĂ©ritable Agneau. Aucun roi, mĂȘme le plus puissant, n’a jamais reçu un tel respect sur la terre — et pourtant, ce cavalier n’en est qu’une contrefaçon.

AprĂšs cette premiĂšre scĂšne, trois autres cavaliers apparaĂźtront, chacun liĂ© Ă  l’ouverture d’un sceau. L’ordre est prĂ©cis et intentionnel : le premier cavalier ouvre la voie, et les suivants dĂ©versent sur la terre les flĂ©aux qui manifestent la colĂšre de Dieu. Nous verrons dans les chapitres suivants comment cette sĂ©quence se dĂ©ploie et comment la sĂ©duction initiale du premier cavalier conduit progressivement au chaos.