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10/09/2026
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PER368 Les Évangiles : contexte et particularités des récits

La réaction de Pierre et de Jean

Après avoir entendu le témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean décident de se rendre au tombeau pour constater par eux-mêmes la réalité des faits qu'elle rapporte....

8 min de lecture 2 références bibliques

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 24.12 (Louis Segond S21)

Cependant, Pierre se leva et courut au tombeau. Il se baissa et ne vit que les bandelettes [qui étaient par terre]; puis il s'en alla chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Jean
Jean 20.3-12 (Louis Segond S21)

Pierre et l'autre disciple sortirent donc et allèrent au tombeau.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

Il se pencha et vit les bandelettes posées par terre, cependant il n'entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le tombeau. Il vit les bandelettes posées par terre;

le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus n'était pas avec les bandes, mais enroulé dans un endroit à part.

Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi, il vit et il crut.

En effet, ils n'avaient pas encore compris que, d'après l'Ecriture, Jésus devait ressusciter.

Ensuite les disciples repartirent chez eux.

Cependant, Marie se tenait dehors près du tombeau et pleurait. Tout en pleurant, elle se pencha pour regarder dans le tombeau,

et elle vit deux anges habillés de blanc assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds.

Détails techniques

Lieu : Le tombeau près de mont Golgotha à Jérusalem

Date : le dimanche 3 avril, le matin

Mode opératoire : Nous basculons avec Jean

Note sur le mode opératoire : Seul Luc notent aussi ce fait

Année 33

Après avoir entendu le témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean décident de se rendre au tombeau pour constater par eux-mêmes la réalité des faits qu'elle rapporte.

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

Détails chronologiques, selon nos conclusions :

_29 Un dernier petit point reste à traiter, le Messie Jésus avait parlé de résurrection alors, il est plus prudent de placer des gardes devant le tombeau. C’est la demande formulée à Pilate le jour même du , rien n’arrête ces fervents religieux. Matthieu 27.62-66 .

_30 La résurrection a lieu le dimanche matin à l’aube. Nous avons bien les 3 jours et 3 nuits selon le comptage inclusif juif. Matthieu 28.2-4 ; Marc 16.2-4 ; Luc 24.1-3 . Nous prenons en compte la nuit en plein midi.

_31 Maintenant, il y a les différentes apparitions du Messie Jésus, vivant, à partir du dimanche 3 avril 33 de bon matin. Jean 20.11-18 ; Matthieu 28.8-10 ; Marc 16.8 ; Jean 20.24-34 ; Marc 16.13-14 ; Luc 24.13-35 ; Marc 16.14 ; Luc 24.36-49 ; Jean 20.26-31 ; Jean 21.1-14 .

Vous pouvez consulter l’intégralité de cette chronologie dans l’étude ANN026 : L’heure de la crucifixion.

 

Commentaire :

1- Deux annonces successives aux disciples

Selon une hypothèse d'harmonisation des récits évangéliques, il convient de distinguer deux annonces successives adressées aux disciples au matin de la résurrection.

La première provient de Marie de Magdala. Après avoir constaté que la pierre avait été roulée ( Jean 20.1 ), elle conclut que le corps de Jésus a été enlevé et se rend aussitôt auprès de Pierre et du disciple bien-aimé : « Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis » ( Jean 20.2 ). À ce moment-là, rien n'indique qu'elle ait encore vu les anges ou entendu l'annonce de la résurrection.

La seconde annonce provient des autres femmes qui, après être entrées dans le tombeau, reçoivent le message des anges : « Il n'est point ici, mais il est ressuscité » ( Luc 24.6 ; Matthieu 28.5-7 ; Marc 16.6-7 ). Elles retournent ensuite vers les disciples afin de leur rapporter ce qu'elles ont vu et entendu ( Luc 24.9-10 ).

 

2- La course de Pierre et de Jean vers le tombeau

À la suite du témoignage de Marie de Magdala, Pierre et Jean quittent vraisemblablement leur lieu de refuge sans posséder la moindre information concernant une éventuelle résurrection. Leur objectif consiste uniquement à vérifier la disparition du corps signalée par Marie.

Jean rapporte que les deux disciples se mettent à courir vers le sépulcre ( Jean 20.3-4 ). Pierre entre le premier dans le tombeau, puis Jean le suit ( Jean 20.6-8 ). Tous deux découvrent les linges funéraires déposés à leur place et le suaire plié à part ( Jean 20.6-7 ).

La précision de ces détails laisse supposer que le quatrième Évangile repose ici sur le témoignage direct du disciple bien-aimé, lui-même présent lors de ces événements ( Jean 21.24 ).

 

3- Une compréhension encore incomplète

Bien que les disciples aient entendu à plusieurs reprises Jésus annoncer sa mort et sa résurrection ( Matthieu 16.21 ; Matthieu 17.22-23 ; Matthieu 20.18-19 ; Marc 8.31 ; Luc 9.22 ), ils ne parviennent pas encore à faire le lien entre ces annonces et ce qu'ils découvrent devant le tombeau vide.

Jean souligne explicitement cette incompréhension : « Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter des morts » ( Jean 20.9 ). Luc note également que les disciples d'Emmaüs, quelques heures plus tard, demeurent encore désorientés et expriment leur déception : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël » ( Luc 24.21 ).

Le traumatisme provoqué par la Passion et certaines attentes messianiques insuffisamment comprises semblent avoir empêché les disciples d'interpréter immédiatement les événements à la lumière des Écritures ( Luc 18.31-34 ).

 

4- Pourquoi Pierre et Jean ne rencontrent-ils pas les autres femmes ?

Une difficulté demeure néanmoins : comment Pierre et Jean ont-ils pu se rendre au tombeau sans rencontrer les femmes qui revenaient après avoir reçu le message des anges ?

Les Évangiles ne répondent pas directement à cette question. Ils ne fournissent ni les itinéraires empruntés ni les indications chronologiques précises permettant de reconstituer tous les déplacements de cette matinée.

Le contexte historique permet toutefois de proposer plusieurs explications plausibles. Depuis l'arrestation de Jésus, les disciples vivent dans la peur. Les autorités religieuses qui ont obtenu sa condamnation demeurent hostiles à ses partisans ( Jean 19.15-16 ). Le soir même de la résurrection, les disciples se réunissent encore portes fermées « par crainte des Juifs » ( Jean 20.19 ).

Par ailleurs, Jérusalem est alors remplie de pèlerins venus célébrer la Pâque ( Jean 11.55 ). Il est donc possible que les différents groupes aient emprunté des chemins distincts ou que leurs déplacements se soient déroulés à quelques minutes d'intervalle, sans qu'ils se rencontrent nécessairement.

 

5- Les déplacements des disciples dans un climat d'incertitude

Le climat qui règne parmi les disciples après la crucifixion est marqué par la peur, la confusion et la dispersion. Rien n'indique l'existence d'une organisation particulière entre les différents témoins.

Les déplacements semblent au contraire s'effectuer de manière spontanée et par petits groupes. Cette situation explique vraisemblablement certaines difficultés d'harmonisation des récits. Les évangélistes ne cherchent pas à décrire tous les trajets ni à établir une chronologie minutieuse des événements, mais à rapporter les faits essentiels qui fondent la foi chrétienne.

 

6- Le témoignage progressif des femmes

Après leur retour du tombeau, les autres femmes annoncent aux apôtres ce qu'elles ont vu et entendu ( Luc 24.9-10 ). Leur témoignage est toutefois accueilli avec incrédulité : « Ces paroles leur parurent comme des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes » ( Luc 24.11 ).

Plus tard, Marie de Magdala revient à son tour avec un témoignage encore plus extraordinaire : « J'ai vu le Seigneur » ( Jean 20.18 ). Son affirmation vient alors s'ajouter à celle des autres femmes, qui avaient elles-mêmes rencontré Jésus sur le chemin de leur retour ( Matthieu 28.9-10 ).

Ainsi, les premiers témoignages de la résurrection proviennent exclusivement de femmes, un détail particulièrement remarquable dans le contexte du judaïsme du Ier siècle, où leur témoignage ne possédait généralement pas la même valeur juridique que celui des hommes.

 

7- Une succession d'événements difficile à reconstituer avec précision

La diversité des récits évangéliques montre que les auteurs sacrés ne cherchent pas à fournir une chronique exhaustive des événements. Chacun sélectionne et organise les faits en fonction de ses objectifs théologiques et de son propre témoignage ( Luc 1.1-4 ; Jean 20.30-31 ).

Toute tentative d'harmonisation doit donc être menée avec prudence. Les différentes hypothèses proposées permettent d'obtenir une reconstruction cohérente de la matinée de la résurrection, sans toutefois prétendre résoudre toutes les difficultés chronologiques.

 

8- Le message essentiel des évangélistes

Au-delà des détails secondaires, les quatre Évangiles convergent vers une même affirmation fondamentale : le tombeau est vide et Jésus est réellement ressuscité ( Matthieu 28.6 ; Marc 16.6 ; Luc 24.6 ; Jean 20.1-18 ).

Cette conviction sera bientôt confirmée par de nombreuses apparitions du Christ ressuscité à ses disciples ( Luc 24.34 ; Jean 20.19-29 ) ainsi que par le témoignage ultérieur de l'apôtre Paul, qui rappelle que le Seigneur est apparu à Céphas, aux Douze, puis à plus de cinq cents frères à la fois ( 1 Corinthiens 15.3-8 ).

Ainsi, malgré certaines difficultés d'harmonisation, les différents témoignages convergent vers une même réalité historique et théologique : Jésus-Christ est vivant, conformément aux Écritures ( Luc 24.44-46 ).

 

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