Regardons les textes en question.
La formulation de Matthieu, qui présente Osias comme fils de Joram (Евангелие от Матфея 1.8), peut sembler difficile à concilier avec le témoignage de l’Ancien Testament, selon lequel Amazia est le père d’Ozias (ou Osias) (Вторая книга Паралипоменон 26.1). Cette difficulté ne constitue toutefois pas une contradiction au sens strict, mais relève du mode de construction propre aux généalogies bibliques.
En effet, dans l’usage hébraïque, le terme « fils » ne désigne pas nécessairement un descendant immédiat ; il peut aussi s’appliquer à un descendant plus éloigné, appartenant à une même lignée (Бытие 31.28; Евангелие от Матфея 1.1). Matthieu suit ici une généalogie résumée, où certaines générations sont volontairement omises. Entre Joram et Osias, l’Ancien Testament mentionne en effet Achazia, Joas et Amazia (Первая книга Паралипоменон 3.11-12). Matthieu passe donc directement de Joram à Osias, non pour commettre une erreur, mais pour présenter une lignée abrégée conforme aux usages généalogiques de son temps.
Cette manière de procéder apparaît d’ailleurs explicitement dans la structure même de l’évangile. Matthieu organise sa généalogie en trois séries de quatorze générations (Евангелие от Матфея 1.17), ce qui montre qu’il adopte un principe de présentation théologique et mnémotechnique plutôt qu’un relevé exhaustif de toutes les générations. L’omission de certains noms ne remet donc pas en cause la véracité du texte ; elle traduit un choix rédactionnel ordonné, fréquent dans les listes généalogiques bibliques (Книга Ездры 7.1-5).
Ainsi, Amazia est bien le père immédiat d’Osias selon le récit historique (Вторая книга Паралипоменон 26.1), tandis que Joram en est un ancêtre dans la lignée royale de Juda (Первая книга Паралипоменон 3.11-12). Matthieu peut donc, sans erreur, rattacher Osias à Joram selon l’usage large du mot « fils ». Il ne s’agit pas d’une contradiction entre les textes, mais d’une différence entre une généalogie abrégée et un récit historique plus détaillé.
Cette observation confirme qu’il convient de lire les généalogies bibliques selon leurs conventions littéraires propres. Ce qui pourrait apparaître, à première vue, comme une incohérence, se révèle en réalité parfaitement compatible avec les usages du langage et de la transmission généalogique dans l’Écriture. La fiabilité du texte biblique demeure donc intacte (Второе послание к Тимофею 3.16; Евангелие от Иоанна 17.17).