SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
CTD035 Les contradictions Parcours · Les contradictionsThème · Apparentes contradictions dans les ÉvangilesThème · Les contradictionsSérie · Les contradictions

Hérode voulait-il tuer Jean le baptiste ?

Les récits de Matthieu et de Marc ne se contredisent pas : ils montrent deux facettes complémentaires d’Hérode Antipas, partagé entre sa peur du peuple et son attirance troublée pour Jean-Baptiste. Matthieu insiste sur son hostilité freinée par la crainte populaire, tandis que Marc met en avant son indécision et l’influence décisive d’Hérodiade qui le pousse finalement au meurtre.

En bref

L'article examine les Évangiles de Matthieu et Marc sur la question de savoir si Hérode Antipas voulait réellement tuer Jean-Baptiste. Chaque évangile présente une perspective différente mais complémentaire: Matthieu décrit le désir de mort d'Hérode tempéré par la peur de la foule, tandis que Marc souligne l'influence d'Hérodiade et la fascination d'Hérode pour Jean. Cette analyse montre un Hérode déchiré entre ses émotions et les pressions externes.

Lecture
8 min
Références
9
Livres cités
2
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
30/04/2026
Mise à jour
03/05/2026
Personnages

Hérode Antipas · Jean-Baptiste · Hérodiade

Périodes

Époque du Nouveau Testament

Mots-clés

Hérode · Jean-Baptiste · Evangiles · contradictions bibliques

Notions

Ambivalence d'Hérode

Références bibliques

Matthieu 14.5 · Marc 6.20 · Matthieu 14.9 · Marc 6.19 · Matthieu 14.6-11 · Marc 6.21-28 · Marc 6.14-16

Résumé

L'article explore la controverse biblique entourant l'intention d'Hérode Antipas de tuer Jean-Baptiste, discutée à travers les Évangiles de Matthieu et Marc. Matthieu affirme qu'Hérode voulait tuer Jean en raison de critiques concernant son mariage illégitime avec Hérodiade, mais craignait la foule. Lors d'un banquet, influencé par le serment fait à la fille d'Hérodiade, il fut forcé de donner l'ordre d'exécution malgré sa réticence. Marc, cependant, décrit Hérode comme un protecteur de Jean, influencé par Hérodiade, qui le détestait. Les deux Évangiles peignent un portrait cohérent d'Hérode, un dirigeant ambivalent influencé par ses peurs et pressions familiales. Ce texte souligne comment les récits de Matthieu et Marc complètent leur description d'un Hérode superstitieux, instable, et tiraillé entre admiration et crainte. La discussion met en lumière la complexité de la décision finale, résultant de cet entrelacs d'influences personnelles et publiques.

Pour plus d'informations

Introduction

Voici la trentième-quatrième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 66 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).

Hérode voulait-il tuer Jean-Baptiste ?

1) : Oui. (Matthieu 14.5).

2) :  Non. C’est Hérodiade, la femme d’Hérode qui voulait le tuer. Mais Hérode le savait-il ? Il était un homme juste et l’a gardé en sécurité (Marc 6.20).

Notre réponse :

Regardons les textes en question.

Les récits de Matthieu et de Marc concernant l’attitude d’Hérode Antipas envers Jean le baptiste ne se contredisent pas. Ils décrivent deux aspects complémentaires d’un même personnage, partagé entre la crainte religieuse et l’influence politique et familiale.

Matthieu affirme qu’Hérode « voulait le faire mourir » (Matthieu 14.5). Ce verset révèle son hostilité réelle envers Jean-Baptiste, dont les reproches publics concernant son union illégitime avec Hérodiade (l’ancienne épouse de son frère Philippe) le mettaient en difficulté. Toutefois, Matthieu précise immédiatement qu’Hérode « craignait la foule » à cause de l’estime dont jouissait le prophète. Cette crainte explique son inaction. Le même évangile montre ensuite qu’Hérode, lors du banquet, se trouve acculé par son serment et la demande de la fille d’Hérodiade, et qu’il est « attristé » avant d’ordonner l’exécution (Matthieu 14.9).

Marc, pour sa part, met en lumière un autre aspect : Hérodiade nourrissait une haine déclarée contre Jean et voulait le tuer (Marc 6.19). Mais Hérode, influencé par sa fascination envers cet homme qu’il considérait comme « juste et saint », le protégeait et l’écoutait avec un certain intérêt, « tout en étant très perplexe » (Marc 6.20). L’évangéliste souligne ainsi l’ambivalence d’Hérode : il craignait Jean, reconnaissait sa dignité, mais demeurait instable dans ses convictions.

Les deux récits se complètent donc :

– Matthieu révèle l’intention meurtrière initiale d’Hérode, rapidement tempérée par la peur de la réaction populaire.

– Marc expose la pression déterminante d’Hérodiade et la faiblesse morale d’Hérode, incapable de résister à son entourage.

– Les deux évangélistes s’accordent pour montrer que la décision finale fut arrachée à Hérode dans un contexte de fête, d’excès et d’orgueil blessé, lorsqu’il se trouva piégé par sa propre parole (Marc 6.21-28 ; Matthieu 14.6-11).

Loin d’être contradictoires, ces récits brossent le portrait d’un dirigeant vacillant, partagé entre admiration, peur, culpabilité et désir d’apaiser les tensions au sein de son foyer. Sa volonté fluctuante s’explique par sa nature même : un homme superstitieux, influençable et soucieux de son prestige. Cette ambiguïté se manifeste encore plus tard lorsqu’il entend parler de Jésus : il croit que Jean est revenu d’entre les morts, signe de sa profonde inquiétude intérieure (Marc 6.14-16).

Ainsi, Matthieu et Marc donnent deux perspectives cohérentes d’un même fait historique. Hérode voulait la mort de Jean, mais n’osait pas passer à l’acte ; Hérodiade la voulait ardemment et a su exploiter la faiblesse du tétrarque. Les Evangiles ne présentent pas deux récits divergents, mais deux angles qui, mis ensemble, éclairent pleinement la psychologie et les circonstances qui ont conduit à l’exécution de Jean le baptiste.

Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ctd035-herode-voulait-il-tuer-jean-le-baptiste/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.