SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER371 Les Évangiles : contexte et particularités des récits Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · Les ÉvangilesThème · Résurrection et apparitions du RessuscitéSérie · Passion et Résurrection

Seconde apparition du Messie Jésus aux autres femmes

Après avoir quitté le tombeau, les femmes s'éloignent encore plongées dans le trouble et l'affliction. C'est alors que Jésus ressuscité leur apparaît sur le chemin et vient à leur rencontre...

En bref

La péricope PER371 analyse la seconde apparition de Jésus ressuscité aux femmes (Mt 28.9-10), le dimanche matin près du tombeau à Jérusalem. L'article harmonise la tension apparente entre Marc (silence et frayeur des femmes) et Matthieu (rencontre avec Jésus), montrant que ces récits sont complémentaires : Marc décrit la réaction immédiate de stupeur, Matthieu y ajoute la joie. Seul Matthieu rapporte cette apparition spécifique.

Lecture
29 min
Références
46
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
08/06/2026
Mise à jour
24/06/2026
Personnages

Jésus · Marie-Madeleine · femmes au tombeau · ange (jeune homme vêtu de blanc) · Pilate · Marc · Matthieu

Lieux

Jérusalem · tombeau · mont Golgotha

Périodes

dimanche 3 avril 33 · matin de Pâques · période post-résurrection

Mots-clés

résurrection · apparition · femmes au tombeau · Matthieu · Marc · synopse · Jésus ressuscité · tombeau vide · Pâques · chronologie

Notions

résurrection de Jésus · harmonisation synoptique · apparitions post-résurrection · crainte religieuse · complémentarité des évangiles · comptage inclusif juif · témoignage évangélique · christologie pascale

Références bibliques

Matthieu 28.9-10 · Matthieu 28.8 · Matthieu 27.62-66 · Matthieu 28.2-4 · Marc 16.8 · Marc 16.5-7 · Marc 16.2-4 · Marc 16.13-14 · Marc 16.14 · Luc 24.1-3 (+ 9, voir l'index)

Résumé

La péricope PER371 traite de la seconde apparition du Messie Jésus ressuscité aux femmes, telle qu'elle est rapportée principalement par l'évangile de Matthieu (Mt 28.9-10) et mise en perspective avec le récit de Marc (Mc 16.8). Cet épisode se situe le dimanche 3 avril 33, tôt le matin, à proximité du tombeau situé près du mont Golgotha à Jérusalem, dans la continuité immédiate de la découverte du sépulcre vide. L'article s'inscrit dans une approche synoptique rigoureuse qui cherche à harmoniser les différents témoignages évangéliques sur les apparitions post-résurrection. Après avoir quitté le tombeau, les femmes s'éloignent dans un état de trouble profond et d'affliction. C'est sur ce chemin que Jésus ressuscité leur apparaît et vient à leur rencontre, constituant ainsi la seconde apparition documentée après celle à Marie-Madeleine. Une des questions centrales abordées dans cette péricope est la difficulté apparente entre les récits de Marc et de Matthieu. Marc indique que les femmes 'sortirent du sépulcre et s'enfuirent, saisies de tremblement et de frayeur, et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur peur' (Mc 16.8), ce qui pourrait sembler incompatible avec le fait que Matthieu rapporte ensuite leur rencontre avec Jésus (Mt 28.9-10). L'article démontre que cette tension n'est qu'apparente : les deux évangélistes décrivent des moments différents d'une même séquence d'événements et mettent en lumière des aspects complémentaires de l'expérience vécue par les femmes. L'analyse propose trois niveaux de lecture pour résoudre cette difficulté. Premièrement, Marc décrit la réaction spontanée et immédiate des femmes au moment précis où elles quittent le tombeau, après avoir entendu l'annonce extraordinaire du jeune homme vêtu de blanc : 'Il est ressuscité, il n'est point ici' (Mc 16.5-7). La crainte et le tremblement qui les saisissent correspondent à une réaction bibliquement attestée face aux manifestations de la puissance divine, comme en témoignent plusieurs autres passages (Lc 1.12 ; Lc 2.9 ; Lc 24.37). L'expression 'elles ne dirent rien à personne' est donc interprétée comme décrivant leur réaction immédiate sur le chemin, et non comme un silence définitif et absolu. Deuxièmement, Matthieu précise que les femmes quittèrent le tombeau 'avec crainte et avec une grande joie' (Mt 28.8). Loin de contredire Marc, Matthieu complète son témoignage en révélant que cette crainte était mêlée d'une joie profonde. Les deux évangélistes décrivent donc la même réalité émotionnelle sous des angles différents, l'un insistant sur la dimension de stupeur et de frayeur, l'autre ajoutant la dimension de joie et d'espérance. Troisièmement, l'article souligne que seul Matthieu rapporte explicitement cette apparition aux autres femmes, ce qui en fait un témoignage unique et précieux dans la construction de la chronologie des apparitions post-résurrection. Cette exclusivité matthéenne ne remet pas en cause l'historicité de l'événement, mais reflète les choix rédactionnels propres à chaque évangéliste. L'article s'appuie également sur une chronologie détaillée des événements de la Passion et de la Résurrection, intégrant des considérations sur le comptage inclusif juif des trois jours et trois nuits, la date précise de la résurrection au dimanche matin, et l'ordre des différentes apparitions du Messie ressuscité. Des références aux annexes complémentaires (ANN026 sur l'heure de la crucifixion, ANN027 sur le dernier repas de Pâque, ANN028 sur la journée juive, ANN031 sur les Souverains Sacrificateurs) permettent au lecteur d'approfondir le contexte historique et liturgique. En conclusion, cette péricope illustre la complémentarité des évangiles synoptiques dans leur témoignage sur la résurrection. Elle montre que les apparentes contradictions entre les récits évangéliques peuvent être résolues par une lecture attentive et contextuelle, tenant compte à la fois des réactions humaines face au divin et des intentions théologiques propres à chaque évangéliste.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 28.9-10 (Louis Segond S21)

Et voici que Jésus vint à leur rencontre et dit: «Je vous salue.» Elles s'approchèrent, s'agrippèrent à ses pieds et se prosternèrent devant lui.

Alors Jésus leur dit: «N'ayez pas peur! Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront.»

Marc
Marc 16.8 (Louis Segond S21)

Elles sortirent du tombeau et s'enfuirent, toutes tremblantes et bouleversées, et elles ne dirent rien à personne car elles étaient effrayées.

Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le tombeau près de mont Golgotha à Jérusalem

Date : le dimanche 3 avril, le matin

Mode opératoire : Nous basculons avec Matthieu

Note sur le mode opératoire : Parmi les évangélistes, seul Matthieu fait état de cette apparition, tandis que le récit de Marc peut donner l'impression d'une divergence sur ce point

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph dimanche

Après avoir quitté le tombeau, les femmes s'éloignent encore plongées dans le trouble et l'affliction. C'est alors que Jésus ressuscité leur apparaît sur le chemin et vient à leur rencontre.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du Sabbat, rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66.

_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3. Nous prenons en compte la nuit en plein midi.

_31 Maintenant, il y a les différentes apparitions du Messie Jésus, vivant, à partir du dimanche 3 avril 33 de bon matin. Jean 20.11-18 ; Matthieu 28.8-10 ; Marc 16.8 ; Jean 20.24-34 ; Marc 16.13-14 ; Luc 24.13-35 ; Marc 16.14 ; Luc 24.36-49 ; Jean 20.26-31 ; Jean 21.1-14.

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

Commentaire :

1- Une difficulté apparente entre Marc et Matthieu

La déclaration de Marc selon laquelle les femmes « sortirent du sépulcre et s'enfuirent ; elles étaient saisies de tremblement et de frayeur, et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur peur » (Marc 16.8) peut, à première vue, sembler difficile à concilier avec le récit de Matthieu, qui rapporte qu'elles rencontrèrent ensuite Jésus lui-même (Matthieu 28.9-10).

Toutefois, une lecture attentive montre que ces deux récits apparaissent davantage complémentaires que contradictoires. Les évangélistes décrivent des moments différents d'une même succession d'événements et mettent l'accent sur des aspects particuliers de l'expérience des femmes.

2- La réaction immédiate des femmes

Marc décrit avant tout la réaction spontanée des femmes au moment où elles quittent le tombeau. Elles viennent de découvrir le sépulcre vide et d'entendre l'annonce extraordinaire du jeune homme vêtu de blanc : « Il est ressuscité, il n'est point ici » (Marc 16.5-7).

Face à un événement aussi inattendu, elles sont saisies de tremblement et de frayeur (Marc 16.8). Cette crainte n'est pas incompatible avec la foi ; elle correspond au sentiment fréquemment éprouvé dans les Écritures devant une manifestation de la puissance divine (Luc 1.12 ; Luc 2.9 ; Luc 24.37).

L'expression « elles ne dirent rien à personne » semble donc décrire leur réaction immédiate. Elle ne signifie probablement pas qu'elles gardèrent définitivement le silence, mais qu'elles ne s'arrêtèrent pas pour raconter ce qu'elles venaient de voir aux personnes qu'elles auraient pu croiser sur leur chemin.

3- Une crainte mêlée de joie

Cette interprétation paraît confirmée par le récit parallèle de Matthieu. Celui-ci précise que les femmes quittèrent le tombeau « avec crainte et avec une grande joie » (Matthieu 28.8).

Loin de se contredire, Matthieu et Marc décrivent la même expérience sous des angles différents. La crainte évoquée par Matthieu correspond à celle que souligne Marc, tandis que Matthieu met davantage en lumière la joie qui accompagne progressivement cette annonce extraordinaire.

Le mélange de peur, d'émerveillement et de joie apparaît comme une réaction naturelle face à un événement qui dépasse toute attente humaine.

4- La rencontre avec le Ressuscité

C'est précisément au cours de leur trajet vers Jérusalem que Jésus vient à leur rencontre : « Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit : Je vous salue » (Matthieu 28.9).

Les femmes s'approchent alors de lui, saisissent ses pieds et se prosternent devant lui (Matthieu 28.9). Ce détail revêt une importance particulière, car il souligne le caractère corporel de la résurrection. Les femmes ne sont pas en présence d'une simple vision ou d'une apparition spirituelle, mais du Seigneur véritablement ressuscité (Luc 24.39 ; Jean 20.27).

Jésus leur renouvelle ensuite la mission déjà confiée par les anges et leur annonce que les disciples le reverront en Galilée (Matthieu 28.10).

5- Une succession d'événements cohérente

La chronologie la plus naturelle semble être la suivante :

1- Les femmes découvrent le tombeau vide et reçoivent le message des anges (Marc 16.5-7 ; Matthieu 28.5-7 ; Luc 24.4-7).

2- Elles quittent les lieux dans un mélange de peur et de joie (Marc 16.8 ; Matthieu 28.8).

3- Sous l'effet de leur émotion, elles ne s'arrêtent pas pour raconter leur expérience aux personnes rencontrées sur leur route (Marc 16.8).

4- Alors qu'elles se dirigent vers les disciples, Jésus leur apparaît personnellement (Matthieu 28.9-10).

5- Après cette rencontre, elles accomplissent leur mission et rapportent les événements aux onze apôtres et aux autres disciples (Luc 24.9-10).

Sans pouvoir être démontrée avec une certitude absolue, cette reconstruction offre une harmonisation satisfaisante des différents récits.

6- Le silence de Marc n'est pas définitif

L'interprétation selon laquelle les femmes seraient demeurées définitivement silencieuses se heurte à plusieurs difficultés.

Elle serait d'abord incompatible avec l'ordre donné par les anges d'avertir les disciples (Marc 16.7). Elle contredirait également les témoignages de Matthieu et de Luc, qui indiquent explicitement que les femmes rapportèrent finalement ce qu'elles avaient vu et entendu (Matthieu 28.8 ; Luc 24.9-10).

Le silence évoqué par Marc semble donc être temporaire et correspondre au bouleversement initial provoqué par les événements.

7- De la peur à l'adoration

La rencontre avec Jésus marque une transformation progressive de l'état d'esprit des femmes. La frayeur qui dominait leur première réaction laisse place à la joie, puis à l'adoration.

Cette progression constitue un thème récurrent des récits de la résurrection. Les disciples eux-mêmes passeront de la peur et du doute à la certitude et à la joie (Luc 24.41 ; Jean 20.20). Quelques semaines plus tard, ceux qui s'étaient enfermés par crainte des autorités juives (Jean 20.19) proclameront publiquement la résurrection du Christ avec une assurance remarquable (Actes des apôtres 2.22-24 ; Actes des apôtres 4.19-20).

Ainsi, Marc décrit principalement la première réaction des femmes, tandis que Matthieu poursuit le récit en montrant comment la rencontre avec le Ressuscité transforme progressivement leur crainte en joie et en adoration (Matthieu 28.9).

La longue finale de Marc

Lexique
Les autorités juives
Les autorités qui ordonnent l'arrestation de Pierre et Jean en Actes des apôtres 4.1-3 constituent un ensemble de responsables religieux particulièrement influents. Luc mentionne trois groupes distincts : les sacrificateurs, le commandant du Temple et les sadducéens. INF380
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
La longue finale de Marc
La longue finale de Marc (Marc 16.9-20) La conclusion de l'Évangile selon Marc constitue l'une des questions les plus discutées de la critique textuelle du Nouveau Testament. INF301
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Références bibliques : Matthieu 28.9-10 · Matthieu 28.8 · Matthieu 27.62-66 · Matthieu 28.2-4 · Marc 16.8 · Marc 16.5-7 · Marc 16.2-4 · Marc 16.13-14 · Marc 16.14 · Luc 24.1-3 · Luc 24.13-35 · Luc 24.36-49 · Luc 24.37 · Luc 1.12 · Luc 2.9 · Jean 20.11-18 · Jean 20.24-34 · Jean 20.26-31 · Jean 21.1-14

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per371-seconde-apparition-du-messie-jesus-aux-autres-femmes/, exportée le 24/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.