La destruction de Jérusalem et du Temple en 70 apr. J.-C. constitue la correspondance historique la plus forte avec la seconde partie de Daniel 9.26.
L’ordre des événements est particulièrement significatif :
l’Oint est retranché ;
puis :
la ville et le sanctuaire sont détruits.
Dans la lecture chrétienne, Jésus est crucifié avant que les armées romaines ne détruisent Jérusalem et le second Temple.
Le « peuple d’un prince qui viendra » correspond ainsi naturellement, au niveau historique, aux forces romaines. Titus, commandant du siège et futur empereur, constitue la figure historique la plus évidente associée à cette destruction.
Il convient néanmoins de ne pas confondre cette correspondance avec toutes les interprétations du verset 27. Daniel ne dit pas explicitement que Titus conclut l’alliance de la dernière semaine, pas plus qu’il n’utilise le terme « Antichrist ».
La formulation la plus rigoureuse consiste donc à distinguer l’accomplissement historique certain de la destruction romaine, l’identification plausible de Titus comme chef associé à cet événement, et la possibilité d’un prolongement eschatologique dans lequel la figure du prince destructeur trouve une réalisation finale.
Cette distinction permet de reconnaître pleinement l’importance de l’année 70 sans réduire à cet événement toute la portée prophétique de Daniel 9.