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Textes bibliques
La parabole du pharisien et du publicain

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Nous vous invitons à consulter les études suivantes sur les paraboles : PAR039 : Le pharisien et le publicain, et PAR000 : Les paraboles.
Le discours rapporté par Luc peut se situer à différents moments et en divers lieux, ce qui laisse entendre qu’aucune chronologie stricte n’est respectée dans sa narration. Il apparaît même très probable que Luc ait délibérément choisi ce point du récit pour regrouper plusieurs enseignements. Cette démarche lui permet non seulement d’omettre certains éléments contextuels afin de rendre son récit plus concis, mais aussi d’enrichir et de développer son argumentation sur le thème du royaume des cieux.
Ainsi, Luc présente des récits qui ne suivent pas nécessairement un ordre chronologique formel. Au contraire, il organise son propos selon une logique précise, structurée autour de ses objectifs théologiques. Ce principe d’organisation est approfondi dans le paragraphe intitulé « L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19 ». Il est donc essentiel, pour l’étude de ces chapitres, de prendre en compte l’intention de l’auteur dans la composition et la structuration de son évangile.
Ce texte est donc une parabole selon les propos de Luc 18.9 mais son réalisme pourrait laisser croire à une description d’une scène observée au temple.
Notons que le pharisien ne ment pas il fait tous ces efforts afin de se conformer aux préceptes de sa religion. Il se compare, et cela nous rappelle l’aphorisme célèbre : « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console. » (Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, 1754‑1838). Elle exprime avec ironie le fait que notre propre jugement peut être sévère, mais qu’en se comparant aux autres, on relativise nos défauts.
Ce texte de Luc 18.9-14 met en lumière le contraste entre la fausse justice fondée sur l’orgueil et la vraie justice fondée sur l’humilité. Jésus y enseigne que c’est l’attitude du cœur, et non les apparences religieuses, qui justifie devant Dieu.
Contexte et objectif de la parabole
Destinataires : le Messie Jésus s’adresse à ceux qui se croient justes et méprisent les autres ( Luc 18.9 ). C’est une critique directe de l’orgueil spirituel.
Lieu : Le temple, lieu de prière et de rencontre avec Dieu.
Personnages : Un pharisien, représentant la piété religieuse extérieure, et un collecteur d’impôts (publicain), symbole du pécheur méprisé.
Analyse des deux prières
Le pharisien ( Luc 18.11-12 )
Posture : Debout, sûr de lui.
Contenu : Il remercie Dieu… mais pour sa propre supériorité morale.
Tonalité : Autojustification, mépris des autres.
Actes religieux : Jeûne et dîme, au-delà des prescriptions de la Loi.
Problème : Il ne demande rien à Dieu. Il ne reconnaît aucun besoin spirituel.
Le collecteur d’impôts ( Luc 18.13 )
Posture : À distance, tête baissée, se frappant la poitrine.
Contenu : Une prière courte, intense, pleine de repentir.
Tonalité : Humilité, conscience du péché.
Demande : La miséricorde divine, sans justification personnelle.
Le renversement final ( Luc 18.14 )
Le Messie Jésus conclut par une inversion radicale des attentes : le publicain, méprisé, est justifié devant Dieu. Le pharisien, admiré, ne l’est pas.
Principe théologique : « Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »
Ce principe est récurrent dans l’Evangile de Luc (cf. Luc 14.11 ) et reflète la logique du Royaume de Dieu : Dieu élève les humbles et abaisse les orgueilleux.
Liens avec d’autres textes
Luc 15.1-32 : Les paraboles du fils prodigue et de la brebis perdue montrent aussi la miséricorde envers les pécheurs repentants.
Luc 7.36-50 : La femme pécheresse qui pleure aux pieds de Jésus est pardonnée pour son amour et sa foi.
Luc 5.32 : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance. »
Enjeux spirituels
La prière comme lieu de vérité : Ce texte montre que la prière authentique naît de la reconnaissance de notre besoin de Dieu.
La justification par la grâce : Ce n’est pas la performance religieuse qui sauve, mais l’humilité et la foi.
Un appel à l’examen de soi : Sommes-nous comme le pharisien, sûrs de notre justice ? Ou comme le publicain, conscients de notre besoin de miséricorde ?
La parabole du pharisien et du collecteur d’impôts nous enseigne que Dieu ne regarde pas les apparences religieuses, mais l’humilité du cœur ( 1 Samuel 16.7 ). Celui qui se reconnaît pécheur et implore la miséricorde divine est justifié, tandis que l’orgueilleux reste éloigné de la grâce. Dans le Royaume de Dieu, s’abaisser, c’est être élevé.
