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INF377 Notes historiques

La persécution de Jérusalem

La persécution qui suit la mort d'Étienne constitue un tournant majeur dans l'histoire de l'Église primitive. Jusqu'alors, malgré plusieurs arrestations et des menaces répétées, la…

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Publiée
22/06/2026
Mise à jour
22/06/2026

La persécution de Jérusalem

La persécution qui suit la mort d'Étienne constitue un tournant majeur dans l'histoire de l'Église primitive. Jusqu'alors, malgré plusieurs arrestations et des menaces répétées, la communauté chrétienne était restée concentrée à Jérusalem. Avec Actes des apôtres 8.1-3, nous assistons à la première persécution systématique dirigée contre l'ensemble de l'Église.

1- Une persécution d'une ampleur nouvelle

Luc écrit :

« Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l'Église de Jérusalem » (Actes des apôtres 8.1).

L'expression « grande persécution » montre que l'on est passé d'actions ponctuelles contre les apôtres (Actes des apôtres 4.1-3 ; Actes des apôtres 5.17-18) à une offensive beaucoup plus large visant l'ensemble des disciples.

Jusqu'à présent, les autorités juives avaient essentiellement cherché à intimider les dirigeants du mouvement. Désormais, hommes et femmes sont recherchés et arrêtés (Actes des apôtres 8.3).

2- La mort d'Étienne comme élément déclencheur

La lapidation d'Étienne semble avoir servi de précédent. Le meurtre du diacre, commis avec l'approbation d'une partie de la foule, a probablement convaincu les autorités religieuses qu'une action plus énergique pouvait être menée sans provoquer de soulèvement populaire.

Il est possible que le Sanhédrin ait profité du climat de tension suscité par le discours d'Étienne (Actes des apôtres 7.51-53) pour tenter d'éradiquer définitivement le mouvement chrétien.

3- Saul, principal artisan de la répression

Luc met particulièrement en avant Saul :

« Saul, de son côté, ravageait l'Église ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes et les faisait jeter en prison » (Actes des apôtres 8.3).

Le verbe grec employé (λυμαίνομαι) évoque l'action destructrice d'une bête sauvage déchirant sa proie. Il suggère une violence méthodique et un acharnement particulier.

Paul lui-même confirmera plus tard :

  • qu'il persécutait « à mort » les disciples (Actes des apôtres 22.4) ;
  • qu'il les faisait emprisonner (Actes des apôtres 26.10) ;
  • qu'il cherchait à les contraindre à blasphémer (Actes des apôtres 26.11) ;
  • qu'il poursuivait son action jusque dans les villes étrangères (Actes des apôtres 26.11).

4- Pourquoi les apôtres restent-ils à Jérusalem ?

Luc précise que tous furent dispersés « excepté les apôtres » (Actes des apôtres 8.1).

Cette remarque a souvent intrigué les commentateurs. Plusieurs explications sont envisageables :

  • les Douze jouissaient encore d'une certaine popularité auprès du peuple (Actes des apôtres 5.26) ;
  • les autorités considéraient peut-être les hellénistes comme plus dangereux ;
  • les apôtres avaient choisi volontairement de rester afin de maintenir un témoignage dans la ville sainte ;
  • Dieu lui-même les préservait en vue de la mission qui leur était confiée.

5- Les croyants dispersés deviennent missionnaires

Ce qui apparaît comme une catastrophe se transforme en moyen providentiel pour l'expansion de l'Évangile.

Les disciples dispersés :

  • gagnent la Judée ;
  • se rendent en Samarie (Actes des apôtres 8.1) ;
  • annoncent partout la Parole (Actes des apôtres 8.4).

Ainsi commence l'accomplissement du programme fixé par Jésus :

« Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Actes des apôtres 1.8).

La persécution devient paradoxalement l'un des instruments employés par Dieu pour étendre l'Évangile.

6- Quelle fut son intensité ?

Il est difficile d'en mesurer précisément l'ampleur. Rien n'indique une extermination massive comparable aux persécutions romaines ultérieures. Luc mentionne surtout :

  • des arrestations ;
  • des emprisonnements ;
  • des violences ;
  • l'exil forcé de nombreux croyants.

Quelques années plus tard, l'Église de Jérusalem existe toujours et demeure importante (Actes des apôtres 11.22 ; Actes des apôtres 15.4). La persécution fut donc sévère mais relativement brève.

7- Un parallèle avec les paroles de Jésus

Les événements accomplissent les avertissements du Seigneur :

« S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15.20).

et :

« Ils mettront les mains sur vous et vous persécuteront » (Luc 21.12).

8- Une ironie remarquable

Celui qui paraît alors être le plus dangereux ennemi de l'Église, Saul de Tarse, deviendra bientôt son plus grand missionnaire (Actes des apôtres 9.15). Luc commence donc, dès Actes des apôtres 8.1, à introduire discrètement celui qui occupera progressivement une place centrale dans la seconde partie des Actes.

D'un point de vue historique et théologique, la mort d'Étienne et la persécution qui s'ensuit marquent la fin d'une première période de relative tranquillité à Jérusalem et le début de l'expansion missionnaire de l'Église hors de la ville sainte. Ce que les adversaires du christianisme avaient entrepris pour détruire l'œuvre de Jésus contribua finalement à sa diffusion dans tout le monde méditerranéen.

Lexique
Les autorités juives
Les autorités qui ordonnent l'arrestation de Pierre et Jean en Actes des apôtres 4.1-3 constituent un ensemble de responsables religieux particulièrement influents. Luc mentionne trois groupes distincts : les sacrificateurs, le commandant du Temple et les sadducéens. INF380
La lapidation
La lapidation d'Étienne (Actes des apôtres 7.57-60) est le premier martyre chrétien rapporté en détail dans les Actes des Apôtres. Cet épisode soulève plusieurs questions historiques et juridiques. INF373
Le Sanhédrin
Le Sanhédrin était la plus haute instance religieuse, judiciaire et législative du judaïsme du Second Temple (IIe s. av. J.-C. – 70 ap. J.-C.). Composé de 71 membres et siégeant à Jérusalem, il interprétait la Torah, arbitrait les litiges majeurs et supervisait le calendrier hébraïque. Mentionné dans les Évangiles et décrit par la littérature rabbinique, il disparaît après 70 ap. J.-C. mais son modèle continue d'inspirer l'organisation et la pensée juridique juives. INF003
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/inf377-la-persecution-de-jerusalem/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.