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Peut-on dater l’épisode de Daniel 4 ?

Contrairement à plusieurs visions du livre de Daniel, Daniel 4 ne commence pas par une formule telle que « la première année », « la…

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1. Le texte ne donne aucune date

Contrairement à plusieurs visions du livre de Daniel, Daniel 4 ne commence pas par une formule telle que « la première année », « la troisième année » ou « la deuxième année du règne ».

Le seul intervalle chronologique explicite se trouve entre le rêve et son accomplissement :

douze mois.

Il est donc possible d’affirmer que le jugement survient un an après l’avertissement de Daniel.

Il est impossible, à partir du chapitre seul, de déterminer l’année civile correspondante.

2. L’épisode appartient vraisemblablement à une période avancée du règne

Le contexte fournit néanmoins un indice.

Nabuchodonosor apparaît comme un souverain solidement établi, prospère et contemplant la grandeur de Babylone comme l’accomplissement de son œuvre royale.

Cette situation convient mieux à une période avancée de son règne qu’à ses toutes premières années.

Nabuchodonosor régna de 605 à 562 av. J.-C.

Daniel 4 peut donc raisonnablement être situé après que ses grands programmes de construction eurent suffisamment transformé Babylone pour que la scène de Daniel 4.27-30 prenne tout son relief.

Cela ne permet toujours pas de fixer une année.

3. Les documents babyloniens ne fournissent pas la date manquante

Aucun document babylonien actuellement connu ne peut être identifié avec certitude comme le témoignage de l’incapacité racontée dans Daniel 4.

Il n’existe donc pas de tablette permettant d'écrire :

« l’épisode commença telle année et se termina telle année ».

Les périodes moins bien documentées du règne ne peuvent pas être automatiquement transformées en périodes de maladie.

Une lacune documentaire indique seulement que notre information est lacunaire.

4. La proposition 572-568 av. J.-C. pose un problème si elle désigne toute l’épreuve

Une chronologie situant Daniel 4 entre 572 et 568 av. J.-C. peut servir de fourchette hypothétique pour situer l’épisode dans la maturité du règne.

Elle ne peut cependant pas représenter une période de sept années.

Entre 572 et 568 av. J.-C., l’intervalle est d’environ quatre ans.

Il faut donc choisir entre deux présentations.

Soit 572-568 av. J.-C. demeure une simple fourchette approximative pour situer le chapitre, sans correspondre aux « sept temps ».

Soit les « sept temps » sont interprétés comme sept années réelles ; dans ce cas, cette fourchette doit être abandonnée ou modifiée.

Les deux propositions ne peuvent pas être utilisées simultanément comme si elles décrivaient la même durée.

5. L’âge de Daniel dépend entièrement de la date retenue

Si Daniel avait environ quatorze ans lors de sa déportation en 605 av. J.-C., il serait né vers 619 av. J.-C.

Il aurait donc approximativement :

  • 47 ans en 572 av. J.-C. ;
  • 51 ans en 568 av. J.-C. ;
  • 57 ans en 562 av. J.-C., à la mort de Nabuchodonosor.

Ces âges sont mathématiquement cohérents avec l’hypothèse de départ.

Ils ne constituent cependant pas des données bibliques indépendantes, puisque l’âge de quatorze ans en 605 av. J.-C. est lui-même une reconstruction.

Il faut donc éviter qu’une hypothèse serve ensuite à confirmer une autre hypothèse dérivée de la première.

6. Une datation à la fin du règne est-elle nécessaire ?

Non.

La grandeur de Babylone et l’activité monumentale de Nabuchodonosor peuvent orienter vers une période relativement avancée, mais rien n’oblige à placer l’événement dans les toutes dernières années de sa vie.

Le texte indique seulement qu’après sa restauration sa grandeur fut encore accrue.

Cette formulation suppose qu’une période de règne subsista après l’épreuve, mais elle ne permet pas d’en calculer la durée.

Il serait donc imprudent de placer l’épisode immédiatement avant 562 av. J.-C. uniquement à partir de cette phrase.

7. Quelle datation retenir dans l’étude ?

La solution la plus solide consiste à ne pas donner de date précise dans le corps principal.

La chronologie peut indiquer :

Daniel 4 : épisode non daté, probablement situé dans une période avancée du règne de Nabuchodonosor (605-562 av. J.-C.).

Une reconstruction plus précise peut ensuite être proposée dans un tableau chronologique, à condition d’être explicitement signalée comme hypothétique.

Si l’étude retient finalement l’interprétation des « sept temps » comme sept années, toute proposition de dates devra couvrir une période compatible avec ces sept années, en tenant également compte des douze mois séparant le rêve de l’accomplissement.

8. Conclusion chronologique

Daniel 4 ne permet pas de dater précisément l’humiliation de Nabuchodonosor.

Trois niveaux doivent être distingués :

Certain : Nabuchodonosor règne de 605 à 562 av. J.-C. et douze mois séparent le rêve de son accomplissement dans le récit.

Probable : l’épisode se situe dans une phase déjà avancée et prospère de son règne.

Hypothétique : toute année précise proposée pour le rêve, le début de l’incapacité ou la restauration.

En conséquence, 572-568 av. J.-C. ne devrait pas être conservé comme durée de l’épreuve si les « sept temps » sont interprétés comme sept années. Une chronologie académique gagne ici à reconnaître une date inconnue plutôt qu’à produire une précision que les sources ne permettent pas d’établir.