La première plaie d’Égypte frappe le Nil, fleuve dont dépend une grande partie de la prospérité du royaume. ’eau, de nourriture et de fertilité, il occupe également une place fondamentale dans la religion égyptienne. Ses crues sont associées à plusieurs divinités, tandis que leur régularité participe à l’ordre du monde que Pharaon est chargé de préserver. La transformation des eaux en sang possède ainsi une portée qui dépasse la catastrophe matérielle : elle confronte les croyances religieuses et les prétentions royales de l’Égypte à la souveraineté de l’.
Le récit d’Exodus 7.14-25 présente la première plaie comme une intervention divine destinée à faire connaître l’ à Pharaon.
Le choix du Nil est particulièrement significatif.
Dans l’Égypte ancienne, le fleuve représente bien davantage qu’un cours d’eau. Il conditionne la vie économique, agricole et sociale du pays. Ses crues régulières permettent la fertilisation des terres, tandis que ses eaux assurent l’approvisionnement des populations.
Cette dépendance matérielle s’accompagne d’une profonde dimension religieuse.
Les Égyptiens associent le Nil à plusieurs divinités et considèrent sa fécondité comme une manifestation de l’ordre voulu par les dieux.
Pharaon, en sa qualité de souverain sacré, doit contribuer au maintien de cet ordre.
La première plaie atteint donc une réalité essentielle à la stabilité du royaume.
Cependant, il convient de distinguer deux niveaux d'analyse : le texte biblique, qui affirme explicitement la souveraineté de l’ sur les eaux, et le contexte religieux égyptien, qui permet de mieux comprendre la portée de cette intervention sans imposer au récit des correspondances qu’il ne formule pas lui-même.