L’hypothèse ancienne situe généralement l’Exode vers 1446 av. J.-C.
Elle place les événements dans le contexte de la XVIIIe dynastie égyptienne.
Cette dynastie appartient au Nouvel Empire, période durant laquelle l’Égypte connaît une puissance politique et militaire considérable.
Plusieurs souverains ont été proposés pour identifier le Pharaon de l’oppression ou celui de l’Exode.
Les noms de Thoutmôsis III et d’Aménophis II apparaissent fréquemment dans les reconstructions fondées sur cette chronologie.
3.1. Thoutmôsis III
Thoutmôsis III règne approximativement de 1479 à 1425 av. J.-C., une partie de cette période correspondant à la corégence avec Hatchepsout.
Son règne est marqué par de nombreuses campagnes militaires et par l’expansion de l’influence égyptienne au Levant.
Dans certaines reconstructions, il est identifié comme le souverain qui aurait exercé l’oppression durant les années précédant l’Exode.
Cependant, cette identification dépend de plusieurs hypothèses concernant la naissance de Moïse, son séjour à la cour et la durée de son exil à Madian.
Aucun document égyptien connu ne permet d’établir directement que Thoutmôsis III serait le Pharaon mentionné dans le récit biblique.
3.2. Aménophis II
Aménophis II, également appelé Amenhotep II, règne approximativement de 1427 à 1401 av. J.-C., selon les chronologies couramment utilisées.
Dans plusieurs reconstructions de l’Exode au XVe siècle, il est proposé comme le Pharaon confronté à Moïse.
Cette hypothèse repose principalement sur la concordance recherchée entre la date de 1446 av. J.-C. et la chronologie de la XVIIIe dynastie.
Elle doit cependant tenir compte des incertitudes concernant les dates de règne, les éventuelles corégences et les différentes reconstructions de la chronologie égyptienne.
L’identification d’Aménophis II demeure donc une proposition historique, et non une donnée explicitement attestée.
3.3. Les arguments favorables
L’argument principal de cette hypothèse demeure l’indication de 1 Rois 6.1.
Elle permet de conserver une lecture chronologique relativement directe des 480 années.
Certains chercheurs rapprochent également cette datation d’autres indications bibliques, notamment le discours de Jephté, qui évoque une présence d’Israël dans certains territoires transjordaniens depuis trois cents ans (Juges 11.26).
Ce passage peut être utilisé pour construire une chronologie ancienne de l’installation d’Israël en Canaan.
Cependant, son interprétation dépend de la datation du ministère de Jephté et de la manière dont les différentes périodes du livre des Juges sont articulées.
Il constitue donc un indice complémentaire, mais non une preuve indépendante et décisive.
3.4. Les principales difficultés
L’hypothèse du XVe siècle doit répondre à plusieurs questions archéologiques et géographiques.
La première concerne l’identification des villes mentionnées dans Exode 1.11, notamment Ramsès.
La seconde concerne les données archéologiques relatives à la présence israélite en Canaan et aux villes associées à la conquête.
Les recherches archéologiques montrent que les situations locales sont complexes et que les destructions ou occupations des sites ne correspondent pas toujours facilement aux reconstructions chronologiques proposées.
Ces difficultés ne suffisent pas, à elles seules, à exclure une datation ancienne.
Elles montrent cependant que le calcul fondé sur 1 Rois 6.1 ne résout pas toutes les questions historiques.