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Au matin, le souverain sacrificateur et les membres du Sanhédrin firent envoyer les gardes à la prison afin de faire comparaître les apôtres devant le tribunal juif. Ce qui semblait n’être qu’une procédure ordinaire allait pourtant prendre une tournure tout à fait inattendue.
Lorsque les hommes de la garde arrivèrent à la prison, ils demandèrent aux gardiens de leur remettre les détenus. Mais en ouvrant les cellules où les apôtres avaient été enfermés la veille, ils constatèrent avec stupeur qu’elles étaient vides. La surprise fut d’autant plus grande que tout paraissait parfaitement normal : les portes étaient fermées et les gardiens se trouvaient toujours à leur poste ( Actes des apôtres 5.23 ).
La situation était particulièrement préoccupante pour les responsables de la prison, car une telle disparition pouvait les exposer à de graves accusations, voire leur coûter la vie. L’ensemble du conseil du Sanhédrin avait été convoqué pour cette affaire et un événement aussi extraordinaire ne pouvait évidemment pas être dissimulé. Le chef de la garde rapporta alors au souverain sacrificateur qu’il avait trouvé les lieux en parfait ordre et que ce n’est qu’au moment de faire ouvrir les cellules que l’on avait découvert leur inexplicable vacuité.
Tous se trouvaient dans l’embarras et ne possédaient aucune explication rationnelle lorsque survint un messager annonçant que les prisonniers recherchés se trouvaient dans le Temple, enseignant le peuple comme auparavant ( Actes des apôtres 5.25 ). Au lieu de s’interroger sur la signification de ces événements extraordinaires, les autorités religieuses décidèrent simplement de faire arrêter une seconde fois les apôtres afin de les faire comparaître devant le Sanhédrin comme cela avait été prévu.
Luc souligne les précautions prises par le commandant du Temple et les hommes de la garde du Temple lorsqu’ils allèrent chercher les apôtres ( Actes des apôtres 5.24-26 ). Il ne s’agissait pas de soldats romains, mais de la police du Temple, composée de Juifs placés sous l’autorité du grand prêtre. Les Romains n’intervenaient généralement dans ce type d’affaires que lorsque l’ordre public risquait d’être compromis.
Les autorités juives avaient parfaitement compris que l’opinion populaire était désormais largement favorable aux apôtres. Les miracles accomplis et l’enseignement qu’ils dispensaient avaient suscité une profonde sympathie parmi la population ( Actes des apôtres 5.12-16 ). Le moindre recours à la violence risquait donc de provoquer une émeute, ce qui aurait entraîné l’intervention des troupes romaines stationnées dans la forteresse Antonia. Une telle issue aurait été particulièrement redoutée par les chefs religieux, soucieux de préserver leur autorité ainsi que la paix civile.
Cette prudence des autorités apparaît ainsi parfaitement compréhensible. Tout se déroula d’ailleurs sans incident, car les apôtres n’opposèrent aucune résistance. Conscients de leur mission et confiants dans la souveraineté de Dieu, ils accompagnèrent volontairement les gardes pour comparaître une nouvelle fois devant le Sanhédrin et affronter leurs juges ( Matthieu 10.18-20 ; Actes des apôtres 4.19-20 ). Leur attitude paisible témoigne de leur conviction que rien ne pouvait empêcher l’accomplissement du dessein divin.