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Le bon samaritain

Certains, au sein de la classe dirigeante, s’interrogeaient et effectuaient le déplacement afin d’interroger le Maître....

En bref

La péricope PER222 présente la parabole du bon Samaritain (Luc 10.25-37), racontée par Jésus en réponse à un docteur de la Loi voulant le piéger. Située à Béthanie au-delà du Jourdain en novembre 32, cette parabole enseigne que le vrai 'prochain' n'est pas défini par la religion ou la culture, mais par l'acte de miséricorde. Le Samaritain méprisé devient le modèle de compassion, figure symbolique du Messie lui-même venant au secours de l'humanité blessée.

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11 min
Références
10
Livres cités
3
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
14/08/2025
Mise à jour
15/02/2026
Personnages

Jésus · docteur de la Loi · le Samaritain · le prêtre · le lévite · l'homme blessé · l'aubergiste · Ponce Pilate · Caïphe

Lieux

Béthanie au-delà du Jourdain · Jérusalem · Jéricho · Pérée

Périodes

Novembre 32 · De la 3ème Pâque au début de la dernière semaine · Ministère de Jésus

Mots-clés

bon Samaritain · parabole · prochain · miséricorde · compassion · docteur de la Loi · Luc · vie éternelle · amour du prochain · Jésus

Notions

amour du prochain · miséricorde · compassion · vie éternelle · dialogue rabbinique · renversement des attentes · symbolisme sacramentel · justification par les œuvres · Loi mosaïque · double commandement de l'amour

Références bibliques

Luc 10.25-37 · Luc 10.25 · Luc 10.26 · Luc 10.28 · Luc 10.29 · Matthieu 19.16-22 · Luc 18.18-23 · Jean 3.1-15

Résumé

La péricope PER222 traite de la célèbre parabole du bon Samaritain, rapportée uniquement par l'évangéliste Luc (Luc 10.25-37), situant cet épisode à Béthanie au-delà du Jourdain, en novembre de l'an 32. À ce moment du ministère de Jésus, lui et ses disciples se sont repliés dans ce lieu sécurisé, à environ une journée de marche de Jérusalem, hors de la juridiction de Ponce Pilate et du Souverain sacrificateur Caïphe. Malgré cet éloignement, des membres de la classe dirigeante effectuaient le déplacement pour l'interroger, parcourant près de 30 km depuis Jérusalem. L'épisode s'ouvre sur l'arrivée d'un docteur de la Loi qui interpelle Jésus en l'appelant 'didaskalos', terme grec signifiant enseignant ou instructeur, titre de respect habituellement réservé aux rabbins reconnus pour leur autorité dans l'interprétation de la Loi. Toutefois, Luc précise dès le départ que cette démarche n'est pas sincère : le spécialiste de la Loi pose sa question pour éprouver Jésus, cherchant à le tester ou à le piéger plutôt qu'à apprendre véritablement. Cette tension entre le respect apparent et l'intention cachée confère une profondeur dramatique à l'échange. Face à la question sur la vie éternelle, Jésus adopte la méthode du dialogue rabbinique en renvoyant son interlocuteur à sa propre expertise : 'Qu'est-il écrit dans la Loi ?' Ce renversement illustre la maîtrise de Jésus dans l'art de la discussion théologique, refusant d'être enfermé dans un rôle passif. Le docteur de la Loi répond correctement en citant le double commandement de l'amour de Dieu et du prochain, et Jésus valide sa réponse. Le récit aurait pu s'arrêter là, mais le docteur, voulant se justifier et ne pas paraître comme un simple élève du Maître, pose une seconde question : 'Qui est mon prochain ?' C'est cette tentative de justification qui donne naissance à l'une des paraboles les plus puissantes de l'Évangile. Jésus raconte l'histoire d'un homme qui descend de Jérusalem à Jéricho et tombe entre les mains de brigands qui le dépouillent, le blessent et le laissent à demi-mort. Un prêtre passe, puis un lévite, tous deux figures religieuses respectées de la société juive, mais ils évitent l'homme blessé et poursuivent leur chemin. C'est un Samaritain, peuple considéré comme hérétique et profondément méprisé par les Juifs, qui s'arrête, prend soin de l'homme, nettoie ses blessures avec de l'huile et du vin, le transporte dans une auberge et prend en charge ses frais de soin en promettant de revenir. Jésus renverse ainsi radicalement les attentes culturelles et religieuses de son auditoire : le 'prochain' n'est pas défini par la proximité ethnique, culturelle ou religieuse, mais par l'acte de miséricorde et de compassion concret envers celui qui est dans le besoin. Le cœur du message est une invitation à agir avec bonté, indépendamment des frontières sociales ou religieuses. L'article souligne également la richesse symbolique et théologique de cette parabole. Le Samaritain est fréquemment interprété comme une figure du Messie Jésus lui-même, venant au secours d'une humanité blessée et abandonnée. L'huile et le vin utilisés pour soigner les blessures évoquent les sacrements et la guérison spirituelle. L'auberge dans laquelle l'homme est déposé peut représenter l'Église, lieu de soin, de refuge et de restauration. Ces interprétations allégoriques enrichissent la portée de la parabole bien au-delà de sa dimension morale immédiate. L'article renvoie également à l'étude détaillée de cette parabole référencée PAR023, ainsi qu'aux annexes ANN078 sur les paraboles et ANN072 sur les miracles du Messie Jésus. Il met en lumière les parallèles avec d'autres passages évangéliques où la question de la vie éternelle est abordée, notamment en Matthieu 19.16-22, Luc 18.18-23 et Jean 3.1-15, montrant que cette thématique est centrale dans le ministère de Jésus. En conclusion, la péricope PER222 offre une étude approfondie du contexte historique, géographique et théologique de la parabole du bon Samaritain, mettant en évidence la manière dont Jésus utilise le dialogue et le récit pour transformer une tentative de piège en un enseignement universel sur l'amour du prochain, la miséricorde et la compassion sans frontières.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 10.25-37 (Louis Segond S21)

Un professeur de la loi se leva et dit à Jésus pour le mettre à l'épreuve: «Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle?»Note10.27 Tu aimeras… force: citation de Deutéronome 6.5. Ton prochain comme toi-même: citation de Lévitique 19.18.

Jésus lui dit: «Qu'est-il écrit dans la loi? Qu'y lis-tu?»

Il répondit: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même.»

«Tu as bien répondu, lui dit Jésus. Fais cela et tu vivras.»

Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: «Et qui est mon prochain?»

Jésus reprit la parole et dit: «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent en le laissant à moitié mort.

Un prêtre qui, par hasard, descendait par le même chemin vit cet homme et passa à distance.

De même aussi un Lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa à distance.

Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui et fut rempli de compassion lorsqu'il le vit.

Il s'approcha et banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.

Le lendemain, [à son départ,] il sortit deux pièces d'argent, les donna à l'aubergiste et dit: ‘Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le rendrai à mon retour.’

Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?»

«C'est celui qui a agi avec bonté envers lui», répondit le professeur de la loi. Jésus lui dit [donc]: «Va agir de la même manière, toi aussi.»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Béthanie, située au-delà du Jourdain.

Date : novembre 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc est le seul à parler de cette période.

Carte Béthanie au delà du Jourdain

Les pharisiens savaient où le Messie Jésus et ses disciples s’étaient réfugiés. Quelques-uns se rendirent sur place pour l’interroger.

Le bon samaritain

Le bon samaritain

Contexte

Nous savons que le Messie Jésus et ses disciples se sont repliés à Béthanie au-delà du Jourdain. C’est un endroit sécurisé et toute intervention agressive serait vite remarquée dans cette hypothèse le groupe passerait rapidement en Pérée, sur la rive orientale du Jourdain en dehors de la juridiction de Ponce Pilate et du Souverain sacrificateur Caïphe.

Cependant nous pensons que des groupes réduit de personnes ont repris contact avec le Messie Jésus. Certains, au sein de la classe dirigeante, s’interrogeaient et effectuaient le déplacement afin d’interroger le Maître.

Dans ces conditions ce passage se déroulerait donc à Béthanie au-delà du Jourdain, à une journée de marche de Jérusalem. Nous devons donc admettre que ce docteur de la loi et ses amis ont parcourus environ 30 km pour interroger le Maître.

Ce docteur de la loi n’apparait pas aussi sincère que nous aurions pu l’espérer. En effet Luc 10.25 précise qu’il posait sa question pour éprouver le Messie Jésus pourtant il l’appelle, « maître ».

Ce mot grec utilisé ici est "didaskalos", qui signifie littéralement enseignant ou instructeur.

C’est un titre de respect, souvent donné aux rabbins ou aux figures religieuses reconnues pour leur autorité dans l’interprétation de la Loi.

En l’utilisant, le docteur de la loi reconnaît le Messie Jésus comme un interlocuteur compétent dans les affaires spirituelles et juridiques, même s’il le fait dans un contexte de mise à l’épreuve.

Luc 10.25 (Louis Segond S21) :
Un professeur de la loi se leva et dit à Jésus pour le mettre à l'épreuve: «Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle?»Note10.27 Tu aimeras… force: citation de Deutéronome 6.5. Ton prochain comme toi-même: citation de Lévitique 19.18.

demande le spécialiste de la loi.

Luc précise que cette question est posée pour l’éprouver, ce qui suggère une intention de tester ou piéger le Messie Jésus plutôt qu’un réel désir d’apprendre.

Ce contraste entre le respect apparent du titre et l’intention cachée donne une tension dramatique à l’échange.

Le Messie Jésus retourne la question et plutôt que de répondre directement, le Messie Jésus renvoie le docteur à sa propre expertise :

Luc 10.26 (Louis Segond S21) :
Jésus lui dit: «Qu'est-il écrit dans la loi? Qu'y lis-tu?»

Ce renversement montre que le Messie Jésus ne se laisse pas enfermer dans un rôle passif de maître, mais qu’il maîtrise l’art du dialogue rabbinique, souvent basé sur des questions-réponses.

Cette question sur la vie éternelle revient à différents moments dans les Evangiles comme : Matthieu 19.16-22, Luc 18.18-23, Jean 3.1-15.

Le récit aurait pu s’achever en Luc 10.28 mais l’homme tente de se justifier il ne veut pas paraitre comme un élève enseigné par le Maître (Luc 10.29).

D’ailleurs, heureusement qu’il a tenté de se justifier car ainsi nous possédons cette magnifique parabole du bon samaritain.

C’est l’un des enseignements les plus puissants du Messie Jésus sur la compassion, la miséricorde et l’amour du prochain.

Contexte

Le Messie Jésus répond à un docteur de la Loi qui lui demande : « Qui est mon prochain ? » Plutôt que de donner une définition, le Messie Jésus raconte une histoire pour illustrer ce que signifie être le prochain de quelqu’un.

Vous pouvez consulter l'étude détaillée de cette parabole : PAR023 : Le bon samaritain

Le cœur du message

Le prêtre et le lévite, figures religieuses respectées, voient l’homme blessé mais passent leur chemin.

Le Samaritain, considéré comme hérétique et méprisé par les Juifs, est celui qui agit avec compassion.

Il soigne l’homme, le transporte, paie pour ses soins et promet de revenir.

Le Messie Jésus renverse les attentes : le “prochain” n’est pas celui qui est proche de nous par la religion ou la culture, mais celui qui agit avec bonté et miséricorde.

Symbolisme et interprétations

Le Samaritain est souvent vu comme une figure du Messie Jésus lui-même, qui vient au secours de l’humanité blessée. L’huile et le vin symbolisent les sacrements, la guérison spirituelle. L’auberge peut représenter l’Eglise, lieu de soin et de refuge.

L’appel final

Le Messie Jésus conclut avec une injonction directe :

Luc 10.37 (Louis Segond S21) :
«C'est celui qui a agi avec bonté envers lui», répondit le professeur de la loi. Jésus lui dit [donc]: «Va agir de la même manière, toi aussi.»

C’est une invitation à agir, pas seulement à croire ou à prier. La foi se vit dans les gestes concrets envers ceux qui souffrent.

La réaction du docteur de la loi reste inconnue ; alors qu'il tentait de mettre le Maître à l’épreuve, il s’est retrouvé confronté à une demande exigeante qui le place dans une position délicate. Il est suggéré d’agir avec discernement dans des situations similaires.

D’après nos analyses, une partie du Sanhédrin considérait Jésus comme une figure remettant en cause leur statut et leur position sociale. Toutefois, au sein de ce groupe, comme déjà mentionné (PER213), certains membres s’interrogeaient à son sujet et étaient sensibles à ses propos. L’influence du sadducéen Caïphe, le Souverain Sacrificateur responsable du Sanhédrin, limitait les débats contradictoires, réduisant la possibilité d’exprimer des opinions divergentes. La situation de Nicodème semble ainsi complexe.

Il a été établi qu’après leur tentative d’incitation à l’assassinat du Messie Jésus à Jérusalem (PER219), les pharisiens ont modifié leur stratégie et cherchent désormais à recourir à des voies légales pour obtenir la condamnation du Maître.

Il est donc plausible que ce pharisien ait été envoyé par le sanhédrin dans le but de recueillir des éléments à charge contre le Messie Jésus, en vue d’un éventuel procès devant cette instance religieuse. Il est possible aussi que cet homme se posait des questions personnelles concernant le Messie Jésus, ce qui pourrait avoir fait de cette conversation un moment instructif.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les informations de Luc 10.38-42
Ce passage de Luc 10.38–42 met en lumière deux attitudes face à la présence de Jésus : celle de Marthe, active et préoccupée par le service, et celle de Marie, attentive et centrée sur l’écoute du Maître. Marthe représente l’engagement dans les tâches concrètes, le souci de bien faire, mais aussi la tentation de se laisser submerger par l’agitation et les responsabilités. INF143
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Sadducéens
Les Sadducéens étaient un groupe aristocratique et sacerdotal du judaïsme antique (200 av. J.-C. – 70 ap. J.-C.), contrôlant le Temple de Jérusalem et le Sanhédrin. Ils acceptaient uniquement le Pentateuque, niaient la résurrection des morts et l'existence des anges. Présents quinze fois dans le Nouveau Testament, ils jouèrent un rôle clé dans la condamnation de Jésus, notamment à travers Caïphe et Anne. Leur disparition coïncide avec la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF001
Les Samaritains
Les Samaritains étaient une communauté religieuse et ethnique distincte vivant en Samarie, une région située entre la Galilée et la Judée. Leur relation avec les Juifs au temps de Jésus était complexe et souvent marquée par des tensions. INF107
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per222-le-bon-samaritain/, exportée le 30/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.