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Schilo
Découvrir Jésus
01/08/2026
schilo.fr
CTD042 Les contradictions

Que dit le centurion quand Jésus meurt ?

Luc rapporte la reconnaissance de l’innocence de Jésus, tandis que Marc souligne sa filiation divine. Ensemble, ces déclarations du centurion expriment deux facettes complémentaires révélées au moment de la mort du Christ.

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I. Question soulevée

Selon le site islamland.com (contradiction n° 73), les Évangiles se contrediraient sur les paroles prononcées par le au moment de la mort de Jésus :

  • Luc rapporterait : « Cet homme était certainement innocent » ( Luc 23.47 )
    • Marc rapporterait : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » ( Marc 15.39 )

Ces déclarations sont-elles contradictoires ?

Les récits évangéliques situent ces paroles dans un cadre marqué par des signes extraordinaires accompagnant la mort de Jésus : obscurité sur toute la terre ( Luc 23.44-45 ), voile du Temple déchiré ( Matthieu 27.51 ), tremblement de terre ( Matthieu 27.51 ). Ces phénomènes suscitent la crainte et la réflexion des témoins présents.

Dans ce contexte, les Évangiles ne prétendent pas rapporter l’intégralité des paroles prononcées, mais sélectionnent celles qui sont les plus significatives pour leur propos théologique ( Jean 20.30-31 ; Jean 21.25 ).

Les deux affirmations attribuées au mettent en lumière deux aspects complémentaires :

DéclarationÉvangileSens principal
« Cet homme était juste / innocent »LucInnocence parfaite du Messie
« Cet homme était le Fils de Dieu »MarcRévélation de son identité divine

Le terme grec employé par Luc (dikaios) signifie « juste » ou « innocent », soulignant l’absence totale de faute. Cette affirmation s’inscrit dans un témoignage convergent :

  • Pilate déclare à plusieurs reprises ne trouver aucun crime en Jésus ( Luc 23.4 ; Luc 23.14-15 ; Luc 23.22 )
    • Le brigand crucifié reconnaît lui aussi l’innocence de Jésus ( Luc 23.41 )
    • Cette innocence correspond à la prophétie du Serviteur souffrant ( Esaïe 53.9 ; Esaïe 53.11 )

Chez Marc, la confession « Fils de Dieu » constitue une reconnaissance christologique majeure :

  • Elle correspond au thème d’ouverture de l’Évangile ( Marc 1.1 )
    • Elle fait écho à la déclaration divine lors du baptême ( Marc 1.11 ) et de la transfiguration ( Marc 9.7 )
    • Elle est ici prononcée par un païen, ce qui souligne l’universalité de la révélation ( Jean 1.29 ; Jean 3.16-17 )

La différence observée relève d’une sélection rédactionnelle complémentaire, et non d’une contradiction :

  • Luc met l’accent sur l’innocence de Jésus, en cohérence avec sa présentation du juste injustement condamné ( Actes des apôtres 3.14 )
    • Marc insiste sur la reconnaissance progressive de l’identité divine de Jésus, culminant au moment de sa mort ( Marc 15.39 )

Il est historiquement plausible que le ait prononcé plusieurs paroles successives face aux événements extraordinaires dont il est témoin. Les évangélistes retiennent chacun l’élément le plus pertinent pour leur démonstration, conformément aux usages historiographiques antiques.

Les deux déclarations expriment ensemble une vérité théologique profonde :

  • L’innocence de Jésus confirme qu’il est le juste parfait qui souffre pour les autres ( 1 Pierre 2.22-24 ; 2 Corinthiens 5.21 )
    • Sa reconnaissance comme « Fils de Dieu » révèle que sa mort a une portée salvatrice universelle ( 5.8 ; 1.4 )

Ainsi, la croix apparaît comme le lieu où se rejoignent justice et révélation divine ( Jean 19.30 ).

Les récits de Luc et de Marc ne présentent aucune contradiction. Ils rapportent deux déclarations complémentaires du , mettant en lumière à la fois l’innocence parfaite de Jésus et son identité divine. Cette complémentarité reflète la richesse du témoignage évangélique et l’intention théologique propre à chaque évangéliste. Ensemble, ces textes convergent pour affirmer que la mort du Christ accomplit les Écritures et révèle pleinement qui il est : le juste souffrant et le Fils de Dieu ( Luc 24.44-46 ).