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Guérison de la fille de la femme syro-phénicienne

Cet article examine la guérison de la fille de la femme syro-phénicienne, soulignant l'ouverture du message de Jésus aux Gentils. À partir des Évangiles de Matthieu et Marc, il met en relief la foi humaine au-delà des frontières ethniques et culturelles. La narrative met en lumière la mission prioritaire de Jésus envers Israël, tout en reconnaissant la démonstration de foi des non-Juifs.

11 min guérison Jésus syro-phénicienne matthieu marc 11 versets 3 livres

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 15.21-28 (Louis Segond S21)

Jésus partit de là et se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon.

Alors une qui venait de cette région lui cria: «Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon.»

Il ne lui répondit pas un mot; ses disciples s'approchèrent et lui demandèrent: «Renvoie-la, car elle crie derrière nous.»

Il répondit: «Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la communauté d'Israël.»

Mais elle vint se prosterner devant lui et dit: «Seigneur, secours-moi!»

Il répondit: «Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.»

«Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.»

Alors Jésus lui dit: «Femme, ta foi est grande. Sois traitée conformément à ton désir.» A partir de ce moment, sa fille fut guérie.

Marc
Marc 7.24-30 (Louis Segond S21)

Jésus partit de là et s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sache, mais il ne put rester caché,

car une femme dont la fillette avait un esprit impur entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds.

Cette femme était une non-Juive d'origine syro-phénicienne. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit:

«Laisse d'abord les enfants se rassasier, car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.»

«Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.»

Alors il lui dit: «A cause de cette parole, tu peux t'en aller: le démon est sorti de ta fille.»

Et quand elle rentra chez elle, elle trouva l'enfant couchée sur le lit: le démon était sorti.

Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Lieu : Territoire de Tyr et de Sidon

Date : Juillet 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Marc

Note sur le mode opératoire : Marc reprend les propos de Matthieu

Année 32

Le Messie Jésus et ses disciples prennent la décision de quitter la région de Galilée.

Guérison de la fille de la femme syro-phénicienne

Syro phénicienne

Examinons maintenant les textes en détail

Marc et Matthieu rapportent que le Messie Jésus, accompagné de ses disciples, a quitté la Galilée pour se rendre en Phénicie, au nord du territoire israélien. Les motifs de ce déplacement ne sont pas précisés. Cependant, le Messie Jésus a indiqué à une femme demandant la guérison de sa fille : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la communauté d’Israël ». Cette déclaration rend difficilement compréhensible ce voyage en dehors d'Israël. Il est possible que la présence des ait constitué une menace, incitant le Messie Jésus à s'éloigner temporairement. Marc souligne également que le Messie Jésus a cherché refuge dans une maison afin de se dissimuler. Cependant, sa réputation l'avait précédé, et les habitants locaux ont rapidement discerné son identité.

Est-il possible de comparer la rencontre avec la femme syro-phénicienne à celle avec la mentionnée dans Jean 4.1-42 , où il est écrit qu'il devait traverser la Samarie ( Jean 4.4 ) ? Il est envisageable que cette rencontre avec la femme était également nécessaire.

 

Examinons maintenant les textes en détail

Les texte de Matthieu 15.21-28 et de Marc 7.24-30 relatent le même événement : la rencontre entre Jésus et une femme syro-phénicienne (ou cananéenne). Ces passages mettent en lumière l’ouverture du message du Messie Jésus aux non-Juifs, tout en soulignant certains éléments théologiques et culturels. Voici une analyse et une comparaison détaillées :

 

Analyse de Matthieu 15.21-28

Dans ce passage, le Messie Jésus se retire dans la région de Tyr et Sidon, une zone habitée par des non-Juifs. Une vient à sa rencontre, implorant la guérison de sa fille possédée par un démon. Le Messie Jésus reste d’abord silencieux, ce qui pousse les disciples à lui demander de la renvoyer. Lorsqu’il lui répond, il affirme qu’il est envoyé aux brebis perdues d’Israël, suggérant que sa mission est prioritairement destinée aux Juifs.

La femme persiste et s’agenouille devant lui, suppliant encore son aide. Le Messie Jésus lui répond par une phrase apparemment dure : « Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. » Elle rétorque avec humilité que les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres, ce qui marque son acceptation d’un salut étendu aux nations. Impressionné par sa foi, le Messie Jésus guérit immédiatement sa fille.

 

Analyse de Marc 7.24-30

Marc reprend le même récit, mais avec des différences notables. Le Messie Jésus entre dans une maison et cherche à garder son séjour discret, mais la femme syro-phénicienne le trouve et implore son aide. Contrairement à Matthieu, Marc ne mentionne pas les disciples intervenant dans la scène.

La et celle de la femme sont similaires à celles de Matthieu. Cependant, Marc est moins détaillé sur l’échange et les émotions de la femme. Le Messie Jésus reconnaît rapidement sa foi et lui annonce la guérison de sa fille. Le récit de Marc est donc plus concis et centré sur l’effet immédiat du miracle.

 

Comparaison entre Matthieu 15.21-28 et Marc 7.24-30

Destinataires et perspective théologique :

Matthieu écrit pour un public juif, donc il insiste sur le rôle initial de Jésus auprès d’Israël et sur l’extension du salut aux nations après une démonstration de foi.

Marc s’adresse à un public plus large, probablement non-juif, et il met moins l’accent sur l’aspect progressif du salut.

Rôle des disciples :

Dans Matthieu, les disciples jouent un rôle actif en demandant à Jésus de renvoyer la femme, ce qui intensifie la tension dramatique du récit.

Dans Marc, ils sont absents, ce qui recentre l’interaction sur Jésus et la femme.

Structure et style :

Matthieu est plus narratif et dramatique : le dialogue est plus long, avec plusieurs interactions avant que Jésus ne reconnaisse la foi de la femme.

Marc est plus bref et factuel : il réduit le dialogue et la scène est plus directe.

Ton et impact émotionnel :

Matthieu met en avant la persistance et l’humilité de la femme.

Marc met davantage l’accent sur l’efficacité immédiate du miracle.

 

Conclusion

Les deux récits illustrent un moment crucial où le Messie Jésus manifeste l’ouverture de son salut au-delà d’Israël. Matthieu met l’accent sur le processus de reconnaissance de la foi, tandis que Marc présente une version plus rapide et pragmatique du miracle. Cette différence de perspective reflète leurs objectifs rédactionnels : Matthieu veut montrer la progression du message christique, tandis que Marc cherche à souligner l’efficacité du pouvoir de Jésus. L’attitude du Messie Jésus envers cette femme semble rébarbative. Grâce à l'insistance et à la persévérance de sa mère, sa fille sera guérie de sa maladie selon Matthieu, tandis que Marc attribue cette maladie à un démon.

L’attitude du Messie Jésus, dans ce cas particulier, semble très exceptionnelle car habituellement, il encourageait les personnes et les incitait à la foi ( Jean 11.40 ). Cependant, le Messie Jésus connaissait la conviction de cette femme et a démontré que malgré les obstacles, sa foi demeurait inébranlable. En repoussant ses demandes, il a montré que rien ne pouvait entraver sa détermination. Ainsi, la foi de cette étrangère est devenue un exemple pour l'Eglise. Aucun obstacle ne devrait contrarier la foi.