La progression de l’argumentation de Luc dans Luc 17.1-2
Il existe une continuité claire entre la parabole de Lazare et du mauvais riche (
Dans la parabole de Luc 16.19-31, le riche ignore Lazare, un pauvre malade à sa porte. Après la mort, les rôles sont inversés : Lazare est consolé auprès d’Abraham, tandis que le riche est tourmenté. Ce récit illustre la gravité de l’indifférence spirituelle et sociale. Le riche n’est pas condamné pour sa richesse, mais pour son aveuglement moral, son incapacité à voir et secourir celui qui souffre.
La figure du « petit » dans Luc 17.2 peut être mise en parallèle avec celle de Lazare dans Luc 16.20-21. Tous deux représentent ceux que le monde méprise ou ignore, mais que Dieu élève et protège. Le scandale évoqué en Luc 17.1-2 est une forme d’indifférence ou de malveillance qui détourne ces « petits » de la foi ou les expose à la chute. Le riche, dans Luc 16.19-31, incarne ce scandale par son inaction et son mépris silencieux.
Luc, en bon narrateur théologique, ne juxtapose pas ces récits au hasard. Il construit une progression : d’abord la dénonciation de l’aveuglement moral (Luc 16.19-31), puis l’appel à une vigilance éthique dans les relations communautaires (Luc 17.1-2). Il s’agit d’un même fil rouge : la justice du Royaume de Dieu se manifeste dans l’attention portée aux plus faibles, et le jugement divin s’exerce sur ceux qui causent leur perte.
