Le « Messie retranché » de Daniel 9.26 constitue l’un des éléments les plus puissants de la lecture chrétienne des soixante-dix semaines.
Le terme מָשִׁיחַ (mashiaḥ) signifie d’abord « oint » et peut désigner, dans l’Ancien Testament, différentes personnes consacrées. Le mot isolé ne suffit donc pas à identifier Jésus.
C’est l’ensemble du contexte qui devient déterminant.
Daniel annonce :
la résolution du problème du péché ;
l’expiation de l’iniquité ;
la justice éternelle ;
l’apparition d’un Oint ;
son retranchement ;
puis :
la destruction de Jérusalem et du sanctuaire.
Dans la lecture chrétienne, cette séquence trouve une correspondance particulièrement forte dans Jésus : manifestation messianique, mort expiatoire, puis destruction du Temple en 70 apr. J.-C.
La reconstruction chronologique défendue dans cette étude place la borne des 69 semaines vers 26 apr. J.-C., avec l’ouverture du ministère de Jean-Baptiste, puis le retranchement de Jésus en 33 apr. J.-C.
Le texte ne dit pas que Jean est le Messie. Il ne dit pas non plus que le Messie est retranché exactement au dernier instant de la 69e semaine. Il affirme qu’il est retranché « après » cette période.
Cette distinction permet de conserver le rôle préparatoire de Jean tout en maintenant Jésus au centre de la prophétie : le précurseur ouvre la période messianique ; le Messie apparaît ; l’Oint est retranché ; et l’histoire se dirige ensuite vers la destruction de Jérusalem annoncée par Daniel.