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La parabole du pharisien et du publicain

Ce texte de Luc 18.9–14 met en lumière le contraste entre la fausse justice fondée sur l’orgueil et la vraie justice fondée sur l’humilité...

En bref

L'article analyse la parabole dans Luc 18.9-14, où Jésus enseigne que la vraie justice devant Dieu est fondée sur l'humilité et non sur l'apparence ou l'orgueil spirituel, à travers les figures du pharisien et du publicain.

Lecture
11 min
Références
12
Livres cités
2
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
14/11/2025
Mise à jour
17/02/2026
Personnages

Jésus · pharisien · publicain

Lieux

route de Béthanie · temple

Périodes

décembre 32

Mots-clés

parabole · pharisien · publicain · justice · humilité

Notions

justice spirituelle

Références bibliques

Luc 18.9-14

Résumé

L'article 'La parabole du pharisien et du publicain' explore une parabole racontée par Luc dans son évangile (Luc 18.9-14). Cette parabole met en scène deux personnages antithétiques : un pharisien et un publicain, qui symbolisent respectivement une piété religieuse extérieure et un pécheur socialement méprisé. Par cette narration, Jésus enseigne sur la véritable justice devant Dieu, basée sur l'humilité plutôt que sur les apparences et l'orgueil spirituel. La parabole est située sur la route de Béthanie au-delà du Jourdain, avant la fête de la dédicace de décembre 32. Luc, le seul à relater cet enseignement, organise son évangile autour de thèmes théologiques plutôt que d'une chronologie stricte. Son intention est de mettre en avant le contraste entre une justice apparente et une réelle, démontrant que c'est l'attitude du cœur qui importe aux yeux de Dieu. Le public visé par cette parabole inclut ceux se croyant justes mais méprisant autrui, constituant une critique directe de leur orgueil spirituel.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 18.9-14 (Louis Segond S21)

Il dit encore cette parabole, à l'intention de certaines personnes qui étaient convaincues d'être justes et qui méprisaient les autres:

«Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était un pharisien, l'autre un collecteur d'impôts.

Le pharisien, debout, faisait cette prière en lui-même: ‘O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ou même comme ce collecteur d'impôts.

Je jeûne deux fois par semaine et je donne la dîme de tous mes revenus.’

Le collecteur d'impôts, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant: ‘O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur.’

Je vous le dis, lorsque ce dernier descendit chez lui, il était considéré comme juste, mais pas le pharisien. En effet, toute personne qui s'élève sera abaissée, et celle qui s'abaisse sera élevée.»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Sur la route de Béthanie au delà du Jourdain.

Date : Avant la fête de la dédicace du 15 décembre 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc seul note cet enseignement particulier

Voyage vers Béthanie

Luc raconte maintenant une parabole frappante par son réalisme, mettant en scène un pharisien et un publicain.

La parabole du pharisien et du publicain

Le pharisien et le publicain

Contexte et objectif de la parabole

Nous vous invitons à consulter les études suivantes sur les paraboles : PAR039 : Le pharisien et le publicain, et PAR000 : Les paraboles.

Le discours rapporté par Luc peut se situer à différents moments et en divers lieux, ce qui laisse entendre qu’aucune chronologie stricte n’est respectée dans sa narration. Il apparaît même très probable que Luc ait délibérément choisi ce point du récit pour regrouper plusieurs enseignements. Cette démarche lui permet non seulement d’omettre certains éléments contextuels afin de rendre son récit plus concis, mais aussi d’enrichir et de développer son argumentation sur le thème du royaume des cieux.

Ainsi, Luc présente des récits qui ne suivent pas nécessairement un ordre chronologique formel. Au contraire, il organise son propos selon une logique précise, structurée autour de ses objectifs théologiques. Ce principe d’organisation est approfondi dans le paragraphe intitulé « L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19 ». Il est donc essentiel, pour l’étude de ces chapitres, de prendre en compte l’intention de l’auteur dans la composition et la structuration de son évangile.

L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19
Paraboles dans Luc 14 à 19
La progression de l'argumentation de Luc dans Luc 17 1 2

Ce texte est donc une parabole selon les propos de Luc 18.9 mais son réalisme pourrait laisser croire à une description d’une scène observée au temple.

Notons que le pharisien ne ment pas il fait tous ces efforts afin de se conformer aux préceptes de sa religion. Il se compare, et cela nous rappelle l’aphorisme célèbre : « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console. » (Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, 1754‑1838). Elle exprime avec ironie le fait que notre propre jugement peut être sévère, mais qu’en se comparant aux autres, on relativise nos défauts.

Ce texte de Luc 18.9-14 met en lumière le contraste entre la fausse justice fondée sur l’orgueil et la vraie justice fondée sur l’humilité. Jésus y enseigne que c’est l’attitude du cœur, et non les apparences religieuses, qui justifie devant Dieu.

Contexte et objectif de la parabole

Destinataires : le Messie Jésus s’adresse à ceux qui se croient justes et méprisent les autres (Luc 18.9). C’est une critique directe de l’orgueil spirituel.

Lieu : Le temple, lieu de prière et de rencontre avec Dieu.

Personnages : Un pharisien, représentant la piété religieuse extérieure, et un collecteur d’impôts (publicain), symbole du pécheur méprisé.

Analyse des deux prières

Le pharisien (Luc 18.11-12)

Posture : Debout, sûr de lui.

Contenu : Il remercie Dieu… mais pour sa propre supériorité morale.

Tonalité : Autojustification, mépris des autres.

Actes religieux : Jeûne et dîme, au-delà des prescriptions de la Loi.

Problème : Il ne demande rien à Dieu. Il ne reconnaît aucun besoin spirituel.

Le collecteur d’impôts (Luc 18.13)

Posture : À distance, tête baissée, se frappant la poitrine.

Contenu : Une prière courte, intense, pleine de repentir.

Tonalité : Humilité, conscience du péché.

Demande : La miséricorde divine, sans justification personnelle.

Le renversement final (Luc 18.14)

Le Messie Jésus conclut par une inversion radicale des attentes : le publicain, méprisé, est justifié devant Dieu. Le pharisien, admiré, ne l’est pas.

Principe théologique : « Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »

Ce principe est récurrent dans l’Evangile de Luc (cf. Luc 14.11) et reflète la logique du Royaume de Dieu : Dieu élève les humbles et abaisse les orgueilleux.

Liens avec d’autres textes

Luc 15.1-32 : Les paraboles du fils prodigue et de la brebis perdue montrent aussi la miséricorde envers les pécheurs repentants.

Luc 7.36-50 : La femme pécheresse qui pleure aux pieds de Jésus est pardonnée pour son amour et sa foi.

Luc 5.32 : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance. »

Enjeux spirituels

La prière comme lieu de vérité : Ce texte montre que la prière authentique naît de la reconnaissance de notre besoin de Dieu.

La justification par la grâce : Ce n’est pas la performance religieuse qui sauve, mais l’humilité et la foi.

Un appel à l’examen de soi : Sommes-nous comme le pharisien, sûrs de notre justice ? Ou comme le publicain, conscients de notre besoin de miséricorde ?

La parabole du pharisien et du collecteur d’impôts nous enseigne que Dieu ne regarde pas les apparences religieuses, mais l’humilité du cœur (1 Samuel 16.7). Celui qui se reconnaît pécheur et implore la miséricorde divine est justifié, tandis que l’orgueilleux reste éloigné de la grâce. Dans le Royaume de Dieu, s’abaisser, c’est être élevé.

Lexique
L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19
L’argumentation de Luc dans les chapitres 13 à 19 de son évangile est loin d’être une simple compilation de faits : elle suit une progression cohérente, à la fois théologique et narrative, centrée sur l’appel à la conversion, la critique des faux semblants religieux, et la marche résolue vers Jérusalem. Luc rapporte deux événements tragiques (le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement de la tour de Siloé) pour souligner que tous doivent se repentir, car le jugement est universel. INF152
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
La fête de Hanoucca
Hanoucca (fête de la Dédicace) est une fête juive hivernale de huit jours, appelée aussi « Fête des Lumières », qui commémore la ré inauguration du Temple de Jérusalem et le miracle de l’huile. Au IIᵉ siècle av. INF213
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Paraboles dans Luc 14 à 19
Entre les chapitres 14 et 19 de l’Évangile selon Luc, on trouve au moins 12 paraboles distinctes, chacune illustrant un aspect du Royaume de Dieu, du caractère du disciple ou de la justice divine. La parabole du grand banquet (Luc 14.16-24) INF153
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
La progression de l’argumentation de Luc dans Luc 17.1-2
Il existe une continuité claire entre la parabole de Lazare et du mauvais riche (Luc 16.19-31) et l’avertissement du Messie Jésus en Luc 17.1-2. Ces deux passages s’inscrivent dans une séquence cohérente où Luc développe une théologie de la responsabilité morale, de la justice divine et de la compassion envers les plus vulnérables. INF162
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per254-la-parabole-du-pharisien-et-du-publicain/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.