Visiblement cet événement se déroule à Béthanie de l’autre côté du Jourdain (PER261). C’est un endroit sécurisé d’une part par la localisation du site d’où il est facile de fuir vers l’est vers la Pérée (la Jordanie). Béthanie au-delà du Jourdain se trouve en Pérée.
C’est un endroit paisible tout le contraire de Jérusalem où le Messie Jésus peux échapper aux attaques régulières des religieux. Nous remarquons que Béthanie au-delà du jourdain est un village avec des maisons ( Marc 10.10 ).
Des sont donc venus de Jérusalem pour s’entretenir avec le Messie Jésus. L’observation de Matthieu 9.3 et Marc 10.2 confirme bien leur intention de rechercher des preuves à charge afin de traduire le Messie Jésus devant le .
Dans les deux évangiles, la scène s’ouvre sur une question posée au Messie Jésus par des . Leur intention n’est pas neutre : ils cherchent à le mettre à l’épreuve. Le divorce était un sujet débattu dans le judaïsme du Ier siècle, notamment entre les écoles de Hillel (plus permissive) et de Shammaï (plus stricte). En interrogeant le Messie Jésus, les espèrent le piéger dans ce débat ou le mettre en contradiction avec la loi de Moïse.
Le Messie Jésus refuse d’entrer dans une simple querelle d’interprètes. Il renvoie d’abord à Moïse, qui a permis de rédiger un acte de répudiation, mais il en donne immédiatement la raison : cette concession répondait à la « dureté du cœur ». Autrement dit, Moïse n’a pas institué le divorce comme un idéal, mais comme une mesure de régulation dans un monde marqué par le péché.
Puis le Messie Jésus remonte plus haut que Moïse, jusqu’à la création. Il cite Genèse 1 et 2 pour rappeler que l’homme et la femme sont appelés à devenir « une seule chair ». Le mariage n’est pas seulement un contrat social ; il est une union profonde, voulue par Dieu, que l’être humain n’est pas autorisé à défaire à la légère. Le Messie Jésus replace ainsi la question du divorce dans une perspective théologique : le mariage est un don, une vocation, et non un simple arrangement humain.
Dans les deux récits, une fois à l’écart, le Messie Jésus parle plus directement à ses disciples. Il affirme que rompre cette union pour en contracter une autre revient à commettre un adultère. L’enseignement est exigeant, radical même, et il surprend les disciples, qui vivaient dans un contexte où le divorce était relativement courant.
C’est ici que les nuances entre les deux évangiles deviennent importantes.
Matthieu introduit une précision absente de Marc :
« sauf en cas d’union illégitime » (ou « sauf pour cause de porneia »).
Cette clause d’exception a suscité beaucoup de discussions. Elle semble indiquer que, dans certains cas précis, probablement des unions non valides selon la loi juive (inceste, mariage interdit, union irrégulière), la séparation est permise. Matthieu écrit pour une communauté judéo-chrétienne, plus proche des débats rabbiniques, et il prend soin de préciser ce cas particulier. Marc, qui écrit pour un public plus large et non juif, ne mentionne pas cette nuance.
Dans Matthieu, les disciples réagissent vivement :
Cette remarque n’apparaît pas chez Marc. Matthieu met en lumière la difficulté de l’enseignement du Messie Jésus et ouvre ainsi la porte à un autre sujet : le célibat pour le Royaume.
Matthieu ajoute un développement absent de Marc : le Messie Jésus parle des « eunuques », certains le sont de naissance, d’autres par contrainte, et d’autres encore choisissent de renoncer au mariage « à cause du Royaume des cieux ». Ce passage élargit la perspective : Le Messie Jésus ne se contente pas de défendre la dignité du mariage ; il valorise aussi le célibat volontaire comme un chemin spirituel. Cette ouverture est propre à Matthieu et reflète les besoins de sa communauté, où certains chrétiens vivaient déjà ce choix.
Marc présente donc un enseignement bref, radical, centré sur le retour au projet créateur de Dieu.
Matthieu reprend cet enseignement mais l’encadre davantage : il ajoute une clause d’exception liée à des unions irrégulières, il montre la réaction des disciples, il ouvre une réflexion sur le célibat pour le Royaume.
Les deux récits convergent sur l’essentiel : le Messie Jésus refuse de réduire le mariage à un simple acte juridique et rappelle sa vocation profonde. Mais Matthieu adapte l’enseignement aux questions concrètes de sa communauté, tandis que Marc en donne une version plus concise et universelle.