SchiloDécouvrir Jésus Fiche d'étude biblique
INF332 Notes historiques

Analyse du second discours de Pierre au Temple

Le second discours de Pierre, rapporté en Actes 3.12-26, constitue le prolongement naturel du discours de la Pentecôte. Il est prononcé peu après la guérison…

Lecture
18 min
Références
27
Livres cités
7
Publiée
15/06/2026
Mise à jour
15/06/2026

Analyse du second discours de Pierre au Temple

Le second discours de Pierre, rapporté en Actes des apôtres 3.12-26, constitue le prolongement naturel du discours de la Pentecôte. Il est prononcé peu après la guérison du boiteux à la porte du Temple appelée « la Belle » (Actes des apôtres 3.1-10). Comme lors de la Pentecôte, Pierre saisit l'occasion d'un événement extraordinaire pour annoncer le Messie Jésus. Ce discours présente une structure remarquable et plusieurs thèmes théologiques majeurs.

  1. Introduction : Pierre détourne l'attention de lui-même (Actes 3.12)

Pierre commence par rejeter toute gloire personnelle :

« Pourquoi nous regardez-vous, comme si c'était par notre propre puissance ou par notre piété que nous ayons fait marcher cet homme ? » (Actes des apôtres 3.12)

Contrairement à certains thaumaturges de l'Antiquité, Pierre refuse d'être considéré comme l'auteur du miracle. Celui-ci doit conduire les auditeurs non vers les apôtres, mais vers Dieu et vers Jésus.

  1. Jésus est présenté comme le véritable auteur du miracle (Actes 3.13-16)

Pierre rattache immédiatement son message à la foi d'Israël :

« Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus » (Actes des apôtres 3.13).

Plusieurs titres christologiques apparaissent :

  • son Serviteur (Esaïe 52.13 ; Actes des apôtres 3.13) ;
  • le Saint et le Juste (Actes des apôtres 3.14) ;
  • le Prince de la vie (Actes des apôtres 3.15) ;
  • le Messie promis (Actes des apôtres 3.18).

Comme à la Pentecôte, Pierre oppose :

  • le rejet de Jésus par les hommes ;
  • sa glorification par Dieu.

Il rappelle :

« Vous l'avez fait mourir, mais Dieu l'a ressuscité des morts » (Actes des apôtres 3.15).

Le miracle accompli sur le boiteux devient ainsi une preuve supplémentaire de la puissance du Christ ressuscité (Actes des apôtres 3.16).

  1. Une atténuation de la responsabilité des Juifs (Actes 3.17)

Le ton diffère quelque peu de celui d'Actes des apôtres 2.23. Pierre déclare :

« Je sais que vous avez agi par ignorance » (Actes des apôtres 3.17).

Cette ignorance avait déjà été évoquée par Jésus sur la croix :

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23.34).

Paul emploiera plus tard un raisonnement similaire (1 Corinthiens 2.8).

Pierre n'excuse pas ses auditeurs, mais il leur ouvre la porte de la repentance.

  1. L'accomplissement des prophéties (Actes 3.18)

Comme dans son premier discours, Pierre démontre que les souffrances du Messie avaient été annoncées :

« Dieu a accompli de cette manière ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous les prophètes » (Actes des apôtres 3.18).

On retrouve ici le thème déjà développé par Jésus lui-même après la résurrection (Luc 24.25-27 ; Luc 24.44-46).

  1. Appel à la repentance et promesse des temps de rafraîchissement (Actes 3.19-21)

Pierre appelle ses auditeurs :

« Repentez-vous donc et convertissez-vous » (Actes des apôtres 3.19).

Il associe cette conversion :

  • au pardon des péchés ;
  • aux « temps de rafraîchissement » venant du Seigneur ;
  • au retour futur du Messie.

L'expression « temps de rafraîchissement » est unique dans le Nouveau Testament. Elle semble annoncer les bénédictions messianiques et le rétablissement final de toutes choses (Actes des apôtres 3.21).

Ce passage possède une dimension clairement eschatologique.

  1. Moïse avait annoncé la venue du Messie (Actes 3.22-23)

Pierre cite Deutéronome 18.15-19 :

« Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi » (Actes des apôtres 3.22).

Jésus est présenté comme le nouveau Moïse annoncé depuis longtemps.

Cette interprétation était déjà présente dans certains milieux juifs et sera reprise plus tard par Étienne (Actes des apôtres 7.37).

  1. Tous les prophètes ont parlé de ces jours (Actes 3.24)

Pierre affirme :

« Tous les prophètes qui ont successivement parlé, depuis Samuel, ont aussi annoncé ces jours-là » (Actes des apôtres 3.24).

Cette déclaration souligne l'unité entre l'Ancien Testament et l'Évangile.

  1. Les Juifs sont les premiers bénéficiaires de l'alliance (Actes 3.25-26)

Pierre conclut sur une note pleine d'espérance :

« C'est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir » (Actes des apôtres 3.26).

Le salut est offert d'abord à Israël, conformément aux promesses faites à Abraham (Genèse 12.3 ; Romains 1.16).

Structure générale du discours

PartieTexteThème
1 Actes 3.12 Refus de la gloire humaine
2 Actes 3.13-16 Jésus, auteur du miracle
3 Actes 3.17 L'ignorance du peuple
4 Actes 3.18 Accomplissement des prophètes
5 Actes 3.19-21 Repentance et restauration future
6 Actes 3.22-23 Jésus, le prophète annoncé par Moïse
7 Actes 3.24 Témoignage de tous les prophètes
8 Actes 3.25-26 Priorité d'Israël dans le plan du salut

D'un point de vue littéraire et théologique, ce second discours apparaît plus développé sur le plan eschatologique que celui de la Pentecôte. Il insiste davantage sur l'accomplissement des prophéties, sur le rôle particulier d'Israël et sur le retour futur du Messie. Comme le premier discours, il est entièrement centré sur Jésus, sa résurrection et l'appel à la repentance. Il constitue ainsi l'un des plus importants témoignages apostoliques conservés dans le livre des Actes.

Lexique
La guérison du boiteux
La guérison du boiteux rapportée en Actes des apôtres 3.1-11 constitue le premier miracle accompli publiquement par les apôtres après la Pentecôte. Luc lui accorde une grande importance, car cet événement marque le début du ministère miraculeux de Pierre et de Jean et sert d'introduction au second grand discours de Pierre (Actes des apôtres 3.12-26). INF330
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/inf332-analyse-du-second-discours-de-pierre-au-temple/, exportée le 03/11/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.