ANX108

Le « Messie retranché » de Daniel 9.26 : analyse textuelle et messianique

Daniel 9.26 déclare : « Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché, et il n’aura rien. Le peuple d’un chef qui viendra détruira la…

32 دقيقة 36 آية 11 سفرًا

1. Le texte central

يعلن دَانِيآل 9.26:

« Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché, et il n’aura rien. Le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire. »

Le verset présente une succession remarquable :

achèvement de la période précédente ;

retranchement de l’Oint ;

destruction de Jérusalem ;

destruction du sanctuaire.

Ces événements constituent l’ossature historique du verset.

2. « Après les soixante-deux semaines »

Les 62 semaines de دَانِيآل 9.26 suivent les sept premières semaines de دَانِيآل 9.25.

Il faut donc comprendre :

7 + 62 = 69 semaines.

Le retranchement de l’Oint intervient ainsi après les 69 premières semaines.

Cette précision est déterminante pour toute chronologie du passage.

3. « Après » n’est pas « au dernier instant »

Le texte hébreu emploie אַחֲרֵי (aḥarê), « après ».

Il ne dit pas que l’Oint doit nécessairement mourir exactement au dernier jour de la 69e semaine.

Cette nuance permet de distinguer :

la borne des 69 semaines ;

و:

le retranchement ultérieur de l’Oint.

Elle joue un rôle important dans la reconstruction chronologique retenue.

4. Le mot מָשִׁיחַ (mashiaḥ)

Le substantif מָשִׁיחַ (mashiaḥ) vient du verbe מָשַׁח (mashaḥ), « oindre ».

Il désigne littéralement :

un oint ;

une personne consacrée par l’onction.

Le français « Messie » dérive directement de ce terme hébreu.

Le grec le traduit généralement par χριστός (christos), d’où vient le titre « Christ ».

5. « Messie » et « Christ » expriment la même idée

Les expressions :

يسوع المسيح

و:

يسوع المسيح

reposent donc sur la même notion fondamentale d’onction.

إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 1.41 l’explique explicitement :

« Nous avons trouvé le Messie, ce qui signifie Christ. »

Le vocabulaire chrétien du « Christ » possède ainsi ses racines dans la notion hébraïque d’« oint ».

6. Le mot n’est pas exclusivement messianique

Une analyse rigoureuse doit cependant éviter un raisonnement circulaire.

Dans l’Ancien Testament, mashiaḥ ne désigne pas automatiquement Jésus ou le Messie eschatologique.

Le terme peut s’appliquer à différentes personnes consacrées par Dieu.

7. Les prêtres peuvent être « oints »

Lévitique parle notamment du :

« sacrificateur ayant reçu l’onction » (اَللَّاوِيِّينَ 4.3).

L’onction marque ici la consécration sacerdotale.

Le terme possède donc une utilisation cultuelle.

8. Les rois d’Israël sont des « oints »

Saül est appelé :

« l’oint de l’ » (صَمُوئِيلَ ٱلْأَوَّلُ 24.6).

David porte également cette qualité royale.

L’onction signifie que le roi a été choisi et consacré pour une fonction reçue de Dieu.

9. Cyrus lui-même est appelé « oint »

إِشَعْيَاءَ 45.1 utilise un langage particulièrement remarquable :

« Ainsi parle l’ à son oint, à Cyrus ».

Le terme mashiaḥ peut donc même être appliqué à un souverain perse non israélite lorsque Dieu l’établit pour une mission particulière.

Cette donnée interdit d’affirmer que le mot, pris isolément, prouve nécessairement une référence au Messie eschatologique.

10. Pourquoi Daniel 9 demeure néanmoins fortement messianique

La question n’est donc pas seulement :

quel mot est utilisé ?

Il faut demander :

dans quel contexte ce mot apparaît-il ?

دَانِيآل 9.24-27 associe :

la fin de la transgression ;

le traitement du péché ;

l’expiation de l’iniquité ;

la justice éternelle ;

l’Oint ;

son retranchement.

Cet ensemble dépasse largement la simple mention d’un roi ordinaire.

11. « Oint, chef »

دَانِيآل 9.25 associe également l’Oint à un terme de direction :

נָגִיד (naguid),

qui peut être traduit par :

chef ;

prince ;

conducteur.

Cette association renforce la dimension royale de la figure annoncée.

12. L’attente d’un roi davidique

Les prophètes avaient développé l’attente d’un souverain issu de David.

Ésaïe annonce un enfant dont le règne sera établi :

« sur le trône de David et sur son royaume » (إِشَعْيَاءَ 9.7).

يعلن إرميا:

« Je susciterai à David un germe juste ; il régnera en roi et prospérera » (إِرْمِيَا 23.5).

Daniel 9 s’inscrit naturellement dans cet horizon d’attente.

13. Le paradoxe du Messie retranché

L’élément le plus surprenant est cependant que cet Oint ne soit pas immédiatement présenté comme triomphant.

بل هي:

« retranché ».

La prophétie associe donc la venue de la figure ointe à une forme de suppression violente.

Cette tension correspond profondément à la structure de la Passion dans les Évangiles.

14. Le verbe כָּרַת (karat)

Le verbe hébreu כָּרַת (karat) signifie fondamentalement :

couper ;

retrancher ;

supprimer.

Il peut être employé pour la mort ou l’élimination d’une personne.

Dans دَانِيآل 9.26, le contexte conduit naturellement à l’idée que l’Oint est supprimé ou mis à mort.

15. Un vocabulaire particulièrement fort

Le texte ne dit pas simplement que l’Oint « meurt ».

Il dit qu’il est retranché.

Cette formulation évoque une disparition violente, prématurée ou judiciaire.

Le Messie apparaît donc dans une situation paradoxale :

il est annoncé comme chef, mais il est supprimé.

16. Un rapprochement avec Ésaïe 53

إِشَعْيَاءَ 53.8 déclare à propos du Serviteur :

« Il a été retranché de la terre des vivants ».

Le vocabulaire hébreu n’est pas identique dans tous ses détails, mais l’idée est très proche.

Dans les deux passages, une figure centrale du dessein divin est supprimée.

17. Le Serviteur souffrant

Ésaïe 53 associe cette mort à une fonction expiatoire :

« Il était blessé pour nos péchés » (إِشَعْيَاءَ 53.5).

ثم:

« L’ a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous » (إِشَعْيَاءَ 53.6).

Cette théologie fournit un arrière-plan particulièrement important pour la lecture chrétienne de Daniel 9.

18. Daniel 9.24 et l’expiation

دَانِيآل 9.24 avait déjà annoncé comme objectif des 70 semaines :

« expier l’iniquité ».

Le verset 26 annonce ensuite :

« un Oint sera retranché ».

Daniel ne formule pas explicitement la relation causale :

« l’Oint sera retranché afin d’expier l’iniquité ».

Mais la proximité des deux thèmes permet naturellement une lecture messianique et expiatoire dans le cadre canonique chrétien.

19. Jésus et l’expiation

Le Nouveau Testament interprète la mort de Jésus comme un sacrifice pour les péchés.

Jésus déclare :

« le Fils de l’homme est venu [...] pour donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (إِنْجِيلُ مَرْقُسَ 10.45).

Lors du dernier repas, il parle de son sang :

« répandu pour plusieurs, pour le pardon des péchés » (إِنْجِيلُ مَتَّى 26.28).

La correspondance avec les objectifs de دَانِيآل 9.24 est théologiquement forte.

20. « Pour plusieurs »

L’expression de إِنْجِيلُ مَتَّى 26.28 est particulièrement intéressante :

« pour plusieurs ».

دَانِيآل 9.27 évoque également une alliance concernant « plusieurs ».

Cette proximité ne suffit pas à résoudre à elle seule toutes les difficultés du verset 27.

Elle montre néanmoins que le langage de l’alliance, de l’expiation et de la mort de Jésus appartient au même univers théologique.

21. La mort de Jésus sous Ponce Pilate

La crucifixion de Jésus appartient au cadre historique du gouvernement de Ponce Pilate.

Les quatre Évangiles situent sa mort à Jérusalem dans le contexte de la Pâque.

La lecture chrétienne de دَانِيآل 9.26 identifie le « retranchement » de l’Oint à cet événement.

22. La date de la crucifixion

Les principales reconstructions historiques modernes discutent particulièrement deux années :

30 apr. J.-C. ;

و:

33 apr. J.-C.

La présente étude retient l’année 33 apr. J.-C.

La détermination du jour exact demande cependant une analyse calendérique distincte.

23. La chronologie particulière de cette étude

Dans le système chronologique retenu ici :

1er avril 33 : crucifixion ;

3 avril 33 : résurrection.

Ces dates appartiennent à la reconstruction générale adoptée.

Elles ne doivent pas être confondues avec une autre chronologie connue qui situe la crucifixion elle-même au vendredi 3 avril 33 selon une computation julienne.

24. Daniel ne donne pas la date moderne de la crucifixion

وهذا التمييز مهم.

Daniel 9 fournit une structure chronologique.

Il ne donne évidemment pas :

« 1er avril 33 »

أو:

« 3 avril 33 ».

Ces dates résultent d’une reconstruction fondée sur plusieurs données extérieures au texte.

La lecture messianique de دَانِيآل 9.26 ne dépend donc pas entièrement de l’exactitude d’un jour moderne particulier.

25. « Et il n’aura rien »

Après l’annonce du retranchement apparaît une expression hébraïque extrêmement concise :

וְאֵין לוֹ (weʾên lô).

Elle peut être rendue littéralement :

« et il n’y aura rien pour lui » ;

أو:

« et il n’aura rien ».

La formulation a donné lieu à plusieurs interprétations.

26. Une apparente dépossession

Dans une lecture messianique, l’expression peut évoquer l’apparente dépossession du Messie.

Il est retranché sans recevoir immédiatement le royaume visible attendu.

Il meurt rejeté.

Son titre royal est ironiquement affiché sur la croix :

« Jésus de Nazareth, roi des Juifs » (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 19.19).

Aux yeux de ses adversaires, son œuvre semble alors anéantie.

27. La croix comme paradoxe royal

Les Évangiles présentent précisément la Passion sous une forme paradoxalement royale.

Jésus reçoit :

une couronne d’épines ;

un manteau royal dérisoire ;

le titre de roi ;

mais il est crucifié.

La royauté messianique semble aboutir à l’échec.

La résurrection renverse cette apparence.

28. Daniel 9.26 ne mentionne pas explicitement la résurrection

Il faut néanmoins conserver la distinction textuelle.

Daniel annonce le retranchement de l’Oint.

Il ne décrit pas explicitement sa résurrection dans ce verset.

La résurrection appartient à la lecture chrétienne plus large de l’accomplissement messianique, éclairée par le Nouveau Testament.

29. La résurrection et la justice

Dans le Nouveau Testament, la mort et la résurrection forment cependant une unité.

Paul écrit que Jésus :

« a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification » (رِسَالَةُ بُولُسَ ٱلرَّسُولِ إِلَى أَهْلِ رُومِيَةَ 4.25).

Cette relation permet de rapprocher l’accomplissement pascal de la « justice éternelle » annoncée en دَانِيآل 9.24.

30. Le Messie retranché avant la destruction de Jérusalem

La séquence de Daniel possède une importance historique majeure.

L’Oint est retranché.

Ensuite :

« le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire ».

Dans une lecture chrétienne, la mort de Jésus doit donc précéder la destruction de Jérusalem et du Temple.

C’est exactement l’ordre historique du Ier siècle.

31. L’année 70

Jérusalem et le Temple sont détruits par les forces romaines en 70 apr. J.-C.

La séquence générale devient donc :

ministère messianique ;

mort de Jésus ;

destruction de Jérusalem et du Temple.

Cette correspondance constitue l’un des arguments historiques les plus forts en faveur de la lecture messianique de دَانِيآل 9.26.

32. Jésus annonce lui-même la destruction du Temple

Jésus déclare :

« Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée » (إِنْجِيلُ مَتَّى 24.2).

Luc rapporte également :

« Des jours viendront où il ne restera pas de toi pierre sur pierre » (إِنْجِيلُ لُوقَا 19.44).

La mort de Jésus et la destruction ultérieure de Jérusalem sont ainsi également rapprochées dans les traditions évangéliques.

33. Le retranchement n’est donc pas la destruction de 70

Les deux événements doivent être distingués.

Daniel ne dit pas que l’Oint est retranché lors de la destruction de la ville.

L’ordre est :

l’Oint est retranché ;

puis :

la ville et le sanctuaire sont détruits.

La lecture historique doit préserver cette succession.

34. La borne des 69 semaines dans le modèle retenu

La présente étude situe le terme des 483 années vers 26 apr. J.-C., avec le commencement proposé du ministère de Jean-Baptiste.

Le retranchement de Jésus intervient ensuite en 33 apr. J.-C.

Cette chronologie prend au sérieux le mot :

« après ».

La crucifixion se situe après les 69 semaines, et non nécessairement au dernier instant de la 69e.

35. Pourquoi ne pas faire de Jean le Messie ?

Parce que le Nouveau Testament l’interdit explicitement.

Jean répond :

« Je ne suis pas le Christ » (إِنْجِيلُ يُوحَنَّا 1.20).

Le rôle de Jean dans la reconstruction est uniquement celui du précurseur qui ouvre la période de manifestation du Messie.

Jésus demeure l’unique candidat au « Messie retranché » dans la lecture chrétienne défendue.

36. Le baptême et l’onction

Le baptême de Jésus constitue un autre moment essentiel.

L’Esprit descend sur lui (إِنْجِيلُ مَتَّى 3.16).

Pierre résume ensuite son ministère en disant :

« Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth » (أَعْمَالُ ٱلرُّسُلِ 10.38).

Cette donnée explique pourquoi de nombreux interprètes préfèrent faire du baptême le terme des 69 semaines.

37. La solution retenue distingue le seuil et la manifestation

La présente étude distingue donc deux étapes :

Jean ouvre la période messianique ;

Jésus est publiquement manifesté et oint dans le cadre de son baptême.

Cette distinction permet d’intégrer les deux données sans les confondre.

Elle reste toutefois une reconstruction chronologique et non une division explicitement formulée par Daniel.

38. Le Messie au centre des 70 semaines

Quelle que soit la discussion sur les bornes exactes, Daniel 9 ne doit pas devenir principalement une prophétie consacrée à l’.

Le mouvement central du texte conduit vers :

الكفارة؛

la justice éternelle ;

l’Oint ;

son retranchement.

Dans la lecture chrétienne, le centre théologique de la prophétie est donc Jésus.

39. Une lecture rétrospective chrétienne

Il convient néanmoins de préciser la méthode.

L’identification de l’Oint à Jésus résulte d’une lecture chrétienne de Daniel éclairée par l’ensemble du Nouveau Testament.

Un lecteur limité au seul contexte de Daniel pouvait reconnaître l’annonce d’une figure ointe future sans disposer encore de tous les éléments permettant de l’identifier historiquement.

L’accomplissement éclaire rétrospectivement la prophétie.

40. Les principaux éléments de convergence

L’identification à Jésus repose sur une convergence :

une période conduisant à une figure ointe ;

une figure royale ;

son retranchement ;

le thème de l’expiation ;

la justice éternelle ;

la mort du Messie avant la destruction du second Temple ;

la destruction ultérieure de Jérusalem.

Aucun de ces éléments ne doit être isolé des autres.

41. Le poids particulier de la destruction du Temple

Le dernier élément est particulièrement important.

Le sanctuaire annoncé en دَانِيآل 9.26 est détruit après le retranchement de l’Oint.

Or le second Temple est détruit en 70.

Dans une lecture messianique historique, cela place naturellement le retranchement avant 70.

Cette donnée réduit considérablement le champ des identifications possibles.

42. Une prophétie qui inverse les attentes

La logique de Daniel est théologiquement remarquable.

On pourrait attendre :

Oint → victoire → royaume.

Le texte annonce d’abord :

Oint → retranchement → destruction de la ville.

La victoire divine ne suit donc pas le schéma politique immédiat que l’on pourrait attendre.

Le Nouveau Testament développe précisément ce paradoxe dans la croix et la résurrection.

43. La croix n’est pas l’échec du programme

Dans la théologie chrétienne, le retranchement du Messie n’interrompt pas le dessein de Dieu.

Il devient au contraire le moyen de son accomplissement.

L’événement qui semble supprimer l’Oint réalise précisément l’expiation placée au cœur de دَانِيآل 9.24.

Cette inversion constitue l’un des liens les plus profonds entre Daniel 9 et la Passion.

44. Ce que le texte permet d’affirmer

دَانِيآل 9.26 permet d’affirmer directement :

une figure ointe apparaît dans la chronologie ;

elle est retranchée après les 69 semaines ;

Jérusalem et le sanctuaire sont ensuite détruits.

Ces éléments appartiennent au texte.

45. Ce qui relève de l’interprétation chrétienne

L’identification de cette figure à Jésus, le rapprochement avec Ésaïe 53 et la compréhension expiatoire de son retranchement relèvent d’une lecture canonique chrétienne.

Cette lecture possède une forte cohérence avec le Nouveau Testament.

Elle doit cependant être présentée comme une interprétation de l’accomplissement et non comme une traduction littérale ajoutée au texte hébreu.

46. Ce qui relève de la reconstruction chronologique

Enfin, les affirmations suivantes appartiennent à un niveau encore différent :

458 av. J.-C. comme point de départ ;

26 apr. J.-C. comme borne des 69 semaines ;

4 octobre 29 comme baptême ;

1er avril 33 comme crucifixion ;

3 avril 33 comme résurrection et terme proposé.

Ces dates doivent être démontrées indépendamment.

Elles ne doivent pas être confondues avec l’identification messianique elle-même.

47. Conclusion de l’annexe

Le « Messie retranché » de دَانِيآل 9.26 constitue l’un des éléments les plus puissants de la lecture chrétienne des soixante-dix semaines.

Le terme מָשִׁיחַ (mashiaḥ) signifie d’abord « oint » et peut désigner, dans l’Ancien Testament, différentes personnes consacrées. Le mot isolé ne suffit donc pas à identifier Jésus.

C’est l’ensemble du contexte qui devient déterminant.

Daniel annonce :

la résolution du problème du péché ;

l’expiation de l’iniquité ;

la justice éternelle ;

l’apparition d’un Oint ;

son retranchement ;

puis :

la destruction de Jérusalem et du sanctuaire.

Dans la lecture chrétienne, cette séquence trouve une correspondance particulièrement forte dans Jésus : manifestation messianique, mort expiatoire, puis destruction du Temple en 70 apr. J.-C.

La reconstruction chronologique défendue dans cette étude place la borne des 69 semaines vers 26 apr. J.-C., avec l’ouverture du ministère de Jean-Baptiste, puis le retranchement de Jésus en 33 apr. J.-C.

Le texte ne dit pas que Jean est le Messie. Il ne dit pas non plus que le Messie est retranché exactement au dernier instant de la 69e semaine. Il affirme qu’il est retranché « après » cette période.

Cette distinction permet de conserver le rôle préparatoire de Jean tout en maintenant Jésus au centre de la prophétie : le précurseur ouvre la période messianique ; le Messie apparaît ; l’Oint est retranché ; et l’histoire se dirige ensuite vers la destruction de Jérusalem annoncée par Daniel.