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Daniel 7 – Les quatre bêtes et le royaume du Fils de l’homme

Daniel 7 présente une vision prophétique avec quatre bêtes représentant des royaumes terrestres successifs : Babylone, Médo-Perse, Grèce et Rome. Chaque bête a des traits distincts qui soulignent leurs caractéristiques dominantes. La vision prophétise la montée et la chute de ces empires, mais montre finalement que le royaume éternel du Fils de l’homme surpassera tous les royaumes. Même devant de puissants ennemis, le jugement divin garantit la victoire ultime du bien sur le mal.

13 min Daniel quatre bêtes

En quelques mots

Daniel fait un rêve impressionnant.

Il voit une mer agitée.

Puis quatre animaux extraordinaires en sortent successivement :

un lion avec des ailes d'aigle ;

un ours ;

un léopard avec quatre ailes et quatre têtes ;

et enfin une quatrième bête terrifiante, impossible à comparer à un animal connu.

Ces animaux représentent des royaumes qui vont se succéder.

Mais Daniel voit ensuite quelque chose de beaucoup plus important.

Son regard quitte la terre et se tourne vers le ciel.

L'Ancien des jours siège pour juger.

Puis arrive « un comme un fils d'homme ».

Tous les royaumes humains disparaîtront un jour.

Mais le royaume donné au Fils de l'homme, lui, sera .

Le savais-tu ?

Daniel a probablement environ 66 ans

Daniel 7 ne se déroule pas après la fosse aux lions.

Le livre de Daniel n'est pas entièrement organisé dans l'ordre chronologique.

La vision se déroule pendant la première année de Belshatsar, probablement vers 553-552 av. J.-C.

Nous revenons donc avant la chute de Babylone racontée au chapitre 5.

Si Daniel avait environ 14 ans lors de sa déportation en 605 av. J.-C., il aurait approximativement 66 ans au moment de cette vision.

C'est une estimation, car la Bible ne donne pas son âge exact.

Le récit

Tout commence pendant la nuit.

Daniel voit la grande mer agitée par quatre vents.

Soudain, quatre animaux gigantesques sortent de l'eau.

Ils sont tous différents.

Ce ne sont pas simplement des monstres destinés à rendre le rêve impressionnant.

Le texte explique lui-même leur signification :

ils représentent des rois et des royaumes.

Dans la lecture retenue dans cette étude, ils correspondent à :

Babylone → Médo-Perse → Grèce → .

Cette succession ressemble beaucoup à celle de la statue de Daniel 2.

Mais cette fois, Dieu montre les empires d'une manière très différente.

Le lion - Babylone

La première bête ressemble à un lion.

Mais ce lion possède des ailes d'aigle.

Le lion évoque la puissance.

Les ailes peuvent évoquer la rapidité.

Cette première bête représente Babylone.

Puis quelque chose d'étrange se produit.

Ses ailes sont arrachées.

L'animal est redressé comme un homme et reçoit un .

Cela rappelle ce qui était arrivé à Nebucadnetsar dans Daniel 4.

Le roi avait été abaissé jusqu'à vivre comme une bête avant de retrouver la raison.

Daniel 7 ne dit pas explicitement qu'il s'agit de cet événement.

Mais le rapprochement est intéressant.

L'ours - La Médo-Perse

La deuxième bête ressemble à un ours.

Elle est dressée sur un côté et tient trois côtes dans sa gueule.

Dans la lecture suivie ici, cet ours représente l'Empire médo-perse.

Daniel 8 confirmera l'association entre les Mèdes et les Perses avec une autre image : celle d'un bélier possédant deux cornes.

L'une de ces cornes devient plus grande que l'autre.

De la même manière, l'ours de Daniel 7 est déséquilibré sur un côté.

Cela peut évoquer la place progressivement dominante de la Perse dans l'empire.

Mais que représentent les trois côtes ?

Plusieurs explications ont été proposées.

La Bible ne donne cependant pas leur signification précise.

Il vaut donc mieux ne pas transformer une hypothèse en certitude.

Le léopard - La Grèce

La troisième bête ressemble à un léopard.

Mais elle possède :

quatre ailes et quatre têtes.

Elle représente le monde grec.

Les quatre ailes donnent une impression de vitesse extraordinaire.

Cela correspond particulièrement bien aux conquêtes d'Alexandre le Grand.

En quelques années seulement, Alexandre renverse la puissance perse et construit un immense empire.

Mais il meurt en 323 av. J.-C.

Son empire ne reste pas uni.

Il est finalement partagé entre plusieurs puissances issues de ses généraux.

Les quatre têtes de la bête correspondent bien à cette fragmentation du monde grec.

Une quatrième bête terrifiante

Puis Daniel voit la quatrième bête.

Cette fois, il ne parvient même pas à la comparer à un animal connu.

Elle est :

terrible ;

puissante ;

équipée de grandes dents de fer.

Le fer rappelle immédiatement Daniel 2.

Dans la statue, le quatrième royaume était représenté par des jambes de fer.

Dans la lecture retenue dans cette étude, cette quatrième puissance représente .

Mais la vision ne s'arrête pas à la antique.

Daniel remarque quelque chose sur la tête de la bête :

dix cornes.

Les dix cornes

L'explication donnée à Daniel est claire :

les dix cornes représentent dix rois.

Ils appartiennent toujours au quatrième royaume.

Puis une nouvelle corne apparaît au milieu d'eux.

Au début, elle est petite.

Mais elle grandit.

Trois autres cornes sont arrachées devant elle.

Cette petite corne possède des yeux semblables à ceux d'un homme et une bouche qui prononce des paroles arrogantes.

Daniel comprend bientôt que cette puissance est particulièrement dangereuse.

Elle ne cherche pas seulement à dominer politiquement.

Elle s'oppose directement à Dieu.

La petite corne

La petite corne :

prononce des paroles contre le Très-Haut ;

persécute les saints ;

cherche à changer les temps et la loi.

Pendant un moment, elle semble même gagner.

Daniel la voit faire la guerre aux saints et l'emporter sur eux.

Mais il existe une limite que cette puissance ne peut pas franchir.

Dieu a fixé la durée de son pouvoir.

Trois ans et demi

Daniel parle d'une période appelée :

« un temps, des temps et la moitié d'un temps ».

Cela représente trois temps et demi.

L'Apocalypse reprend cette durée sous plusieurs formes :

3½ temps ;

42 mois ;

1 260 jours.

Avec des mois prophétiques de trente jours :

42 × 30 = 1 260 jours.

La puissance hostile semble donc extrêmement forte.

Mais elle n'est jamais souveraine.

Avant même qu'elle apparaisse, Dieu connaît déjà la limite de son règne.

Le savais-tu ?

Pourquoi 1 260 jours ?

Le livre de la Genèse fournit un exemple intéressant de mois comptés sur trente jours.

Dans le récit du Déluge, une période de cinq mois correspond à 150 jours.

Cela donne :

150 ÷ 5 = 30 jours par mois.

On retrouve cette manière de compter dans les périodes prophétiques de Daniel et de l'Apocalypse :

42 mois × 30 jours = 1 260 jours.

Cela ne signifie pas que toutes les années du calendrier biblique comptaient systématiquement 360 jours.

Il s'agit ici d'une manière schématique de calculer certaines périodes.

Est-ce l'Antéchrist ?

Daniel n'utilise jamais le mot « ».

Il faut le préciser.

Mais le Nouveau Testament décrit une puissance finale qui possède plusieurs caractéristiques très proches de celles de la petite corne.

Paul parle d'un homme qui s'élève contre Dieu.

L'Apocalypse décrit une bête :

avec dix cornes ;

qui prononce des blasphèmes ;

qui combat les saints ;

et dont l'autorité dure quarante-deux mois.

Les ressemblances avec Daniel 7 sont importantes.

Dans la lecture prophétique retenue dans cette étude, la petite corne trouve donc son accomplissement final dans celui que la théologie chrétienne appelle généralement l'.

Et Antiochos IV ?

Un autre personnage doit être mentionné : Antiochos IV Épiphane.

Ce roi grec du IIe siècle av. J.-C. persécuta durement les Juifs et intervint contre leur religion.

Il jouera un rôle important dans Daniel 8 et Daniel 11.

Pourrait-il être simplement la petite corne de Daniel 7 ?

Dans la lecture retenue ici, non.

La petite corne de Daniel 8 apparaît dans le contexte du royaume grec.

Mais celle de Daniel 7 apparaît sur la quatrième bête.

Antiochos constitue donc une sorte de préfiguration du souverain persécuteur final.

Il permet de comprendre certains aspects de cette figure sans constituer son accomplissement complet.

Puis Daniel regarde vers le ciel

Jusqu'ici, la vision semble inquiétante.

Les empires se succèdent.

Une puissance terrible apparaît.

Les saints sont persécutés.

Et cette puissance semble gagner.

Puis, soudain, Daniel ne regarde plus les bêtes.

Il regarde vers le ciel.

Des trônes sont installés.

L'Ancien des jours s'assoit.

Des milliers d'êtres se tiennent devant lui.

Les livres sont ouverts.

Le jugement commence.

La vision révèle alors quelque chose d'essentiel :

le véritable centre du pouvoir n'est pas sur la terre.

Les empires peuvent combattre.

Les rois peuvent conquérir.

La petite corne peut persécuter.

Mais aucun d'eux ne peut empêcher le tribunal céleste de rendre son jugement.

« Un comme un fils d'homme »

Daniel voit ensuite arriver :

« quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ».

Le contraste avec les bêtes est extraordinaire.

Les empires humains étaient représentés par des animaux sauvages.

Mais le royaume final est donné à une figure humaine.

Le Fils de l'homme s'avance vers l'Ancien des jours.

Il reçoit :

la domination ;

la gloire ;

le royaume.

Et tous les peuples le servent.

Mais surtout, son royaume possède une différence fondamentale avec tous ceux qui l'ont précédé :

il ne disparaîtra jamais.

Jésus et le Fils de l'homme

Des siècles plus tard, Jésus reprend directement les images de Daniel 7.

Il parle du :

« Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel ».

Et lors de son procès, Jésus annonce que ses accusateurs verront le Fils de l'homme à la droite de la puissance et venant sur les nuées.

Pour la lecture chrétienne, l'identification est donc fondamentale :

le Fils de l'homme de Daniel 7 trouve son accomplissement messianique en Jésus.

Celui que les hommes ont rejeté est celui auquel Dieu donne finalement le royaume .

Les saints reçoivent aussi le royaume

Daniel dit que le Fils de l'homme reçoit le royaume.

Mais un peu plus loin, il annonce également que :

« les saints du Très-Haut recevront le royaume ».

Est-ce contradictoire ?

Non.

Le Messie reçoit le royaume comme Roi.

Son peuple participe à son règne.

Le renversement est alors complet.

Auparavant, les saints étaient persécutés.

La petite corne semblait victorieuse.

Mais après le jugement, ceux qui étaient persécutés deviennent héritiers du royaume.

Daniel 2 et Daniel 7

Les deux grandes visions racontent donc la même histoire sous deux formes différentes.

Daniel 2 :

Babylone → Médo-Perse → Grèce → → phase divisée → royaume de Dieu.

Daniel 7 :

lion → ours → léopard → quatrième bête → dix cornes et petite corne → Fils de l'homme → royaume .

Daniel 7 ne remplace donc pas Daniel 2.

Il le complète.

La statue montrait surtout la succession des empires.

Les quatre bêtes révèlent davantage leur caractère et donnent de nouvelles informations sur la phase finale du quatrième royaume.

Peut-on identifier aujourd'hui les dix rois ?

C'est ici qu'il faut rester prudent.

Dans la lecture prophétique retenue dans cette étude, constitue le commencement historique du quatrième royaume, mais la prophétie va plus loin que la antique.

Une phase finale est représentée par les dix cornes.

C'est au milieu de cette configuration qu'apparaît la petite corne.

Mais Daniel ne donne aucun nom permettant d'identifier aujourd'hui avec certitude ces dix rois.

Il serait donc imprudent d'essayer de transformer chaque nouvelle alliance ou coalition politique en accomplissement certain de Daniel 7.

La prophétie donne des éléments permettant de reconnaître les événements lorsqu'ils s'accompliront.

Elle ne nous autorise pas à inventer ce qu'elle ne dit pas.

Et toi ?

Daniel 7 peut sembler très éloigné de ta vie quotidienne.

Des bêtes.

Des empires.

Des rois.

Des prophéties.

L'.

Pourtant, la question du chapitre est très actuelle :

où regardes-tu lorsque le monde devient inquiétant ?

Daniel commence par regarder la mer.

Il voit la violence.

Les bêtes.

Les royaumes qui se battent.

La persécution.

Mais s'il s'arrêtait là, la vision serait désespérante.

Alors Dieu lui montre autre chose.

Daniel regarde vers le ciel.

Et il découvre que les événements terrestres ne racontent pas toute l'histoire.

Il existe une autorité au-dessus des empires.

Le jugement aura lieu.

Le mal possède une limite.

Et le royaume final n'appartiendra pas aux bêtes.

Il appartiendra au Fils de l'homme.

À retenir

1. Daniel a probablement environ 66 ans lorsqu'il reçoit cette vision.Le récit nous ramène avant la chute de Babylone.

2. Les quatre bêtes représentent quatre royaumes.Dans la lecture retenue : Babylone, Médo-Perse, Grèce et .

3. Daniel 7 complète Daniel 2.Les quatre bêtes correspondent à la succession déjà représentée par la statue.

4. La quatrième bête possède dix cornes.Elles représentent dix rois appartenant à la phase finale du quatrième royaume.

5. Une petite corne apparaît.Elle s'oppose à Dieu et persécute les saints.

6. Son pouvoir est limité.Les 3½ temps correspondent à 42 mois ou 1 260 jours.

7. Dans la lecture retenue, la petite corne trouve son accomplissement final dans l'.Antiochos IV constitue une préfiguration importante, mais non son accomplissement complet.

8. Le tribunal céleste possède l'autorité finale.La puissance hostile ne peut échapper au jugement de Dieu.

9. Jésus reprend la figure du Fils de l'homme.Dans la lecture chrétienne, Daniel 7 annonce ainsi le règne messianique de Jésus.

10. Le royaume du Fils de l'homme est .Les empires passent ; son royaume demeure.

Pour aller plus loin

Cette version Ados présente les grandes lignes de Daniel 7.

La version pédagogique permet d'approfondir l'identification des quatre bêtes, la petite corne, les trois temps et demi, le tribunal céleste et le Fils de l'homme.

La version académique étudie en détail les quatre royaumes, les dix cornes, Antiochos IV, la figure de l', les 1 260 jours, les quarante-deux mois, les liens avec Daniel 2 et l'Apocalypse ainsi que la perspective prophétique d'Edward Denny.

Conclusion

Daniel 7 commence dans le chaos.

La mer est agitée.

Des bêtes en sortent.

Les empires se succèdent.

Une puissance hostile finit même par s'opposer directement à Dieu et persécuter ceux qui lui appartiennent.

Pendant un moment, elle semble gagner.

Mais ce n'est pas la fin de la vision.

Daniel lève les yeux.

L'Ancien des jours siège.

Les livres sont ouverts.

Le jugement commence.

Puis vient le Fils de l'homme.

Babylone a disparu.

La Médo-Perse a disparu.

La Grèce a disparu.

Les puissances humaines finissent toutes par passer.

Mais le Fils de l'homme reçoit un royaume qui ne sera jamais détruit.

Voilà pourquoi Daniel 7 n'est finalement pas un chapitre destiné à faire peur.

C'est un chapitre d'espérance.

Il ne raconte pas le triomphe définitif de l'.

Il annonce exactement le contraire :

le mal possède une limite ;

le jugement viendra ;

et le royaume du Fils de l'homme ne passera jamais.