Les « cent vingt satrapes » de Daniel 6 ne doivent donc pas être comparés trop rapidement aux vingt districts tributaires décrits par Hérodote sous Darius Ier.
Les deux textes appartiennent à des contextes différents et peuvent décrire des niveaux administratifs différents.
L’Empire perse possédait une administration hiérarchisée dans laquelle de grandes provinces pouvaient contenir de nombreuses subdivisions et de nombreux responsables.
Daniel 6 présente précisément une hiérarchie : cent vingt administrateurs rendent compte à trois hauts responsables, eux-mêmes soumis au roi.
Aucune source extrabiblique actuellement connue ne confirme directement le chiffre de cent vingt dans le contexte précis du chapitre. Mais rien n’oblige non plus à comprendre ces cent vingt hommes comme les gouverneurs de cent vingt grandes satrapies achéménides.
La formulation la plus prudente est donc la suivante :
Daniel 6 décrit cent vingt responsables territoriaux intégrés à une administration hiérarchique ; le terme traditionnellement traduit par « satrapes » ne permet pas, à lui seul, de conclure que le texte affirme l’existence de cent vingt grandes provinces impériales comparables aux principales satrapies connues par les sources grecques et perses.