SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Rappel du massacre des Galiléens par Pilate

Des gens se sont rassemblés devant la maison du pharisien ce qui correspond bien aux habitudes de l’époque...

En bref

La péricope PER229 (Luc 13,1-5) relate l'interpellation de Jésus par des témoins d'un repas pharisien au sujet du massacre de Galiléens par Pilate. Jésus refuse d'y voir une punition divine et appelle à la repentance personnelle, citant aussi la chute de la tour de Siloé. Il enseigne que la mort est le lot commun de tous, et que seule la repentance ouvre l'accès au Royaume de Dieu.

Lecture
6 min
Références
6
Livres cités
2
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
27/08/2025
Mise à jour
16/02/2026
Personnages

Jésus · Ponce Pilate · pharisien · Galiléens · Flavius Josèphe

Lieux

Jérusalem · Galilée · Temple de Jérusalem · Siloé · maison d'un pharisien

Périodes

Fin novembre ou début décembre 32 · 3ème Pâque au début de la dernière semaine · Ministère de Jésus

Mots-clés

massacre des Galiléens · Pilate · repentance · Luc 13 · tour de Siloé · péricope · synopse · jugement divin · conversion · Galiléens

Notions

repentance · jugement divin · causalité souffrance-péché · grâce de Dieu · universalité de la mort · conversion personnelle · introspection spirituelle · argumentation lucanienne · profanation rituelle

Références bibliques

Luc 13.1-5 · Luc 13.2-3 · Luc 13.3 · Luc 13.5 · Jean 9.2-3

Résumé

La péricope PER229 traite d'un épisode rapporté uniquement par l'évangéliste Luc (Luc 13,1-5), dans lequel des personnes présentes lors d'un repas chez un pharisien à Jérusalem interpellent le Messie Jésus au sujet d'un événement tragique et controversé : le massacre de Galiléens par Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée. Cet incident se situe chronologiquement à la fin novembre ou au début décembre de l'an 32, dans le contexte du voyage de Jésus vers Jérusalem, un voyage que seul Luc mentionne dans son récit évangélique. Le contexte narratif est important : des gens du peuple, qui observaient depuis l'extérieur le repas se déroulant dans la cour intérieure de la maison du pharisien, selon les habitudes sociales de l'époque, parviennent à s'adresser à Jésus à l'issue du repas. Ils lui rapportent le massacre de Galiléens venus offrir des sacrifices au Temple de Jérusalem, dont le sang aurait été mêlé à celui des sacrifices rituels. Cette profanation, particulièrement choquante dans la sensibilité religieuse juive, illustre la brutalité de Pilate, documentée également par l'historien Flavius Josèphe dans ses écrits. Bien qu'il n'existe pas de récit historique indépendant précis de cet épisode spécifique, il s'inscrit parfaitement dans le portrait connu du gouverneur romain. Face à cette interpellation, Jésus refuse d'adopter la lecture théologique simpliste qui consisterait à voir dans ce massacre une punition divine pour des péchés particuliers commis par les victimes. Cette conception, répandue dans la pensée religieuse populaire juive de l'époque, établissait un lien de causalité directe entre la souffrance ou la mort et la faute personnelle. Jésus l'avait déjà refusée explicitement dans le cas de l'aveugle de naissance (Jean 9,2-3). Au lieu d'alimenter ce jugement sur les victimes, il retourne la question vers ses interlocuteurs et les appelle à la repentance personnelle. Pour renforcer son enseignement, Jésus cite un second exemple : la chute de la tour de Siloé, qui avait tué dix-huit personnes apparemment innocentes. Ces deux catastrophes, l'une politique et l'autre accidentelle, servent de support pédagogique pour démontrer une vérité fondamentale : la mort peut survenir pour n'importe qui, indépendamment de sa justice ou de ses péchés. Ce n'est pas le fait de mourir ou de survivre qui témoigne de la droiture d'une personne. Seule la grâce de Dieu permet à quelqu'un de continuer à vivre. Le message central de ce passage repose sur deux affirmations répétées avec insistance aux versets 3 et 5 : 'Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également.' La mort est présentée comme le dénominateur commun de toute l'humanité. Ce qui différencie les hommes n'est pas leur exposition aux catastrophes, mais leur réponse spirituelle face à cette réalité universelle. La repentance, le changement de vie et l'orientation vers Dieu sont présentés comme la seule voie d'entrée dans le Royaume. L'article souligne également la méthode narrative de Luc dans les chapitres 13 à 19 de son évangile : il ne suit pas une stricte chronologie des événements, mais construit une argumentation théologique cohérente et structurée. Cette péricope s'inscrit dans cette logique, faisant suite aux péricopes PER224 et PER225 qui décrivaient l'évolution de la stratégie des pharisiens contre Jésus, tout en maintenant leur objectif final : sa mort. Les tensions au sein du Sanhédrin et les divergences d'opinions parmi les autorités religieuses constituent le contexte politique et religieux dans lequel se déroule cet enseignement. Sur le plan théologique et spirituel, ce passage invite le lecteur à abandonner toute vision simpliste qui réduirait les malheurs à des punitions divines. Il appelle à une introspection honnête : plutôt que de chercher des coupables parmi les victimes, il convient de se tourner vers sa propre vie, d'examiner sa relation à Dieu et d'agir sans tarder. L'urgence de la repentance et l'imminence de la mort pour tout être humain constituent un appel pressant à ne pas remettre à demain les décisions spirituelles essentielles.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 13.1-5 (Louis Segond S21)

A ce moment-là, quelques personnes qui se trouvaient là racontèrent à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mélangé le sang avec celui de leurs sacrifices.

Jésus leur répondit: «Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont subi un tel sort?

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d'attitude, vous périrez tous de même.

Ou bien ces 18 personnes sur qui la tour de Siloé est tombée et qu'elle a tuées, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem?

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d'attitude, vous périrez tous de même.»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Maison d'un pharisien à Jérusalem

Date : Fin novembre ou début décembre 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc est le seul à parler de ce voyage à Jérusalem

Région Jérusalem

Des gens du peuple, témoins de la scène du repas, parviendront à s'adresser au Messie Jésus.

Rappel du massacre des Galiléens par Pilate

Rappel du massacre des Galiléens par Pilate

Commentaires

Luc présente ici des récits qui ne suivent pas une chronologie formelle. Il propose une argumentation structurée selon une logique précise. Ce thème est développé dans le paragraphe intitulé : L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19. Il est pertinent de considérer l’objectif de Luc lors de l’étude de ces chapitres.

L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19

Nous avons vu dans les péricopes précédentes (PER224 et PER225), que les pharisiens ont évolués dans leur stratégie mais qu’ils gardent le même objectif, la mort du Messie Jésus. Ce phénomène illustre les divergences d’opinions au sein du Sanhédrin.

Des gens se sont rassemblés devant la maison du pharisien ce qui correspond bien aux habitudes de l’époque. Le peuple pouvait observer les notables manger dans la cour intérieure de leurs maisons et apprécier la qualité des invités.

Surement à la fin du repas ces gens interpellent le Messie Jésus au sujet d’un événement tragique qu’ils considèrent comme injuste. Il est question d’un massacre perpétré par Pilate, le gouverneur romain.

Des Galiléens venus offrir des sacrifices au Temple ont été tués. Leur sang a été mêlé à celui des sacrifices, ce qui est une profanation extrême dans la pensée juive. Il n’existe pas de récit historique précis de cet événement, mais il reste cohérent avec le caractère brutal de Pilate, connu pour sa répression violente selon les informations de Flavius Josèphe.

Le Messie Jésus utilise ce fait tragique pour détourner l’attention du jugement sur les victimes et appeler à une conversion personnelle :

Luc 13.2-3 (Louis Segond S21) :
Jésus leur répondit: «Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont subi un tel sort?Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d'attitude, vous périrez tous de même.

Il refuse l’idée que les malheurs sont toujours le fruit d’un péché personnel (Jean 9.2), et appelle à une introspection spirituelle.

Le Messie Jésus enseigna aux foules que les calamités peuvent arriver à quiconque, car toutes sont humaines. Le Messie Jésus cita deux exemples communs de destruction. Le premier concernait certains Galiléens qui avaient été mis à mort par Pilate alors qu’ils offraient des sacrifices. Le second concernait dix-huit passants apparemment innocents sur qui était tombée la tour de Siloé.

Le Messie Jésus montrait par là qu’être tué ou non ne déterminait pas si on était juste ou non. N’importe qui peut se faire tuer. Seule la grâce de Dieu permet à quelqu’un de vivre. Ce point est souligné aux versets de Luc 13.3 et Luc 13.5 qui précisent : « mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. La mort est le dénominateur commun pour tous. Seule la repentance donne la vie au moment où les gens se préparent à entrer dans le royaume.

Ce texte nous pousse à abandonner une vision simpliste du malheur comme punition divine (Jean 9.2-3). Il nous invite à l’introspection : au lieu de chercher des coupables, le Messie Jésus nous appelle à nous tourner vers Dieu, à changer de vie, à ne pas remettre à demain ce qui peut être fait aujourd’hui.

Lexique
L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19
L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19 de son évangile est loin d’être une simple compilation de faits : elle suit une progression cohérente, à la fois théologique et narrative, centrée sur l’appel à la conversion, la critique des faux semblants religieux, et la marche résolue vers Jérusalem. Luc rapporte deux événements tragiques (le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement de la tour de Siloé) pour souligner que tous doivent se repentir, car le jugement est universel. INF152
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Le réservoir de Siloé
Le réservoir de Siloé, également appelé la piscine de Siloé, est un site historique et biblique important situé à Jérusalem. Origine et Construction : La piscine de Siloé date de l'époque du roi Ézéchias (VIIIe siècle avant J.-C.). INF109
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per229-rappel-du-massacre-des-galileens-par-pilate/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.