SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
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Le sermon sur la montagne (6), le meurtre, l’offrande et le pardon

Matthieu évoque le rejet des traditions pharisaïques, le premier point abordé est le meurtre...

En bref

Sixième partie du Sermon sur la montagne (Mt 5.21-26), cette péricope examine l'enseignement de Jésus sur le meurtre, l'offrande et le pardon. Jésus approfondit le cinquième commandement en montrant que la colère et le mépris envers son frère sont spirituellement aussi graves que le meurtre lui-même. Il oppose la lettre de la loi pharisaïque à l'esprit originel de Dieu et affirme que seul le pardon sincère, et non l'offrande, rétablit une relation normale. L'avertissement est eschatologique : sans réconciliation, c'est la géhenne.

Lecture
7 min
Références
7
Livres cités
3
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
30/08/2024
Mise à jour
04/02/2026
Personnages

Jésus · Moïse · Pharisiens · Scribes

Lieux

Capharnaüm · Galilée · Jérusalem · Montagne des Béatitudes · Vallée de Hinnom (Géhenne)

Périodes

Ministère public de Jésus · Entre la 2ème et la 3ème fête de Pâque · Après le 5 avril 31 ap. J.-C.

Mots-clés

Sermon sur la montagne · meurtre · pardon · offrande · cinquième commandement · colère · géhenne · loi mosaïque · réconciliation · pharisiens (+ 2, voir l'index)

Notions

Lettre et esprit de la loi · Dépassement de la loi pharisaïque · Culpabilité morale intérieure · Réconciliation fraternelle · Eschatologie et jugement divin · Primauté du pardon sur l'offrande · Révélation christologique de la Torah · Géhenne comme lieu de damnation

Références bibliques

Matthieu 5.21-26 · Matthieu 5.20 · Matthieu 5.22 · Matthieu 5.21-48 · Exode 20.13 · Luc 18.9-14 · Luc 17.3-4

Résumé

Cette péricope (PER090) constitue la sixième partie d'une série consacrée au Sermon sur la montagne, l'un des discours les plus importants du ministère de Jésus. L'article s'appuie essentiellement sur l'Évangile de Matthieu (5.21-26), situé géographiquement sur un plateau en contrebas d'une montagne à proximité de Capharnaüm en Galilée, peu après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem, daté du 5 avril 31 de notre ère. Le contenu central de cette section du Sermon sur la montagne porte sur trois thèmes étroitement liés : le meurtre, l'offrande et le pardon. Jésus y reprend le cinquième commandement donné par Dieu à Moïse (Exode 20.13) pour en approfondir radicalement la portée spirituelle et morale. La méthode pédagogique de Jésus est caractéristique de sa démarche : il oppose systématiquement l'enseignement traditionnel des religieux juifs à sa propre révélation de la loi en tant que Fils de Dieu. La formule répétée 'On vous a enseigné ceci, mais moi je vous dis cela' marque une rupture profonde avec les interprétations pharisaïques et scribales de la Torah. Jésus ne remet pas en cause la condamnation du meurtre, mais il élargit considérablement la notion de culpabilité en montrant que l'origine du crime — la colère injustifiée, le mépris, l'insulte — est elle-même passible de jugement divin. Traiter son frère d'imbécile ou de fou, demeurer dans un état de mépris envers autrui, constitue une faute grave aux yeux de Dieu, équivalente dans sa dimension spirituelle à l'acte meurtrier lui-même. Cette mise sur un même plan du meurtre et du conflit fratricide représente une véritable révolution éthique et théologique. L'article souligne que les religieux juifs avaient progressivement éloigné leur interprétation de la loi de la pensée originelle de Dieu, en y ajoutant de nombreux préceptes humains. Jésus dévoile ici la volonté du Père et révèle un écart considérable — qualifié d'abîme — entre la lettre de la loi telle qu'elle était enseignée et l'esprit de la loi tel que Dieu l'avait conçu. Il ne s'agit pas d'une simple nuance, mais d'une différence fondamentale dans la compréhension de ce que Dieu attend de l'être humain. La dimension du pardon occupe une place centrale dans cet enseignement. Jésus montre clairement que l'offrande cultuelle ne rachète pas une situation de rupture fraternelle et que seul le pardon sincère permet le rétablissement d'une relation normale. Celui qui se présente devant Dieu avec une offrande tout en étant en conflit avec son frère doit d'abord se réconcilier avant de présenter son don. Cela illustre la primauté des relations humaines réconciliées sur les pratiques religieuses formelles. L'article précise également la dimension eschatologique de cet avertissement : celui qui ne rétablit pas une situation de paix avec son frère mérite la condamnation, voire la géhenne — terme grec translittérant l'hébreu 'vallée de Hinnom' (Ge-Hinnom), lieu associé dans la tradition juive à la damnation. Ce renvoi à Matthieu 5.20 rappelle que seule une justice surpassant celle des scribes et des pharisiens permet d'entrer dans le royaume des cieux. Luc, dans son Évangile, n'aborde pas ces thèmes dans ce contexte précis, car il s'adresse à un public de culture grecque non familiarisé avec la loi mosaïque. Il traite néanmoins de l'offrande (Luc 18.9-14) et du pardon (Luc 17.3-4) en d'autres passages, avec un développement adapté à son lectorat. En résumé, cette péricope présente une relecture christologique et eschatologique du commandement 'tu ne tueras pas', en élargissant la culpabilité morale à toutes les formes de mépris et de rupture fraternelle, tout en affirmant la nécessité absolue du pardon et de la réconciliation comme conditions d'une vie conforme à la volonté de Dieu.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu 5.21-26 (Louis Segond S21)

»Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens: ‘Tu ne commettras pas de meurtre; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’

Mais moi je vous dis: Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement; celui qui traite son frère d'imbécile mérite d'être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d'être puni par le feu de l'enfer.

Si donc tu présentes ton offrande vers l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,

laisse ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande.

Mets-toi rapidement d'accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice et que tu ne sois mis en prison.

Je te le dis en vérité, tu n'en sortiras pas avant d'avoir remboursé jusqu'au dernier centime.

Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Bargraphe année 31

Lieu : Sur le plateau en contrebas d’une montagne à proximité de Capernaüm en Galilée

Date : Après le pèlerinage de Pâque à Jérusalem le 5 avril 31

Mode opératoire : Nous continuons avec Matthieu.

Note sur le mode opératoire : Matthieu nous fournit un maximum d'informations, tandis que Luc résume ce discours de manière plus concise.

Capernaum

L'enseignement du Messie Jésus porte sur le meurtre, l'offrande et le pardon.

Le sermon sur la montagne, le meurtre, l’offrande et le pardon

Foule

Commentaires

Nous examinons le sermon sur la montagne, divisé en 23 sections.

Matthieu évoque le rejet des traditions pharisaïques dans le passage de Matthieu 5.21-48. Le premier point abordé est le meurtre, reprenant ainsi le cinquième commandement donné par Dieu à Moïse (Exode 20.13). Matthieu établit un lien entre le meurtre, les différends avec son frère, l'offrande et le pardon.

Bien que Luc évite ce thème dans ce récit, il aborde l'offrande (Luc 18.9-14) et le pardon (Luc 17.3-4) à d'autres moments de son Évangile, avec un développement différent.

Le Messie Jésus aborde plusieurs points importants et précise la différence entre l'enseignement des religieux et sa propre révélation de la loi en tant que Fils de Dieu. Il distingue ainsi la lettre de la loi et l'esprit de la loi. Il est important de souligner que les religieux juifs avaient ajouté de nombreux préceptes à la loi originelle, développant ainsi une interprétation de plus en plus éloignée de la pensée de Dieu.

Jésus dévoile donc la volonté du Père, révélant un écart considérable entre l'application enseignée par les religieux et l'esprit originel de la loi. À plusieurs reprises, le Messie Jésus dit : "On vous a enseigné ceci, mais moi je vous dis cela." La différence est considérable. Dans ce premier cas, Jésus rappelle que le meurtrier doit passer en jugement, mais il compare cette situation à un homme qui, sans raison, se met en colère contre son frère. Il montre que traiter son frère d'imbécile ou de fou entraînerait la même condamnation, à moins de se repentir et de rétablir une situation apaisée.

Le Messie Jésus ne remet pas en cause la condamnation du meurtre, mais il montre que l'origine de ce crime dans le cœur de l'homme est également sanctionnable. Il élargit son analyse pour l'appliquer à l'ensemble des hommes, y compris ceux qui ne passeront pas à l'acte. Ainsi, des actes qui paraissaient anodins aux yeux des Juifs revêtent une importance capitale devant Dieu. L'avertissement est clair : si la personne ne rétablit pas une situation normale, elle mérite la prison comme un criminel. Mettre sur le même plan un meurtre et un conflit avec son frère est une révolution. L'avertissement reste solennel.

Nous constatons que Matthieu n'évoque plus la prison, mais la géhenne ou l'enfer, reprenant ainsi la pensée développée en Matthieu 5.20 : « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ».

Le cœur de l'homme qui traite son frère de fou est rempli de sentiments qui l'éloignent inexorablement du royaume de Dieu. Jésus va encore plus loin en montrant que ce n'est pas un fossé, mais un abîme qui sépare l'interprétation de la loi par les religieux et la pensée de Dieu. Il est question ici non pas d'une réaction ponctuelle, mais d'un état dans lequel demeure la personne.

L'allusion à l'offrande montre bien que celle-ci ne rachète pas la situation et que seul le pardon rend possible le retour à une situation normale. Luc, s'adressant à des étrangers ignorant la loi mosaïque, ne juge pas utile de reprendre ce point. Le mot "enfer" traduit le terme "géhenne" employé par Matthieu 5.22, qui signifie "vallée de Hinnom", située au sud de Jérusalem, où l'on brûlait les déchets de la ville. Ce nom est devenu par extension synonyme de l'enfer.

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
La nature du cœur de l’homme
Cette question sur la nature du cœur de l’homme, touche à l’un des grands débats théologiques et anthropologiques de toute la tradition biblique : la nature du cœur humain. La parabole du semeur illustre cette tension entre réceptivité naturelle et transformation nécessaire. INF155
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Pour aller plus loin
Index de l'étude

Mots-clés : Sermon sur la montagne · meurtre · pardon · offrande · cinquième commandement · colère · géhenne · loi mosaïque · réconciliation · pharisiens · Matthieu 5 · esprit de la loi

Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per090-le-sermon-sur-la-montagne-6-le-meurtre-loffrande-et-le-pardon/, exportée le 26/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.