SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Guérison d'une femme le jour du Sabbat

La guérison de cette femme n’aurait pas eu lieu si Jésus avait strictement appliqué les recommandations des pharisiens...

En bref

La péricope 231 relate la guérison par Jésus d'une femme infirme depuis dix-huit ans, un jour de sabbat dans une synagogue de Jérusalem (Luc 13.10-17). Cet acte provoque l'indignation des autorités religieuses, que Jésus confond en pointant leurs contradictions. La foule, elle, admire et glorifie Dieu. L'épisode illustre la tension entre la tradition pharisienne et l'application authentique de la loi divine, tout en mettant en lumière la foi persévérante de cette femme.

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10 min
Références
12
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
27/08/2025
Mise à jour
16/02/2026
Personnages

Jésus · la femme infirme · le chef de la synagogue · les pharisiens

Lieux

Jérusalem · synagogue de Jérusalem

Périodes

De la troisième Pâque au début de la dernière semaine · Ministère public de Jésus · Décembre (période approximative)

Mots-clés

guérison · sabbat · synagogue · pharisiens · Luc · miracle · femme infirme · Jérusalem · loi du sabbat · ministère de Jésus

Notions

violation supposée du sabbat · loi du sabbat · tradition vs commandement divin · miracles de Jésus · argumentation de Luc · synagogue au premier siècle · foi persévérante · délivrance messianique · confrontation avec les pharisiens

Références bibliques

Luc 13.10-17 · Luc 6.6-11 · Luc 14.1-6 · Jean 5.1-18 · Jean 9.1-41 · Marc 1.21-28 · Marc 1.29-31 · Exode 20.8-10 · Deutéronome 5.12-15

Résumé

La péricope 231 de la Synopse traite de la guérison d'une femme par le Messie Jésus un jour de sabbat, épisode rapporté uniquement par l'évangéliste Luc (Luc 13.10-17). Cet événement se situe dans la période allant de la troisième Pâque au début de la dernière semaine du ministère de Jésus, et prend place dans une synagogue de Jérusalem, vraisemblablement un samedi situé entre fin novembre et début décembre. L'article commence par souligner la particularité de l'approche littéraire de Luc dans ses chapitres 13 à 19 : l'évangéliste ne suit pas une chronologie strictement formelle, mais construit une argumentation thématique et structurée. Cette observation est fondamentale pour comprendre le contexte dans lequel s'insère ce récit de guérison. Un premier élément de contexte historique important est fourni : Jérusalem comptait, au temps de Jésus, environ 480 synagogues. Ce chiffre élevé explique pourquoi Luc emploie l'expression vague « une des synagogues » plutôt que de désigner un lieu précis. Les synagogues jouaient plusieurs rôles essentiels dans la vie communautaire juive : elles étaient des lieux de lecture de la Loi, de prière collective et d'enseignement religieux. Contrairement au Temple, voué aux sacrifices, les synagogues constituaient des centres éducatifs et spirituels accessibles à l'ensemble de la population. Certaines étaient même fondées par des groupes professionnels ou des communautés étrangères établies à Jérusalem. L'article replace ensuite la guérison dans le cadre plus large des tensions croissantes entre Jésus et les autorités religieuses, notamment les pharisiens. Ces derniers cherchent désormais à rassembler des preuves pour étayer une éventuelle accusation formelle contre Jésus. C'est dans ce contexte que la liberté d'action de Jésus doit être comprise : il continue d'enseigner et d'agir publiquement malgré la surveillance hostile qui pèse sur lui. Le miracle lui-même est au cœur du récit : une femme, infirme depuis dix-huit ans, est guérie par Jésus dans la synagogue, un jour de sabbat. Cet acte provoque immédiatement l'indignation des autorités religieuses présentes, qui y voient une violation de la loi du sabbat. L'article souligne cependant qu'aucune disposition explicite de cette loi, telle qu'elle est formulée dans les textes fondateurs (Exode 20.8-10 ; Deutéronome 5.12-15), n'interdit d'accomplir une bonne action ce jour-là. Le sabbat est avant tout un jour consacré au souvenir de Dieu. La réaction des autorités religieuses révèle donc une préférence pour la tradition interprétative humaine au détriment de l'application directe du commandement divin, au risque de nuire à autrui. Jésus, fidèle à son habitude, répond aux accusations de manière directe et sans détour, en pointant les contradictions dans le raisonnement de ses opposants. Il leur rappelle notamment qu'ils n'hésitent pas eux-mêmes à mener leurs animaux à l'eau un jour de sabbat, et qu'il est donc d'autant plus légitime de délivrer cette femme, fille d'Abraham, de son infirmité. Un fait notable est souligné dans l'article : contrairement aux réactions habituelles de colère et de haine, les opposants de Jésus furent, cette fois, remplis de honte après avoir entendu ses paroles (Luc 13.17). Ce détail est présenté comme exceptionnel dans le cadre des confrontations entre Jésus et les autorités religieuses. L'article met également en valeur la foi persévérante de cette femme : malgré dix-huit années d'infirmité et la condition humiliante qui en découlait, elle continuait de se rendre à la synagogue. Ce comportement est présenté comme la condition qui rendit possible sa guérison et sa délivrance ce jour de sabbat, transformé pour elle en jour de salut. Enfin, la réaction de la foule contraste fortement avec celle des autorités : là où les chefs religieux s'indignent, le peuple admire et glorifie Dieu. Ce schéma récurrent dans les récits évangéliques illustre la fracture entre les élites religieuses et le peuple ordinaire face au ministère de Jésus. Cet épisode s'inscrit dans une série de guérisons accomplies le jour du sabbat, attestées dans plusieurs passages évangéliques (Luc 6.6-11 ; Jean 5.1-18 ; Jean 9.1-41 ; Luc 14.1-6 ; Marc 1.21-28 ; Marc 1.29-31), qui constituent autant de points de friction entre Jésus et les pharisiens, et révèlent la nature profonde de son identité messianique.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 13.10-17 (Louis Segond S21)

Jésus enseignait dans une des synagogues, le jour du sabbat.

Or il y avait là une femme habitée par un esprit qui la rendait infirme depuis 18 ans; elle était courbée et ne pouvait pas du tout se redresser.

Lorsqu'il la vit, Jésus lui adressa la parole et lui dit: «Femme, tu es délivrée de ton infirmité.»

Il posa les mains sur elle; immédiatement elle se redressa, et elle se mit à célébrer la gloire de Dieu.

Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait fait une guérison un jour de sabbat, dit à la foule: «Il y a six jours pour travailler, venez donc vous faire guérir ces jours-là et non pas le jour du sabbat.»

Le Seigneur lui répondit en ces termes: «Hypocrites! Le jour du sabbat, chacun de vous ne détache-t-il pas son bœuf ou son âne de la mangeoire pour le mener boire?

Et cette femme, qui est une fille d'Abraham et que Satan tenait attachée depuis 18 ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat?»

Ces paroles remplirent de honte tous ses adversaires, et la foule entière se réjouissait de toutes les merveilles qu'il faisait.

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Une des synagogues de Jérusalem

Date : Le samedi 4 décembre ou le samedi 27 nivembre

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc est le seul à noter cet épisode dans la synagogue

Région Jérusalem

Le Messie Jésus, dans une synagogue de Jérusalem, propose à une femme de la guérir.

Guérison d'une femme le jour du Sabbat

La femme courbée depuis 18 ans

Commentaires

Luc présente ici des récits qui ne suivent pas une chronologie formelle. Il propose une argumentation structurée selon une logique précise. Ce thème est développé dans le paragraphe intitulé : L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19. Il est pertinent de considérer l’objectif de Luc lors de l’étude de ces chapitres.

L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19

Au temps du Messie Jésus, Jérusalem comptait environ 480 synagogues. Ce nombre élevé explique l’emploi par Luc de l’expression « une des synagogues » plutôt que « la synagogue ». Cette précision suggère qu’il s’agissait probablement d’un lieu choisi parmi la multitude qui existait dans la ville, et non d’un bâtiment unique et central.

Les synagogues remplissaient plusieurs rôles essentiels : elles étaient le cadre de la lecture de la Loi, de la prière communautaire et de l’enseignement. À la différence du Temple, elles servaient donc de centres éducatifs et spirituels pour la population. Certaines synagogues étaient fondées par des groupes professionnels, comme les chaudronniers, ou par des communautés étrangères installées à Jérusalem.

Ainsi, la formulation de :

Luc 13.10 (Louis Segond S21) :
Jésus enseignait dans une des synagogues, le jour du sabbat.

appuie cette réalité. L’existence de plusieurs synagogues dans la ville explique le choix de cette tournure et semble indiquer que Luc faisait référence à Jérusalem, car s’il s’était agi de localités différentes, il aurait probablement écrit simplement : « dans la synagogue ».

La liberté d’action dont disposait le Messie Jésus est liée à l’évolution de la démarche des pharisiens, qui cherchent dorénavant à rassembler des éléments pour soutenir leur accusation dans le cadre d’un éventuel procès.

La synagogue servait principalement de lieu d’enseignement, à la différence du Temple destiné aux sacrifices. Selon plusieurs passages bibliques (Luc 13.10-17, Luc 6.6-11, Jean 5.1-18, Jean 9.1-41, Luc 14.1-6, Marc 1.21-28 et Marc 1.29-31), il est rapporté que le Messie Jésus accomplissait des miracles au quotidien, y compris pendant le sabbat.

A chaque fois les autorités religieuses s’indignaient, car elles considéraient qu’un tel acte enfreignait la loi du sabbat. Elles auraient plutôt dû se réjouir de la délivrance de cette personne malade depuis 18 ans. Le Messie Jésus ne manquait pas de rappeler les contradictions dans leurs accusations.

Le résultat apparait sensiblement toujours le même. Les autorités religieuses sont révoltées et la foule est admiratrice. Cependant, nous observons que le ton employé par le Messie Jésus demeure direct et sans détour.

Points clés de la guérison de cette femme

La guérison de cette femme n’aurait pas eu lieu si Jésus avait strictement appliqué les recommandations des pharisiens. Il est à noter qu’aucune disposition explicite de la loi relative au sabbat (Exode 20.8-10 ; Deutéronome 5.12-15) n’interdit d’accomplir une bonne action lors de ce jour de repos, dont l’objet principal est de se souvenir de Dieu. Toutefois, certains interprètes privilégient la tradition à l’application directe du commandement divin, même lorsque cela peut affecter autrui.

Nous constatons un fait exceptionnel : les opposants au Messie Jésus furent remplis de honte en entendant ses paroles (Luc 13.17). Habituellement, c’était plutôt la colère et la haine qui les animaient.

Cette femme était malade depuis dix-huit ans, mais elle gardait la foi et se rendait à la synagogue. Malgré sa situation humiliante, elle continuait à fréquenter la maison de Dieu — et heureusement, car ce jour de sabbat fut pour elle un jour de délivrance et de salut.

Dans la tradition juive, le nombre 18 est associé au mot chai (חַי), qui signifie « vie ». Ironique, puisque cette femme semblait privée de vie… jusqu’à ce que le Messie Jésus la restaure pleinement.

Ce récit met en lumière le manque de compassion des religieux opposés au Messie Jésus.

Lexique
L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19
L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19 de son évangile est loin d’être une simple compilation de faits : elle suit une progression cohérente, à la fois théologique et narrative, centrée sur l’appel à la conversion, la critique des faux semblants religieux, et la marche résolue vers Jérusalem. Luc rapporte deux événements tragiques (le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement de la tour de Siloé) pour souligner que tous doivent se repentir, car le jugement est universel. INF152
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Points clés de la guérison de cette femme
Une guérison non sollicitée : La femme ne demande rien. Jésus prend l’initiative, ce qui souligne sa sensibilité et sa souveraineté. INF151
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
La synagogue
Une synagogue est un lieu de culte, d'enseignement et de rassemblement pour les Juifs. Lieu de prière : La synagogue est utilisée pour la prière communautaire et individuelle. INF090
Les synagogues de Jérusalem
Les synagogues de Jérusalem constituent un élément important du contexte de Actes des apôtres 6.1-7, car elles permettent probablement de mieux comprendre l'origine du conflit entre Hébreux et Hellénistes ainsi que l'organisation des premiers chrétiens. Au premier siècle, Jérusalem ne possédait pas une seule synagogue, mais probablement plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines. INF365
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per231-guerison-dune-femme-le-jour-du-sabbat/, exportée le 27/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.