ANX109

Le « prince qui viendra » et la destruction de Jérusalem en 70

Daniel 9.26 présente trois éléments successifs : l’Oint est retranché ; la ville est détruite ; le sanctuaire est détruit. La lecture chrétienne identifie le…

32 دقيقة 34 آية 6 أسفار

1. La séquence de Daniel 9.26

دَانِيآل 9.26 présente trois éléments successifs :

l’Oint est retranché ;

la ville est détruite ;

le sanctuaire est détruit.

La lecture chrétienne identifie le premier événement à la mort de Jésus.

Les deux événements suivants trouvent une correspondance historique majeure dans la guerre judéo-romaine et la destruction de Jérusalem en 70.

2. Jérusalem est la ville concernée

Depuis le début du chapitre, la ville au centre de la prière est Jérusalem.

Daniel prie pour :

« Jérusalem, ta ville sainte » (دَانِيآل 9.16).

Gabriel répond au sujet :

« de ton peuple et de ta ville sainte » (دَانِيآل 9.24).

Il n’existe donc guère de doute sur l’identité de la ville détruite en دَانِيآل 9.26.

Il s’agit de Jérusalem.

3. Le sanctuaire est le Temple

Le terme « sanctuaire » désigne naturellement le Temple de Jérusalem.

Le premier Temple avait déjà été détruit lorsque Daniel reçut la prophétie.

Daniel prie précisément pour le sanctuaire dévasté (دَانِيآل 9.17).

La prophétie annonce donc un fait étonnant : après la restauration, le sanctuaire sera de nouveau détruit.

4. Une prophétie particulièrement frappante

Pour Daniel, la grande espérance immédiate était la restauration de Jérusalem et du Temple.

Gabriel lui révèle pourtant que cette restauration ne constituera pas l’aboutissement définitif du dessein de Dieu.

La ville sera reconstruite.

Le sanctuaire sera rétabli.

Mais tous deux connaîtront ensuite une nouvelle catastrophe.

La restauration postexilique ne peut donc être la réalisation finale de دَانِيآل 9.24.

5. Le second Temple

Le Temple reconstruit après l’exil est généralement appelé le second Temple.

Sa construction s’achève sous Darius Ier (عَزْرَا 6.15).

Plusieurs siècles plus tard, Hérode le Grand entreprend de vastes travaux d’agrandissement et d’embellissement.

C’est ce complexe monumental qui existe au temps de Jésus.

6. Jésus et le Temple

Les Évangiles montrent l’importance du Temple dans le ministère de Jésus.

Il y enseigne.

Il y affronte certaines autorités religieuses.

Il annonce également sa destruction.

Cette annonce donne à دَانِيآل 9.26 une importance particulière dans le discours eschatologique de Jésus.

7. « Il ne restera pas pierre sur pierre »

Lorsque les disciples admirent les bâtiments du Temple, Jésus répond :

« Vous voyez tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée » (إِنْجِيلُ مَتَّى 24.2).

إِنْجِيلُ مَرْقُسَ 13.2 et إِنْجِيلُ لُوقَا 21.6 transmettent la même annonce.

La destruction du sanctuaire devient ainsi un élément explicite de la prédication de Jésus.

8. Luc et les armées autour de Jérusalem

Luc fournit une formulation particulièrement historique :

« Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche » (إِنْجِيلُ لُوقَا 21.20).

La relation entre :

أورشليم؛

des armées ;

la désolation

correspond directement au contexte de la guerre contre Rome.

9. La première guerre judéo-romaine

La grande révolte juive contre Rome commence en 66 apr. J.-C.

Les tensions politiques, fiscales et religieuses accumulées conduisent à une insurrection ouverte.

Rome ne peut accepter la perte de contrôle d’une province stratégiquement importante.

Une campagne militaire de grande ampleur est donc engagée.

10. Vespasien

L’empereur Néron confie la répression de la révolte à Vespasien.

Celui-ci mène les opérations en Galilée et en Judée.

La situation politique romaine change profondément après la mort de Néron en 68.

L’année 69 est marquée par une succession rapide d’empereurs et une guerre civile.

11. Vespasien devient empereur

Vespasien finit par être reconnu comme empereur.

Il quitte alors le commandement direct des opérations en Judée.

La poursuite de la guerre contre Jérusalem est confiée à son fils Titus.

Titus devient ainsi la figure militaire centrale de la phase finale du conflit.

12. Le siège de Jérusalem

En 70 apr. J.-C., les armées romaines assiègent Jérusalem.

La situation à l’intérieur de la ville est aggravée par :

les divisions internes ;

les combats entre factions ;

la famine ;

la pression militaire romaine.

Le siège aboutit à une catastrophe majeure.

13. La destruction du Temple

Le Temple est incendié et détruit.

Le système sacrificiel lié au sanctuaire cesse de fonctionner.

La destruction marque une rupture fondamentale dans l’histoire du judaïsme du second Temple.

دَانِيآل 9.26 avait précisément annoncé la destruction :

de la ville ;

و:

du sanctuaire.

14. La correspondance historique

La correspondance générale est donc remarquable :

Daniel : l’Oint est retranché ;

Jésus est crucifié ;

Daniel : ensuite la ville et le sanctuaire sont détruits ;

en 70 : Jérusalem et le Temple sont détruits par Rome.

L’ordre des événements correspond à celui du texte.

15. Environ une génération sépare les événements

Dans la chronologie retenue par cette étude, la crucifixion est située en 33 apr. J.-C.

La destruction de Jérusalem intervient en 70.

Environ trente-sept années séparent donc les deux événements.

دَانِيآل 9.26 n’exige pas qu’ils se produisent immédiatement l’un après l’autre.

16. L’importance du mot « après »

Le verset déclare que l’Oint est retranché « après » les semaines.

Il annonce ensuite la destruction.

Aucune durée précise n’est donnée entre le retranchement et la destruction de la ville.

L’intervalle historique entre 33 et 70 ne constitue donc pas en lui-même une difficulté textuelle.

17. « Le peuple d’un prince qui viendra »

La formulation de Daniel doit être examinée avec précision.

Le texte ne dit pas simplement :

« le prince détruira la ville ».

Il parle :

« du peuple d’un prince qui viendra ».

Le sujet de l’action destructrice est donc le peuple.

Cette distinction grammaticale est importante.

18. Le peuple destructeur est romain

Historiquement, Jérusalem et le Temple sont détruits par les forces de l’Empire romain.

Dans une lecture historique directe, « le peuple » correspond donc naturellement aux .

Cette identification est beaucoup plus solide que les spéculations visant à déterminer immédiatement l’identité eschatologique du « prince ».

19. Titus est-il le prince ?

Titus constitue naturellement un candidat historique.

Il commande les forces romaines lors du siège final.

Il est le fils de Vespasien et deviendra lui-même empereur.

Le titre de « prince » ou « chef » lui convient donc fonctionnellement.

Mais Daniel ne donne pas son nom.

20. Une identification possible, mais non obligatoire

On peut donc dire :

Titus constitue une correspondance historique naturelle au chef associé aux forces destructrices.

Il serait plus difficile d’affirmer :

دَانِيآل 9.26 démontre que le « prince qui viendra » ne peut désigner que Titus dans toutes les dimensions de la prophétie.

Cette seconde affirmation dépasse ce que le texte permet d’établir directement.

21. Le mot נָגִיד (naguid)

Le terme hébreu נָגִיד (naguid) peut désigner :

un chef ;

un dirigeant ;

un prince ;

une personne placée à la tête d’un groupe.

Le même terme apparaît en دَانِيآل 9.25 dans l’expression traduite par « Oint, chef ».

Il ne constitue donc pas à lui seul un titre technique désignant nécessairement un souverain eschatologique.

22. Deux chefs dans le passage

دَانِيآل 9.25-26 mentionne ainsi deux figures de direction :

l’Oint, chef ;

و:

le prince qui viendra.

Il ne faut pas les confondre automatiquement.

Le premier est associé à la période messianique.

Le second est associé au peuple qui détruit la ville et le sanctuaire.

23. « Sa fin arrivera comme par une inondation »

ويتابع دانيال:

« sa fin arrivera comme par une inondation » (دَانِيآل 9.26).

Le langage de l’inondation exprime fréquemment une invasion irrésistible.

Il n’est pas nécessaire d’imaginer une inondation littérale de Jérusalem.

L’image décrit la violence et la rapidité d’un jugement qui submerge.

24. L’image du flot dans Daniel

Daniel utilise ailleurs des images similaires pour décrire des opérations militaires.

دَانِيآل 11.10 parle de forces qui :

« se répandront comme un torrent débordé ».

Le langage hydraulique appartient donc au vocabulaire de la guerre et de l’invasion.

25. « Jusqu’à la fin il y aura la guerre »

دَانِيآل 9.26 poursuit avec l’annonce de :

guerre ;

désolations ;

destructions décrétées.

Le verset ne présente pas la destruction de Jérusalem comme un accident historique imprévisible.

Elle s’inscrit dans le cadre du jugement annoncé.

26. Le terme « décrété »

Cette idée rejoint d’autres passages de Daniel.

دَانِيآل 9.27 parle également d’un jugement « décrété ».

دَانِيآل 11.36 évoque ce qui est arrêté.

La souveraineté divine demeure donc présente même lorsque les événements historiques semblent dominés par les armées et les empires.

27. La destruction de 70 et la responsabilité historique

Une lecture chrétienne de Daniel 9 ne doit pas transformer la destruction de Jérusalem en justification d’une hostilité envers le peuple juif.

Le Nouveau Testament lui-même situe la Passion dans un ensemble complexe de responsabilités :

autorités romaines ;

certaines autorités de Jérusalem ;

trahison individuelle ;

et, théologiquement, le péché humain auquel répond l’œuvre rédemptrice.

La prophétie ne fournit aucun fondement à l’antijudaïsme.

28. Jésus pleure sur Jérusalem

L’attitude de Jésus est au contraire marquée par la douleur :

« Comme il approchait de la ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle » (إِنْجِيلُ لُوقَا 19.41).

Son annonce du jugement n’est pas une célébration de la catastrophe.

Elle s’accompagne d’une lamentation.

Cette donnée doit faire partie de toute lecture théologique équilibrée.

29. Daniel 9.26 est-il entièrement accompli en 70 ?

Une lecture historique peut répondre que la destruction de la ville et du sanctuaire trouve en 70 une réalisation particulièrement claire.

Mais la question devient plus complexe lorsqu’on passe au verset 27.

L’« abomination du dévastateur » et la division de la dernière semaine établissent des liens avec d’autres prophéties de Daniel.

Le passage peut donc comporter un horizon dépassant 70.

30. Jésus et « l’abomination de la désolation »

Jésus déclare :

« Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint [...] » (إِنْجِيلُ مَتَّى 24.15).

Il applique ainsi le langage de Daniel à une crise encore future pour ses disciples.

Cette déclaration est essentielle pour comprendre la possibilité d’accomplissements successifs.

31. Antiochus IV comme précédent

دَانِيآل 11.31 associe déjà l’abomination dévastatrice à une profanation du sanctuaire dans le contexte d’Antiochus IV.

Nous avons donc au minimum un schéma prophétique capable de se reproduire :

profanation ;

oppression ;

désolation ;

jugement du profanateur.

Jésus peut reprendre ce langage parce qu’un événement antérieur n’a pas épuisé toute sa portée typologique.

32. Jérusalem en 70 comme nouvel accomplissement historique

La destruction romaine constitue alors un autre horizon majeur.

Le Temple est détruit.

Jérusalem est dévastée.

Le culte sacrificiel cesse matériellement.

Plusieurs éléments de Daniel trouvent ainsi une réalisation historique particulièrement forte.

33. Mais Jésus ouvre également un horizon eschatologique

Le discours de ne se limite pas facilement à l’année 70.

Il conduit également vers :

une détresse exceptionnelle ;

la venue du Fils de l’homme ;

le rassemblement des élus.

La prophétie de Daniel est donc insérée par Jésus dans un horizon qui peut dépasser la seule guerre judéo-romaine.

34. Le « prince qui viendra » et l’Antichrist

Dans certaines interprétations futuristes, le « prince qui viendra » est identifié à un dirigeant eschatologique souvent appelé .

Le raisonnement est généralement le suivant :

le peuple du prince détruit Jérusalem en 70 ;

ce peuple est romain ;

le prince futur doit donc provenir de la sphère liée à Rome.

Cette construction est possible, mais plusieurs étapes du raisonnement sont déductives.

35. Daniel ne dit pas « Antichrist »

Le terme « » n’apparaît pas dans Daniel.

Il appartient aux épîtres de Jean (رِسَالَةُ يُوحَنَّا ٱلرَّسُولِ ٱلْأُولَى 2.18, 22 ; 4.3 ; 2 Jean 7).

L’identification entre :

le prince de Daniel 9 ;

la petite corne de Daniel 7 ;

l’homme d’iniquité de 2 Thessaloniciens 2 ;

la bête d’Apocalypse 13 ;

l’

relève d’une synthèse eschatologique.

Cette synthèse peut être défendue, mais elle n’est pas formulée explicitement dans un seul verset.

36. L’origine « romaine » du dirigeant final

Il faut être particulièrement prudent avec l’idée selon laquelle Daniel prédirait précisément la nationalité moderne du dirigeant final.

Daniel parle du :

« peuple d’un prince qui viendra ».

Le peuple historiquement responsable de la destruction de 70 appartient à l’Empire romain.

Mais cela ne fournit pas automatiquement une carte géopolitique moderne permettant d’identifier la nationalité future du prince.

37. L’Empire romain était multinational

Les armées romaines elles-mêmes étaient composées d’éléments provenant de nombreuses régions de l’Empire.

Le terme « romain » décrit donc d’abord une appartenance politique et militaire à l’Empire.

Il serait imprudent de transformer cette donnée en une identification ethnique simplifiée.

38. Titus et l’accomplissement historique

Titus demeure néanmoins essentiel.

Il commande le siège.

Sous son autorité militaire, Jérusalem tombe.

Le Temple est détruit.

À ce niveau historique, la correspondance avec دَانِيآل 9.26 est directe et solide.

Il n’est pas nécessaire d’attendre un futur dirigeant pour reconnaître cet accomplissement.

39. Le problème du pronom de Daniel 9.27

La question devient plus difficile au verset suivant :

« Il fera une solide alliance avec plusieurs pendant une semaine » (دَانِيآل 9.27).

À qui renvoie « il » ?

Deux grandes possibilités existent :

au prince qui viendra ;

أو:

à la figure messianique précédemment mentionnée.

Le choix influence profondément l’interprétation de la dernière semaine.

40. L’argument du dernier antécédent

Grammaticalement, on peut être tenté de rattacher le pronom au dernier personnage mentionné, c’est-à-dire au prince qui viendra.

Cette lecture soutient naturellement une interprétation futuriste :

un prince futur ;

une alliance de sept ans ;

une rupture au milieu ;

une abomination ;

la désolation.

Mais la grammaire hébraïque ne permet pas de résoudre toute la question par la seule règle du dernier antécédent.

41. La lecture messianique

Une autre lecture rattache l’action de l’alliance au Messie.

Le Nouveau Testament présente Jésus comme celui qui établit la nouvelle alliance par son sang :

« Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang » (إِنْجِيلُ لُوقَا 22.20).

يضيف إِنْجِيلُ مَتَّى 26.28:

« mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs ».

Le rapprochement avec دَانِيآل 9.27 est théologiquement significatif.

42. Ne pas identifier automatiquement Titus au personnage du verset 27

Même si Titus correspond naturellement au chef militaire lié à la destruction de 70, cela ne signifie pas qu’il accomplisse nécessairement toutes les actions du verset 27.

Aucune alliance de sept années conclue par Titus puis rompue exactement après trois ans et demi ne s’impose clairement dans les données historiques.

Il est donc préférable de ne pas forcer cette identification.

43. Trois niveaux doivent être distingués

L’analyse peut être organisée ainsi.

Premier niveau : historiquement très solide

les détruisent Jérusalem et le Temple en 70.

Deuxième niveau : historiquement plausible

Titus constitue le chef le plus naturel associé à cette destruction.

Troisième niveau : interprétation eschatologique

le « prince qui viendra » peut également préfigurer ou annoncer un dirigeant final.

Cette distinction évite de présenter les trois affirmations avec le même degré de certitude.

44. La destruction de 70 confirme la structure générale

Même sans résoudre immédiatement toutes les questions eschatologiques, l’année 70 possède une importance majeure pour Daniel 9.

Elle confirme la séquence :

restauration de Jérusalem ;

venue de l’Oint ;

retranchement de l’Oint ;

destruction ultérieure de Jérusalem et du sanctuaire.

Cette séquence correspond remarquablement à l’histoire du second Temple.

45. La prophétie dépasse pourtant la catastrophe

Daniel 9 ne s’achève pas sur la victoire des destructeurs.

Le jugement est lui-même limité :

« jusqu’à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur » (دَانِيآل 9.27).

Le dévastateur est finalement jugé.

La puissance hostile ne possède donc jamais le dernier mot.

46. De Babylone à Rome

Cette structure correspond au message général de Daniel.

Babylone domine puis tombe.

La Perse domine puis disparaît.

Les puissances grecques dominent puis passent.

Rome elle-même n’est pas souveraine sur l’histoire.

Les empires apparaissent dans le cadre d’un dessein dont Dieu fixe les limites.

47. Le véritable horizon de Daniel 9

La destruction de Jérusalem est donc un événement majeur, mais non l’objectif ultime de la prophétie.

دَانِيآل 9.24 avait annoncé :

l’expiation de l’iniquité ;

la justice éternelle ;

l’accomplissement de la vision ;

l’onction du très saint.

Le jugement de la ville doit être compris à l’intérieur de cet horizon plus vaste.

48. Conclusion de l’annexe

La destruction de Jérusalem et du Temple en 70 apr. J.-C. constitue la correspondance historique la plus forte avec la seconde partie de دَانِيآل 9.26.

L’ordre des événements est particulièrement significatif :

l’Oint est retranché ;

puis :

la ville et le sanctuaire sont détruits.

Dans la lecture chrétienne, Jésus est crucifié avant que les armées romaines ne détruisent Jérusalem et le second Temple.

Le « peuple d’un prince qui viendra » correspond ainsi naturellement, au niveau historique, aux forces romaines. Titus, commandant du siège et futur empereur, constitue la figure historique la plus évidente associée à cette destruction.

Il convient néanmoins de ne pas confondre cette correspondance avec toutes les interprétations du verset 27. Daniel ne dit pas explicitement que Titus conclut l’alliance de la dernière semaine, pas plus qu’il n’utilise le terme « ».

La formulation la plus rigoureuse consiste donc à distinguer l’accomplissement historique certain de la destruction romaine, l’identification plausible de Titus comme chef associé à cet événement, et la possibilité d’un prolongement eschatologique dans lequel la figure du prince destructeur trouve une réalisation finale.

Cette distinction permet de reconnaître pleinement l’importance de l’année 70 sans réduire à cet événement toute la portée prophétique de Daniel 9.