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La troupe conduite par Judas l'Iscariote arrive

La troupe de soldats menée par l'apôtre Judas l'Iscariote arrive afin d'arrêter le Messie Jésus...

En bref

L'article traite de l'arrestation de Jésus par Judas l'Iscariote dans le jardin de Gethsémané, comme décrit dans les Évangiles. Il analyse le contexte et les implications de cet événement clé dans la passion de Jésus, explorant les récits de Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Lecture
33 min
Références
49
Livres cités
6
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
27/03/2026
Mise à jour
27/03/2026
Personnages

Jésus · Judas Iscariote

Lieux

jardin de Gethsémané · Jérusalem · Mont des Oliviers

Périodes

jeudi soir · vendredi matin

Mots-clés

arrestation · Judas Iscariote · Jésus · Passion · Évangiles

Notions

arrestation de Jésus · trahison de Judas

Références bibliques

Matthieu 26.47-56 · Marc 14.43-52 · Luc 22.47-53 · Jean 18.2-12

Résumé

Cet article explore l'arrestation de Jésus par une troupe dirigée par Judas l'Iscariote. Il décrit les événements qui se déroulent dans le jardin de Gethsémané et offre un commentaire sur le contexte et les implications théologiques de ce moment décisif dans la passion de Jésus. L'arrestation a lieu peu après une période de prière intense de Jésus, qui se prépare à accepter son destin de manière consciente et délibérée. Ce texte examine les récits parallèles des Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean, en mettant en lumière les différentes perspectives sur l'événement. Il est souligné que, bien que Judas trahisse Jésus, il aurait pu avoir l'intention de limiter l'impact de son acte en désignant Jésus dans un lieu isolé. Les conséquences de l'arrestation sont aussi discutées, évoquant la poursuite des disciples par les autorités religieuses après la crucifixion. L'article renvoie à plusieurs annexes pour une compréhension approfondie des contextes temporels et géographiques de ces événements.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 26.46-47 (Louis Segond S21)

Levez-vous, allons-y! Celui qui me trahit s'approche.»

Il parlait encore quand Judas, l'un des douze, arriva avec une foule nombreuse armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et par les anciens du peuple.

Marc
Marc 14.42-43 (Louis Segond S21)

Levez-vous, allons-y! Celui qui me trahit s'approche.»

Il parlait encore quand soudain arriva Judas, l'un des douze, avec une foule armée d'épées et de bâtons envoyée par les chefs des prêtres, par les spécialistes de la loi et par les anciens.

Luc
Luc 22.47-48 (Louis Segond S21)

Il parlait encore quand une foule arriva. Celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'approcha de Jésus pour l'embrasser.

Jésus lui dit: «Judas, c'est par un baiser que tu trahis le Fils de l'homme!»

Jean
Jean 18.2-3 (Louis Segond S21)

Judas, celui qui le trahissait, connaissait aussi l'endroit parce que Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis.

Judas prit donc la troupe de soldats romains ainsi que des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens, et il s'y rendit avec des lanternes, des torches et des armes.

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le jardin de Gethsémané au pied du Mont de Oliviers en face de la ville de Jérusalem

Date : le vendredi 1er avril, le matin très tôt

Mode opératoire : Nous suivons maintenant Marc

Note sur le mode opératoire : Matthieu, Luc et Jean notent aussi cet événement

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph vendredi

La troupe de soldats menée par l'apôtre Judas l'Iscariote arrive afin d'arrêter le Messie Jésus.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_8 Ils vont s’arrêter en bas du mont des Oliviers, au jardin de Gethsémané. Matthieu 26.36 ; Marc 14.32.

_9 Ils passent une heure dans la prière, de 2 h à 3 h. Matthieu 26.40.

_10 La troupe menée par Judas Iscariote arrive. Nous sommes toujours la nuit de jeudi, avant l’aube du vendredi, vers 3 h. Marc 14.43-52 ; Matthieu 26.47-56 ; Luc 22.47-53 ; Jean 18.2-12.

_11 L’arrestation a lieu à ce moment-là, vers 3 h 30. Nous sommes à environ 1 km du Temple. Matthieu 26.47 ; Marc 14.43 ; Luc 22.47 ; Jean 18.3.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

Dans ces quatre passages, nous sommes au moment décisif où la passion du Messie Jésus entre dans sa phase visible et irréversible. Après la prière à Gethsémané, le Messie Jésus ne cherche plus à éviter l’affrontement. Au contraire, il se livre volontairement à ce qui doit arriver. En Matthieu et Marc, il dit à ses disciples de se lever, car celui qui le livre est proche. Cette parole montre que le Messie Jésus n’est pas surpris par l’arrivée de Judas ; il sait ce qui vient et marche consciemment vers l’accomplissement des Ecritures (Matthieu 26.45-46) (Marc 14.41-42) (Jean 18.4).

Il y a quelque chose d’étonnant dans le comportement de Judas l’Iscariote. Il ne conduit pas la troupe à la maison de Marie où le repas avait vraisemblablement eu lieu, lieu qu’il connaissait pourtant puisqu’il venait de le quitter. Il mène les soldats au jardin des Oliviers, dans ce lieu de retraite habituel où le Messie Jésus se rendait souvent avec ses disciples. Jean le souligne explicitement : Judas connaissait cet endroit, parce que le Messie Jésus s’y était souvent réuni avec eux (Jean 18.2). Cela peut suggérer que Judas ne cherchait pas d’abord à livrer tout le groupe, mais à désigner le Messie Jésus dans un lieu où il serait plus isolé, en dehors de la foule et peut-être même à l’écart de certains sympathisants.

Cette hypothèse n’est pas absurde. On peut se demander si Judas voulait, d’une certaine manière, préserver les autres disciples pour n’atteindre que le Messie Jésus. D’ailleurs, dans l’Evangile de Jean, le Messie Jésus lui-même protège les siens au moment de l’arrestation en disant :

Jean 18.8 (Louis Segond S21) :
Jésus répondit: «Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci.»

Cela correspond à la parole selon laquelle aucun de ceux que le Père lui a donnés ne devait être perdu (Jean 18.9), (Jean 17.12). Même si Judas trahit son maître, il n’est pas impossible qu’il ait pensé limiter la portée immédiate de son acte. Mais cette éventuelle nuance ne diminue en rien la gravité de sa trahison, car il livre délibérément le Messie entre les mains de ses ennemis (Luc 22.48), (Actes des apôtres 1.16-18).

Mais, les autorités religieuses n’auraient pas pu s’arrêter au Messie Jésus seulement. Après la mort du Messie, elles auraient forcément eu intérêt à remonter vers le cercle de ses disciples pour étouffer tout le mouvement messianique naissant. C’est bien ce que montre la suite du récit dans les Actes : les chefs religieux poursuivront les apôtres, chercheront à les faire taire, les arrêteront et les menaceront (Actes des apôtres 4.1-3), (Actes des apôtres 5.17-18), (Actes des apôtres 5.40). L’intention des autorités n’était donc pas seulement de neutraliser un homme isolé, mais d’éteindre ce qu’elles percevaient comme un danger religieux, théologique et peut-être politique (Jean 11.47-50).

Le fait que Judas utilise un baiser a souvent paru surprenant, puisque le Messie Jésus était une personnalité publique très connue. Il enseignait dans le Temple, au vu de tous, et le Messie Jésus lui-même rappelle qu’il parlait chaque jour publiquement sans qu’on l’arrête (Matthieu 26.55), (Marc 14.49), (Luc 22.53). Pourtant, ce geste avait une utilité précise.

D’abord, l’arrestation se déroule de nuit, dans un jardin, dans des conditions de visibilité réduite, avec un groupe d’hommes armés et une certaine tension. Il fallait un signe convenu à l’avance pour éviter toute confusion (Marc 14.44). Ensuite, il était important dans le cadre de la procédure que le dénonciateur désigne lui-même l’homme à arrêter. Judas devient ainsi le témoin-acteur de l’identification. Les autorités peuvent alors apparaître comme n’exécutant qu’une arrestation légalement fondée sur une dénonciation ciblée, et non comme une opération arbitraire.

Cette précision éclaire aussi leur manière d’agir pendant la fête de la Pâque. Arrêter le Messie Jésus en pleine période sacrée pouvait choquer. Les chefs avaient d’ailleurs cherché à éviter une arrestation publique pendant la fête, par peur d’un tumulte parmi le peuple (Matthieu 26.3-5), (Marc 14.1-2), (Luc 22.2).

Le recours à Judas permettait une intervention discrète, de nuit, loin des foules, tout en donnant à l’opération une apparence de légalité religieuse. On peut dire qu’ils voulaient montrer qu’ils n’agissaient pas contre un innocent, mais contre un homme désigné comme dangereux. Ainsi, selon leur logique, ils ne faisaient qu’appliquer la loi. Cela leur permettait de justifier une action même durant la grande fête.

Il faut aussi remarquer le contraste moral saisissant que Luc met en lumière. Judas s’approche pour embrasser le Messie Jésus, qui lui répond :

Luc 22.47-48 (Louis Segond S21) :
Il parlait encore quand une foule arriva. Celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'approcha de Jésus pour l'embrasser.Jésus lui dit: «Judas, c'est par un baiser que tu trahis le Fils de l'homme!»

Le baiser, signe d’affection, d’honneur et de proximité, devient l’instrument de la trahison. C’est l’un des aspects les plus tragiques de la scène : le symbole de l’amitié est détourné pour livrer le juste. Cela rappelle la douleur exprimée dans les psaumes devant la trahison venant d’un proche, non d’un ennemi déclaré (Psaumes 41.10), (Psaumes 55.13-15). Matthieu accentue encore cette ironie douloureuse lorsque Judas dit : « Salut, Rabbi ! » avant de l’embrasser (Matthieu 26.49). La politesse extérieure cache ici une rupture intérieure totale.

Jean apporte des détails supplémentaires très importants. Il ne mentionne pas le baiser, sans doute parce qu’il veut mettre l’accent sur la souveraineté du Messie Jésus. Judas vient avec une cohorte et des gardes fournis par les principaux sacrificateurs et les pharisiens, munis de lanternes, de torches et d’armes (Jean 18.3). Cette mise en scène suggère qu’ils s’attendent à arrêter quelqu’un de dangereux ou à devoir maîtriser une résistance. Pourtant, le Messie Jésus prend l’initiative. Il s’avance et demande : « Qui cherchez-vous ? » (Jean 18.4). Quand ils répondent : « Jésus de Nazareth », il déclare : « C’est moi », et ils reculent et tombent par terre (Jean 18.5-6). Ce détail montre que le Messie Jésus n’est pas capturé parce qu’il est impuissant, mais parce qu’il consent à se livrer. Sa passion n’est pas un accident subi ; elle est une offrande volontaire (Jean 10.17-18).

Ainsi, les quatre récits se complètent admirablement. Matthieu et Marc insistent sur l’imminence de l’heure et sur la trahison qui approche. Luc souligne la gravité spirituelle du baiser de Judas et la dignité de Jésus au cœur de l’injustice. Jean met en lumière la connaissance du lieu par Judas, l’organisation de l’arrestation, et surtout la maîtrise totale du Messie Jésus sur les événements. Ensemble, ils montrent que la trahison de Judas est réelle, la culpabilité des autorités est entière, mais que tout cela s’inscrit aussi dans le dessein souverain de Dieu pour le salut du monde (Actes des apôtres 2.23), (Actes des apôtres 4.27-28).

Sur le plan théologique, ce moment révèle à la fois le péché humain et l’amour divin. L’homme trahit, manipule, ment, arrête injustement. Mais Dieu, à travers même cette noirceur, accomplit son projet de rédemption. Le Messie Jésus va librement vers son arrestation, puis vers sa mort, non parce qu’il est vaincu, mais parce qu’il vient sauver. C’est ici que la passion rejoint le cœur de l’Evangile :

Jean 3.16-17 (Louis Segond S21) :
En effet, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

Le jardin de l’arrestation est donc déjà le seuil du salut.

En résumé, le choix du lieu par Judas n’est probablement pas anodin. Il connaissait les habitudes de Jésus et utilise cette connaissance pour permettre une arrestation discrète, hors de la foule. On peut se demander s’il cherchait à atteindre le Messie Jésus seul, sans exposer immédiatement les autres disciples. Le baiser, quant à lui, n’était pas inutile malgré la notoriété de Jésus : il servait de signe d’identification précis, et donnait à l’arrestation un cadre formel qui pouvait être présenté comme légal. Enfin, ces récits montrent surtout que, derrière la trahison de Judas et la manœuvre des autorités, le Messie Jésus demeure le maître de la situation, avançant volontairement vers l’heure pour laquelle il était venu (Matthieu 20.28), (Jean 12.27), (Jean 18.11).

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Le Mont des Oliviers
Le mont des Oliviers constitue l'un des lieux les plus importants de la géographie biblique. Situé à l'est de Jérusalem, il est séparé de la ville par la vallée du Cédron (2 Samuel 15.30 ; Jean 18.1). INF305
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per330-la-troupe-conduite-par-judas-liscariote-arrive/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.