Le récit des dix plaies présente une situation apparemment paradoxale.
Dieu ordonne à Moïse de demander à Pharaon la libération des Israélites. Cependant, avant même que cette confrontation atteigne son intensité, il annonce que le souverain refusera d'obéir.
Dans Exode 4.21, Dieu déclare à Moïse qu'il endurcira le cœur de Pharaon et que celui-ci ne laissera pas partir le peuple.
Cette annonce est reprise dans Exode 7.3, où Dieu affirme qu'il endurcira le cœur du souverain et multipliera ses signes et ses prodiges en Égypte.
Pourtant, le récit attribue également à Pharaon la responsabilité de son refus.
À plusieurs reprises, le souverain constate les conséquences des jugements, demande leur cessation, puis revient sur ses engagements.
L'endurcissement apparaît donc sous deux aspects complémentaires.
D'une part, Pharaon manifeste une résistance personnelle à la volonté divine.
D'autre part, Dieu annonce qu'il conduira cette confrontation selon son dessein souverain.
La difficulté consiste à comprendre la relation entre ces deux affirmations.
Une lecture attentive du texte montre que le récit ne cherche pas à opposer la souveraineté divine à la responsabilité humaine.
Il présente plutôt les deux réalités comme participant à une même histoire, dans laquelle Dieu demeure souverain sans que Pharaon cesse d'être responsable de son opposition.