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Le zèle de Saul

Le zèle de Saul C'est une question particulièrement intéressante, car elle touche aux limites de ce que nous pouvons déduire historiquement du texte biblique. Il…

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Le zèle de Saul

C'est une question particulièrement intéressante, car elle touche aux limites de ce que nous pouvons déduire historiquement du texte biblique.

Il faut distinguer ce que nous savons avec certitude de ce qui relève d'hypothèses plausibles.

 

1- Un Saul animé d'un zèle exceptionnel

Les propres témoignages de Paul montrent qu'il était animé d'un zèle religieux hors du commun :

« J'étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères » ( Galates 1.14 ).

« Pour le zèle, persécuteur de l'Église » ( Philippiens 3.6 ).

« J'ai cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth » ( Actes des apôtres 26.9 ).

Saul n'était donc pas un simple exécutant. Il était convaincu de servir Dieu, ce qui correspond d'ailleurs à l'avertissement de Jésus :

« L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu » ( Jean 16.2 ).

Son comportement rappelle celui de Phinées, loué pour son zèle ( Nombres 25.7-13 ), ou encore celui du prophète Élie ( 1 Rois 19.10 ). Saul se considérait probablement comme un défenseur de la pureté d'Israël.

 

2- Saul a-t-il agi contre les principes de Gamaliel ?

La comparaison avec est frappante.

En Actes des apôtres 5.34-39 , recommande la prudence :

  • ne pas combattre précipitamment ce mouvement ;
  • attendre que Dieu lui-même manifeste son origine véritable ;
  • éviter de se trouver en guerre contre Dieu.

À première vue, Saul semble adopter l'attitude exactement inverse.

Cependant, plusieurs remarques s'imposent.

  1. Luc ne dit jamais que Saul désobéissait à Gamaliel

Le texte indique simplement que Saul avait été formé « aux pieds de » ( Actes des apôtres 22.3 ). Il ne nous renseigne pas sur leurs relations après cette période de formation.

était un maître respecté, mais ses disciples demeuraient libres de leurs décisions.

  1. Gamaliel n'était pas nécessairement favorable aux chrétiens

Le célèbre discours d' Actes des apôtres 5.34-39 est parfois interprété comme une preuve de sympathie envers les apôtres, mais ce n'est probablement pas le cas.

Il accepte tout de même :

  • leur arrestation ;
  • leur jugement ;
  • leur condamnation au fouet ( Actes des apôtres 5.40 ).

Son objectif semble surtout être d'éviter une erreur politique ou religieuse irréparable.

Il prône la prudence, non la tolérance.

  1. Gamaliel pouvait être plus sévère dans d'autres circonstances

C'est une hypothèse parfaitement envisageable.

Le discours d' Actes des apôtres 5.34-39 répond à une situation particulière :

  • les apôtres bénéficient d'un grand soutien populaire ;
  • plusieurs miracles sont rapportés ;
  • une répression brutale pourrait provoquer des troubles.

Quelques mois plus tard, après la mort d'Étienne, le contexte est différent :

  • la foule paraît plus hostile ;
  • l'indignation provoquée par le discours d'Étienne est immense ( Actes des apôtres 7.54-57 ) ;
  • les autorités peuvent penser que le moment est venu d'agir plus fermement.

Rien ne permet donc d'affirmer que s'opposa à la persécution déclenchée après la mort d'Étienne.

 

3- Une autre hypothèse : Saul dépassait son maître

Cette hypothèse me paraît la plus probable.

Dans le judaïsme du Ier siècle, les jeunes étaient souvent plus ardents que leurs anciens. , homme expérimenté, recommandait la retenue ; Saul, plus jeune et plus fougueux, voulait agir immédiatement.

Le contraste entre les deux hommes serait alors comparable à celui qui existe entre la modération de certains anciens et l'ardeur de jeunes disciples convaincus qu'il faut défendre la vérité sans compromis.

 

4- Peut-on imaginer que Gamaliel approuvait secrètement Saul ?

C'est possible, mais cela reste très conjectural.

Luc ne le suggère jamais, et l'absence totale de dans la suite du récit empêche d'aller plus loin.

 

Conclusion

Le zèle de Saul semble, à première vue, contraster avec la modération manifestée par son maître lors du procès des apôtres ( Actes des apôtres 5.34-39 ). Toutefois, rien ne permet d'affirmer que le célèbre pharisien était favorable au mouvement chrétien. Son intervention visait probablement davantage à éviter une décision irréfléchie qu'à défendre les disciples. Il n'est donc pas impossible que ait approuvé, ou du moins toléré, certaines mesures répressives. Cependant, les témoignages ultérieurs de Paul mettent surtout en évidence son propre zèle religieux excessif ( Galates 1.14 ), laissant penser qu'il fut avant tout l'artisan d'une persécution menée par conviction personnelle plus que par fidélité aux recommandations de son maître.