Pour plus d’informations

Introduction
Résumé du chapitre :
Le premier chapitre présente Daniel et ses amis déportés à Babylone, plongés dans un programme d’assimilation destiné à effacer leur identité juive. Malgré la pression culturelle, ils choisissent de rester fidèles à leurs convictions, notamment en refusant certains aliments et en proposant un test alimentaire respectueux.
Leur fidélité est récompensée : ils apparaissent plus vigoureux que les autres jeunes et gagnent la faveur du roi, qui leur confie des responsabilités. Daniel se distingue par une fidélité constante qui traverse les règnes et les époques, sans jamais perdre son identité.
Texte intégral :
Le premier chapitre du livre de Daniel nous immerge dans une situation de crise profonde : l’exil à Babylone. Après la défaite de Jérusalem, plusieurs jeunes Judéens, dont Daniel, sont emmenés loin de chez eux. Ils sont sélectionnés pour recevoir une éducation babylonienne et être préparés au service du roi. Tout dans leur nouvelle existence vise à les assimiler complètement à la culture étrangère : ils reçoivent de nouveaux noms, doivent apprendre une nouvelle langue et adopter une alimentation différente. Cette stratégie est conçue pour effacer progressivement leur identité d’origine.
Face à cette pression constante en faveur de l’assimilation, Daniel et ses trois amis adoptent une posture singulière. Plutôt que de se rebeller ouvertement, ils font le choix réfléchi de demeurer fidèles à leurs principes, même dans les aspects pratiques de la vie quotidienne. Leur décision se cristallise autour du refus de consommer certains aliments, choix qu’ils présentent avec tact et respect aux autorités : ils proposent un test limité de dix jours, acceptant un régime alimentaire simple.
Le dénouement de cette expérience surprend : loin d’être désavantagés, Daniel et ses compagnons apparaissent plus vigoureux et en meilleure santé que ceux qui ont suivi le régime classique de la cour. Leur discipline et leur fidélité deviennent des atouts : ils gagnent en vitalité et en reconnaissance aux yeux de leur entourage. Cette supériorité est même reconnue par le roi, qui décide de leur confier des responsabilités importantes et les place en position d’influence au sein du royaume.
Ce chapitre met enfin en lumière la constance de la fidélité de Daniel. Sa capacité à rester intègre et fidèle à ses convictions ne s’arrête pas à un seul épisode : il traverse les époques et les changements de pouvoir, servant jusqu’au règne de Cyrus, tout en conservant son identité.
I. Plan du livre de Daniel
Plan détaillé du livre de Daniel
-
Daniel et ses compagnons à Babylone
-
Daniel 1.1 – Introduction : captivité et fidélité
-
Daniel 1.8 – Refus des mets impurs, bénédiction divine
-
Première grande vision royale : la statue
- Daniel 2.1 – Le songe de Nabuchodonosor
- Daniel 2.31-45 – Interprétation : les royaumes successifs et le royaume éternel
-
Epreuves et délivrances : Dieu agit dans l’histoire
- Daniel 3.1 – La fournaise ardente : fidélité des trois amis
- Verset(s) introuvable(s) : 1– L’humiliation de Nébucadnetzar : Dieu abaisse les orgueilleux
- Daniel 5.1 – Le festin de Belschatzar : le jugement divin
- Verset(s) introuvable(s) : 1– Daniel dans la fosse aux lions : foi et protection divine
-
Visions prophétiques et révélations célestes
- Daniel 7.1 – Vision des quatre bêtes : domination humaine et règne du Fils de l’homme
- Daniel 8.1 – Le bélier et le bouc : conflits entre empires
- Daniel 9.1 – Prière de Daniel et prophétie des soixante-dix semaines
- Daniel 10.1 – Vision de l’homme céleste : combat spirituel
- Verset(s) introuvable(s) : 1– Conflits entre rois du Nord et du Sud : histoire et prophétie
- Daniel 12.1 – Résurrection et fin des temps : espérance ultime
I. La durée de la captivité de Daniel et son âge
Résumé du chapitre :
La captivité de Daniel commence en 605 av. J.-C., probablement alors qu’il a environ 14 ans. Après trois ans de formation, il aurait donc 17 ans. Les dates internes du livre montrent qu’il est encore actif en 534 av. J.-C., ce qui indique au moins 71 ans de service à Babylone.
S’il avait 14 ans au départ, il aurait environ 85 ans lors de la vision du chapitre 10. Les repères chronologiques disséminés dans le livre, comme en Daniel 9.1-2, permettent ainsi de situer précisément les événements.
Texte intégral :
Le début de la captivité des quatre jeunes hommes, dont Daniel, est situé en 605 avant J.C. D’après les estimations, Daniel aurait eu 14 ans au moment de son départ pour Babylone. Cela signifie qu’à l’issue de la période de formation de trois ans, il aurait atteint l’âge de 17 ans.
L’incertitude demeure toutefois quant à l’âge exact de Daniel au commencement de sa captivité. Ce que l’on sait avec certitude, c’est que le chapitre 10 du livre de Daniel (Daniel 10.1-21) est daté de l’an 534 avant J.C. À partir de cette information, on peut en déduire que Daniel a passé au moins 71 ans à la cour des rois de Babylone. Aucun détail n’est donné concernant la fin de sa vie. En retenant l’hypothèse de 14 ans au début de la captivité, Daniel aurait donc environ 85 ans au moment de la vision rapportée près du fleuve (Daniel 10.1-21).
Les dates sont mentionnées dans les différents paragraphes du livre de Daniel, comme le précise le passage suivant :
Daniel 9.1–2 (S21) : « La première année de règne de Darius, fils d'Assuérus, de la dynastie des Mèdes, sur le royaume des Babyloniens, la première année de son règne, moi, Daniel, je me suis aperçu dans les livres que le nombre d'années indiqué par l'Eternel au prophète Jérémie pour la durée de la dévastation de Jérusalem était de 70. »
Ces indications permettent de déterminer avec précision les dates des différents événements relatés.
III. Analyse exégétique de Daniel 1.1-21
Résumé du chapitre :
Le chapitre montre comment Daniel et trois autres jeunes Judéens, déportés à Babylone, sont intégrés dans un programme d’assimilation visant à remodeler leur identité. Malgré les nouveaux noms, la formation et les privilèges offerts, ils choisissent de rester fidèles à leurs convictions, notamment en refusant la nourriture royale et en proposant un test respectueux de dix jours.
Leur discipline les rend plus vigoureux que les autres, ce qui conduit à l’adoption officielle de leur régime. Doués et appliqués, ils excellent ensuite dans leurs études, et leur sagesse est reconnue par le roi.
Daniel servira longtemps, preuve que l’intégrité patiente peut traverser les épreuves, influencer un empire et préserver l’identité au cœur de l’exil.
Texte intégral :
Arrivée à Babylone et sélection des jeunes judéens
Daniel 1.1 (S21) : « La troisième année du règne de Jojakim sur Juda, Nebucadnetsar, le roi de Babylone, marcha contre Jérusalem et en fit le siège. »
Contexte historique simple : Jérusalem est assiégée par Babylone. Cela introduit une rupture : un peuple dominé, sa capitale encerclée.
Effet narratif : D’entrée, le livre place l’action dans une crise politique, posant la question : comment rester intègre quand tout vacille ?
Rôle de Daniel : Le décor explique pourquoi Daniel se retrouve à Babylone : non par choix, mais par l’histoire.
Daniel 1.2 (S21) : « Le Seigneur livra entre ses mains Jojakim, le roi de Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Nebucadnetsar emporta les ustensiles dans le pays de Shinear, dans le temple de son dieu; il les mit dans la maison du trésor de son dieu. »
Lecture sobre : La perte n’est pas seulement politique, elle est symbolique : les objets du Temple sont emportés.
Idée clé : Même dans la défaite, le texte affirme que rien n’échappe à Dieu. Ce n’est pas un chaos total : il y a une histoire plus large en cours.
Enjeu identitaire : Les symboles sacrés déplacés posent un défi : comment garder son identité quand les repères sont arrachés ?
Daniel 1.3 (S21) : « Le roi donna l'ordre à Ashpenaz, le responsable de ses eunuques, de faire venir quelques Israélites de sang royal ou de famille noble. »
Stratégie impériale : Babylone récupère l’élite des vaincus pour les former. C’est une manière de contrôler les peuples.
Mouvement du récit : Daniel entre en scène via cette sélection : il est identifié comme issu d’un milieu éduqué.
Daniel 1.4 (S21) : « Ce devaient être de jeunes garçons sans défaut physique, beaux, doués de perspicacité et de sagesse, instruits et intelligents, capables de servir dans le palais du roi. On leur enseignerait la littérature et la langue des Babyloniens. »
Programme d’assimilation : Former des jeunes brillants à la langue et à la culture du pouvoir dominant.
Tension intérieure : Comment apprendre une nouvelle culture sans perdre la sienne ? L’enjeu de Daniel sera d’habiter ce “entre-deux”.
Daniel 1.5 (S21) : « Le roi leur réservait pour chaque jour une portion des plats servis à sa table et du vin de ses banquets. Il voulait les former pendant trois ans à la suite desquels ils entreraient à son service. »
Privilèges et loyauté : Nourriture royale et formation longue visent à créer de la loyauté.
Cadre d’épreuve : La table royale devient le lieu d’un choix intime : se conformer ou tracer une autre voie.
Daniel 1.6 (S21) : « Il y avait parmi eux des Judéens: Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria. »
Personnes nommées : Le récit devient personnel : quatre figures, une petite communauté soudée.
Rôle du groupe : La fidélité se vit ensemble ; ils ne sont pas des héros isolés.
Daniel 1.7 (S21) : « Le chef des eunuques leur donna des noms: à Daniel celui de Beltshatsar, à Hanania celui de Shadrak, à Mishaël celui de Méshak, et à Azaria celui d'Abed-Nego. »
Renommage : Changer les noms, c’est tenter de redéfinir l’identité.
Résistance silencieuse : Ils acceptent les nouveaux noms, mais le récit montrera que leur cœur ne change pas de cap.
La décision de ne pas se “souiller” et l’essai de dix jours
Daniel 1.8 (S21) : « Daniel prit la ferme décision de ne pas se souiller en consommant les plats servis à la table du roi et le vin de ses banquets. Il demanda alors au chef des eunuques de ne pas l'obliger à se souiller. »
Décision intérieure : Avant d’être visible, l’intégrité naît d’une résolution personnelle.
Méthode respectueuse : Daniel ne s’impose pas, il demande. Il combine conviction et tact.
Sens simple de “souiller” : Se préserver d’un mélange qui brouille l’identité ; ici, c’est la nourriture royale qui devient symbole de compromis.
Daniel 1.9 (S21) : « Dieu gagna à Daniel la bienveillance et la compassion du chef des eunuques. »
Favori discret : La porte s’ouvre grâce à une relation humaine bienveillante.
Leçon pratique : L’intégrité attire parfois le respect, même chez ceux qui ne partagent pas nos choix.
Daniel 1.10 (S21) : « Ce dernier dit à Daniel: «Je redoute mon seigneur le roi. C'est lui qui a fixé ce que vous devez manger et boire. Pourquoi devrait-il vous voir arborer une moins bonne mine que les jeunes gens de votre âge? A cause de vous, je risquerais ma tête auprès du roi.» »
Réalité du risque : La hiérarchie est stricte ; aider Daniel peut coûter cher.
Empathie stratégique : Comprendre les peurs de l’autre permet d’adapter sa demande.
Daniel 1.11 (S21) : « Daniel dit alors à l'intendant auquel le chef des eunuques avait confié la responsabilité de lui-même, Hanania, Mishaël et Azaria: »
Déplacement tactique : Daniel cherche l’interlocuteur qui peut agir concrètement.
Organisation sobre : Le récit montre une chaîne de responsabilités, Daniel l’utilise avec finesse.
Daniel 1.12 (S21) : « «Fais donc un essai avec tes serviteurs pendant 10 jours: qu'on nous donne des légumes à manger et de l'eau à boire. »
Proposition testable : Un essai court, mesurable. C’est une négociation intelligente : faible coût, bénéfice possible.
Simplicité volontaire : Le choix de nourriture sobre devient une discipline qui garde l’identité.
Daniel 1.13 (S21) : « On examinera ensuite devant toi notre apparence et celle des jeunes gens qui mangent les plats servis à la table du roi. Puis, agis avec nous, tes serviteurs, en fonction de ce que tu auras constaté.» »
Evaluation objective : Daniel accepte un critère visible : l’apparence. Il ne demande pas un passe-droit, mais une comparaison honnête.
Principe pédagogique : Proposer un critère clair, partager le risque, laisser l’autre décider à partir des faits.
Daniel 1.14 (S21) : « Il leur accorda ce qu'ils demandaient et fit un essai avec eux pendant 10 jours. »
Accord obtenu : La combinaison respect + clarté + test court crée la confiance.
Rythme du récit : La tension est lancée : quel sera le résultat de ce pari ?
Daniel 1.15 (S21) : « Au bout de 10 jours, ils avaient meilleure apparence et avaient pris plus de poids que tous les jeunes gens qui mangeaient les plats servis à la table du roi. »
Résultat surprenant : La discipline ne les affaiblit pas, elle les renforce visiblement.
Message simple : L’intégrité n’est pas synonyme de perte ; elle peut produire une qualité de vie plus évidente.
Daniel 1.16 (S21) : « L'intendant retirait donc les plats et le vin qui leur étaient destinés, et il leur donnait des légumes à la place. »
Institution d’une pratique : L’essai devient routine autorisée.
Effet social : Un choix personnel devient une règle acceptée par l’environnement. Une petite victoire structurelle.
Connaissance, capacité, et reconnaissance royale
Daniel 1.17 (S21) : « Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la connaissance et de la perspicacité dans tout ce qui concernait la littérature et la sagesse. De plus, Daniel était capable d'expliquer toutes les visions et tous les rêves. »
Compétence et clarté d’esprit : Ils excellent dans les savoirs de leur milieu d’étude ; l’intégrité ne les marginalise pas, elle affine leur apprentissage.
Spécificité de Daniel : Une capacité à interpréter les symboles et les énigmes : lire sous la surface.
Leçon de fond : Être fidèle n’empêche pas d’être brillant dans la culture où l’on vit.
Daniel 1.18 (S21) : « Au moment fixé par le roi pour qu'on les lui amène, le chef des eunuques les présenta à Nebucadnetsar. »
Epreuve formelle : Après la formation, vient l’évaluation officielle.
Progression narrative : Le cercle se resserre : du responsable au roi, du test de 10 jours à l’examen final.
Daniel 1.19 (S21) : « Le roi discuta avec eux et, parmi tous ces jeunes gens, il n'en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria. Ils furent donc admis au service du roi. »
Excellence reconnue : Leur singularité est confirmée par le plus haut niveau.
Fidélité visible : Ce qu’ils ont cultivé en secret devient évident publiquement.
Daniel 1.20 (S21) : « Sur tous les sujets qui réclamaient de la sagesse et de l'intelligence et sur lesquels il les interrogeait, le roi les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues présents dans tout son royaume. »
Supériorité qualitative : “Dix fois” souligne une avance nette, pas marginale.
Enjeu pratique : La sagesse utile (résoudre des problèmes, comprendre) est au cœur de leur valeur.
Daniel 1.21 (S21) : « Telle fut la situation de Daniel jusqu'à la première année de règne de Cyrus. »
Durée de service : Daniel traverse des règnes et des régimes. Son influence s’inscrit dans le temps long.
Idée finale : La fidélité durable : ce n’est pas un éclat bref, mais une trajectoire tenue malgré les changements.
Fils narratifs majeurs et applications pédagogiques
Identité dans l’exil : L’histoire montre comment préserver son identité au cœur d’une culture dominante sans agressivité ni fuite.
Art de la négociation : Daniel combine conviction personnelle, respect des personnes, propositions testables, et acceptation d’une évaluation objective.
Discipline et bien-être : Une pratique simple et cohérente peut améliorer la qualité de vie, même en milieu contraint.
Compétence culturelle : Apprendre la langue et les savoirs du milieu n’annule pas l’identité ; cela peut la rendre plus utile aux autres.
Durabilité de l’intégrité : La reconnaissance vient dans le temps ; le récit relie choix intérieurs, résultats visibles, et impact public.
IV. Synthèse du chapitre 1 de Daniel
Résumé du chapitre :
Daniel et trois jeunes Judéens, déportés à Babylone, sont intégrés à un programme d’assimilation royale. Malgré les privilèges offerts, ils choisissent de rester fidèles à leurs convictions en refusant la nourriture du roi et en proposant un test de dix jours.
Leur discipline se révèle bénéfique : ils apparaissent plus sains et plus sages que les autres, gagnent la faveur du roi et accèdent à des postes d’influence. Daniel poursuivra ainsi un long service, marqué par une fidélité constante.
Texte intégral :
Le premier chapitre du livre de Daniel raconte l’arrivée de jeunes Judéens à Babylone après la déportation. Daniel et ses compagnons sont choisis pour être formés à la culture et au service du roi. Malgré les privilèges offerts (nourriture, formation, nouveaux noms), ils décident de rester fidèles à leur identité en refusant de se “souiller” avec les plats royaux. Par une négociation respectueuse et un essai de dix jours, ils démontrent que leur choix n’est pas une faiblesse mais une force : leur apparence est meilleure et leur sagesse surpassera celle des autres.
Points essentiels
Contexte : Exil à Babylone, assimilation culturelle imposée.
Choix intérieur : Daniel prend une décision ferme de rester fidèle à ses convictions.
Méthode : Respect, tact et proposition d’un essai limité.
Résultat : Leur discipline les rend plus forts et plus sages.
Reconnaissance : Le roi lui-même constate leur supériorité et les place en position d’influence.
Durée : Daniel sert jusqu’au règne de Cyrus, preuve d’une fidélité durable.
V. Commentaire
Résumé du chapitre :
Daniel écrit pour témoigner de la protection de Dieu et montrer que la fidélité, même en exil, attire Sa faveur. Il transmet aussi des révélations destinées aux générations futures, reçues de l’ange Gabriel. Son livre se distingue par l’absence de message direct à ses contemporains, ce qui interroge sur sa relation avec la diaspora juive. Bien qu’au service des rois étrangers, Daniel demeure loyal à Dieu et sert avec intégrité.
Son récit souligne que la fidélité se construit dans les choix quotidiens, qu’on peut vivre dans une culture étrangère sans perdre son identité, et que la constance dans les petites choses prépare aux grandes épreuves. Sa vie entière, jusqu’à un âge avancé, illustre une persévérance inébranlable dans la foi.
Texte intégral :
Il est essentiel de saisir les motivations qui ont conduit Daniel à rédiger le récit de ses expériences et de celles de ses compagnons. Premièrement, Daniel a voulu partager son témoignage personnel ainsi que celui de ses amis afin de mettre en lumière la bonté et la protection de Dieu. Le récit souligne que, dès lors qu’un individu place sa confiance en Dieu, il bénéficie de Sa bienveillance et de Sa garde. À travers leurs histoires, Daniel et ses compagnons illustrent comment la fidélité à Dieu, même dans l’adversité et l’exil, attire la faveur et la protection divines.
Deuxièmement, Daniel a eu à cœur de transmettre une révélation d’une grande importance, destinée en particulier aux hommes de la fin des temps. Cette révélation lui a été confiée par l’ange Gabriel et occupe une place centrale dans son message. Par la suite, d’autres révélations lui seront accordées, toutes marquées par leur réalisme et leur pertinence. Ainsi, Daniel ne se limite pas à relater des faits passés, mais cherche aussi à préparer et avertir les générations futures, en mettant à leur disposition les messages spirituels et prophétiques qu’il a reçus.
Contrairement à la majorité des autres prophètes bibliques, dont le message s’adressait directement à leurs contemporains, le livre de Daniel se distingue par son orientation. Daniel n’adresse pas de paroles prophétiques explicites au peuple juif ou aux autorités de son époque. Cette particularité soulève des interrogations concernant la relation de Daniel avec les autres Juifs vivant la déportation à Babylone. En effet, le livre ne précise pas si Daniel fréquentait la diaspora juive ou s’il était essentiellement confiné dans l’environnement du palais royal ou à proximité immédiate. Son récit reste centré sur sa mission et ne contient que quelques allusions à sa vie personnelle, principalement à travers les témoignages de ses interventions.
Cette situation amène à s’interroger sur la perception qu’avaient les autres Juifs déportés à l’égard de Daniel. Certains auraient pu le considérer comme un collaborateur de la puissance étrangère, puisqu’il occupait une place au service du roi de Babylone. Néanmoins, il apparaît que Daniel n’a jamais considéré les gouvernants babyloniens comme des ennemis. Sa posture peut d’ailleurs être rapprochée de celle de la servante de Naaman, qui, plutôt que de voir la maladie de son maître comme un châtiment divin, s’est investie pour favoriser sa guérison (
Daniel 1.1-21 met en évidence que l’intégrité trouve son origine dans des choix simples et quotidiens. Le texte montre comment la fidélité aux convictions personnelles s’exprime jusque dans les détails, comme le choix de la nourriture, et que cette constance peut devenir une véritable source de force et de reconnaissance.
Le récit souligne également qu’il est possible de vivre au sein d’une culture étrangère, d’apprendre ses savoirs et même d’y exceller, tout en préservant son identité propre. Ce maintien de l’intégrité repose sur une résolution intérieure profonde, vécue avec respect et persévérance. Une telle attitude ne se limite pas à l’individu, mais finit par transformer l’environnement qui l’entoure.
Enfin, il ressort que tenir ferme dans les petites choses prépare à la fidélité lors des grandes épreuves. La persévérance dans des choix mineurs forge le caractère et prépare à affronter des situations plus complexes avec la même intégrité.
Daniel s’est distingué par son attachement indéfectible aux pratiques de sa religion, le judaïsme, tout au long de sa vie en exil. Avant tout, il était au service de son Dieu. Bien qu’il n’ait jamais regagné la terre d’Israël, il a œuvré fidèlement dans les différentes instances du pouvoir, traversant les règnes successifs jusqu’à celui du roi perse Cyrus, comme le souligne le texte de Daniel 1.21. A cette époque, en 536 avant J.C., Daniel avait atteint l’âge de 83 ans.
Deux ans après cet événement, Daniel reçoit une ultime vision qui vient clore le récit de son livre. Ainsi, son existence tout entière se caractérise par une fidélité constante à Dieu, vécue au sein d’un environnement païen. Malgré l’éloignement de sa patrie et l’assimilation culturelle, Daniel est demeuré un serviteur loyal, illustrant par sa vie l’intégrité et la persévérance dans la foi.
Conclusion
Résumé du chapitre :
Daniel et ses compagnons triomphent avant tout par leur fidélité à Dieu, puisant leur sagesse non dans leurs capacités naturelles, mais dans une relation vivante avec Lui. Leur foi les garde séparés des influences du monde et devient la source de leur intelligence spirituelle.
En récompense de cette consécration, Dieu accorde à Daniel une sagesse exceptionnelle. Le récit ouvre ensuite sur une dimension prophétique dont la portée dépasse largement son époque et continue d’interpeller notre monde actuel.
Texte intégral :
La véritable victoire remportée par Daniel et ses compagnons réside dans leur choix de rester fidèles à leur Dieu, malgré les pressions de l’exil et de l’assimilation. Leur engagement n’était pas simplement une question de conformité extérieure, mais le fruit d’une communion réelle et pratique avec Dieu : « Dans Sa lumière, il voit la lumière » (Psaumes 36.10). C’est dans cette relation vivante qu’ils ont puisé leurs capacités intellectuelles et leur discernement. Leur sagesse ne provenait pas uniquement de leurs études ou de leur intelligence naturelle, mais avant tout de leur intimité avec Dieu.
La foi apparaît ici comme le moyen unique d’acquérir l’intelligence spirituelle et d’en expérimenter la force, par l’action de l’Esprit. En effet, c’est la foi qui place l’homme dans une dépendance constante envers le Seigneur, le séparant ainsi de l’influence d’un monde étranger à Dieu. Daniel illustre parfaitement cette attitude : il a choisi de se tenir à part de ce qui, pour un Juif, représentait une offense envers Dieu. En retour, Dieu l’a comblé d’une sagesse et d’une intelligence exceptionnelles, récompensant ainsi sa fidélité et sa consécration.
Après avoir mis en lumière l’intégrité et la fidélité de Daniel dans un contexte d’exil et d’assimilation, le récit adopte une perspective nouvelle et essentielle : il s’apprête à nous dévoiler des événements d’une portée remarquable, capables de résonner jusqu’à notre époque. Cette dimension prophétique du livre de Daniel ne s’adresse pas uniquement à ses contemporains, mais possède une dimension universelle qui touche directement nos vies aujourd’hui.
