Cet événement se situe après la célébration de la fête de la dédicace, qui s’est déroulée du mercredi 15 décembre au mercredi 22 décembre. Le groupe effectue alors son retour, probablement le jeudi 23 décembre de l’an 32. L’enseignement dont il est question intervient au plus tôt le vendredi 24 décembre, mais il est possible qu’il ait eu lieu ultérieurement.
Cet article explore l'enseignement biblique de Jésus sur le divorce, tel que relaté dans les Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Les passages examinés incluent Matthieu 19.3-12 et Marc 10.2-12, qui traitent les interactions de Jésus avec les pharisiens cherchant à le piéger avec des questions sur la légitimité du divorce selon la loi mosaïque. Jésus, tout en reconnaissant la difficulté du mariage, souligne que le divorce n'était pas le plan original de Dieu pour le mariage, mais une concession à cause de la dureté du cœur humain. En outre, l'article situe cet enseignement dans le cadre plus large du ministère de Jésus, en suivant sa trajectoire géographique et chronologique entre Hanoucca et Pessa'h. Ce contexte comprend son séjour à Béthanie-au-delà-Jourdain, ses interactions avec les pharisiens, et les tendances générales de ses enseignements et miracles. Ainsi, l'analyse apporte une perspective chronologique et géographique à cet épisode, mettant en lumière la mission de Jésus d'interpréter et d'amplifier la compréhension des lois divines à ses disciples, tant dans le cadre des pratiques religieuses que dans leur application quotidienne. Le récit s'éloigne du simple débat juridique sur le divorce pour offrir une vision plus spirituelle et compassionnée, centrée sur la restauration et la recomposition des relations humaines dans le cadre divin établi par Dieu. La chronologie des événements entre Hanoucca et Pessa'h, exploitée dans l'article, renforce cette analyse par une observation attentive des mouvements de Jésus et des motivations sous-jacentes de ses enseignements.
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Textes bibliques
Les pharisiens l'abordèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui dirent: «Est-il permis à un homme de divorcer de sa femme pour n'importe quel motif?»Note19.4 Afait l'homme et la femme: citation de Genèse 1.27.Note19.5 C'est pourquoi… qu'un: citation de Genèse 2.24.Note19.7 De donner… renvoie: allusion à Deutéronome 24.1.
Il répondit: «N'avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, a fait l'homme et la femme
et qu'il a dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux ne feront qu'un?
Ainsi, ils ne sont plus deux mais ne font qu'un. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.»
«Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner une lettre de divorce à la femme lorsqu'on la renvoie?»
Il leur répondit: «C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de divorcer de vos femmes; au commencement, ce n'était pas le cas.
Mais je vous le dis, celui qui renvoie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, et qui en épouse une autre commet un adultère, [et celui qui épouse une femme divorcée commet un adultère].»
Ses disciples lui dirent: «Si telle est la condition de l'homme vis-à-vis de la femme, il vaut mieux ne pas se marier.»Note19.12 Qui… eunuques: c'est-à-dire qui ont renoncé au mariage.
Il leur répondit: «Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
En effet, il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère, d'autres le sont devenus par les hommes, et il y en a qui se sont faits eux-mêmes eunuques à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne.»
Les pharisiens l'abordèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de divorcer de sa femme.Note10.4 Ecrire… notre femme: renvoi à Deutéronome 24.1.Note10.6-8 Dieu a fait… qu'un: citation de Genèse 1.27 puis 2.24.
Il leur répondit: «Que vous a prescrit Moïse?»
«Moïse, dirent-ils, nous a permis d'écrire une lettre de divorce et de renvoyer notre femme.»
Jésus leur dit: «C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné cette règle.
Mais au commencement de la création, Dieu a fait l'homme et la femme;
c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère [et s'attachera à sa femme],
et les deux ne feront qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux mais ne font qu'un.
Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.»
Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus.
Il leur dit: «Celui qui renvoie sa femme et qui en épouse une autre commet un adultère envers elle,
et si une femme divorce de son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.»
Détails techniques
Lieu : Béthanie au delà du Jourdain
Date : Après l'arrivée à Béthanie, au delà du Jourdain, le jeudi 23 décembre 32
Mode opératoire : Nous basculons maintenant avec Marc
Note sur le mode opératoire : Matthieu confirme les propos de Marc
Le Messie Jésus, accompagné de ses disciples, séjourne à Béthanie au-delà du Jourdain, tandis que des pharisiens venus de Jérusalem ont entrepris le déplacement afin de le rencontrer.
Chronologie
Commentaires
Visiblement cet événement se déroule à Béthanie de l’autre côté du Jourdain (PER261). C’est un endroit sécurisé d’une part par la localisation du site d’où il est facile de fuir vers l’est vers la Pérée (la Jordanie). Béthanie au-delà du Jourdain se trouve en Pérée.
C’est un endroit paisible tout le contraire de Jérusalem où le Messie Jésus peux échapper aux attaques régulières des religieux. Nous remarquons que Béthanie au-delà du jourdain est un village avec des maisons (Marc 10.10).
Des pharisiens sont donc venus de Jérusalem pour s’entretenir avec le Messie Jésus. L’observation de Matthieu 9.3 et Marc 10.2 confirme bien leur intention de rechercher des preuves à charge afin de traduire le Messie Jésus devant le Sanhédrin.
Dans les deux évangiles, la scène s’ouvre sur une question posée au Messie Jésus par des pharisiens. Leur intention n’est pas neutre : ils cherchent à le mettre à l’épreuve. Le divorce était un sujet débattu dans le judaïsme du Ier siècle, notamment entre les écoles de Hillel (plus permissive) et de Shammaï (plus stricte). En interrogeant le Messie Jésus, les pharisiens espèrent le piéger dans ce débat ou le mettre en contradiction avec la loi de Moïse.
Le Messie Jésus refuse d’entrer dans une simple querelle d’interprètes. Il renvoie d’abord à Moïse, qui a permis de rédiger un acte de répudiation, mais il en donne immédiatement la raison : cette concession répondait à la « dureté du cœur ». Autrement dit, Moïse n’a pas institué le divorce comme un idéal, mais comme une mesure de régulation dans un monde marqué par le péché.
Puis le Messie Jésus remonte plus haut que Moïse, jusqu’à la création. Il cite Genèse 1 et 2 pour rappeler que l’homme et la femme sont appelés à devenir « une seule chair ». Le mariage n’est pas seulement un contrat social ; il est une union profonde, voulue par Dieu, que l’être humain n’est pas autorisé à défaire à la légère. Le Messie Jésus replace ainsi la question du divorce dans une perspective théologique : le mariage est un don, une vocation, et non un simple arrangement humain.
Dans les deux récits, une fois à l’écart, le Messie Jésus parle plus directement à ses disciples. Il affirme que rompre cette union pour en contracter une autre revient à commettre un adultère. L’enseignement est exigeant, radical même, et il surprend les disciples, qui vivaient dans un contexte où le divorce était relativement courant.
C’est ici que les nuances entre les deux évangiles deviennent importantes.
Matthieu introduit une précision absente de Marc :
« sauf en cas d’union illégitime » (ou « sauf pour cause de porneia »).
Cette clause d’exception a suscité beaucoup de discussions. Elle semble indiquer que, dans certains cas précis, probablement des unions non valides selon la loi juive (inceste, mariage interdit, union irrégulière), la séparation est permise. Matthieu écrit pour une communauté judéo-chrétienne, plus proche des débats rabbiniques, et il prend soin de préciser ce cas particulier. Marc, qui écrit pour un public plus large et non juif, ne mentionne pas cette nuance.
Dans Matthieu, les disciples réagissent vivement :
Cette remarque n’apparaît pas chez Marc. Matthieu met en lumière la difficulté de l’enseignement du Messie Jésus et ouvre ainsi la porte à un autre sujet : le célibat pour le Royaume.
Matthieu ajoute un développement absent de Marc : le Messie Jésus parle des « eunuques », certains le sont de naissance, d’autres par contrainte, et d’autres encore choisissent de renoncer au mariage « à cause du Royaume des cieux ». Ce passage élargit la perspective : Le Messie Jésus ne se contente pas de défendre la dignité du mariage ; il valorise aussi le célibat volontaire comme un chemin spirituel. Cette ouverture est propre à Matthieu et reflète les besoins de sa communauté, où certains chrétiens vivaient déjà ce choix.
Marc présente donc un enseignement bref, radical, centré sur le retour au projet créateur de Dieu.
Matthieu reprend cet enseignement mais l’encadre davantage : il ajoute une clause d’exception liée à des unions irrégulières, il montre la réaction des disciples, il ouvre une réflexion sur le célibat pour le Royaume.
Les deux récits convergent sur l’essentiel : le Messie Jésus refuse de réduire le mariage à un simple acte juridique et rappelle sa vocation profonde. Mais Matthieu adapte l’enseignement aux questions concrètes de sa communauté, tandis que Marc en donne une version plus concise et universelle.
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- Hanoucca (fête de la Dédicace) est une fête juive hivernale de huit jours, appelée aussi « Fête des Lumières », qui commémore la ré inauguration du Temple de Jérusalem et le miracle de l’huile. Au IIᵉ siècle av. INF213
- Les pharisiens
- Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
- Le Sanhédrin
- Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003