La confrontation entre Moïse et Pharaon ne constitue pas uniquement un conflit politique concernant la libération des Israélites.
Elle oppose également deux conceptions de l'autorité divine.
Pharaon exerce son pouvoir dans une civilisation où la religion imprègne les institutions, les activités économiques et les représentations du monde.
La royauté égyptienne possède une dimension sacrée. Le souverain est considéré comme le garant de l'ordre cosmique et entretient des relations particulières avec les divinités.
Dans ce contexte, la demande de Moïse remet en question l'autorité religieuse du pouvoir royal.
Lorsque Pharaon déclare ne pas connaître l' et refuse de laisser partir Israël, il manifeste son opposition à une autorité qu'il ne reconnaît pas (Исход 5.2).
Les dix plaies répondent progressivement à cette attitude.
Elles révèlent que l' possède une autorité souveraine sur les eaux, la terre, les animaux, les phénomènes atmosphériques, la lumière et la vie humaine.
Cette portée religieuse est explicitement affirmée dans l'annonce de la dixième plaie :
« J'exercerai des jugements contre tous les dieux de l'Égypte » (Исход 12.12).
Le livre des Nombres reprend cette déclaration en rappelant que l' avait exercé des jugements contre les dieux des Égyptiens (Числа 33.4).
Ces deux passages constituent le fondement biblique principal d'une lecture religieuse des plaies.
Ils montrent que les jugements ne concernent pas seulement les ressources matérielles du pays.
Ils manifestent également la supériorité du Dieu d'Israël sur les puissances auxquelles les Égyptiens accordent leur confiance.
Cependant, cette affirmation générale ne signifie pas que chaque plaie soit explicitement dirigée contre une divinité déterminée.
Une telle correspondance doit être examinée à partir des données historiques et religieuses disponibles.