Avant que les dix plaies ne frappent l’Égypte, le livre de l’Exode présente une confrontation décisive entre Moïse, envoyé par l’Éternel, et Pharaon, souverain d’un royaume où la fonction royale possède une dimension sacrée. Cette rencontre dépasse le cadre d’une négociation politique : elle pose la question fondamentale de la souveraineté. À qui appartient Israël ? Qui détient l’autorité suprême sur les hommes et sur les nations ? Le refus de Pharaon inaugure un conflit dans lequel Dieu révélera progressivement sa puissance, sa justice et sa fidélité à l’alliance conclue avec les patriarches.
Le récit des dix plaies d’Égypte ne commence pas par une catastrophe naturelle ni par une manifestation spectaculaire de puissance. Il commence par une parole adressée à un souverain : « Laisse aller mon peuple » (Exode 5.1).
Cette demande, apparemment simple, remet en question les fondements mêmes de l’autorité de Pharaon. Le roi d’Égypte exerce son pouvoir sur un peuple réduit à la servitude, tandis que l’Éternel affirme que ce peuple lui appartient et qu’il doit être libéré.
La confrontation entre Moïse et Pharaon constitue ainsi l’introduction théologique de l’ensemble du récit des plaies. Elle révèle la nature du conflit, les raisons de l’opposition du souverain égyptien et la signification des interventions divines qui vont suivre.
Pour comprendre cette confrontation, il convient d’examiner le contexte de l’oppression des Israélites, la conception égyptienne de la royauté, la portée de la parole divine, le premier signe accompli devant Pharaon et la question de l’endurcissement de son cœur.
L’étude de ces éléments permet de comprendre que les plaies ne sont pas présentées comme des événements arbitraires. Elles s’inscrivent dans le dessein de Dieu, qui entend délivrer son peuple, juger l’oppression et faire connaître son nom.