SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
PER235 De la 3ème Pâque au début de la dernière semaine Parcours · Synopse des ÉvangilesThème · Conflits avec les PharisiensThème · Vie et ministère de JésusSérie · Péricopes du ministère de Jésus

Repas chez un pharisien

Ce genre de repas pouvait être assimilé à un acte social ou politique...

En bref

La péricope PER235 relate le repas de Jésus chez un chef des pharisiens un samedi (Luc 14.1), dans un contexte de confrontation croissante. Les pharisiens cherchent à rassembler des preuves contre lui pour le Sanhédrin. Malgré les tensions, Jésus accepte l'invitation, maintient ses positions et corrige leurs enseignements. Luc est le seul évangéliste à rapporter cet épisode, vraisemblablement situé au repas du samedi midi.

Lecture
11 min
Références
14
Livres cités
5
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
28/08/2025
Mise à jour
22/02/2026
Personnages

Jésus · pharisiens · chef des pharisiens · Caïphe

Lieux

Jérusalem · maison d'un pharisien

Périodes

De la 3ème Pâque au début de la dernière semaine · samedi 4 décembre 32 · ministère de Jésus

Mots-clés

repas chez un pharisien · sabbat · Luc 14 · pharisiens · Jésus · Sanhédrin · joute verbale · chef des pharisiens · Jérusalem · PER235

Notions

stratégie des pharisiens · double témoignage juridique · repas sabbatique · opposition religieuse · tension messianique · paraboles · miracles du Messie · procès de Jésus · synopse évangélique

Références bibliques

Luc 14.1 · Luc 14.12 · Luc 11.37 · Jean 7.51 · Jean 8.17 · Matthieu 18.16 · 2 Corinthiens 13.1 · Deutéronome 19.15 · Deutéronome 17.6

Résumé

La péricope PER235 traite d'un épisode rapporté exclusivement par l'évangéliste Luc (Luc 14.1), situant le repas chez un pharisien un samedi 4 décembre 32, dans la maison d'un chef des pharisiens à Jérusalem. Cet épisode s'inscrit dans la période allant de la troisième Pâque au début de la dernière semaine du ministère de Jésus, et constitue un moment clé pour comprendre les relations tendues entre Jésus et les autorités religieuses de son temps. Le contexte général de ce repas est celui d'une opposition croissante des pharisiens envers le Messie Jésus. Après avoir tenté de le faire assassiner par des fanatiques (PER219), les pharisiens ont modifié leur stratégie, poussés notamment par certains membres de leur propre groupe qui refusaient de juger un homme sans l'avoir d'abord entendu, conformément au principe exprimé en Jean 7.51. Désormais, leur démarche consiste à rassembler des preuves suffisantes pour le traduire devant le Sanhédrin. C'est dans cette optique qu'il faut comprendre les invitations répétées adressées à Jésus lors de repas pharisaïques. Conscient des intentions réelles de ses hôtes, Jésus accepte néanmoins ces invitations. Il ne se dérobe pas aux confrontations mais maintient fermement ses positions et corrige les enseignements qu'il juge néfastes pour le peuple. Cette attitude témoigne d'un courage remarquable, d'autant que Jésus sait que la situation ne s'améliorera pas et que sa mort est désormais inévitable. L'article souligne que ces repas n'avaient rien de convivial au sens moderne du terme. Ils constituaient de véritables joutes verbales, des arènes de débat où différents pharisiens tentaient tour à tour de déstabiliser Jésus, de mettre en évidence des contradictions dans ses propos, afin de trouver des motifs légaux de le condamner. La présence de plusieurs pharisiens simultanément n'était pas anodine : elle répondait à l'exigence légale du double témoignage, telle qu'établie dans la Torah (Deutéronome 19.15, Deutéronome 17.6) et rappelée dans le Nouveau Testament (Matthieu 18.16, 2 Corinthiens 13.1, Jean 8.17). Le fait que Caïphe ait finalement dû recourir à de faux témoins pour obtenir une condamnation devant le Sanhédrin illustre l'échec de cette stratégie. L'hôte est identifié comme l'un des chefs des pharisiens, sans que son nom soit précisé. L'article exclut qu'il s'agisse de Caïphe, d'une part parce que Luc aurait mentionné son nom, et d'autre part parce que Caïphe était sadducéen et non pharisien. Une attention particulière est portée à la question du moment de la journée où se déroule ce repas. Le sabbat commence le vendredi soir au coucher du soleil et comprend plusieurs repas : le dîner du vendredi soir, considéré comme le plus solennel, le déjeuner du samedi midi, et parfois un repas en fin d'après-midi. L'article conclut, à partir de plusieurs indices textuels, qu'il s'agit vraisemblablement du repas du samedi midi. En effet, le récit de Luc laisse entendre que le sabbat est déjà bien engagé, et la succession d'enseignements, d'une guérison et de plusieurs paraboles suppose une durée importante, davantage compatible avec le déjeuner du samedi qu'avec le dîner cérémoniel du vendredi soir. Luc est présenté comme le seul évangéliste à transmettre cette invitation, ce qui confère à son récit une valeur documentaire unique. Le repas est comparé à un épisode similaire mentionné en Luc 11.37 (PER227), bien que l'atmosphère de cette nouvelle invitation semble plus sereine que la précédente. L'article renvoie également aux annexes ANN078 sur les paraboles et ANN072 sur les miracles réalisés par le Messie Jésus, suggérant que cet épisode est riche en enseignements et en gestes significatifs. En résumé, PER235 offre une lecture approfondie d'un repas sabbatique qui, derrière une apparence sociale, cache une confrontation théologique et juridique majeure entre Jésus et les représentants du judaïsme institutionnel de son époque. Cet épisode illustre la tension croissante qui mènera à l'arrestation et au procès de Jésus, tout en révélant la liberté et la lucidité avec lesquelles il affronte ses adversaires.

Consultation

Textes bibliques

Matthieu
Matthieu (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Marc
Marc (Louis Segond S21) non cité dans le livre
Luc
Luc 14.1 (Louis Segond S21)

Un jour de sabbat, Jésus était allé dans la maison de l'un des chefs des pharisiens pour prendre un repas, et les pharisiens l'observaient.

Jean
Jean (Louis Segond S21) non cité dans le livre

Détails techniques

Année 32

Lieu : Dans la maison d'un pharisien à Jérusalem

Date : Le samedi 4 décembre 32

Mode opératoire : Nous continuons avec Luc

Note sur le mode opératoire : Luc est le seul à transmettre cette invitation.

Région Jérusalem

Malgré les tensions avec les pharisiens, le Messie Jésus accepte cette invitation à déjeuner.

Repas chez un pharisien

Repas chez le pharisien

Quel repas dans Luc 14.1 ?

Ce repas évoque celui mentionné précédemment dans Luc 11.37 (PER227). Nous avions souligné que les pharisiens, qui tentaient de faire assassiner le Messie Jésus par l’intermédiaire de quelques fanatiques (PER219), avaient modifié leur stratégie. Ce revirement semble s’expliquer par la pression exercée par certains membres de leur groupe, refusant qu’on juge un homme sans l’avoir d’abord entendu, conformément à Jean 7.51.

Ils cherchent désormais à réunir des éléments de preuve pour incriminer le Messie Jésus devant le Sanhédrin. C’est dans ce contexte qu’il convient d’analyser ces invitations. Conscient des intentions de ses interlocuteurs, le Messie Jésus acceptait néanmoins leurs invitations tout en maintenant sa position et en corrigeant fermement leurs enseignements, jugés préjudiciables pour la population.

Il était conscient que la situation ne s’améliorerait pas et que son décès apparaissait désormais inévitable.

Nous sommes encore un jour de sabbat et si le Messie Jésus était allé dans la maison de l’un des chefs des pharisiens, une sommité, c’est qu’il était visiblement invité (Luc 14.12).

Luc rapporte divers enseignements attribués au Messie Jésus. Il semble que ce repas ait eu lieu dans des conditions plus sereines que celles décrites dans Luc 11.37 (PER227), et l’atmosphère est présentée comme davantage paisible.

Il convient de ne pas s’étonner de la récurrence des invitations chez les pharisiens lors du sabbat. Ce jour représentait à l’époque la seule période consacrée au repos. Les repas étaient systématiquement préparés en amont afin de se conformer strictement aux exigences de cette journée considérée comme particulièrement sacrée par les pharisiens.

Ces hommes cherchaient à rassembler des éléments de preuve suffisants pour une présentation devant le sanhédrin. Ils interrogeaient le Maître afin de mettre en évidence d’éventuelles contradictions ou incohérences dans ses propos. Nous connaissons déjà le résultat de cette démarche. Caïphe sera obligé de payer de faux témoins pour déposer devant le sanhédrin contre le Messie Jésus.

Donc ces repas n’avaient rien de conviviaux comme nous pourrions l’imaginer. C’étaient des occasions de joutes verbales et différents pharisiens tentaient leur chance afin de déstabiliser le Messie Jésus et de trouver des occasions de le condamner. Ils étaient toujours en nombre (Luc 14.1) afin que leur témoignage soit recevable (Deutéronome 19.15, Deutéronome 17.6, Matthieu 18.16, 2 Corinthiens 13.1 et Jean 8.17).

Luc 14.1 précise que l’invitation provenait d’un des chefs de pharisiens. Ce n’était pas Caïphe car Luc aurait immédiatement signalé son nom, et il était sadducéen.

Il n’est pas précisé si ce repas se déroulait le midi ou le soir.

Le sabbat commence le vendredi soir au coucher du soleil et se termine le samedi soir. Les repas importants du sabbat sont :

Le dîner du vendredi soir (le plus solennel), le déjeuner du samedi midi, parfois un repas en fin d’après-midi le samedi.

Quel repas dans Luc 14.1 ?

Le texte ne précise pas explicitement s’il s’agit du repas du soir ou du midi. Mais plusieurs éléments suggèrent qu’il s’agirait plutôt du repas du samedi midi :

Le récit commence par “Un jour de sabbat…” (Luc 14.1), ce qui laisse entendre que le sabbat est déjà bien entamé.

Le Messie Jésus enseigne, guérit un homme, puis développe plusieurs paraboles, ce qui suppose un moment assez long, propice à la discussion, typique du repas de midi plutôt que du dîner plus cérémoniel du vendredi soir.

Donc, il est probable que ce repas ait eu lieu le samedi midi, dans un cadre religieux et social, où les pharisiens observaient le Messie Jésus avec attention

Lexique
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Les pharisiens
Les Pharisiens, apparus après la révolte des Maccabées (165 av. J.-C.), étaient un groupe religieux influent du judaïsme antique. Attachés à la Torah écrite et orale, ils croyaient en la résurrection et restaient proches du peuple. Souvent en conflit avec Jésus dans les Évangiles, ils ont néanmoins donné des figures comme Nicodème et Joseph d'Arimathée. Leurs enseignements ont fondé le judaïsme rabbinique après la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF002
Le sabbat
Le sabbat est un jour de repos et de sanctification dans la tradition juive, observé du vendredi soir au samedi soir. Commandement Biblique : Le sabbat est l'un des Dix Commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. INF089
Sadducéens
Les Sadducéens étaient un groupe aristocratique et sacerdotal du judaïsme antique (200 av. J.-C. – 70 ap. J.-C.), contrôlant le Temple de Jérusalem et le Sanhédrin. Ils acceptaient uniquement le Pentateuque, niaient la résurrection des morts et l'existence des anges. Présents quinze fois dans le Nouveau Testament, ils jouèrent un rôle clé dans la condamnation de Jésus, notamment à travers Caïphe et Anne. Leur disparition coïncide avec la destruction du Temple en 70 ap. J.-C. INF001
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/per235-repas-chez-un-pharisien/, exportée le 27/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.