PER249

Parabole des serviteurs inutiles

L'article explore la parabole des serviteurs inutiles de Luc 17.7-10, soulignant l'importance de l'humilité et de la gratitude dans la vie du disciple. Jésus enseigne que le service fidèle n'attend pas de reconnaissance du maître et que toute compétence est un don de Dieu. L'obéissance ne confère aucun droit, promouvant ainsi une attitude de gratitude, non de revendication.

5 min parabole serviteurs inutiles disciple humilité grâce 5 versets 4 livres

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 17.7-10 (Louis Segond S21)

»Si l'un de vous a un esclave qui laboure ou garde les troupeaux, lui dira-t-il, à son retour des champs: ‘Viens tout de suite te mettre à table’?

Ne lui dira-t-il pas au contraire: ‘Prépare-moi à souper, ajuste ta tenue pour me servir jusqu'à ce que j'aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et tu boiras’?

A-t-il de la reconnaissance envers cet esclave parce qu'il a fait ce qui lui était ordonné? [Je ne pense pas.]

Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: ‘Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.’»

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Lieu : Sur la route de Béthanie au delà du Jourdain.

Date : Avant la du 15 décembre 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc seul note cet enseignement particulier

Année 32

Luc présente une illustrant la nature du disciple.

Parabole des serviteurs inutiles

Le serviteur inutile

Commentaires

Ce passage fait suite à l’enseignement du Messie Jésus sur la puissance de la foi, capable de déplacer les montagnes, l’importance du pardon pour être un véritable disciple, ainsi que la responsabilité du témoignage qui peut entraîner des scandales. Luc insiste ici sur le profil du vrai disciple et, au-delà des points déjà évoqués, propose une où le disciple est assimilé à un esclave au service de son maître. Dans cette image, le serviteur ne s’attend pas à recevoir des remerciements pour avoir accompli avec fidélité la tâche qui lui était assignée.

Le maître ne réclame de son esclave qu’un service conforme à son statut. Cela ne signifie pas qu’il ne l’aime pas, mais simplement que les rôles restent clairement définis. Cette comparaison s’adresse à une société familière avec la condition servile, où il était parfois rapporté que le statut d’esclave, au temps du Messie Jésus, pouvait être préférable à celui de paysan en raison de la misère qui frappait cette classe sociale.

L’esclave n’a aucun droit à revendiquer, ni reconnaissance, ni avantage découlant de son travail. Il ne peut donc exiger de récompense, car il accomplit exactement ce que sa fonction implique, ni plus ni moins.

Le disciple se trouve ainsi placé au même niveau que l’esclave, et le travail qu’il accomplit ne saurait lui apporter de bénéfice personnel. Ce principe met directement en question la conception selon laquelle les bonnes œuvres pourraient assurer le salut d’une personne. Tout ce que possède le disciple provient de la grâce de Dieu, qui insuffle en ses disciples la volonté et l’action ( Philippiens 2.13 ). Il ne peut donc revendiquer aucune position particulière, puisque tous les talents qu’il exerce sont le fruit d’un don de Dieu ( 1 Corinthiens 4.7 ).

Le maître n’a donc pas à remercier son esclave pour le travail accompli ( Luc 17.9 ), et la conclusion s’impose : tous les serviteurs sont des ouvriers inutiles. Ce terme signifie qu’ils n’ont aucun mérite particulier et ne sont pas indispensables. Il ne s’agit pas là d’un jugement de valeur, mais d’une posture spirituelle consistant à reconnaître que l’obéissance ne confère aucun droit sur Dieu. C’est une invitation à une humilité radicale.

Si le Messie Jésus paraît sévère dans ce contexte, c’est parce qu’il souhaite en réalité prémunir ses disciples contre l’orgueil lié au devoir accompli. Il les appelle à adopter une attitude de gratitude, et non de revendication. Comme le rappelle Paul :

1 Corinthiens 4.7 (Louis Segond S21) :
En effet, qui est celui qui te distingue? Qu'as-tu que tu n'aies pas reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi faire le fier comme si tu ne l'avais pas reçu?