Daniel 2 appartient à une longue série de textes bibliques dans lesquels les pouvoirs humains et leurs spécialistes sont confrontés aux limites de leur connaissance.
L'Égypte possède ses magiciens.
Achab possède ses prophètes de cour.
Babylone possède ses sages, ses devins et ses Chaldéens.
La Bible ne nie pas que les civilisations humaines puissent développer de véritables connaissances. Daniel lui-même reçoit une formation approfondie dans la culture de Babylone.
Elle établit cependant une frontière.
La connaissance humaine ne peut pas devenir souveraine.
Le pouvoir politique ne peut pas commander la révélation.
La technique religieuse ne peut pas contraindre Dieu.
Le prophète ne possède pas la parole qu'il transmet.
Le sage ne possède pas de manière autonome la sagesse qu'il a reçue.
Daniel 2 exprime cette théologie avec une particulière netteté. Les Chaldéens arrivent au terme de leurs possibilités et reconnaissent qu'aucun homme ne peut répondre à la demande du roi (Daniël 2.10-11). Daniel ne conteste pas cette limite.
Il annonce ce qui change toute la situation :
« Il y a dans le ciel un Dieu qui révèle les mystères » (Daniël 2.28).
La supériorité manifestée dans le chapitre n'est donc finalement ni celle d'une civilisation sur une autre, ni celle d'un sage sur ses concurrents. Elle est celle de la révélation du Dieu souverain sur toute prétention humaine à posséder par elle-même la connaissance de ce qui demeure caché.