Annexe
Annexe 64
Les ``lendemains`` notés par Jean

Les « lendemains » notés par Jean

Pour plus d’informations

Vous pouvez consulter l’annexe ANN061 : La formation du groupe des disciples

Vous pouvez consulter l’annexe ANN070 : La tentation du Messie Jésus

Introduction

Jean présente une chronologie des événements associés au baptême de Jésus. Il n’évoque ni la période de 40 jours de jeûne ni le baptême de manière directe. Il semble relater des événements survenus par la suite, en utilisant l’expression « le lendemain » pour décrire trois jours consécutifs.

Quelle interprétation convient-il de donner au terme « lendemain » ?

Des chercheurs ont mis en évidence une divergence entre le récit de Jean et ceux des Évangiles synoptiques.

Comment pouvons-nous harmoniser ces différentes sources pour parvenir à une vision cohérente de l’histoire ?

Nous entreprendrons une analyse approfondie de tous les textes afin d’examiner chaque information en détail. Ensuite, nous structurerons ces informations de manière chronologique pour obtenir une vue d’ensemble exhaustive de cette période de la vie de Jésus. L’objectif est de formuler une hypothèse permettant de concilier le récit de Jean avec ceux de Matthieu, Marc et Luc.

Nous estimons la date du baptême de Jésus au jeudi 4 octobre 29 et proposerons une chronologie incluant les données de Jean ainsi que la période de tentation de Jésus.

Les quatre textes de Jean

Voici les quatre passages rédigés par l’apôtre Jean dans lesquels il évoque des événements futurs, semblant s’enchaîner pour définir ainsi une chronologie précise.

JEAN 1.29 (S21)

Le lendemain, il vit Jésus s’approcher de lui et dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

(Traduction Louis Segond S21)

JEAN 1.35–36 (S21)

Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples. 36Il vit Jésus passer et dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »

(Traduction Louis Segond S21)

JEAN 1.43 (S21)

Le lendemain, Jésus décida de se rendre en Galilée. Il rencontra Philippe et lui dit : « Suis-moi. »

(Traduction Louis Segond S21)

JEAN 2.1 (S21)

Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée.
lendemain, Jésus décida de se rendre en Galilée. Il rencontra Philippe et lui dit : « Suis-moi. »

(Traduction Louis Segond S21)

Nous examinons ici quatre éléments temporels spécifiés par Jean, qui peuvent présenter des défis de compréhension dans le contexte moderne, bien qu’ils aient été clairs pour lui.

Notre objectif est d’analyser la chronologie suggérée par Jean pour mieux saisir sa perspective.

Selon les connaissances actuelles, il est probable que Jean était familier avec les récits de Matthieu, Marc et, vraisemblablement, Luc au moment de la rédaction de son Évangile.

En conséquence, plutôt que de supposer une contradiction, il semble plus judicieux de chercher une compréhension plus profonde de la vision de Jean.

Chronologie de la période du baptême à l’appel des premiers disciples

Nous pouvons suivre les informations données par les synoptiques. Luc 3.21-22 indique que le peuple allait se faire baptiser par Jean et que Jésus se fit aussi baptiser. Il est donc envisageable qu’il était avec d’autres personnes.

  • Matthieu 3.13 précise qu’il est venu de Galilée pour se faire baptiser et que Jean s’y opposait.
  • Marc 1.9-11 dit que Jésus s’est fait baptiser dans le jourdain, surement à Béthanie selon les informations fournies par Jean 1.28.

Un événement remarquable s’est produit lors de ce baptême, tel que rapporté dans Matthieu 3.17, Marc 1.11 et Luc 3.22. Plusieurs témoins ont entendu une voix, identifiée comme celle du Père. Les deux formes de cette phrase peuvent être expliquées de la manière suivante :

Au moment du baptême, Jésus sort de l’eau, et une voix céleste proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu 3.17), s’adressant aux témoins.

Ensuite, alors que Jésus se retire pour prier ou méditer (Luc 3.21), la voix céleste réitère : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute mon affection » (Marc 1.1 et Luc 3.22), s’adressant directement à lui. Cette voix a également été entendue par des tiers qui l’ont rapportée.

  • Selon Marc 1.12 et Matthieu 4.1, immédiatement après survient la période de tentation, bien que Luc ne mentionne pas ce fait particulier.
  • Après une journée de marche, le Messie Jésus arrive dans le désert de Judée, un endroit totalement isolé. Durant quarante jours de jeûne, au cours desquels il a probablement bu, le Diable va le tenter. Selon Marc 1.13 et Matthieu 4.2, c’est à la fin du jeûne qu’il est tenté par le Diable.
  • A la fin de cette tentation le Messie Jésus va récupérer des forces avant de repartir vers Béthanie. Des anges le servent selon le témoignage de Matthieu 4.11. Il semble évident que le Messie Jésus a raconté à ses disciples cet événement extraordinaire.
  • Le messie Jésus va maintenant entamer un travail en Judée à proximité de Jean le baptiste. C’est donc selon nos analyses après le 4 octobre 29 que cette délégation est venue.

Donc selon cette chronologie que nous proposons Jean le baptiste, lorsqu’il reçoit la délégation du Sanhédrin venue de Jérusalem, avait déjà baptisé le Messie Jésus.et Jean 1.26 correspond exactement à la situation. Le Messie est arrivé.

La visite de la députation

Nous ne pouvons pas dater précisément cette visite. Nous la plaçons après le baptême car nous supposons que le Messie Jésus a choisi ses disciples après la tentation dans le désert. Cet événement marque sa victoire sur le mal, le Messie Jésus résiste à Satan, démontrant ainsi son pouvoir et son autorité sur le mal. Chaque tentation qu’il surmonte prouve qu’il est le Sauveur capable de vaincre le péché. Dans chaque situation, le Messie Jésus répond à Satan en citant les Écritures, soulignant que la Parole de Dieu est une arme puissante pour résister aux tentations.

Selon nos recherches, lorsque Luc 4:14 déclare que Jésus le Messie était rempli du Saint-Esprit, cela faisait suite à sa victoire décisive dans le désert de Judée, événement après lequel il a été imprégné du Saint-Esprit.

Ce n’est qu’après avoir affirmé son statut de Fils de Dieu et avoir été rempli du Saint-Esprit que Jésus commence à choisir ses disciples. Selon l’évangile de Jean, cette initiative a débuté le lendemain de la visite de la délégation envoyée de Jérusalem (Jean 1.35).

Le passage de Matthieu 3.7-12 ne concerne pas la visite de la députation venue de Jérusalem (Jean 1.19-28) mais il est simplement question de pharisiens et de sadducéens qui venaient se faire baptiser. La visite de la députation est notée uniquement par l’apôtre Jean et est centrée sur le témoignage de Jean le baptiste.

Jean 1.19-28 rapporte ce témoignage sans indication temporelle si bien que ce fait devient difficile à placer dans notre chronologie. Les propos de Jean le baptiste rapporté par l’apôtre Jean se déroule donc selon nos conclusions après le baptême du Messie Jésus. Nous constatons donc que Jean le baptiste ne parle pas de ce fait précis. En fait l’entretien le concerne directement et il n’y a pas lieu de donner des renseignements supplémentaires à ces autorités religieuses plutôt hostiles.

Nous savons que la première fête de pâque signalée par Jean 2.13 avec la participation du Messie Jésus au temple de Jérusalem est datée du vendredi 5 avril 30. Ils seront aux noces de Cana pour le mariage de Nathanael, selon nos déductions quelque jours plus tôt (Jean 2.1).

Nous allons démontrer que les événements suivent une séquence logique, ce qui nous permet d’établir une chronologie précise.

Le premier « lendemain »

Jean 1.29 (S21)

Le lendemain, il vit Jésus s’approcher de lui et dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

(Traduction Louis Segond S21)

JEAN 1.19–20 (S21)

19 Voici le témoignage de Jean lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des Lévites pour lui demander : « Toi, qui es-tu ?»

20 Il déclara et sans restriction affirma : « Moi, je ne suis pas le Messie. »
sets

(Traduction Louis Segond S21)

Ces membres du Sanhédrin repartent, et le lendemain de cette visite (Jean 1.29), Jean aperçoit Jésus qui est revenu de sa période de tentation dans le désert. Il déclare : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

  • Nous pouvons nous demander : a qui d’adresse ces paroles ?

Jean le baptiste a présenté Jésus qui s’approchait de lui, à tous ceux qui l’entouraient, surement ses propres disciples, comme le Messie, le Fils de Dieu (Jean 1.29-34). Visiblement les futures disciples du Messie Jésus, André et le disciple anonyme (Jean 1.40), ne sont pas présents.

Cette déclaration de Jean le baptiste marque la fin de son ministère. En effet il est venu annoncer et préparer la venue du Messie (Jean 1.23).

Nous remarquons ici (Jean 1.34) que le langage est totalement différent de celui avec les autorités religieuses, souvent hostiles. Jean le baptiste parle maintenant librement. Il annonce clairement que Jésus est bien le Messie et surtout qu’il est le Fils de Dieu. Les pharisiens n’auraient pas accepté une telle affirmation.

Nous situons cet événement peu de temps après le baptême, et l’arrivée imprévue du Messie Jésus semble indiquer qu’il revenait du désert de Judée. Il est raisonnable de conclure que la délégation du Sanhédrin s’est rendue à Béthanie au-delà du Jourdain le vendredi 16 novembre 29, en faisant l’aller-retour depuis Jérusalem dans la même journée et en prenant soin de revenir avant le début du sabbat. D’après nos déductions, le Messie Jésus serait retourné à Béthanie le jour même de la visite de la délégation de pharisiens.

Ce premier lendemain correspond donc au samedi 17 novembre 29.

Dans ce contexte, l’expression « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » constitue des paroles d’encouragement pour le Messie Jésus après une période de tentation intense de quarante jours. Les écrits de Qumran révèlent que les Juifs de cette époque attendaient deux Messies distincts : un Messie Sacerdotal provenant de la tribu de Lévi, représenté par Jean le Baptiste, et un Messie Royal issu de la tribu de Juda, descendant de David, représenté par Jésus.

Les textes prophétiques trouvent ainsi leur réalisation avec l’avènement simultané de ces deux individus.

Pour plus de détails, voir les annexes ANN005 et ANN017, respectivement intitulées : Calcul des dates concernant la vie du Messie Jésus, et Les Baptêmes. Ces références offrent une perspective plus approfondie sur la chronologie et le contexte religieux de ces événements historiques.

Nous pouvons donc facilement estimer que la visite des religieux juifs a eu lieu le vendredi 16 novembre 29 et que cette présentation du Messie Jésus au disciples de Jean le baptiste se déroule le jour suivant, le samedi 17 novembre 29.

Nous devons aussi nous interroger sur le sens du mot « lendemain ».

Le sens du mot « lendemain »

Le terme grec employé ici (numéro Strong 1887) peut être traduit par « le lendemain » ou « le jour suivant ». Nous retrouvons le même mot dans les deux autres occurrences que nous allons étudier plus tard.

Nous comprenons donc, en suivant le texte, que le jour précédent, dans ce premier cas, concerne la visite des députés religieux. Il n’y pas lieu d’envisager un autre fait, même si la succession d’événements importants se succèdent maintenant rapidement.

Pourquoi les députés du Sanhédrin ont-ils attendu aussi longtemps pour venir rencontrer Jean le Baptiste. En effet nous arrivons, avec le baptême du Messie Jésus, au milieu de la 70ème semaine décrite par Daniel 9.24-27, et Jean le baptiste termine son ministère commencé 3,5 années plus tôt ?

Jean a-t-il regroupé ces événements, afin de simplifier son récit ?

Dans ces conditions nous devrions comprendre le terme « lendemain » comme un trait d’union, une forme de langage signifiant plutôt « après » ?

La notoriété de Jean le Baptiste était telle que même des pharisiens et des sadducéens ont exprimé le souhait d’être baptisés, comme indiqué dans Matthieu 3.7-12. Cependant, leur démarche ne reflétait aucun désir réel de repentance ; ils semblaient suivre une tendance populaire. Cela illustre l’impact significatif du ministère de Jean le baptiste sur la population de Jérusalem et ses environs. La présence de certains membres de ces groupes pour se faire baptiser a probablement incité cette visite.

En rendant son témoignage sur Jean le baptiste, l’apôtre Jean mentionne une période spécifique en relation avec Jésus. Il n’y a aucune indication que l’auteur ait combiné des événements distincts, et le terme « lendemain » semble simplement désigner le jour suivant.

Le second « lendemain »

JEAN 1.35–36 (S21)

35 Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples. 36Il vit Jésus passer et dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »

(Traduction Louis Segond S21)

Jean ne mentionne pas le baptême. Selon nos conclusions, il est possible que le baptême ait eu lieu le jeudi 4 octobre, suivi par le départ de Jésus dans le désert de Judée où il a été tenté par le Diable. Il aurait ensuite rejoint Jean le Baptiste et travaillé en Judée. L’appel d’André, Jean, Philippe et Pierre aurait eu lieu après cette tentation.

En harmonisant les informations de l’apôtre Jean avec celles de Matthieu, Marc et Luc, il est possible de conclure que les futurs disciples de Jésus rencontrent Jésus et Jean le Baptiste deux jours après son retour du désert de Judée, soit le dimanche 18 novembre 29 selon nos calculs. Ils se trouvent toujours à Béthanie, et il apparait maintenant que les futurs disciples de Jésus n’étaient pas présents lors de son baptême.

Le dimanche 18 novembre de l’an 29, André ainsi que, vraisemblablement, Jean, le second disciple anonyme (Jean 1.40), découvrent que Jésus de Nazareth est le Messie. Lors de cette journée, ils prennent connaissance des événements remarquables survenus pendant le baptême, grâce aux paroles de Jean le Baptiste.

Selon la méthode romaine de lecture de l’heure, il est établi que ce jour-là à 10h, le dimanche 18 novembre, André et Jean étaient en compagnie de Jésus. Certains chercheurs estiment qu’il pourrait s’agir de 16h, en se référant aux principes juifs. Dans d’autres sections de son récit, Jean utilise la méthode romaine où le jour commence à minuit, ce qui nous amène à conclure qu’il conserve ce principe (Jean 19.14).

Nous comprenons que le Messie Jésus avait un endroit personnel où il pouvait se reposer (Jean 1.38-39) cela signifie qu’il n’était pas de passage mais au contraire qu’il envisageait de rester un certain temps.

À son arrivée à Béthanie le vendredi, Jésus le Messie a cherché un endroit approprié pour se reposer, probablement trouvant une cabane ou une tente. Sa formation de charpentier a vraisemblablement été bénéfique dans ce contexte. Il est plausible que chaque individu ait contribué aux travaux indispensables au fonctionnement de ce village temporaire. Par ailleurs, l’hospitalité et le partage étaient vraisemblablement des éléments fondamentaux dans l’organisation de cette communauté.

La rencontre avec Simon

Jean 1.40–42 (S21)

40 André, le frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus.

41 Il rencontra d’abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie », ce qui correspond à Christ.

42 Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit : « Tu es Simon, fils de Jonas, tu seras appelé Céphas », ce qui signifie Pierre.

(Traduction Louis Segond S21)

Selon nos analyses, le dimanche 18 novembre de l’an 29, André et Jean rencontrent Simon, le frère d’André. Il apparaît que ces trois hommes étaient des disciples de Jean le Baptiste et avaient probablement été baptisés par lui.

Simon fait l’objet d’une attention particulière, car il deviendra un disciple influent au sein du groupe. Jean semble résumer ici un entretien plus long et ne nous livre que la conclusion. Jésus annonce à Simon qu’il s’appellera désormais Céphas.

Le troisième « lendemain »

JEAN 1.43 (S21)

43 Le lendemain, Jésus décida de se rendre en Galilée. Il rencontra Philippe et lui dit : « Suis-moi. »

(Traduction Louis Segond S21)

Le mercredi 19 novembre de très bonne heure le Messie Jésus décide de partir pour la Galilée. Aucune précision n’est apportée par les auteurs des Evangiles au sujet de ce retour en Galilée. Nous pensons qu’il retourne à Nazareth qui est proche de Cana.

Se savait-il invité aux noces de Cana ? Etait-il au courant de ce mariage ? Connaissait-il le futur marié et la mariée ?

Pour répondre à ces questions nous ne possédons pas de preuves tangibles mais uniquement des déductions des différents écrits.

Le déplacement vers Nazareth s’effectue généralement en trois jours. Cependant, il est possible de le réduire à deux jours en augmentant la vitesse de marche.

Philippe et Nathanael se sont probablement rencontrés à Nazareth, ce qui indique qu’ils se connaissaient déjà. Nathanael n’a pas rejoint ses amis à Béthanie pour voir Jean le baptiste car il préparait son mariage. Cela explique pourquoi Jésus ne l’avait pas rencontré plus tôt.

La rencontre avec Nathanael

Jean 1.45 (S21)

45 Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : « Nous avons trouvé celui que Moïse a décrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé : Jésus de Nazareth, fils de Joseph. »

(Traduction Louis Segond S21)

Philippe rencontre Nathanaël seul et précise : « nous avons trouvé », car il a déjà rencontré André, Jean et Simon Pierre auparavant. Philippe n’est donc plus avec le Messie Jésus. Ce n’est qu’après cet entretien entre Philippe et Nathanaël que ce dernier rencontre le Messie Jésus (Jean 1.47).

Il est noté que ces cinq personnes, André, Jean, Pierre, Philippe et Nathanaël, se retrouvent aisément, ce qui suggère qu’ils se connaissaient et se fréquentaient précédemment. Il est possible qu’ils se réunissent en tant que disciples de Jean le Baptiste.

Jean 1.46–51 (S21)

46 Nathanaël lui dit : « Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? » Philippe lui répondit : « Viens et vois. »

47 Jésus vit Nathanaël s’approcher de lui et dit de lui : « Voici vraiment un Israélite en qui il n’y a pas de ruse. »

48 « D’où me connais-tu ? » lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »

49Nathanaël répondit : « Maître, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. »

50 Jésus lui répondit : « Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois ? Tu verras de plus grandes choses que celles-ci. »

51 Il ajouta : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez [désormais] le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

(Traduction Louis Segond S21)

À l’exception des diverses listes d’apôtres (Matthieu 10.3, Marc 3.18, Luc 6.14), Nathanaël n’est pas mentionné dans les évangiles synoptiques. Il est uniquement évoqué dans l’évangile de Jean, notamment dans ce passage ainsi que celui où il est indiqué qu’il est originaire de Cana (Jean 21.2). Cela pourrait suggérer une relation particulière entre Nathanaël et l’apôtre Jean.

Nathanaël est présenté comme un homme sans fraude, considéré comme un Israélite authentique. Lors de leur première rencontre, Nathanaël identifie Jésus comme le Fils de Dieu et le roi d’Israël, indiquant une foi immédiate.

Nous estimons que la description de sa conversion est pertinente pour introduire un personnage qui jouera un rôle central. Nous pensons également que les noces de Cana représentent son propre mariage. Il est mentionné qu’il est né et qu’il vivait à Cana, selon Jean 21.2.

Le troisième jour

Jean 2.1 (S21)

Or, le troisième jour, il y eut des noces à Cana en Galilée.

(Traduction Louis Segond S21)

Nous cherchons à déterminer le point de départ de ces trois jours afin de connaître la date de ces noces. Nous avons démontré que le Messie Jésus commence son voyage de retour à Nazareth le 19 novembre 29. Il est clairement accompagné au moins au début par Philippe (Jean 1.43). Dans ce contexte, la formulation « suis-moi » peut avoir deux interprétations. La première, suivre physiquement sur le chemin vers Nazareth, correspond à la réalité. Toutefois, nous pensons que cet appel revêt une dimension plus spirituelle, invitant à suivre les enseignements du Messie Jésus et à le considérer comme un nouveau Maître.

Selon notre estimation, l’arrivée à Nazareth est prévue pour le mercredi 21 ou le jeudi 22 novembre de l’année 29.

Philippe commence par retrouver Nathanaël, ce qui nous informe sur l’amitié entre ces hommes. Nathanaël fait également partie de ce groupe constitué d’André, Jean, Simon et Philippe. Le fait qu’il annonce avoir trouvé le Messie démontre que ces hommes étaient des disciples de Jean le Baptiste et qu’ils savaient que le Messie annoncé par les prophètes allait bientôt arriver. Il semble évident qu’ils étaient activement engagés dans cette recherche, encouragée par Jean le Baptiste, qu’ils rencontraient régulièrement.

Le vendredi 23 novembre de l’an 29, Philippe présente Nathanaël au Messie Jésus. Cette rencontre s’est probablement déroulée à Nazareth. Il apparaît que le Messie Jésus ne connaissait pas personnellement Nathanaël, comme le suggère leur entretien (Jean 1.47-51). Selon notre interprétation du texte, l’événement initial de ce troisième jour est cette rencontre entre le Messie Jésus et Nathanaël, accompagné par Philippe.

Les noces de Cana, où Nathanaël épouse une demi-sœur de Jésus, selon nos conclusions, auront lieu le dimanche 25 novembre 29. Cela explique pourquoi Nathanaël est resté à Cana plutôt que de suivre ses amis à Béthanie.

Nathanaël ne percevait pas Jésus comme un membre de sa famille, mais plutôt comme le Messie prédit par les prophètes. Une dynamique similaire est observée dans la relation de Jésus avec Jean le Baptiste, qu’on suppose être son cousin. Dans ces contextes, la reconnaissance spirituelle semble primer sur les liens familiaux.

Tableau récapitulatif des dates

OrdresÉvénementDateRéférence
1Baptême du Messie JésusJeudi 4 oct. 29Matthieu 3.13-17
Marc 1.9-11Marc 1.9-11
Luc 3.21-23Luc 3.21-23
2Le départ pour le désert de JudéeJeudi 4 oct. 29Matthieu 3.13
Marc 1.9Marc 1.9
3La période de tentationDu vendredi 5 octobre au mercredi 14 novembre 29Matthieu 4.1-11
Marc 1.12-13Marc 1.12-13
Luc 4.1-13Luc 4.1-13
4Les anges servent le Messie JésusJeudi 15 nov. 29Matthieu 4.11
Marc 1.13Marc 1.13
5Le retourVendredi 16 nov. 29Jean 1.35
6Visite de la députationVendredi 16 nov. 29Jean 1.19-20
7Le premier lendemainSamedi 17 nov. 29Jean 1.29
8Le second lendemainDimanche 18 nov. 29Jean 1.35
9La découverte d’André et Jean (?)Dimanche 18 nov. 29Jean 1.40
10La rencontre de Simon (Pierre)Dimanche 18 nov. 29Jean 1.41
11Simon sera nommé CéphasDimanche 18 nov. 29Jean 1.42
12Le troisième lendemainLundi 19 nov. 29Jean 1.43
13Départ pour la GaliléeLundi 19 nov. 29Jean 1.43
14Rencontre avec PhilippeLundi 19 nov. 29Jean 1.43
15L’arrivée en Galilée (Nazareth ?)Mercredi 21 nov. 29 (ou jeudi 22)
16Rencontre de Philippe avec Nathanael (vers Nazareth)Vendredi 23 nov. 29Jean 1.45
Rencontre de Philippe avec Nathanael (vers Nazareth)Vendredi 23 nov. 29Jean 1.45
17Rencontre de Nathanaël et Jésus (vers Nazareth)Vendredi 23 nov. 29Jean 1.47
18Trois jours après, noces de CanaDimanche 25 nov. 29Jean 2.1

Conclusion

Nous observons que les renseignements supplémentaires fournis par Jean peuvent être intégrés de manière cohérente aux données des Évangiles synoptiques après une analyse minutieuse. Il convient de souligner que l’objectif principal des auteurs de ces textes n’était pas de fournir une biographie exhaustive. Par conséquent, il est impératif de replacer, comme dans un puzzle, les divers faits rapportés dans leur ordre chronologique, ce qui peut parfois s’avérer complexe.

Il apparaît clairement que l’objectif de Jean, après avoir étudié les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, était de compléter leur chronologie qu’il jugeait trop simplifiée. Les informations supplémentaires qu’il fournit peuvent sembler contradictoires avec celles des synoptiques si elles ne sont pas examinées attentivement.

L’hypothèse chronologique que nous proposons découle directement des textes. Nous sommes contraints, en particulier pour la période de tentation, d’évaluer des durées de déplacements qui nous paraissent crédibles.

Bien sûr cette chronologie que nous proposons reste une hypothèse. Nous manquons de preuves pour étayer toutes ces propositions et nous connaissons l’adage : « ce qui peut être affirmé sans preuve peut être rejeté sans preuve ».

Cependant notre objectif n’est pas d’affirmer que les événements se sont déroulés exactement comme nous le proposons mais simplement de démontrer qu’une harmonie entre les récits synoptiques et celui de Jean reste plausible.

Nous avons malgré cela le sentiment de nous approcher de la vérité en respectant toutes les informations que nous possédons.

Après une analyse approfondie, nous avons constaté une cohérence notable entre les quatre Évangiles. Cette observation n’est pas surprenante, car ces auteurs ont documenté leurs témoignages de manière rigoureuse.