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Les questions des pharisiens et des hérodiens

Les Pharisiens et le Hérodiens n’ont aucun point commun, cependant ils vont s'entendre afin de tendre un piège au Messie Jésus...

En bref

Pharisiens et hérodiens tentent de piéger Jésus en lui demandant s'il faut payer l'impôt à César. Sa réponse — « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » — déjoue le piège et pose la distinction fondamentale entre autorité civile et souveraineté divine, rappelant que l'homme, portant l'image de Dieu, lui appartient tout entier.

Lecture
6 min
Références
7
Livres cités
4
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
19/03/2026
Mise à jour
20/03/2026
Personnages

Jésus · pharisiens · hérodiens · César

Lieux

Temple de Jérusalem · parvis du Temple

Périodes

Semaine de la Passion · Mardi saint · 29 mars 33 ap. J.-C.

Mots-clés

impôt à César · pharisiens · hérodiens · denier · Temple de Jérusalem · autorité civile · image de Dieu · synopse · péricope 294 · dernière semaine

Notions

distinction temporel et spirituel · image de Dieu (imago Dei) · piège théologique · autorité civile et divine · hypocrisie religieuse · fidélité du cœur · souveraineté de Dieu · devoir civique et foi

Références bibliques

Matthieu 22.15-22 · Marc 12.13-17 · Luc 20.20-26 · Genèse 1.26-27

Résumé

La péricope PER294 s'inscrit dans le cadre de la dernière semaine avant l'arrestation de Jésus et traite d'un épisode majeur rapporté par trois évangélistes synoptiques : Matthieu (22.15-22), Marc (12.13-17) et Luc (20.20-26). La scène se déroule dans le parvis du Temple de Jérusalem, le mardi 29 mars de l'an 33, et met en scène une coalition inattendue entre pharisiens et hérodiens, deux groupes pourtant diamétralement opposés dans leurs convictions et leur mode de vie. Les pharisiens sont des religieux conservateurs, attachés à la Loi de Moïse et à la tradition juive, tandis que les hérodiens sont des partisans mondains et matérialistes du régime hérodien, proches des intérêts romains. Ce qui les réunit ici, c'est une haine commune envers Jésus et la volonté de le compromettre publiquement. Leur alliance révèle déjà la gravité de la menace qui pèse sur le Messie à l'approche de sa Passion. Leur stratagème consiste à poser à Jésus une question apparemment simple mais politiquement explosive : est-il permis de payer l'impôt à César ? Le piège est habilement conçu : si Jésus répond par l'affirmative, il s'aliène le peuple juif qui supporte mal la domination romaine et le poids fiscal qu'elle impose. Si en revanche il répond par la négative, il s'expose à une accusation de sédition devant les autorités impériales. Dans les deux cas, ses adversaires espèrent le faire tomber. Mais Jésus, conscient de leur hypocrisie, retourne la situation avec une sagesse déconcertante. Il demande qu'on lui montre un denier, la pièce romaine servant au paiement de l'impôt. Ce geste est lui-même révélateur : les religieux orthodoxes, qui s'opposaient en principe à l'introduction dans l'enceinte du Temple de pièces portant l'effigie d'un souverain étranger — d'où la présence indispensable des changeurs de monnaie — produisent immédiatement ce denier, montrant ainsi que leurs convictions religieuses s'effacent devant leurs intérêts matériels. L'ironie est cinglante. Devant l'effigie et l'inscription de César gravées sur la pièce, Jésus prononce alors sa réponse célèbre : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Cette formule, d'une densité théologique remarquable, déjoue le piège en opérant une distinction essentielle entre les domaines temporel et spirituel, sans les opposer artificiellement. D'un côté, Jésus reconnaît la légitimité de l'autorité civile et les obligations qui en découlent pour le croyant vivant dans le monde. De l'autre, et surtout, il rappelle que l'être humain lui-même, créé à l'image de Dieu selon Genèse 1.26-27, appartient totalement à son Créateur. Si la pièce porte l'image de César et doit lui être rendue, l'homme porte l'image de Dieu et doit s'offrir entièrement à Lui. Le débat est ainsi déplacé du terrain politique vers celui de la fidélité du cœur et de l'appartenance spirituelle. Cet enseignement pose les fondements d'une réflexion chrétienne sur les rapports entre foi et citoyenneté, entre autorité divine et autorité humaine. Toute autorité terrestre est subordonnée à la volonté de Dieu et n'a de légitimité que dans cet ordre. Le croyant peut et doit s'acquitter de ses devoirs civiques, mais sans jamais perdre de vue que son appartenance première et ultime est à Dieu. La péricope s'inscrit ainsi dans le fil des affrontements qui jalonnent cette semaine pascale, où les différents groupes religieux et politiques multiplient les tentatives pour discréditer Jésus avant son arrestation. La réponse du Messie ne fait qu'approfondir l'admiration de la foule et l'impuissance de ses adversaires, incapables de le prendre en défaut.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 22.15-22 (Louis Segond S21)

Alors les pharisiens allèrent tenir conseil sur les moyens de prendre Jésus au piège de ses propres paroles.Note22.16 Hérodiens: partisans de la dynastie des Hérode et donc de l'occupant romain.

Ils envoyèrent vers lui leurs disciples avec les hérodiens. Ils lui dirent: «Maître, nous savons que tes paroles sont vraies et que tu enseignes le chemin de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par personne, car tu ne regardes pas à l'apparence des personnes.

Dis-nous donc ce que tu en penses: est-il permis, ou non, de payer l'impôt à l'empereur?»

Mais Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit: «Pourquoi me tendez-vous un piège, hypocrites?

Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie l'impôt.» Ils lui présentèrent une pièce de monnaie.

Il leur demanda: «De qui porte-t-elle l'effigie et l'inscription?»

«De l'empereur», lui répondirent-ils. Alors il leur dit: «Rendez donc à l'empereur ce qui est à l'empereur et à Dieu ce qui est à Dieu.»

Etonnés de ce qu'ils entendaient, ils le quittèrent et s'en allèrent.

Marc
Marc 12.13-17 (Louis Segond S21)

Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques pharisiens et des hérodiens, afin de le prendre au piège de ses propres paroles.

Ils vinrent lui dire: «Maître, nous savons que tes paroles sont vraies et que tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne regardes pas à l'apparence des gens et tu enseignes le chemin de Dieu en toute vérité. Est-il permis, ou non, de payer l'impôt à l'empereur? Devons-nous payer ou ne pas payer?»

Mais Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit: «Pourquoi me tendez-vous un piège? Apportez-moi une pièce de monnaie afin que je la voie.»

Ils en apportèrent une. Jésus leur demanda: «De qui porte-t-elle l'effigie et l'inscription?» «De l'empereur», lui répondirent-ils.

Alors il leur dit: «Rendez à l'empereur ce qui est à l'empereur et à Dieu ce qui est à Dieu.» Et ils furent dans l'étonnement à son sujet.

Luc
Luc 20.20-26 (Louis Segond S21)

Ils se mirent à observer Jésus et ils envoyèrent des hommes qui faisaient semblant d'être des justes pour le prendre au piège de ses propres paroles, afin de le livrer au pouvoir et à l'autorité du gouverneur.

Ils lui posèrent cette question: «Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte de l'apparence, mais que tu enseignes le chemin de Dieu en toute vérité.

Nous est-il permis, ou non, de payer l'impôt à l'empereur?»

Jésus discerna leur ruse et leur répondit: «[Pourquoi me tendez-vous un piège?]

Montrez-moi une pièce de monnaie. De qui porte-t-elle l'effigie et l'inscription?» «De l'empereur», répondirent-ils.

Alors il leur dit: «Rendez donc à l'empereur ce qui est à l'empereur et à Dieu ce qui est à Dieu.»

Ils ne purent pas le prendre en défaut dans ce qu'il disait devant le peuple; étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 33

Lieu : Le parvis du Temple de Jérusalem

Date : le mardi 29 mars 33

Mode opératoire : Nous retrouvons Marc

Note sur le mode opératoire : Matthieu et Luc rapportent aussi ce discours

Carte Jérusalem et sa région
Bargraph mardi 29 mars

Le Messie Jésus s'entretient avec des pharisiens et des hérodiens.

Commentaires

Les Pharisiens et le Hérodiens n’ont aucun point commun. Les premiers sont religieux conservateurs et les seconds mondains et matérialiste. Pourtant ils s’entendent, dans une haine commune, pour affronter le Maître.

En règle générale les religieux Juifs ne gardaient pas de pièces avec des représentations de l’empereur surtout dans l’enceinte de Temple. De là vient la nécessité des changeurs de monnaies.

Tous les Juifs connaissaient la fameuse pièce romaine en argent avec laquelle chacun devait payer l’impôt. Mais le Messie Jésus leur demande à leur grand étonnement une pièce et c’est justement celle, interdite dans le Temple, qu’ils présentent.

Qu’elle ironie dans cette situation ces religieux orthodoxes se révèlent davantage attaché à l’argent qu’à leurs principes religieux.

Les passages de Matthieu 22.15-22, Marc 12.13-17 et Luc 20.20-26, racontent le même épisode où les pharisiens et les hérodiens cherchent à piéger le Messie Jésus en lui demandant s’il est permis de payer l’impôt à César. Leur intention est de le compromettre : s’il répond oui, il se met en opposition avec le peuple juif hostile à la domination romaine ; s’il répond non, il se rend coupable devant l’autorité impériale. Le Messie Jésus, conscient de leur hypocrisie, demande qu’on lui montre un denier et leur fait remarquer l’effigie et l’inscription de César qui y figurent. Il conclut par cette parole devenue célèbre : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Cette réponse d’une sagesse remarquable déjoue leur piège et révèle une double vérité : l’homme a des devoirs légitimes envers l’autorité civile, mais il doit avant tout reconnaissance et obéissance à Dieu.

Ce que le Messie Jésus enseigne ici, c’est la juste distinction entre les domaines temporel et spirituel sans les opposer : les réalités humaines ont leur place, mais elles ne doivent pas supplanter la souveraineté divine. Ce qui porte l’image de César revient à César ; ce qui porte l’image de Dieu, l’homme lui-même (Genèse 1.26-27), appartient tout entier à Dieu.

Ainsi, le Messie Jésus replace le débat non pas sur le terrain politique, mais sur celui de la fidélité du cœur, rappelant que toute autorité terrestre est subordonnée à la volonté de Dieu et que le croyant doit vivre dans le monde sans cesser d’appartenir à Dieu seul.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per294-les-questions-des-pharisiens-et-des-herodiens/, exportée le 04/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.