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Le salaire de Judas ?

Matthieu montre que les prêtres ont acheté le champ avec l’argent abandonné par Judas, tandis qu’Actes attribue symboliquement cet achat à Judas parce qu’il a été financé par le « salaire de son iniquité ». Ces deux perspectives décrivent le même événement sous deux angles différents et se complètent sans contradiction.

En bref

L'article analyse une contradiction apparente dans la Bible sur l'usage de l'argent de Judas. Les Évangiles montrent deux perspectives sur la responsabilité et l'attribution de l'achat d'un champ, soulignant qu'il n'y a pas de véritable contradiction mais un récit cohérent et plus symbolique que littéral.

Lecture
8 min
Références
7
Livres cités
3
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
29/04/2026
Mise à jour
03/05/2026
Personnages

Judas Iscariote

Lieux

Temple de Jérusalem

Périodes

Période du Nouveau Testament

Mots-clés

Judas · Bible · contradiction · théologie

Notions

contradiction apparente

Références bibliques

Actes 1.18 · Matthieu 27.5 · Matthieu 27.6-7

Résumé

L'article "CTD030 - Le salaire de Judas ?" publié sur un blog WordPress traite des apparentes contradictions bibliques concernant l'usage de l'argent reçu par Judas Iscariote pour trahir Jésus. Deux passages principaux sont examinés : Actes 1.18 et Matthieu 27.5. Le premier mentionne que Judas aurait acquis un champ avec le "salaire de l'iniquité", tandis que le second décrit Judas rejetant les pièces dans le temple, après quoi les prêtres les utilisent pour acheter un champ. Pourtant, selon l'article, ces récits ne sont pas contradictoires mais complémentaires. L'analyse souligne que dans la littérature biblique, des attributions basées sur des actions indirectes (comme celle des pièces d'argent) sont courantes. Le champ, bien qu'acheté par les prêtres avec l'argent de Judas, est symboliquement lié à lui à cause de sa trahison. Ainsi, la contradiction perçue résulte d'une interprétation superficielle, alors que les deux récits offrent des perspectives différentes mais cohérentes sur les conséquences de la trahison de Judas. Cela illustre la complexité et la profondeur des textes bibliques, où chaque évangéliste peut mettre en avant certaines dimensions théologiques spécifiques.

Pour plus d'informations

Introduction

Voici la vingt-neuvième question ou contradiction présentée sur le site www.islamland.com, référencée sous le numéro 60 (Citation adaptée pour des raisons de clarté).

Qu’a fait Judas avec le prix du sang qu’il a reçu pour avoir trahi Jésus ?

1) : Il acheta un champ (Actes des apôtres 1.18).

2) : Il jeta tout cela (les pièces d’argent) dans le temple et s’en alla. Les prêtres ne pouvaient pas mettre le prix du sang dans le trésor du temple, alors ils l’ont utilisé pour acheter un champ à enterrer étrangers (Matthieu 27.5).

Notre réponse :

Regardons les textes en question.

Nous avons déjà évoqué ce problème dans l’annexe ANN032 : Judas l’Iscariote.

Selon les récits de Matthieu et des Actes, deux descriptions semblent coexister concernant l’usage du « prix du sang » reçu par Judas pour avoir trahi le Messie Jésus. Une analyse attentive de ces textes montre pourtant qu’il n’existe aucune contradiction réelle.

L’évangile de Matthieu rapporte que Judas, saisi de remords, rejette les pièces d’argent dans le temple avant de se donner la mort par pendaison (Matthieu 27.5). Les prêtres, estimant que cet argent souillé ne peut être réintégré dans le trésor du temple, décident alors de l’utiliser pour acheter un champ destiné à l’inhumation des étrangers (Matthieu 27.6-7). Dans le livre des Actes, Pierre déclare que Judas « acquit un champ avec le salaire de l’iniquité » (Actes des apôtres 1.18).

Une lecture superficielle pourrait laisser croire que Judas a lui-même acheté le champ. Cependant, les deux récits décrivent la même réalité selon deux perspectives différentes. Dans les Actes, l’expression signifie simplement que le champ fut acquis par le moyen de l’argent de Judas et que, juridiquement ou symboliquement, l’achat lui est attribué. De telles formulations sont courantes dans la littérature biblique : on attribue souvent à une personne l’accomplissement d’un acte réalisé en son nom ou par ses biens, même si elle ne l’a pas exécuté matériellement.

Plusieurs éléments concordent dans ce sens :

– Judas ne possédait plus les pièces d’argent lorsqu’il mourut, puisqu’il les avait abandonnées dans le temple.

– Les prêtres refusèrent de les intégrer au trésor du temple en raison de leur caractère impur. Ils cherchèrent donc un moyen de s’en défaire conformément à la Loi.

– L’achat du champ avec cet argent, par les prêtres, est cohérent avec les prescriptions de pureté cultuelle et avec leur scrupule de ne pas en tirer profit.

– L’attribution de l’achat à Judas dans les Actes exprime simplement que le champ fut acquis grâce à ou à cause de l’argent provenant de sa trahison.

On peut rapprocher ce procédé d’autres passages où l’action d’un groupe est attribuée à un individu ou inversement, selon la perspective du narrateur (par exemple, Jean 19.1 comparé à Matthieu 27.26 concernant la flagellation de Jésus).

Ainsi, Matthieu met en lumière la responsabilité des prêtres dans l’usage de l’argent impur, tandis que Luc, dans les Actes, insiste sur la conséquence morale de la trahison de Judas, symboliquement propriétaire du champ acheté avec le prix de sa faute.

Les deux récits se complètent donc parfaitement : Judas rejette l’argent, se pend, et les prêtres utilisent ensuite cette somme pour acheter un champ. La formule des Actes attribue cet achat à Judas en raison de son argent, non par son action personnelle.

Il n’y a donc ni erreur ni contradiction entre Matthieu et les Actes, mais deux présentations convergentes d’un même événement, chacune soulignant une dimension théologique spécifique : l’impureté du prix du sang et la conséquence tragique du choix de Judas.

Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ctd030-le-salaire-de-judas/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.