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Textes bibliques
Le passage biblique suivant présente cette parabole. Il est également possible de consulter la péricope (PER252) qui aborde ce sujet.
Résumé de la parabole
La parabole des ouvriers loués à différentes heures, propre à
Le maître répond qu’il n’a lésé personne : il donne à chacun ce qu’il avait promis. Il insiste sur sa liberté de faire grâce comme il l’entend, et conclut par cette parole célèbre :
« Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. »
Le contexte du discours
La parabole des ouvriers loués à différentes heures (
Contexte narratif immédiat
Cette parabole suit directement un échange entre le Messie Jésus et ses disciples, en particulier Pierre, qui lui demande :
« Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ; qu’en sera-t-il pour nous ? » (Matthieu 19.27) le Messie Jésus répond en promettant des récompenses, mais conclut par une mise en garde : « Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. » (Matthieu 19.30) La parabole de
Contexte théologique
Le Messie Jésus enseigne ici que le Royaume des cieux ne fonctionne pas selon les logiques humaines de mérite ou d’ancienneté, mais selon la souveraineté et la bonté de Dieu.
– Les ouvriers engagés à différentes heures représentent ceux qui répondent à l’appel de Dieu à divers moments de leur vie ou de l’histoire du salut.
– Le salaire égal pour tous symbolise la grâce, non le mérite.
– Le murmure des premiers engagés reflète la tentation de l’envie spirituelle, de la comparaison injuste.
– Le maître de la vigne affirme sa liberté : « Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? » (
Contexte culturel et pédagogique
La vigne est une image classique d’Israël et du Royaume. Les ouvriers représentent les appelés :
– Certains sont les premiers (peuple élu, disciples de la première heure)
– D’autres sont les derniers (pécheurs, païens, convertis tardifs) La parabole enseigne que tous sont accueillis avec la même générosité, et que l’ordre apparent des appels ne détermine pas la valeur spirituelle.
En somme, cette parabole est proclamée pour corriger une vision méritocratique du Royaume et pour réaffirmer la souveraineté de Dieu dans l’octroi de la grâce. Elle prépare les disciples à accueillir les derniers venus sans jalousie, et à se réjouir de la bonté du maître.
Thème
Le thème central de la parabole des ouvriers de la dernière heure, en
La souveraineté de la grâce divine et l’égalité des appelés dans le Royaume des cieux
Le Messie Jésus y enseigne que Dieu agit selon sa bonté, non selon les logiques humaines de mérite, d’ancienneté ou de comparaison. Le maître de la vigne embauche des ouvriers à différentes heures de la journée, mais leur accorde à tous le même salaire. Ce geste provoque l’étonnement, voire l’indignation, des premiers engagés, qui s’attendaient à recevoir davantage.
Cette parabole met en lumière plusieurs dimensions :
L’appel universel et répété : le maître sort à plusieurs reprises, jusqu’à la onzième heure, pour inviter au travail. Cela symbolise l’ouverture du Royaume à tous, à tout moment de la vie ou de l’histoire du salut.
La gratuité du don : le salaire n’est pas proportionné au temps travaillé, mais accordé selon la volonté du maître. Cela illustre la nature de la grâce : elle est donnée, non méritée.
Le renversement des attentes humaines : « les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » — Dieu ne récompense pas selon les critères humains, mais selon son dessein.
La tentation de l’envie spirituelle : les premiers ouvriers murmurent, révélant une logique de comparaison. La parabole invite à accueillir la grâce avec gratitude, non avec jalousie.
Cette parabole enseigne que dans le Royaume, ce n’est pas le moment de l’appel qui compte, mais la réponse donnée. Elle appelle à la joie de servir, à l’humilité, et à la reconnaissance de la bonté divine. Elle renverse les logiques de mérite pour révéler la logique du don.
Description de la Parabole
Voici une description détaillée, verset par verset, de la parabole des ouvriers de la dernière heure telle qu’elle apparaît en
Le Messie Jésus introduit la parabole par une comparaison directe avec le Royaume des cieux. Le maître de maison représente Dieu, et la vigne symbolise son œuvre, son Royaume. Le fait qu’il sorte « dès le matin » montre son initiative, sa sollicitude, et le commencement d’un jour de travail, image du temps de la vie ou de l’histoire du salut.
Le maître établit un contrat clair : un denier, salaire juste et habituel pour une journée de travail. Il y a accord mutuel. Cela représente l’appel explicite et la réponse volontaire des premiers ouvriers, souvent interprétés comme les premiers croyants ou le peuple élu.
Le maître revient plusieurs fois dans la journée pour embaucher d’autres ouvriers. Ces heures correspondent à environ 9h, 12h et 15h. Il agit avec constance et générosité. Il ne promet pas un salaire précis, mais dit : « Je vous donnerai ce qui est juste. » Cela montre sa liberté et sa bonté. Ces ouvriers représentent ceux qui répondent à l’appel de Dieu à différents moments de leur vie ou de l’histoire.
La onzième heure correspond à environ 17h, soit juste avant la fin du jour. Ces derniers ouvriers n’ont pas été embauchés plus tôt, mais le maître les appelle quand même. Ils répondent simplement : « Personne ne nous a embauchés. » Cela évoque les oubliés, les exclus, les derniers appelés, mais qui reçoivent aussi leur place dans la vigne.
Le moment du paiement arrive. Le maître choisit un ordre inversé : les derniers sont payés en premier. Ce choix prépare la surprise et souligne le renversement des logiques humaines. Il annonce la maxime finale : « les derniers seront les premiers ».
Tous reçoivent le même salaire, quelle que soit leur durée de travail. Les premiers ouvriers s’attendaient à plus, selon une logique de mérite. Leur déception révèle une incompréhension de la logique du maître : celle de la grâce, non du calcul.
Les premiers ouvriers protestent : ils ont travaillé plus longtemps, sous le soleil. Ils comparent, jugent, revendiquent. Cela illustre la tentation de l’envie spirituelle, du mérite revendiqué, du regard sur autrui plutôt que sur le don reçu.
Le maître répond avec calme et fermeté. Il rappelle qu’il a été juste, et qu’il est libre de faire grâce comme il l’entend. Il défend sa souveraineté et sa bonté. Cette réponse est une clé de lecture : Dieu donne selon sa volonté, et sa justice est aussi miséricorde.
La parabole se conclut par une maxime qui renverse les attentes humaines. Elle invite à l’humilité, à la gratitude, et à la reconnaissance de la grâce. Le Royaume des cieux ne récompense pas selon les mérites, mais selon l’amour du maître.
Cette parabole enseigne que l’appel de Dieu est libre, sa grâce est souveraine, et sa justice dépasse nos calculs. Elle invite à accueillir le don reçu sans jalousie, à se réjouir de l’appel des autres, et à vivre dans la confiance que le maître est bon.
Signification de la parabole
La parabole des ouvriers de la dernière heure, en
La signification profonde de cette parabole réside dans le fait que le Royaume des cieux ne fonctionne pas selon les logiques humaines de mérite, de rendement ou d’ancienneté, mais selon la bonté et la liberté du maître, c’est-à-dire de Dieu. Le denier donné à chacun symbolise la vie éternelle, le salut, qui ne se gagne pas mais se reçoit comme un don.
Ce récit enseigne que Dieu appelle chacun à son heure, certains tôt, d’autres tard, mais qu’il accorde à tous la même récompense, non par injustice, mais par générosité. Il invite à accueillir la grâce avec gratitude, sans se comparer aux autres ni murmurer contre la bonté divine. Il met aussi en garde contre l’envie spirituelle, cette tentation de croire que Dieu nous doit davantage parce que nous avons « plus fait » ou « plus longtemps servi ».
Enfin, la parabole se conclut par une maxime qui renverse les attentes :
« Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » Cela signifie que dans le Royaume, les critères humains sont inversés : ce n’est pas la place d’honneur, l’ancienneté ou la performance qui comptent, mais la réponse humble et confiante à l’appel du maître.
En somme, cette parabole célèbre la grâce souveraine, égale et généreuse de Dieu, qui appelle chacun à entrer dans sa vigne et à recevoir, non selon ses œuvres, mais selon son amour.
Reprise de ce thème
Le thème de la parabole des ouvriers de la dernière heure, la souveraineté de la grâce divine et l’égalité des appelés dans le Royaume, est repris ailleurs dans la Bible, sous diverses formes. Il traverse l’enseignement de Jésus et les écrits apostoliques, souvent pour renverser les logiques humaines de mérite et souligner la gratuité du salut.
Reprises et échos dans les Évangiles
Matthieu 19.30 et
« Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. » Cette phrase est reprise aussi en Marc 10.31 et Luc 13.30, soulignant un renversement des attentes humaines dans le Royaume.
Dans la parabole du fils prodigue (
« Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi. »
Dans la parabole du pharisien et du publicain (
« Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »
Reprises dans les épîtres
« Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde. » Il affirme que le salut dépend de la volonté de Dieu, non des œuvres humaines.
« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… ce n’est point par les œuvres. » Cette affirmation rejoint l’idée que le « salaire » du Royaume est un don, non une récompense méritée.
Synthèse
Le thème de l’appel gratuit, de la grâce égale, et du renversement des logiques humaines est omniprésent dans le Nouveau Testament. La parabole de
Commentaire
Le concept de la grâce, tel qu’il se déploie dans les paraboles bibliques, demeure profondément déroutant pour l’esprit humain. Spontanément, l’homme associe l’effort à la récompense, persuadé que plus de travail devrait engendrer davantage de mérite. Cette logique, fondée sur la rétribution, se trouve pourtant renversée par la dynamique divine de la grâce.
Un exemple frappant se trouve dans la parabole du fils prodigue (
Ce même renversement apparaît dans la parabole des ouvriers de la dernière heure (
La notion de salut par les œuvres semble, à première vue, plus rationnelle et conforme à nos critères humains. Mais lorsque l’on comprend que le salut est inestimable, qu’aucune action ne peut en fixer le prix, alors la grâce s’impose comme la seule voie possible. Le salut ne s’achète pas : il se reçoit. Ainsi, celui qui a persévéré toute sa vie dans la fidélité et celui qui, comme le brigand sur la croix, accueille le salut à l’ultime instant, sont également sauvés.
Le denier remis à chaque ouvrier devient le symbole de ce salut : un don gratuit, non négociable. Cette logique traverse aussi les paraboles des talents (
Bien que cette logique divine puisse heurter notre raisonnement fondé sur les comparaisons et les classements, elle instaure une règle nouvelle : la grâce vient combler les écarts et transcender les capacités individuelles. Dans ce Royaume, les distinctions sociales, intellectuelles ou morales s’effacent devant l’unique critère qui demeure : l’accueil du salut.
La réaction des ouvriers de la première heure, mécontents de recevoir le même salaire que les derniers venus, illustre bien cette tension. Leur protestation révèle une vision humaine de la justice, fondée sur le mérite et la durée. Pourtant, le maître respecte scrupuleusement le contrat initial. Ce qu’il ajoute, il le donne librement, sans injustice.
Il est à noter qu’ils ont reçu leur paiement en dernier, ce qui les a amenés à percevoir une situation qu’ils jugent injuste.
Cette même incompréhension se retrouve chez le fils aîné du récit de (
En définitive, puisque le salut échappe à toute mesure humaine, la seule réponse juste serait la joie partagée devant ce don universel et immérité. Plutôt que de se comparer ou de revendiquer, chacun est invité à se réjouir de ce que tous, premiers comme derniers, peuvent entrer dans la maison du Père.
Le peuple juif, initialement destiné à accéder en premier au royaume des cieux, a été précédé par des personnes d’origine païenne qui sont devenues disciples.
Conclusion
La parabole met en lumière la question complexe du pardon. Si accepter le pardon de Dieu pour nos propres fautes et péchés s’avère relativement aisé, il est en revanche bien plus difficile de pardonner les offenses ou les mauvais actes commis à notre encontre. Ce contraste met en relief l’exigence profonde de l’enseignement du Messie Jésus concernant le pardon.
Au centre de cette leçon se trouve l’invitation à mesurer, à l’exemple du personnage de la parabole, la différence entre l’immense dette qui nous a été remise, nous ouvrant ainsi l’accès au royaume des cieux, et les blessures que certains de notre entourage nous ont infligées, blessures que nous sommes appelés à pardonner. Ce rappel vise à placer la grâce divine reçue au cœur de notre propre démarche de pardon envers autrui.
Ainsi, la parabole révèle la réalité exigeante du pardon authentique : il ne s’agit pas d’un simple acte ponctuel, mais d’un choix libre qui engage profondément celui qui souhaite vivre en véritable disciple du Messie Jésus. Face à l’immensité de la grâce accordée, le croyant est invité à dépasser la logique humaine de la rétribution, pour adopter celle du royaume des cieux où le pardon devient le signe tangible d’une transformation intérieure.
Même si ce chemin peut s’avérer difficile et exigeant, il témoigne de la fidélité aux enseignements du Messie Jésus, et traduit la volonté d’inscrire sa vie sous le signe de la miséricorde divine, en accueillant et en offrant à son tour le pardon comme une réponse à l’amour reçu.
Le refus de pardonner n’est pas anodin ; il entraîne en effet des conséquences graves pour la vie spirituelle du croyant. Lorsqu’une personne refuse d’accorder son pardon, elle manifeste ainsi que son cœur n’a pas vraiment accueilli la grâce divine. Ce comportement met en évidence que l’individu n’est pas encore un véritable disciple du Messie Jésus, car il demeure ancré dans une logique humaine de rétribution et de justice terrestre, au lieu d’adopter les valeurs du royaume des cieux qui invitent à un pardon sans réserve.
Ce choix de ne pas pardonner expose à un jugement divin sévère et peut même conduire à la perte du salut. Toutefois, il ne s’agit pas d’une sanction arbitraire : la fermeture du cœur au pardon révèle l’incapacité à vivre pleinement la transformation intérieure attendue chez un disciple. Refuser de pardonner, c’est démontrer que l’on n’a pas réellement compris ni accepté l’immensité de la grâce reçue, et que l’on reste étranger à la dynamique de la miséricorde divine.
